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La fabrique des lieux de désir

The manufacture of the sites of desire

L'érotisation des lieux touristiques

The eroticisation of tourist places

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Publié le mercredi 03 septembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Comment un lieu touristique est-il imaginé, produit et pratiqué comme un lieu érotique ? Ce colloque vise à explorer comment certains lieux peuvent être fabriqués, transformés ou investis par les imaginaires et les pratiques érotiques des touristes. Il ne s’agit bien sûr pas d’essentialiser l’érotisme des lieux, mais de saisir les processus (géographiques, historiques, culturels, économiques, etc.) de leur érotisation, d’en identifier les logiques, les acteurs et les conséquences. L’enjeu de ce colloque est de tenter de mieux comprendre le tourisme, dans toute la variété de ses formes, en questionnant l’érotisation des lieux. Les destinations privilégiées du tourisme sexuel comptent parmi ces lieux érotisés, mais il en existe bien d’autres.

Annonce

Argumentaire

Comment un lieu touristique est-il imaginé, produit et pratiqué comme un lieu érotique ?

La question des liens entre tourisme et sexualité a nourri beaucoup de travaux, mais ceux-ci se sont essentiellement focalisés depuis les années 1980 sur le tourisme sexuel, défini comme un déplacement visant à l’achat de services sexuels (licites ou illicites) dans le pays de destination. Outre que cette définition pose problèmes, elle a conduit à négliger la question de la sexualité des touristes de façon plus générale, et à souvent réduire l’érotisation des pays de destination à celle des travailleurs / travailleuses du sexe qui y officient.

Ce colloque vise à explorer comment certains lieux peuvent être produits, transformés ou investis par les imaginaires et les pratiques érotiques des touristes. Il ne s’agit bien sûr pas d’essentialiser l’érotisme des lieux, mais de saisir les processus (géographiques, historiques, culturels, économiques, etc.) de leur érotisation, d’en identifier les logiques, les acteurs et les conséquences. Nous proposons ici d’entendre pas « érotisation » la fabrique des objets de désir (sexuel, amoureux, sensuel, etc.). L’enjeu de ce colloque est de tenter de mieux comprendre le tourisme, dans toute la variété de ses formes, en questionnant l’érotisation des lieux. Les destinations privilégiées du tourisme sexuel comptent parmi ces lieux érotisés, mais il en existe bien d’autres.

Toutes les disciplines, toutes les approches, tous les terrains et tous les thèmes sont les bienvenus. La question du tourisme sexuel ayant fait déjà l’objet de nombreux travaux, nous n’accepterons de communications sur ce thème que si elles mettent l’accent sur l’érotisation des lieux (et non des personnes, si ce n’est en tant qu’attributs des lieux), ou que si elles questionnent la catégorie de « tourisme sexuel » de façon à mieux penser l’érotisation des lieux touristiques. De façon plus générale, seront privilégiées les présentations qui ne se réduisent pas à un contenu empirique et qui proposent un défi théorique.

Nous vous proposons de prendre l’une des quatre pistes suivantes :

1. La dimension érotique des imaginaires touristiques

Dans la continuité du colloque sur les imaginaires touristiques (Berkeley, 2011), il s’agit d’identifier et de caractériser l’imaginaire de lieux (Venise, Tahiti, etc.) ou de types de lieux (pays, tropiques, îles, plages, villes ou quartiers comme les red-light-districts, etc.) qui sont considérés à un titre ou un autre comme érotiques par différentes catégories de touristes. Certains modes de transport ou de logement touristiques peuvent aussi être érotisés.

En fonction de quels discours, de quelles valeurs ou de quels idéaux, collectifs ou particuliers, un lieu peut-il être tenu pour érotique ou érogène ? Quelles sont les composantes et les déclinaisons de cet imaginaire, et à quels attributs (paysage, climat, habitants, végétation, etc.) ou usages du lieu renvoie-t-il ? Relève-t-il du sexuel, de l’érotique, du sentiment amoureux ou de la sensualité ? Sur quelles idéologies, quels discours, quelles images repose-t-il ? Dans quelle mesure est-il associé à des situations de libération ou de transgressions, d’interdits sexuels ? Quelle est son articulation avec les autres types de désirs et d’émotions propres au tourisme ? Quel est le rôle de la distance ? Comment cet imaginaire est-il produit et véhiculé (guides, marketing touristique, media, art, internet, etc.) ? Comment circule-t-il dans l’espace et dans le temps ? Quelles sont ses composantes individuelles et collectives ? Dans quelle mesure varie-t-il selon la culture, la nationalité, le genre ou l’orientation sexuelle des touristes ? Comment est-il perçu par les habitants des lieux concernés ? En ces lieux, les touristes eux-mêmes sont-ils érotisés, et par qui ?

2. Les pratiques touristiques dans les lieux érotisés

Nous partons de l’hypothèse que les touristes feraient dans les lieux érotisés ce qu’ils ne font ou ne feraient pas ailleurs.

