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Épistémologie et recherche en tourisme

Epistemology and research in tourism

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Publié le mardi 23 septembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Les trois premiers colloques « Sino-Européen » du tourisme, organisés en Chine en 2011, 2013 et 2014, ont été des lieux d'échanges sur différents aspects du tourisme dans le monde. Les thématiques ont été abordées avec des ancrages disciplinaires variés (géographie, sociologie, histoire, sciences de gestion), ce qui a permis d’enrichir les échanges mais qui a également mis en exergue des différences de méthodologies, de définition d’un même objet, de postures scientifiques face à celui-ci, entre chercheurs d’horizons nationaux différents. Au-delà d’un nouveau colloque thématique, cette manifestation a l’ambition de faire le point sur les pratiques de recherches actuelles dans le champ du tourisme. Les propositions de communication, originales et innovantes, basées sur des terrains empiriques ou, plus singulièrement, sur des synthèses de travaux précédents, devront donc s'inscrire dans un questionnement épistémologique.

Annonce

Argumentaire

Les trois premiers colloques « Sino-Européen » du tourisme, organisés en Chine en 2011, 2013 et 2014, ont été des lieux d'échanges sur différents aspects du tourisme dans le monde. La première édition a questionné la « Troisième révolution touristique », soit l’accès au tourisme des sociétés des pays qualifiés d’« émergents ». La seconde manifestation a permis d’interroger les formes des tourismes dans les espaces littoraux et maritimes (2013). Enfin, la troisième a permis de mesurer les discours et représentations autour des usages contemporains de la ruralité (2014). Les thématiques ont été abordées avec des ancrages disciplinaires variés (géographie, sociologie, histoire, sciences de gestion), ce qui a permis d’enrichir les échanges mais qui a également mis en exergue des différences de méthodologies, de définition d’un même objet, de postures scientifiques face à celui-ci, entre chercheurs d’horizons nationaux différents.

La spécificité du tourisme comme objet de recherche, de par son caractère mondialisé, c'est-à-dire dépassant les frontières nationales, implique de rompre avec une vision ethnocentrée. Ce constat épistémologique liminaire prend tout son sens au moment où les pays qualifiés d’« émergents » et/ou « en développement », s’impliquent de plus en plus dans la recherche scientifique en mobilisant le tourisme comme objet privilégié de recherche. Une nouvelle génération de chercheurs apparaît et de nouvelles thématiques sont abordées impliquant la nécessité de maintenir les dialogues et échanges internationaux. Les travaux en langue indigène se multiplient, nécessitant la maîtrise du langage au-delà du cercle des seuls linguistes. Notamment parce que le tourisme, longtemps perçu dans sa seule frange internationale est aujourd’hui d’abord l’affaire des résidents au sein de leur espace national, en particulier dans les pays d’Asie (Singh, 2009) et d’Amérique latine (Raymond, 1999).

Il est donc intéressant, au-delà de l'apport de nouvelles connaissances et des terrains de recherches inédits, de questionner, sur des plans méthodologiques et épistémologiques, le rapport au terrain et tout ce qu'il engage en termes de posture du chercheur. Qu’est-ce que aujourd’hui « faire du terrain » pour un chercheur sur un espace lointain ? Comment sélectionner et aborder une thématique de recherche lorsque l’on est chercheur dans un pays où la recherche fondamentale est un apport récent ? Comment mobiliser des théories dont les objets et matériaux empiriques se sont développé dans des pays étrangers ?

Au-delà d’un nouveau colloque thématique, cette manifestation a l’ambition de faire le point sur les pratiques de recherches actuelles dans le champ du tourisme. Les propositions de communication, originales et innovantes, basées sur des terrains empiriques ou, plus singulièrement, sur des synthèses de travaux précédents, devront donc s'inscrire dans un questionnement épistémologique.

Plusieurs pistes peuvent ainsi être proposées afin d’alimenter la réflexion et les échanges :

L’état de la recherche en tourisme

Quelles sont les évolutions des thématiques de recherche au cours des dernières années / décennies dans le champ du tourisme ? Les méthodologies se sont-elles figées ou assiste-t-on à un éclatement et à un croisement des outils ? Comment se structurent la recherche fondamentale et la recherche appliquée ?

Interdisciplinarité et pluridisciplinarité

Alors que les évaluations scientifiques restent majoritairement disciplinaires et que le tourisme est un objet abordé par plusieurs disciplines, comment s’organise l’interdisciplinarité ? Quels sont ses enjeux mais aussi ses limites ? Le tourisme est-il un objet transdisciplinaire ? Du point de vue des chercheurs de plusieurs disciplines qui travaillent ensemble, comment régler le curseur positionnant la recherche dans telle ou telle discipline ? Comment publier collectivement avec des horizons disciplinaires variés ?

