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Économie et littérature

Economy and literature

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Publié le vendredi 25 avril 2014 par João Fernandes

Résumé

La revue L’homme et la société lance un appel à contribution (articles et comptes rendus d’ouvrages) sur les interrelations entre la littérature et l’économie. Comment les discours propres à l’une et à l’autre se rencontrent-ils ? Le texte littéraire est souvent lu par les économistes comme l’illustration de faits ou de concepts généraux et abstraits dont la théorie économique seule exprimerait la généralité. Au contraire, la littérature se présente parfois comme seule capable d’exprimer une vérité que les économistes poursuivraient vainement dans un discours inutilement décontextualisé, et dont l’abstraction ferait la pauvreté. Pour construire un dialogue, il faut dépasser l’opposition entre les concepts abstraits de la théorie économique et les singularités mises en scène dans les récits littéraires, et ne plus supposer que les différences entre les deux discours sont autant de disqualifications de l’un par l’autre. Il faut permettre la mise en question des deux disciplines par la confrontation de l’une avec l’autre.

Annonce

Argumentaire

La littérature depuis le XVIIIe siècle s’est emparée des phénomènes et des questions économiques, et les récits qu’elle en propose informent les économistes eux-mêmes. On sait l’influence du personnage de Robinson Crusoé sur les économistes classiques et néo-classiques, ou la dette de Marx à l’égard de Balzac qui l’aurait instruit des réalités du capitalisme. On sait aussi la permanence, dans le théâtre et le roman, des personnages qui, de Shylock à Gobseck en passant par Faust, incarnent, avant l’homme aux écus ou le spéculateur des économistes, le désir d’argent sans limite. Les récits de la Grande Dépression de Dos Passos ou Steinbeck, de la consommation de masse chez Perec ou des transformations du travail dans les romans contemporains de Bon et Beinstingel sont autant de témoignages de l’intérêt de la littérature pour les phénomènes économiques.

Le dialogue pourtant entre les deux disciplines est malaisé : le texte littéraire est souvent lu par les économistes comme l’illustration de faits ou de concepts généraux et abstraits dont la théorie économique seule exprimerait la généralité. Ou bien au contraire, la littérature se présente comme seule capable d’exprimer une vérité que les économistes poursuivraient vainement dans un discours inutilement décontextualisé, et dont l’abstraction ferait la pauvreté. Pour construire un dialogue, il faut alors dépasser l’opposition entre les concepts abstraits de la théorie économique et les singularités mises en scène dans les récits littéraires, et ne plus supposer que les différences entre les deux discours sont autant de disqualifications de l’un par l’autre. Il faut permettre la mise en question des deux disciplines par la confrontation de l’une avec l’autre, confrontation qui peut prendre au moins deux formes.

1) Comment les récits de la littérature et les théories littéraires permettent-ils de questionner les concepts économiques ? Quels rapports entretiennent les représentations littéraires de l’agent économique, de ses passions et de ses intérêts, des contraintes qui le déterminent et des désirs qui l’animent, avec les concepts économiques d’agent marchand, de consommateur rationnel, d’homo oeconomicus ? De quelle manière la littérature permet-elle de contester le naturalisme qui trop souvent caractérise l’analyse économique ? En quoi aide-t-elle à dévoiler le caractère essentialiste que prennent de nombreux discours économiques ? Comment les fictions littéraires font-elles apparaître dans la représentation de l’échange, de la concurrence ou de l’argent, des éléments ignorés voire déniés par les doctrines économiques ? Quel usage, en somme, peuvent faire les économistes de la littérature ?

2) Comment, en retour, les phénomènes et les théories économiques altèrent-ils les représentations littéraires du monde et les conceptions mêmes des écrivains ? Quelle lecture les romanciers font-ils des phénomènes ou des théories économiques qui leurs sont contemporains ? Comment les théoriciens de la littérature peuvent-ils mobiliser les idées économiques ? Quel rôle peut être attribué à la fiction narrative dans la constitution de l’imaginaire économique ? Comment la langue de l’écrivain peut-elle s’opposer au langage stéréotypé de nombreux discours sur l’économie ? Quel usage les écrivains et les spécialistes de la littérature peuvent-ils faire des phénomènes et des doctrines économiques ?

Modalités d'envoi des propositions

Les articles (format word) sont à envoyer

avant le 15 septembre 2014

au secrétariat de rédaction de L’homme et la société : deldyck@univ-paris-diderot.fr

Chaque article sera évalué par deux membres du comité de rédaction de la revue, voire d’un troisième si les deux premiers sont d’un avis contraire.

Consignes

- Le format standard des articles est de 35 000 signes mais il peut faire un peu plus ou un peu moins si nécessaire.

- Police Times, taille 12, double intervalle.

