AccueilDu rural au littoral, femmes en petites localités : entre contraintes et opportunités

Du rural au littoral, femmes en petites localités : entre contraintes et opportunités

From countryside to coast, women in small places: between constraints and opportunities

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Publié le jeudi 09 janvier 2014 par Luigia Parlati

Résumé

Dans un contexte où la sociologie comme la géographie semblent témoigner d'un regain d'intérêt pour le rural et où parallèlement s'affirment les travaux développant une analyse de genre, ce colloque vise à rendre compte des travaux et/ou à inviter au croisement des questions relatives à ces territoires et au système de genre. 

Annonce

Argumentaire

Colloque organisé par le LABERS (ex. ARS) EA 3149 Brest, 3 et 4 juin 2014

Dans un contexte où la sociologie comme la géographie semblent témoigner d'un regain d'intérêt pour le rural et où parallèlement s'affirment les travaux développant une analyse de genre, ce colloque vise à rendre compte des travaux et/ou à inviter au croisement des questions relatives à ces territoires et au système de genre.
Selon le nouveau zonage des territoires en bassins de vie, 31% de la population française réside dans les bassins de vie ruraux . Cette localisation résidentielle constitue pour certains ménages un «ancrage» d'origine, pour d'autres c'est là le résultat d'une mobilité spatiale ayant mené de l'urbain vers le rural dans le cadre d'une accession à la propriété et/ou au nom d'une qualité de vie, pour d'autres encore la mobilité s'est faite sous forme de «retour» au moment de la cessation de l'activité professionnelle. Nous considérons que tout territoire définit à la fois des contraintes et des opportunités dans l'organisation des activités et des temporalités individuelles et collectives.

Les bassins de vie ruraux présentent ainsi une moindre présence et une moindre diversification des équipements (particulièrement dans le domaine de l'éducation). Résider dans une petite localité peut engager des mobilités quotidiennes, ou du moins régulières, liées à l'emploi, à la scolarisation, à l'accès aux équipements et services. Sachant qu'aujourd'hui encore, l'organisation de la vie familiale demeure prioritairement à la charge des femmes, il y a fort à parier qu’elles paient au prix fort le « coût » de cette mobilisation, qui les pénalise en matière d'activité professionnelle et d'investissement de la vie publique. Dès lors, nous devons envisager que ces contraintes et ces opportunités pèsent ou s'offrent de façons différenciées, voire inégales selon le sexe.

On associe généralement rural et campagne, mais les petites localités rurales peuvent aussi être littorales. L’articulation entre système de genre et territoire telle qu’elle est déclinée ci-dessus prend sur la frange littorale une coloration particulière, ne serait-ce qu’en raison des activités économiques spécifiques qui s’y déploient ; on pense bien sûr à la pêche, aux activités portuaires, à la navigation dans la marine marchande ou nationale mais aussi à la navigation de plaisance, au tourisme… On pense aussi à l’imaginaire associé au bord de mer, à l’attachement aux paysages marins…

Vivre dans une petite localité constitue-t-il pour les femmes un « handicap» supplémentaire, qui viendrait renforcer la répartition traditionnelle des rôles ? Ou cette localisation, contrainte ou choisie, ne peut-elle ouvrir sur des opportunités ? Il s'agit de s'intéresser à la fois à ce que produit le territoire, à ce qu’il définit en termes de conditions sociales d'existence et à ce que les individu.e.s font du/au territoire.

