AccueilLire, écrire, penser et communiquer en prison

Lire, écrire, penser et communiquer en prison

Reading, writing, thinking and communicating in prison

La question des droits, XVIIIe-XXIe siècle, France, Italie, Espagne, Allemagne

The issue of rights, 18th-21st centuries, France, Italy, Spain and Germany

*  *  *

Publié le mercredi 03 septembre 2014 par João Fernandes

Résumé

Cette rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre d’un projet de longue haleine intitulé « Écriture carcérale et expression politique en Europe au XXe siècle ». Pour ce premier colloque, la question sera envisagée dans une perspective de longue durée sous l’angle du droit et des règlements carcéraux. L’ensemble des contextes d’incarcération seront pris en compte – de la relégation (confino) à la prison, des camps de prisonniers, aux camps de concentration en passant par les maisons d’arrêt pour la jeunesse. Il s’agira de s’interroger sur les processus de conquête (ou de limitation) des droits à lire et écrire en prison –qu’il s’agisse de la correspondance, de l’écriture de carnets, de dessins - dans un processus d’interaction entre gouvernements, autorités, société civile et politique et, bien sûr, population carcérale. Les cas de la France, de l’Espagne, de l’Italie et de l’Allemagne seront considérés.

Annonce

Argumentaire 

Cette première rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre d’un projet de longue haleine intitulé « Ecriture carcérale et expression politique en Europe au Vingtième siècle ». Elle est portée par l’UPL et les Université de Paris 8 (Laboratoire HISPOS, Histoire des pouvoirs savoirs et sociétés), Université Paris Ouest (EA 4414 : histoire, arts, représentations), Paris 1, Centre d’Histoire sociale.

À l’époque contemporaine, la prison fut souvent utilisée par les Etats à des fins politiques : dictatures et régimes totalitaires eurent recours à l’incarcération de manière systématique, l’utilisant comme arme de gouvernement et de transformation de la société ; les démocraties en usèrent également dans des contextes particuliers – guerres, manifestations de violence sociale ou politique- selon des logiques diverses mais toujours au nom de la défense de l’Etat de droit et des institutions. Suivant les régimes et les contextes, la privation de liberté s’exerça selon plusieurs modalités : de la prison classique au camp de concentration en passant par la relégation, l’assignation à résidence etc. Lorsque les conditions de détention le permettaient, des livres circulèrent et des écrits y furent produits : graffitis, lettres destinées aux parents ou amis, carnets, cahiers, documents à caractère programmatique ou littéraire, dessins, poésies et, dans des contextes démocratiques presse carcérale. Arme de survie, permettant de conserver un lien affectif et intellectuel avec l’extérieur, la lecture et l’écriture furent  aussi, parfois, un support pour continuer une œuvre intellectuelle, théorique ou politique : des Cahiers de prison de Gramsci, au Manifeste Pour une Europe libre et unie rédigé par des antifascistes depuis l’île de Ventotene, pour ne citer que des exemples référés à l’Italie. Le projet vise à examiner les fonctions et significations de telles pratiques au XXe siècle en les considérant aussi comme des éléments de compréhension des régimes et de l’exercice du pouvoir politique.

Lors d’une première rencontre, les 15 et 16 décembre 2014, à Paris, la question sera envisagée dans une perspective de longue durée sous l’angle du droit et des règlements carcéraux. L’ensemble des contextes d’incarcération seront pris en compte –de la relégation (confino) à la prison, des camps de prisonniers, aux camps de concentration en passant par les maisons d’arrêt pour la jeunesse.

Il s’agira de s’interroger sur les processus de conquête (ou de limitation) des droits à lire et écrire en prison –qu’il s’agisse de la correspondance, de l’écriture de carnets, de dessins voire de représentations artistiques- dans un processus d’interaction entre gouvernements, autorités carcérales –nationales et locales- société civile et politique et, bien sûr, population carcérale et sur les dispositifs juridiques et réglementaires.  Ces interrogations porteront sur l’ensemble des prisonniers, sans se limiter aux politiques, pour tenter de comprendre de quelle manière les dynamiques de conquête de droits politiques ont pu –ou non- profiter aux détenus de manière plus générale.  

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions (une page maximum), accompagnée d’un bref CV sont à adresser pour

le 30 septembre

à matard-bonucci@orange.fr

Comité scientifique

  • Philippe Artières( CNRS LAHIC, IIAC, EHESS ).
  • Annette Becker (Paris Ouest EA 4414 : histoire, arts, représentations) ;
  • Marie-Cécile Bouju (Paris 8, HISPOS) ;
  • Marie-Anne Matard-Bonucci (Paris 8, HISPOS, Centre d’Histoire de Sciences-po) ;
  • Yannick Ripa (Paris 8, HISPOS),
  •  Marc Renneville , CNRS, TGIR Huma-Num - UMS 3598 ;
  • Sylvie Thénault, CNRS,Centre d’Histoire sociale  (UMR 8058).

Lieux

  • Université Paris 8 - 2 Rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93)

Dates

  • mardi 30 septembre 2014

Mots-clés

  • prison, écriture carcérale, enfermement, résistance, oppression

Contacts

  • Marie-Anne Matard-Bonucci
    courriel : matard-bonucci [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Marie-Anne Matard-Bonucci
    courriel : matard-bonucci [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Lire, écrire, penser et communiquer en prison », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 03 septembre 2014, http://calenda.org/298484