AccueilAntoine Desgodets, entre théorie et pratique

Antoine Desgodets, entre théorie et pratique

Les nouveaux savoirs de l’architecte moderne

*  *  *

Publié le jeudi 26 juin 2014 par João Fernandes

Résumé

Suite à la publication dans le cadre de l'ANR Corpus d'un site internet (www.desgodets.net) dédié au cours d'Antoine Desgodets, professeur à l'Académie royale d'architecture, au début du XVIIIe siècle, nous organisons un colloque international autour des changements intervenus dans les réflexions théoriques comme dans les usages pratiques de cette profession, générés par le contenu de cet enseignement. Nous ne manquerons pas non plus de nous interroger sur cette figure emblématique de l'histoire de l'architecture que représente Antoine Desgodets, tant en amont dans sa jeunesse qu'en aval dans la fortune critique que son oeuvre a connue.

Annonce

Argumentaire

Suite à la publication dans le cadre de l'ANR Corpus d'un site internet (www.desgodets.net) dédié au cours d'Antoine Desgodets, professeur à l'Académie royale d'architecture, au début du XVIIIe siècle, nous organisons un colloque international autour des changements intervenus dans les réflexions théoriques comme dans les usages pratiques de cette profession, générés par le contenu de cet enseignement. Nous ne manquerons pas non plus de nous interroger sur cette figure emblématique de l'histoire de l'architecture que représente Antoine Desgodets, tant en amont dans sa jeunesse qu'en aval dans la fortune critique que son oeuvre a connue.

Axes thématiques 

I/- Antoine Desgodets, cet inconnu : vers une biographie

Antoine Desgodets, que nous connaissons surtout par Les Edifices antiques de Rome, son œuvre savante majeure émanant d’une commande royale, mais aussi par Les Loix des bâtiments, ouvrage juridique posthume inaugurant une nouvelle discipline, reste encore aujourd’hui peu étudié. Si nous lui découvrons un père ébéniste à Paris, que savons-nous de la famille dont il était issu et de celle qu’il fonda ? De quelles sources disposons-nous pour écrire la biographie de cet architecte ? De nouvelles archives notariales parisiennes mises au jour méritent une étude approfondie.

Plus largement, Desgodets maintient-il des relations avec les gens des métiers du bâtiment ou cherche-t-il au contraire à s’en détacher dans un mouvement constant pour parvenir au sommet de la société des gens de cour ? Que sait-on de sa vie avant son entrée à l’Académie, et notamment jusqu’à ses 20 ans ? La protection dont il bénéficia pour séjourner à Rome, en dehors de l’Académie de France, sa détention par des corsaires à Alger, restent aussi mystérieuses. De même, il serait intéressant de s’interroger sur les raisons qui le menèrent à la fonction de professeur à l’Académie royale d’architecture, où il fut le premier véritable architecte, après une lignée composée exclusivement d’hommes de sciences, F. Blondel - bien que celui-ci fut aussi architecte - et les La Hire. Quels réseaux fréquentait-il ? Celui des sociétés savantes (les hommes de sciences ou des techniques), les grandes agences d’architecture ou les jeunes architectes, les gens des finances (banquiers, spéculateurs…), les grands commis de l’Etat (surintendants, ministres) ou l’administration subalterne, la société provinciale, étrangère (en particulier, la Suède) ou parisienne, le monde artistique ou celui des artisans ? 

II/- La pratique du théoricien

Desgodets eut d’abord une carrière administrative en tant que contrôleur des bâtiments du roi à Chambord  puis à Paris, notions qui pourraient être définies plus précisément en examinant d’autres carrières analogues, la nature et les missions qu’elles supposent (gestion et suivi de chantier, dessinateur, vérificateur de travaux, entretien de bâtiments, …)

Il eut aussi une carrière d’architecte, en construisant un édifice pour les religieuses dans l’enclos du Val-de-Grâce, en remaniant le château de Vaudreuil, en édifiant quelques maisons ordinaires rue du Bourg l’Abbé ou rue Montmartre à Paris mais l’ensemble de ses activités comme architecte est encore mal connu. Conçoit-il seul, ses projets ou pour le compte d’une agence ? En est-il le maître d’œuvre ?

Sa grande maîtrise du dessin lui permet de laisser à la postérité un grand nombre de plans et d’élévations dans de nombreuses collections d’estampes. Son style reconnaissable autorise les experts à les lui attribuer : qu’ils soient des projets réalisés ou non, des états des lieux, des outils de transmission du savoir gravés ou pas, des dessins de chantier, la panoplie de Desgodets dessinateur se révèle étoffée et mérite des études spécifiques.

Notre architecte pratiqua également l’expertise. Comme beaucoup de ses contemporains qui siégeaient à l’Académie royale d’architecture, il présenta des mémoires techniques, par exemple sur les moyens de réparer l’effondrement du pont de Pirmil à Nantes. Analyser toutes ses interventions techniques devant l’Académie, et les comparer à celles de ses contemporains pourraient contribuer à évaluer le rôle effectif de l’Académie dans les évolutions techniques et constructives de l’époque. De même, le rapport étroit de ses collaborations et des activités de l’Académie en général avec les cours dispensés devrait être analysé précisément en rapport avec le choix des thèmes abordés. 