Délimitation de l'objet

Le risque de la « connaissance générale » (Bachelard), c’est-à-dire de généralisation hâtive, peut séduire au premier abord, en particulier dans un champ comme le tourisme ; un phénomène dont chacun, ou presque, a eu une expérience. Une connaissance scientifique doit être donnée avec ses conditions de détermination, au risque d’être vague. Quelles sont, selon les disciplines, ces conditions ? Y a-t-il dans le champ du tourisme une ou des manières de délimiter un objet de recherche ?

Méthodes qualitatives / quantitatives

Comment délimiter un objet de recherche dans le champ du tourisme et comment l’aborder ? D’une discipline à l’autre, les méthodologies varient, mais n’y a-t-il pas des rapprochements potentiels ? Comment utiliser dans sa discipline des méthodologies forgées dans d’autres ? Comment croiser les méthodes ? Existe-t-il aujourd’hui un risque du « mathématisme », dans un contexte où les différents classements des revues impliquent un rythme de production scientifique accru ?

Accès au terrain

Les pays qui accèdent au tourisme se trouvent dans des contextes politiques majoritairement autoritaires ou forts. Dans ces conditions, en quoi la dimension politique influence-t-elle les choix des objets de recherche et en oblitère-t-elle d’autres ? La censure exercée dans des pays comme la Chine est-elle réellement une limitation à l’approche de nouvelles thématiques de recherche, en particulier pour les nouveaux venus (doctorants et jeunes docteurs) dans le champ scientifique du tourisme ? En ce sens, comment réaliser une recherche objective et quelles sont les entraves à celle-ci ? De quelle autonomie intellectuelle et d’accès au(x) terrain(s) disposent aujourd’hui les chercheurs en tourisme ?

Les mots du tourisme

Si le tourisme est un phénomène dont chacun se sent capable de parler, comment dépasser la « langue naturelle » et produire un discours mue par la « langue scientifique » (Passeron) ? Ainsi, dans le champ du tourisme, comment dépasser les catégories indigènes produites par les discours (promoteurs, institutions, entreprises, touristes) que recueille le chercheur ?

Les recherches internationales

Comment dépasser l’écueil de l’ethnocentrisme quand on investit un terrain étranger ? Comment appréhender les logiques sociales, culturelles, politiques, etc. propres à un pays dans l’étude du fait touristique ? Si la comparaison est le moteur de la science (Durkheim), comment objectiver des situations internationales parfois très différentes ? En quoi la connaissance linguistique est-elle essentielle à des analyses plus fines en contexte d’altérité forte ?

Comité scientifique

  • Ba Zhaoxiang (Histoire, Shanghai, Chine)
  • Camus Sandra (sciences de gestion, Angers)
  • Clergeau-Allain des Beauvais Cécile (sciences de gestion, Angers)
  • Coëffé, Vincent (géographie, Angers)
  • Duhamel Philippe (géographie, Angers)
  • Giordano Yvonne (sciences de gestion, Nice)
  • Guibert Christophe (sociologie, Angers)
  • Lazzarotti Olivier (géographie, Amiens)
  • Loirand Gildas (sociologie, Nantes)
  • Lou Jiajun (sciences de gestion, Shanghai, Chine)
  • Réau Bertrand (sociologie, Paris1)
  • Shen Shiwei (géographie, Ningbo, Chine)
  • Spindler Jacques (sciences de gestion, Nice)
  • Stock Mathis (géographie, Sion, Suisse)
  • Taunay Benjamin (géographie, Angers)
  • Violier Philippe (géographie, Angers)
  • Xiang Yixian (géographie, Ningbo, Chine)
  • Zhang Jie (Geographie, Nanjing, Chine)

Indications aux auteurs

Les propositions de communication comporteront le titre (en français et en anglais), un résumé de trois pages (times 12) et d’une liste de mots clés en français et en anglais. Figureront également les coordonnées des auteurs et l’identité du correspondant (dans l’éventualité de plusieurs auteurs).

Les propositions de contributions doivent être adressées à :

au plus tard le 30 janvier 2015.

Un retour (acceptation, refus, acceptation avec corrections majeures/mineures) sur chaque proposition sera effectué à la fin du mois de février 2015.

Un résumé de 3 pages sera demandé pour le 1er juin 2015 afin d’éditer un livret regroupant les résumés des communications.

Le colloque se tiendra du 01 au 03 juillet 2015 à Angers (France).

Modalités pratiques

Un site Internet sera mis en ligne à partir du mois de février 2015, où toutes les informations pratiques (hébergement, post-congrès) seront disponibles.

Lieux

  • Angers, France (49)

Dates

  • vendredi 30 janvier 2015

Mots-clés

  • tourisme, pluridisciplinarité, méthodologie, recherche internationale

Contacts

  • Benjamin Taunay
    courriel : benjamin [dot] taunay [at] univ-angers [dot] fr

Source de l'information

  • Benjamin Taunay
    courriel : benjamin [dot] taunay [at] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Épistémologie et recherche en tourisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 septembre 2014, http://calenda.org/294652