- Toutes les références bibliographiques doivent être en notes de bas de page (pas de bibliographie en fin d'article)

Processus d'évaluation - Calendrier

- À partir de sa réception, l'article est distribué (lors de la réunion du comité de rédaction suivante - réunions mensuelles) en lecture pour évaluation à deux membres du comité de

- Si ceux-ci partagent un même avis favorable, l'article est accepté pour publication. Il peut cependant être demandé à l'auteur-e des modifications.

- Si ceux-ci partagent un même avis défavorable, l'article est jugé non publiable dans notre revue.

- Si ceux-ci sont d'un avis différent, l'article est donné à un troisième lecteur qui tranche.

Cette phase d'évaluation peut donc être comprise entre 1 et 3 mois.

La parution de ce numéro devrait se faire courant 2015.

Composition du comité de rédaction (comité de lecture)

  • François Athané : Professeur de philosophie, IUFM de Paris-Sorbonne.
  • Marc Bessin : Chargé de recherche en sociologie, CNRS-EHESS, Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS).
  • Pierre Bras : Assistant Professor de littérature française à l’Université Centre College (USA)
  • Francesca Bray : Professeur d’anthropologie sociale, Université d'Edimbourg.
  • Patrick Cingolani : Professeur de sociologie à Paris X-Nanterre.
  • Laurence Costes : Maître de Conférences en Sociologie à l’université d’Evry Val d’Essonne.
  • Christophe Daum : Maître de Conférences en sociologie à l’université de Rouen, URMIS.
  • Véronique De Rudder : Chargée de recherche en sociologie, CNRS-URMIS, Université Paris 7.
  • Claude Didry : Directeur de recherche en sociologie, CNRS, IDHE-Cachan, ENS Cachan.
  • Camille Dupuy : Sociologue, ATER, CNAM, Paris.
  • Jean-Pierre Durand : Professeur de sociologie, Université d’Évry. Directeur du Centre Pierre Naville.
  • Gaëtan Flocco : Maître de conférences, Centre Pierre Naville et TEPP (FR n°3126, CNRS) Université Évry Val d’Essonne
  • Jean-Pierre Garnier : Ingénieur de recherche en sociologie, CNRS, IPRAUS, École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.
  • Dominique Glaymann : Sociologue, professeur de sociologie, Université Paris Est Créteil Val-de-Marne.
  • Bernard Hours : Anthropologue, Directeur de recherche à l’IRD.
  • Aziz Jellab : Sociologue, Professeur des universités, Université Lille 3, IUT B, Tourcoing.
  • Michel Kail : Professeur de philosophie, chargé de cours, Université de Paris V - René Descartes.
  • Pierre Lantz : Professeur émérite de sociologie à l’Université de Paris 8 - Vincennes-Saint-Denis.
  • Florent Le Bot : Historien, professeur d'histoire, IDHE, École normale supérieure de Cachan.
  • Margaret Manale : Historienne, ingénieur d’études CNRS, Ipraus, École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.
  • Louis Moreau de Bellaing : Professeur émérite de sociologie, Université de Caen.
  • Numa Murard : Professeur de sociologie, Université Paris 7 -  Denis Diderot.
  • Thierry Pouch : Économiste, Maître de Conférences Université de Reims Champagne-Ardenne – Responsable du service Références et études éconmiques APCA – Chercheur associé laboratoire OMI-ESSAI.
  • Pierre Rolle : Directeur de recherche honoraire en sociologie, CNRS-UMR 7533, LADYSS et GRMSE, Université Paris 10 - Nanterre.
  • Laurence Roulleau-Berger : Directeur de recherche en sociologie, CNRS-Pouchet, Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE).
  • Monique Sélim : Anthropologue, Directeur de recherche en anthropologie, IRD.
  • Richard Sobel : Économiste, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences éconmiques et sociales de Lille – Clersé (UMR 8019 CNRS).
  • Mahamet Timera : Professeur de sociologie, Université Paris 7 -  Denis Diderot.
  • Dominique Vidal : Professeur de sociologie, Université Paris 7 -  Denis Diderot.
  • Sophie Wahnich : Historienne, Chargée de recherche CNRS, Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS)
  • Claudie Weill : Historienne, Ingénieur de recherche hors classe, CNRS-CERA-EHESS.

Coordinateurs du numéro

  • Pierre Bras : Assistant Professor de littérature française à l’Université Centre College (USA)
  • Claire Pignol : Économiste, Maître de Conférences
  • Richard Sobel : Économiste, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences éconmiques et sociales de Lille – Clersé (UMR 8019 CNRS).

Catégories

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • lundi 15 septembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • théories littéraires, théories économiques, représentations, analyse économique

Contacts

  • Claire Pignol
    courriel : cpignol [at] yahoo [dot] fr
  • Jean-Jacques Deldyck
    courriel : deldyck [at] univ-paris-diderot [dot] fr
  • Pierre Bras
    courriel : pierre [dot] f [dot] bras [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Jean-Jacques Deldyck
    courriel : deldyck [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Économie et littérature », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 25 avril 2014, http://calenda.org/283183