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Le nécessaire et le superflu

Le paysan consommateur dans l’Europe médiévale et moderne

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Publié le jeudi 03 juillet 2014 par João Fernandes

Résumé

Ce colloque de Flaran constituera le premier rassemblement scientifique d’envergure dans lequel des historiens médiévistes et modernistes ruralistes, originaires de plusieurs pays européens, seront conviés à dialoguer sur ce thème de recherche. Cette rencontre, dont les actes seront rapidement publiés dans la collection des Journées internationales d’histoire de Flaran, devrait permettre de réévaluer la place des consommateurs paysans dans l’économie d’ancien régime, en insistant notamment sur le rôle d’impulsion décisif que leur conférait leur poids démographique. Il devrait également confirmer la grande porosité de la paysannerie médiévale et moderne à l’égard des marchés, voire des modes alimentaires et textiles. Si les disparités sont certes réelles d’une région à l’autre, comme au sein des différentes strates composant le monde paysan, les pratiques de consommation de ce dernier s’avèrent à l’examen d’une surprenante richesse et diversité.

Annonce

Problématique générale

Ce choix part du double constat du dynamisme actuel de la recherche européenne dans le champ de l’histoire de la consommation, et du caractère déséquilibré du paysage historiographique dans ce domaine : importance et ancienneté de la production scientifique en histoire moderne par rapport à l’histoire médiévale, où l’intérêt est plus récent ; focalisation des travaux sur les consommateurs des villes au détriment de ceux des campagnes, sans doute moins favorisés du point de vue documentaire ; accent mis de longue date sur l’histoire de l’alimentation par rapport à d’autres supports de consommation, pourtant non moins intéressants (textile, céramique, outils et ustensiles, meubles...). Il en découle une approche relativement biaisée du problème, très marquée notamment par l’idée du tournant décisif induit au XVIIIe siècle par la « révolution de la consommation » théorisée dès la fin des années 1970 par les historiens anglo-saxons. Perçues à l’aune de cette dernière, les pratiques de consommation du Moyen Âge et d’une bonne partie de l’époque moderne relèveraient de systèmes traditionnels, sinon archaïques, tout particulièrement chez des populations rurales rétives à recourir aux marchés, et privilégiant l’autoconsommation des diverses ressources fournies par les campagnes.

Apport scientifique de la manifestation

Fort du renouvellement récent des approches en histoire médiévale (apports de l’archéologie, mise en évidence d’une première « révolution de la consommation » de la fin du Moyen Âge) et moderne (influence du concept de « révolution industrieuse » formalisé par Jan de Vries à propos d’une paysannerie soucieuse dès le XVIIe siècle d’intensifier son travail pour permettre son accès à la consommation de produits variés), le colloque proposé vise deux objectifs. Le premier est de dresser un état des connaissances sur les pratiques de consommation de la paysannerie européenne dans l’optique de longue durée traditionnellement privilégiée par les rencontres de Flaran (du haut Moyen Âge au XVIIIe siècle). Plusieurs rapports de spécialistes français et étrangers doivent ainsi dresser des panoramas historiographiques pour l’Angleterre, l’Europe du Nord, la péninsule ibérique, l’Italie et la France. Le second objectif est de rendre compte des nouveaux champs d’investigation en histoire médiévale et moderne, au moyen de communications d’historiens et d’archéologues portant sur la consommation rurale de produits jusque-là peu étudiés (coquillages, produits textiles, produits exotiques) et sur la complexité longtemps insoupçonnée des stratégies d’accès à la consommation des paysans de l’Europe d’avant 1789. Trois axes structureront cette réflexion collective : les logiques de consommation de la paysannerie ; la diversité des consommations paysannes ; consommation paysanne et activité économique.

Ce colloque de Flaran constituera le premier rassemblement scientifique d’envergure dans lequel des historiens médiévistes et modernistes ruralistes, originaires de plusieurs pays européens, seront conviés à dialoguer sur ce thème de recherche qui leur est commun, et à confronter leurs approches. Cette rencontre, dont les actes seront rapidement publiés dans la collection des Journées internationales d’histoire de Flaran, devrait permettre de réévaluer la place des consommateurs paysans dans l’économie d’Ancien Régime, en insistant notamment sur le rôle d’impulsion décisif que leur conférait leur poids démographique. Il devrait également confirmer la grande porosité de la paysannerie médiévale et moderne à l’égard des marchés, voire des modes alimentaires et textiles, bien loin de la passivité et du réflexe autarcique qu’on a longtemps considérés caractéristiques de ce groupe. Si les disparités sont certes réelles d’une région à l’autre, comme au sein des différentes strates composant le monde paysan, les pratiques de consommation de ce dernier s’avèrent à l’examen d’une surprenante richesse et diversité.

