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L'avortement, question politique

Revue « L’homme et la société »

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Publié le lundi 04 août 2014 par João Fernandes

Résumé

L’année 2015 marquera un anniversaire, celui des quarante ans de la loi libéralisant l’avortement. Bonne occasion de revenir, d’un point de vue politique, sur cette revendication féministe majeure que nous voudrions saisir dans son actualité. D’abord, parce que ce droit à l’avortement est encore aujourd’hui contesté dans les sociétés où il a été acquis. Ensuite, et surtout, parce que la libéralisation de l’avortement ne vient pas s’insérer dans une sphère politique qu’elle laisserait intacte mais sert à redéfinir les conditions mêmes de l’exercice politique. C’est cette actualité que nous voudrions mettre en avant. Pour la révéler, il s’agit finalement de prendre la mesure du principe affirmé à travers le mot d’ordre, « notre corps nous appartient ». Notre volume tentera donc d’épuiser le contenu de ce mot d’ordre dans ses dimensions politique, juridique, éthique, existentielle.

Annonce

Argumentaire

L’année 2015 marquera un anniversaire, celui des 40 ans de la loi libéralisant l’avortement. Bonne occasion de revenir, non pas d’un point de vue historique mais politique, sur cette revendication majeure du mouvement féministe des années 1970.

« Non pas d’un point de vue historique mais politique » ne signifie pas que nous soyons indifférents au processus qui a autorisé ce vote, mais outre que cette histoire sera largement évoquée partout ailleurs du fait de cet anniversaire, il nous semble essentiel de saisir cette revendication dans son actualité. D’abord, parce que ce droit est toujours contesté dans les sociétés où il a été acquis (qu’il nous suffise de faire référence aux projets du gouvernement de droite espagnol de remettre en cause ce droit). Ensuite, et surtout, parce que cette revendication ne vient pas s’insérer dans une sphère politique qu’elle laisserait intacte mais sert à redéfinir les conditions mêmes de l’exercice politique. C’est cette actualité que nous voudrions mettre en avant dans ce numéro.

Pour la révéler, il ne s’agit finalement que de prendre la mesure de ce principe affirmé à travers le mot d’ordre, « notre corps nous appartient ». Ce numéro tentera donc d’épuiser le contenu de ce mot d’ordre dans ses dimensions politique, juridique, éthique, existentielle.

Pourquoi accorder une telle importance à une proposition qui semble aller de soi ; n’est-il pas évident que notre corps nous appartienne puisqu’il est une partie de nous-mêmes ?

« Notre corps », c’est-à-dire ici le corps des femmes, dont la propriété et les propriétés sont déterminées par l’idéologie masculiniste, en particulier la capacité de procréation. Aussi, proclamer « notre corps nous appartient » n’est nullement une exigence de propriétaire qui aurait été victime d’une expropriation illégitime — affirmer une telle exigence reviendrait à se soumettre à la logique de la domination masculine — et qui pourrait à nouveau jouir pleinement de sa propriété, mais impose de modifier radicalement le statut même du corps. Pour le dire en termes beauvoiriens, le corps n’est plus, à la lumière de cette revendication, maintenu dans l’ordre de l’en-soi mais intégré dans l’ordre du pour-soi, n’est plus assigné à l’ordre de l’immanence mais à celui de la transcendance. Le corps n’est pas un moyen, c’est un projet.

Soulignons, sur l’exemple, décisif, de l’émancipation, en quoi ce changement de statut du corps affecte la conception même de la critique et de la politique. Classiquement, l’émancipation est interprétée à partir d’un présupposé essentialiste puisqu’elle consiste en une actualisation d’une essence que l’aliénation empêche. Dans la logique du projet mis ici à jour, l’émancipation requiert un parti pris anti-essentialiste préalable.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les articles (format word) sont à envoyer

avant le 31 janvier 2015

au secrétariat de rédaction de L’homme et la société : deldyck@univ-paris-diderot.fr

Chaque article sera évalué par deux membres du comité de rédaction de la revue, voire d’un troisième si les deux premiers sont d’un avis contraire.