Dans quelle mesure l’érotisation des lieux affecte-t-elle l’identité et l’expérience touristique (sexualité, sensualité, intimité, sentiments, émotions, etc.) ? Se traduit-elle par des pratiques touristiques spécifiques (logement, transport, visites, achats, etc.) ? Donne-t-elle lieu à des rencontres spécifiques (entre touristes, entre touristes et habitants du lieu de destination) ? Quelles sont la nature et l’importance de l’engagement corporel ? Quelle est la part du virtuel dans celui-ci ? Comment s’effectue la confrontation entre l’imaginaire touristique impliqué dans l’érotisation des lieux et la réalité de ceux-ci, telle qu’elle est en tout cas perçue par les touristes ? Est-ce que l’anticipation ou le souvenir de la visite des lieux érotisés possèdent eux-mêmes une dimension érotique ? Qu’en est-il des touristes récidivants ?

3. La production des lieux érotiques par et pour les touristes

L’érotisation des lieux est le fruit de l’activité de certains acteurs, impliqués volontairement ou non dans la mise en tourisme de ceux-ci. Qui sont-ils, quels sont les logiques et les résultats de leurs actions ?

Dans quelle mesure l’érotisme des lieux est-il une ressource prise en compte dans le développement touristique ? Quelles sont les caractéristiques de la mise en tourisme des lieux érotisés, quand cette érotisation est identifiée comme une ressource touristique ? Quels sont en la matière les rôles des tour-operators, des collectivités locales, des professionnels du secteur sur place et ailleurs ? Dans quelle mesure les touristes eux-mêmes sont-ils impliqués dans l’érotisation des lieux ? Dans quelle mesure les habitants des lieux érotisés sont-ils impliqués dans le processus ? L’érotisation relève-t-elle d’une performance (des touristes, des acteurs locaux) ? Y a-t-il des événements ou des haut-lieux qui président à l’érotisation touristique ? Quelles conséquences économiques, sociales, politiques, morales, paysagers, etc. résultent de ce type de mise en tourisme ?

4. La recherche dans / sur les lieux touristiques érotisés

Les lieux touristiques érotisés posent des problèmes éthiques, méthodologiques et épistémologiques particuliers, qui tiennent à la place du désir et à une possible confusion entre le touriste et le chercheur.

En quoi les chercheurs se différencient-ils des touristes, et vice-versa ? Comment la personne qui conduit la recherche peut-elle ou doit-elle se positionner et s’impliquer sur/dans son terrain de recherche (en fonction de son genre, sa provenance, sa sexualité, le contexte local, etc.) ? Que peut-elle ou doit-elle faire de ses propres désirs ? Y a-t-il des limites à poser dans l’implication personnelle, lesquelles, et en fonction de quoi ? Quels sont les tabous et les transgressions, et pour qui ? Comment dans ce cadre mettre en place l’observation participante ?

Modalités de soumission

Pour votre proposition de communication, veuillez envoyer à pforet@bluewin.ch les informations suivantes :

  • Votre nom et votre fonction
  • Votre institution
  • Votre adresse électronique
  • Le titre de votre communication
  • Un résumé en un paragraphe de la communication
  • Une courte liste des publications sur votre sujet

avant le lundi 3 novembre 2014.

Le comité scientifique examinera votre proposition et vous informera le lundi 24 novembre si elle est acceptée. Veuillez utiliser le formulaire des propositions.

Les résumés des propositions et les exposés doivent être écrits en anglais ou en français. Nous avons l’intention de publier les meilleures communications.

Comité scientifique

  • Jean-François Staszak (Université de Genève)
  • Maria Gravari-Barbas (Université de Paris 1)
  • Nelson Graburn (University of California at Berkeley)

Coordinateur

Philippe Forêt (Universität Zürich) : pforet@bluewin.ch

Inscriptions

L’inscription à la conférence est obligatoire, que vous fassiez une communication ou pas. Les frais d’inscription sont de 100 Francs (Euros 80 or USD 110). Les étudiants peuvent s’inscrire gratuitement. Veuillez utiliser le formulaire des inscriptions.

Soutien financier

Nous avons sollicité des financements internes et externes pour pouvoir procéder au remboursement des dépenses de voyage et d’hébergement de la plupart des participants. Veuillez garder factures et reçus.

Informations pratiques

Dates : Du mercredi 24 au vendredi 26 juin 2015

Lieu : Université de Genève (Suisse) : www.unige.ch

Pour plus d’informations sur notre manifestation, sur les conditions de participation, et sur les mises à jour de notre programme, veuillez vous rendre sur notre page FAQ.

Page web :

www.geo.unige.ch/erotisation

Catégories

Lieux

  • Université de Genève Unimail - Boulevard du Pont d'Arve
    Genève, Confédération Suisse

Dates

  • lundi 03 novembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • tourisme, érotisation, sexualité, imaginaire

Contacts

  • Philippe Forêt
    courriel : pforet [at] bluewin [dot] ch

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean-François Staszak
    courriel : jean-francois [dot] staszak [at] unige [dot] ch

Pour citer cette annonce

« La fabrique des lieux de désir », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 03 septembre 2014, http://calenda.org/298463