Responsables scientifiques

  • Guilhem Ferrand
  • Judicaël Petrowiste

Programme

VENDREDI 17 OCTOBRE 

  • 9h30 : Introduction du colloque 

Guilhem Ferrand (Université de Pau et des Pays de l’Adour)

Judicaël Petrowiste (Université Paris Diderot – Paris 7)

1)     Autour des logiques de consommation paysannes 

  • 10 h : Les logiques de production, d'échange et de consommation paysannes dans le Premier Moyen Âge. Sources écrites, données archéologiques et système social (rapport) Jean-Pierre Devroey (Université Libre de Bruxelles) 
  • 10h40 : Du mythe de l’autarcie au mythe de la centralité. Logiques spatiales de consommations paysannes sous l’Ancien Régime (communication) Anne Radeff (avec la collaboration de Georges Nicolas) (Université de Marne-la-Vallée)

11h00 : Discussion puis pause 

  • 11h20 : Why were late medieval English peasants consumers ? (rapport) Christopher Dyer (University of Leicester) 
  • 12h00 : Qu'achetaient les paysans ? Approche des modes de consommation paysanne dans la Catalogne du XVIIIe siècle à partir des achats sur les marchés d’occasion et en boutiques (communication) Belén Moreno Claverías (Universidad autónoma de Madrid) 

12h20 : Discussion et pause déjeuner 

2)     Diversité des pratiques de consommation paysannes

  •          16h : La consommation alimentaire des paysans lombards (XIIe – XVe siècle) (rapport) François Menant (École Nationale Supérieure, Paris). 
  • 16h40 : La consommation de produits textiles en milieu paysan dans la Catalogne des XIIIe-XIVe siècles (communication) Lluís To Figueras (Universitat de Girona)

17h00 : Discussion puis pause

  • 17h20 : Les restes animaux et végétaux de l’alimentation en milieu rural : apports et limites de quelques exemples bio-archéologiques (rapport) Marie-Pierre Ruas (Museum national d’Histoire naturelle) et Benoît Clavel (Museum national d’Histoire naturelle)
  • 18h00 : Coquillages et crustacés dans l’assiette du paysan au Moyen Âge et à l’Époque moderne (communication) Laura Le Goff (Université de Rennes2), avec la collaboration de Catherine Dupont (Université de Rennes 2)

18h20 : Discussion

SAMEDI 18 OCTOBRE

  • 9h00 : La céramique dans le monde paysan d’Île-de-France à travers les sources archéologiques, du XIIIe au XVIIIe siècle (rapport) Fabienne Ravoire (INRAP)
  • 9h40 : La consommation populaire de vin en Labourd au XVIIe siècle (communication) Francis Brumont (Université de Toulouse)
  • 10h00 : La consommation de produits coloniaux chez les paysans ligériens et bretons à la fin du XVIIIe siècle (communication) Maud Villeret (Université Lumière Lyon 2)

10h20 : Discussion et pause

3)     Consommation(s) paysanne(s) et activité économique 

  • 10h40 : Le consommateur paysan, agent des mutations économiques ? Le cas de la péninsule ibérique au bas Moyen Âge (rapport) Antoni Furió (Universitat de Valencia)
  • 11h20 : Consumérisme et proto-industrialisation dans les campagnes flamandes : malédiction ou bénédiction ? Un aperçu synthétique (XVIe-XVIIIe siècle) (rapport) Bruno Blondé, Wouter Ryckbosch et Reinoud Vermoesen (Universiteit Antwerpen)

12h00 : Discussion et pause déjeuner

  • 14h30 : Consommations paysannes et économie de l’échange en France au XVIIIe siècle (rapport) Philippe Meyzie (Université de Bordeaux III)
  • 15h10 : La cuisine paysanne est-elle insaisissable pour l’historien ? (rapport) Massimo Montanari (Université de Bologne)

15h50 : Discussion

  • 16h10 : Table ronde conclusive
    • Jean-Pierre Devroey (Université libre de Bruxelles)
    • Monique Bourin (Université Paris 1)
    • Francis Brumont (Université de Toulouse)

Lieux

  • salle de la Madeleine - Abbaye de Flaran
    Valence-sur-Baïse, France (32310)

Dates

  • vendredi 17 octobre 2014
  • samedi 18 octobre 2014

Mots-clés

  • histoire rurale, Europe médiévale et moderne, consommation, paysan, marché

Contacts

  • Jean-Loup Abbé
    courriel : abbe [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Josiane Capot
    courriel : contact [dot] valencesurbaise [at] tourisme-tenareze [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean-Loup Abbé
    courriel : abbe [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le nécessaire et le superflu », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 03 juillet 2014, https://calenda.org/292965

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