Composition du comité de rédaction

(comité de lecture)

  •  François Athané : Professeur de philosophie, IUFM de Paris-Sorbonne.
  •  Marc Bessin : Chargé de recherche en sociologie, CNRS-EHESS, Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS).
  •  Pierre Bras : Assistant Professor de littérature française University of California, Paris.
  •  Francesca Bray : Professeur d’anthropologie sociale, Université d'Edimbourg.
  •  Patrick Cingolani : Professeur de sociologie à Paris X-Nanterre.
  •  Laurence Costes : Maître de Conférences en Sociologie à l’université d’Evry Val d’Essonne.
  •  Christophe Daum : Maître de Conférences en sociologie à l’université de Rouen, URMIS.
  •  Véronique De Rudder : Chargée de recherche en sociologie, CNRS-URMIS, Université Paris 7.
  •  Claude Didry : Directeur de recherche en sociologie, CNRS, IDHE-Cachan, ENS Cachan.
  •  Camille Dupuy : Sociologue, ATER, CNAM, Paris.
  •  Jean-Pierre Durand : Professeur de sociologie, Université d’Évry. Directeur du Centre Pierre Naville.
  •  Gaëtan Flocco : Maître de conférences, Centre Pierre Naville et TEPP (FR n°3126, CNRS) Université Évry Val d’Essonne
  •  Jean-Pierre Garnier : Ingénieur de recherche en sociologie, CNRS, IPRAUS, École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.
  •  Dominique Glaymann : Sociologue, professeur de sociologie, Université Paris Est Créteil Val-de-Marne.
  •  Bernard Hours : Anthropologue, Directeur de recherche à l’IRD.
  •  Aziz Jellab : Sociologue, Professeur des universités, Université Lille 3, IUT B, Tourcoing.
  •  Michel Kail : Professeur de philosophie, chargé de cours, Université de Paris V - René Descartes.
  •  Pierre Lantz : Professeur émérite de sociologie à l’Université de Paris 8 - Vincennes-Saint-Denis.
  •  Florent Le Bot : Historien, professeur d'histoire, IDHE, École normale supérieure de Cachan.
  •  Margaret Manale : Historienne, ingénieur d’études CNRS, Ipraus, École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.
  •  Louis Moreau de Bellaing : Professeur émérite de sociologie, Université de Caen.
  •  Numa Murard : Professeur de sociologie, Université Paris 7 -  Denis Diderot.
  •  Thierry Pouch : Économiste, Maître de Conférences Université de Reims Champagne-Ardenne – Responsable du service Références et études éconmiques APCA – Chercheur associé laboratoire OMI-ESSAI.
  •  Pierre Rolle : Directeur de recherche honoraire en sociologie, CNRS-UMR 7533, LADYSS et GRMSE, Université Paris 10 - Nanterre.
  •  Laurence Roulleau-Berger : Directeur de recherche en sociologie, CNRS-Pouchet, Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE).
  •  Monique Sélim : Anthropologue, Directeur de recherche en anthropologie, IRD.
  •  Richard Sobel : Économiste, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences éconmiques et sociales de Lille – Clersé (UMR 8019 CNRS).
  •  Mahamet Timera : Professeur de sociologie, Université Paris 7 -  Denis Diderot.
  •  Dominique Vidal : Professeur de sociologie, Université Paris 7 -  Denis Diderot.
  •  Sophie Wahnich : Historienne, Chargée de recherche CNRS, Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS)
  •  Claudie Weill : Historienne, Ingénieur de recherche hors classe, CNRS-CERA-EHESS.

Coordinateurs du numéro

  • Pierre Bras : Professeur de littérature française, University of California, Paris
  • Michel Kail : Professeur de Philosophie

Consignes

- Le format standard des articles est de 35 000 signes mais il peut faire un peu plus ou un peu moins si nécessaire.

- Police : Times, taille 12, double intervalle.

- Toutes les références bibliographiques doivent être en notes de bas de page (pas de bibliographie en fin d'article)

Processus d'évaluation - Calendrier

- À partir de sa réception, l'article est distribué (lors de la réunion du comité de rédaction suivante - réunions mensuelles) en lecture, pour évaluation, à deux membres du comité de rédaction.

            - Si ceux-ci partagent un même avis favorable, l'article est accepté pour publication. Il peut cependant être demandé à l'auteur-e des modifications.

            - Si ceux-ci partagent un même avis défavorable, l'article est jugé non publiable dans notre revue.

            - Si ceux-ci sont d'un avis différent, l'article est donné à un troisième lecteur qui tranche. 

            Cette phase d'évaluation peut donc être comprise entre 1 et 3 mois. 

            La parution de ce numéro devrait se faire soit fin 2015 soit début 2016.

Lieux

  • Bâtiment Olympe de Gouges, 4e étage, Université Paris 7, Boîte courrier 7027
    Paris, France (75)

Dates

  • samedi 31 janvier 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • L’homme et la société, avortement, politique, corps, femme, féminin

Contacts

  • Jean-Jacques Deldyck
    courriel : deldyck [at] univ-paris-diderot [dot] fr
  • Michel Kail
    courriel : michelkail [at] orange [dot] fr
  • Pierre Bras
    courriel : pierre [dot] f [dot] bras [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean-Jacques Deldyck
    courriel : deldyck [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'avortement, question politique », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 04 août 2014, http://calenda.org/295171