Cinq axes thématiques indicatifs sont proposés 

Modes de vie, arbitrages familiaux et intérêts féminins

On peut vivre, travailler et vieillir en zones rurales et littorales, seule, en couple ou dans une configuration familiale plus large. Pour nombre de ménages, cette localisation résidentielle engage des mobilités quotidiennes, ou plus ponctuelles, sur de plus ou moins grandes distances: mobilités liées à l'emploi, à l'accès aux équipements et services concentrés dans les agglomérations urbaines. Ces mobilités obligées peuvent constituer une contrainte inégalement partagée par les femmes et les hommes, participant à des formes d’(ré)assignation des femmes à une sphère privée surinvestie, débouchant sur un risque de fragilisation professionnelle accru, tandis qu'elles prendraient la forme d'une sur-mobilité pour les hommes. La question se pose notamment pour les métiers aux rythmes de travail particuliers, par exemple les navigant-e-s. Il s'agit ici de s'intéresser à ce que le territoire produit dans la (re)négociation des modes de vie.

Contraintes et opportunités en matière d’emploi

Les mobilités précédemment évoquées ne constituent pas le quotidien de tout ménage installé en milieu rural. Du côté de l’emploi féminin, les activités agricoles et agro-alimentaires restent structurantes dans plusieurs bassins de vie. Pèsent également les secteurs de l'économie résidentielle (commerce, services aux particuliers…). L’activité professionnelle au féminin peut aussi être une activité indépendante, c’est pourquoi une attention particulière pourra être portée à la place des femmes dans les différents secteurs d'activités et aux conditions de développement et de maintien des entreprises féminines dans les bassins de vie ruraux et littoraux. On pense ici aux activités liées à l’agriculture, au commerce, à la pêche, à la conchyliculture…. Se pose également la question de la féminisation des emplois maritimes ainsi que celle de l’identification ou pas des femmes à d’éventuelles communautés de « gens de mer ».
Nombre d’emplois salariés proposés aux femmes dans ces territoires ont en commun d’être souvent à temps partiel, saisonniers, peu qualifiés… Enfin, pourront également être abordées les questions relatives aux mobilités saisonnières suscitées par les emplois de l'agriculture ou de l'agro-alimentaire et notamment les conditions et opportunités liées à cette mobilité pour les migrantes.

Précarités féminines

Les recherches existantes se sont en général centrées, soit sur la situation des femmes sans cibler particulièrement les femmes des communes rurales, soit sur la précarité en milieu rural sans considérer spécifiquement la situation des femmes. Il serait donc particulièrement intéressant d’étudier ces formes de la précarité au féminin. On peut faire l’hypothèse qu’elle est spécifique et particulièrement problématique du fait que se cumulent les effets d’isolement liés à l’éloignement des centres où se concentrent les opportunités et les ressources de toute nature, et les effets des inégalités entre les sexes. Mais on doit aussitôt compléter cette hypothèse par une autre, selon laquelle la capacité d’agir des femmes touchées par cette précarité est elle aussi spécifique et particulièrement importante pour comprendre la mobilisation des ressources et les potentialités de changement qui existent dans ces territoires, à la fois dans les rapports sociaux de sexe et dans les formes de mobilité. Aujourd’hui comme hier, rural et littoral constituent-ils des lieux d’élection pour des initiatives et réalisations alternatives, en lien avec des aspirations vers des formes de développement plus durable, des modes de vie permettant d’allier plus harmonieusement vie privée et vie professionnelle ?

(Im)mobilités et réseaux sociaux

La question des mobilités traverse les axes de réflexion proposés précédemment. Elle invite à considérer la diversité des espaces ruraux et littoraux comme espaces physiques caractérisés par des distances - à/entre - et leur traduction en termes de temps de déplacements. Ces distances/éloignements, choisis ou subis, déterminent les formes de mobilités liées à l'organisation de la vie quotidienne (emploi, scolarisation, consommation, loisirs...) et aux sociabilités. Nous savons que les mobilités quotidiennes varient selon le sexe tant en milieu urbain que rural, à la fois en termes de distances parcourues, de parcours et de modes de transports utilisés. Que sait-on des modes d'organisation (co-voiturage, garages à vocation sociale...) permettant ou facilitant les mobilités induites par l'éloignement, les distances? Observe-t-on ici des formes de solidarités féminines spécifiques à ces espaces ? Que sait-on de ce que génèrent ces distances/éloignements en termes d'usages des TIC ? Des formes de sociabilités féminines centrées sur des préoccupations liées à des temporalités du cycle de vie familiale sont-elles réinventées via les réseaux sociaux, blogs... ?

