AccueilFlux migratoires au Maroc : ampleur, acteurs et effets

Flux migratoires au Maroc : ampleur, acteurs et effets

La gestion des flux migratoires au Maroc

*  *  *

Publié le vendredi 22 août 2014 par João Fernandes

Résumé

Au Maroc, la question migratoire était, jusqu’à une date récente, approchée de manière conjoncturelle. Autrement dit, une question subie, que ce soit dans sa dimension « émigration ou immigration ». Si les flux migratoires des années 70, principalement d’ouvriers, vers l’Europe ont fait l’objet de nombreuses études dans les pays d’accueil, ils n’ont pourtant pas bénéficié de l’attention nécessaires de la part des chercheurs, tout comme ils n’ont pas été explicitement assumés en tant que choix par les pouvoirs publics, mais plutôt comme une réponse à des demandes extérieures urgentes. Une nouvelle forme d’émigration, celle des étudiants, n’a, quant à elle, fait l’objet de préoccupation ni de la part des chercheurs ni des pouvoirs publics. Par le passé, les pouvoirs publics avaient été davantage mobilisés par les aspects sécuritaires et politiques que par le devenir de cette population ou son éventuelle contribution au développement de son pays.

Annonce

Argumentaire

Au Maroc, la question migratoire était, jusqu’à une date récente, approchée de manière conjoncturelle. Autrement dit, une question subie, que ce soit dans sa dimension « émigration ou immigration ». Si les flux migratoires des années 70, principalement d’ouvriers, vers l’Europe ont fait l’objet de nombreuses études dans les pays d’accueil, ils n’ont pourtant pas bénéficié de l’attention nécessaires de la part des chercheurs, tout comme ils n’ont pas été explicitement assumés en tant que choix par les pouvoirs publics, mais plutôt comme une réponse à des demandes extérieures urgentes.
Une nouvelle forme d’émigration, celle des étudiants, n’a, quant à elle, fait l’objet de préoccupation ni de la part des chercheurs ni des pouvoirs publics. Par le passé, les pouvoirs publics avaient été davantage mobilisés par les aspects sécuritaires et politiques que par le devenir de cette population ou son éventuelle contribution au développement de son pays.
Ce manque de perspective, nous semble encore plus remarquable quant au peu d’analyses ou à la faiblesse de celles qui existent à propos de l’émigration. Rappelons, que jusqu’au début des années 90, le Maroc était considéré, non seulement, comme un pays pourvoyeur de main-d’œuvre, mais également comme un pays de transit pour les ressortissants des pays de l’Afrique subsaharienne. Depuis lors, la donne a considérablement changé. Pour beaucoup de migrants, dans l’impossibilité de joindre l’autre rive de la méditerranée, le Maroc est devenu, un pays d’installation par défaut.

Il sera question, lors du premier axe (Diagnostic et mise en perspective), de s’interroger sur les flux à destination du Maroc. Une sorte de cartographie des itinéraires des arrivants, leurs motivations de départ, villes d’installation, secteurs d’activités, etc. Ces évolutions semblent n’avoir fait l’objet que de peu de travaux et d’analyses à caractère scientifique. L’objectif des contributions de cet axe est de tenter d’apporter un éclairage sur les mouvements de ces flux, leurs destinations et leurs dynamiques.

Le deuxième axe  (cadre juridique et acteurs du champ migratoire) comporte deux grandes interrogations. La première sera consacrée à l’étude du cadre juridico-légal  régissant le droit des étrangers au Maroc, réguliers, irréguliers ou réfugiés. Il recevra une attention particulière dans la mesure où il permet d’apprécier le chemin parcouru et celui qu’il reste à parcourir en matière d’accueil et d’intégration des étrangers résidants au Maroc. En dehors de ces textes juridiques et règlementaires qui encadrent la présence des étrangers au Maroc, l’accent sera mis, dans la deuxième partie de cet axe, sur un élément crucial, à savoir l’analyse des comportements des acteurs officiels ou institutionnels qui œuvrent dans le domaine migratoire. Il s’agit ici d’éclairer la stratégie d’institutions étatiques comme le CNDH, la délégation interministérielle des droits de l’homme, le HCR, …, ou bien d’acteurs associatifs agissant notamment dans le domaine de la lutte antiraciste et celui des droits humains. Sur quoi portent leurs actions ? Quelles sont leurs limites… ?