III/- Les écrits d’un praticien

Si l’œuvre majeure d’Antoine Desgodets, Les Edifices antiques de Rome dessinés et mesurés très exactement (Paris, chez Jean-Baptiste Coignard, 1687), a fait l’objet de nombreuses publications et a connu ces dernières années plusieurs éditions critiques, il est désormais temps de faire le point sur les raisons exactes de cette mission à Rome, sur la façon dont Desgodets a travaillé, et sur la fortune de l’ouvrage, réédité en France et à l’étranger, annoté, voire traduit. Il est tout simplement temps de mesurer pleinement l’influence de cette œuvre décrite comme majeure dans l’histoire de l’architecture occidentale.

Devenu professeur à l’Académie, Desgodets s’engage dans des champs inédits de l’architecture et peut apparaître à ce titre comme un théoricien très novateur. Il conviendrait d’étudier précisément les apports des quatre cours par rapport à ceux de ses prédécesseurs dont nous gardons la trace (F. Blondel, Ph. de La Hire), voire des traités d’architecture antérieurs : le rapport opéré par Desgodets entre théorie et pratique est-il vraiment nouveau, ou ne fait-il que consacrer une situation déjà existante depuis la fin du xviie siècle ? Comment ses suiveurs à l’Académie, ou en dehors à l’Ecole des arts, les écoles gratuites ou les ateliers privés, ont-ils appréhendé, renouvelé ou tronqué les sujets de ses cours ? Ces derniers ont-ils conservé une dimension modélisatrice ? Au XIXe siècle, qu’est-ce que les enseignements des grandes écoles, des Beaux-arts, des arts décoratifs, des arts et métiers ont-ils conservé de l’œuvre de Desgodets ? L’analyse des manuscrits (transcrits, copiés ou autographes) portant sur les ordres, les commodités, le toisé et les servitudes, permet de découvrir comment ces textes et ces figures ont été établis (originalité ou tradition de ses sources) et pour quelles finalités (maîtriser la concurrence d’avec les entrepreneurs, assoir une éthique de leur profession, servir de modèles). Il ne faut pas omettre non plus l’impact des cours sur la nature même de l’architecture et de l’architecte, qui devient alors « moderne ». Nous invitons bien entendu les auteurs à participer à l’analyse de ces cours désormais disponibles en ligne. 

Sur chacun de ces champs, nous ne saurions nous contenter d’une analyse uniquement française. L’apport du regard des théoriciens et praticiens étrangers nous apparaît indispensable. 

Règlement

Nous invitons les chercheurs de toutes les disciplines concernées par la figure emblématique et l’œuvre d’Antoine Desgodets à soumettre une proposition de communication à ce colloque international. Les auteurs retenus auront 20 minutes pour présenter leur présentation. La proposition, en français ou en anglais, devra inclure :

-          un titre suivi du (ou des) nom(s) du (ou des) auteur(s) et de son (ou de leurs) institutions ;

-          un argumentaire développé de 500 mots maximum contenant obligatoirement les sources sollicitées ;

-          six mots clés ;

-          un court curriculum vitae d’une page maximum indiquant coordonnées, statuts, laboratoire de rattachement le cas échéant, ainsi que les plus importantes ou plus récentes publications.

La proposition doit nous parvenir par mail (rcarvais@noos.fr) au plus tard le

30 juin 2014

Elle sera évaluée par deux membres du comité scientifique. Les résultats des délibérations du comité scientifique seront portés à votre connaissance avant le 15 juillet 2014.

Le colloque devrait se dérouler à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais et à l’Institut national d’histoire de l’art sur deux jours les lundi 24 et mardi 25 novembre 2014. 

Comité scientifique

  • Laurent Baridon, Université Lumière Lyon 2
  • Basile Baudez, Université Paris-Sorbonne
  • Robert Carvais, CNRS, ENSA Paris-Malaquais
  • Pierre Caye, CNRS
  • Pascal Dubourg Glatigny, CNRS
  • Guillaume Fonkenell, Louvre
  • Alexandre Gady, Université Paris-Sorbonne
  • Jean-Phillipe Garric, Université Panthéon-Sorbonne, ENSA Belleville
  • Jean-Louis Halpérin, ENS
  • Olga Medvedkova, CNRS
  • Robin Middleton, Columbia University
  • Claude Mignot, Université Paris-Sorbonne
  • Valérie Nègre, ENSA La Villette
  • Werner Oeschlin, Federal Institute of Technology, Zurich
  • Edoardo Piccoli, Politecnico, Milan
  • Pierre Pinon, ENSA Paris-Belleville
  • Hélène Rousteau-Chambon, Université de Nantes
  • Joël Sakarovitch, ENSA Paris-Malaquais
  • Dirk van de Vijver, Université d’Utrecht
  • Thierry Verdier, Université Paul-Valéry, Montpellier III 

Comité d’organisation

- Robert Carvais CNRS, ENSA Paris-Malaquais

- Emmanuel Château / Juliette Hernu

- Béatrice Gaillard, ENSA Versailles / Linnéa Rollenhagen-Tilly 

Institutions partenaires

ENSA Paris-Malaquais, CNRS, INHA, ANR, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Collège de France.

Lieux

  • Institut National d'Histoire de l'Art - 2, rue Vivienne
    Paris, France (75002)

Dates

  • lundi 30 juin 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Desgodets, enseignement, théorie, pratique, architecture, construction, économie, droit, biographie

Contacts

  • Robert Carvais
    courriel : rcarvais [at] noos [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Robert Carvais
    courriel : rcarvais [at] noos [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Antoine Desgodets, entre théorie et pratique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 26 juin 2014, http://calenda.org/291763