Investir la vie publique

De l’ouverture d’un restau du cœur au statut de déléguée de parents d’élèves en passant par l’animation de la vie religieuse locale ou encore le militantisme dans une association de femmes de marins, les engagements associatifs peuvent prendre des formes multiples. Les actions menées par les femmes sont de fait structurantes des territoires. Elles les travaillent, elles contribuent à les redéfinir. Que sait-on des modalités concrètes de l’engagement des femmes, de leur participation à la vie locale, politique et associative ? Quid de la parité aux élections pour les communes rurales de 1000 habitants ? Comment s’établissent les frontières entre sphère privée et sphère publique ? Quelles places occupent les femmes dans les instances politiques ? Au sein de la gouvernance littorale et maritime?
Les représentations médiatiques des marins et des agriculteurs dans les mouvements sociaux donnent à voir à la fois leurs revendications et leur appétence virile pour la casse. Comment les femmes sont-elles visibilisées lors de conflits, qu’il s’agisse de lutter pour le maintien de l’emploi, la préservation des services publics, la défense d’un métier ou encore la protection de l’environnement… ?

Si l’orientation de ce colloque privilégie des analyses portant sur les rapports sociaux de sexe, une attention particulière sera portée aux propositions les articulant aux rapports sociaux de classe, d’âge, de génération, de sentiment d’appartenance territoriale… Enfin, l’appel ne s’arrête pas aux frontières administratives et géopolitiques, il est ouvert à toutes les petites localités du monde.

Modalités d'envoi des soumissions

Les propositions de communication sont à renvoyer en fichier .doc ou .rtf à : marie-laure.deroff@univ-brest.fr

pour le 1er mars 2014

Les auteur.e.s indiqueront leur rattachement institutionnel, statut, coordonnées.

Devront être précisés : titre de la communication, mots clés (5 max.), le terrain d’enquête et les méthodes mobilisées.

Le texte de proposition est limité à 3000 signes.

Calendrier 

  • 1er mars 2014 : date limite de réception des propositions
  • 26 mars 2014 : annonce des communications retenues
  • 31 mars 2014 : date limite de confirmation de participation au colloque
  • 3 et 4 juin 2014 : colloque UBO (Brest)

Comité d’organisation 

Marie-Laure Déroff, Yvonne Guichard-Claudic, Claudie Inisan et Annick Madec

Comité scientifique 

Monique Bigoteau (ESO - Nantes), Philippe Cardon (CERIES - Lille3), Marie-Laure Déroff (Labers - UBO), Annie Dussuet (CENS - Nantes), Erika Flahault (ESO - Le Mans), Arlette Gautier (CRBC - UBO), Yvonne Guichard-Claudic (Labers - UBO), Bénédicte Havard- Duclos (Labers - UBO), Annick Madec (Labers - UBO), José Romay Martinez (Université de la Corogne, Espagne), Barbara Lucas (HETS/HES•SO, Genève), Nicole Roux (Labers - UBO), Hélène Trellu ( Labers - UBO), Katia Vladimirova (Université de Sofia, Bulgarie)

Lieux

  • UFR Lettres et Sciences Humaines - 20 rue Duquesne
    Brest, France (29)

Dates

  • samedi 01 mars 2014

Mots-clés

  • genre, femmes, territoires, rural, littoral

Contacts

  • Marie-Laure Déroff
    courriel : marie-laure [dot] deroff [at] univ-brest [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie-Laure Déroff
    courriel : marie-laure [dot] deroff [at] univ-brest [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Du rural au littoral, femmes en petites localités : entre contraintes et opportunités », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 09 janvier 2014, http://calenda.org/273601