Le troisième axe  sera consacré aux effets externes de la gestion des flux migratoire ou le linkage de la question migratoire. En effet, les analyses relatives à la question migratoire, semblent souvent éluder les multiples effets de sa gestion. Ces effets sont à la fois internes et externes  et impactent plusieurs domaines. Les plus saillants étant le domaine politique, socio-économique, culturel, démographique... De tous ces effets, nous nous contenterons dans cet axe de ceux relatifs à l’ordre international. Car, nous pensons que l’efficacité de la gestion de la question migratoire au Maroc renvoie à la fois à la relation avec les pays de destination « rêvée » à savoir les pays européens et à la relation avec les pays de départ.

Un bon nombre de ces pays de départ entretiennent des relations ancestrales avec le Maroc, comme le Sénégal, d’autres tissent des liens dans le cadre francophone… Ces pays représentent souvent non seulement des alliées stratégiques pour la question du sahara, mais aussi des partenaires économiques importants.

De même, les pays de l’Union européenne sont concernés au premier chef par toute décision des autorités marocaines au sujet des flux migratoires. En effet, de par sa position géographique, le Maroc devient de fait une frontière extérieure de l’Union. Cette position lui a d’ores et déjà valu des sollicitations de la part des instances européennes afin de l’impliquer un peu plus dans la gestion des flux migratoires à travers la mise en place de la  politique d’externalisation et son corollaire celle de  réadmission.

Il va sans dire que toute décision relative à la gestion de la question migratoire prise par les pouvoirs publics marocains aura des effets sur les relations avec ces deux zones : le zone Europe et/ou la zone Afrique subsaharienne ! 

Axes thématiques

Il s’ensuit les trois axes suivants :

Axe I :  Diagnostic et mise en perspective : cartographie des flux migratoires

-Profil des migrants : (Qui sont « nos » étrangers ?)
 
L’immigration en chiffres :
Immigration subsaharienne
Immigration européenne
 
Par nationalité
Par âge
Par genre
Par (CSP) Catégorie socioprofessionnelle
Villes d’installation
Secteurs d’activités

Axe II : Cadre légal et acteurs du champs migratoire au Maroc

L’encadrement juridique et réglementaire relatif aux étrangers au Maroc
Droit des étrangers :
Réguliers, irréguliers, Réfugiés 
 
Portée et limites de l’action des acteurs
La stratégie des acteurs institutionnels
-Acteurs étatiques :
-CNDH
-Délégation interministérielle aux Droits de l’Homme
-HCR
-L’action de la société civile
-ONG,

Axe III : Les linkage de la gestion des flux migratoires

Les effets sur la relation avec les Etats de l’Afrique subsaharienne  (Région émettrice)
 
Les effets sur la relation avec les Etats de l’Union européenne  (Région réceptrice)

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions devront êtres envoyées par courriel au Professeur Abderrahman BELGOURCH, adresse électronique : abelgourch@yahoo.fr   

avant le 30 septembre 2014.

Les propositions devront comporter le nom du participant, le titre de la communication et un résumé.
 
Les langues de travail du colloque seront le français et l’arabe.

Calendrier

  • 30  septembre : date limite d’envoi des propositions
  • 15 octobre : arrêt de la liste des participants
  • 1er novembre : remise des textes

Comité scientifique

  • Prof. Abderrahman Belgourch FSJES Marrakech
  • Prof. Rachid ALAMI FSEJES MARRAKECH.
  • Prof. Aicha ABOUNAI FSEJES MARRAKECH
  • Prof. Hamid El AMOURI FSJEES FSEJES Salé

Lieux

  • Marrakech, Maroc (4000)

Dates

  • mardi 30 septembre 2014

Contacts

  • Abderrahman Belgourch
    courriel : abelgourch [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Abderrahman Belgourch
    courriel : abelgourch [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Flux migratoires au Maroc : ampleur, acteurs et effets », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 22 août 2014, http://calenda.org/296710