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Tabous, musiques et interdits

Taboos, music and prohibition

Cycle de conférences et tables rondes autour de la XXXVIIIe édition du Festival d'Île de France

Cycle of conferences and round tables around the XXXVIIIe edition of the Festival d'Île de France

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Publié le lundi 15 septembre 2014 par Elsa Zotian

Résumé

Élément intangible de nos sociétés, le tabou est aujourd'hui devenu tantôt moral, tantôt religieux ou politique. Sa transgression s'apparente parfois à un geste de défi, une expression critique, un acte de résistance et de création dont la musique s'est souvent fait l'écho.

Annonce

À l'initiative du Conseil Régional d'Île-de-France, le Festival d'Île de France propose chaque année, aux mois de septembre et d'octobre, une trentaine de concerts dans des lieux du patrimoine francilien. Sa programmation variée présente des musiques classiques, du baroque à la création contemporaine, des musiques du monde, avec bien souvent des passerelles entre ces répertoires. Chaque année une thématique forte structure la programmation. Cette année, le festival aura pour thème «Tabous. Musiques et interdits », du 6 septembre au 12 octobre.

Présentation

Élément intangible de nos sociétés, le tabou est aujourd'hui devenu tantôt moral, tantôt religieux ou politique. Sa transgression s'apparente parfois à un geste de défi, une expression critique, un acte de résistance et de création dont la musique s'est souvent fait l'écho.

Au commencement était le sacré. Notre parcours nous ramène au sens premier du terme, des lointains rivages de Polynésie du Tabou de Friedrich Murneau aux traditions des danseuses sacrées des temples hindous.

Plus près de nous, certains enfreignent les dogmes, au risque de l'hérésie. Au Moyen-Âge, l'Église lutte contre les formes musicales jugées trop "voluptueuses" et les intervalles musicaux "diaboliques". En Espagne, ce sont les villancicos, dont les racines sont isssues de la culture populaire, qui font l'objet d'interdiction. Dans l'ancienne Bosnie, d'étranges stèles funéraires entretiennent le lien avec l'au-delà...

En marge du pouvoir officiel naissent des musiques insoumises, à l'instar du rebetiko apparu dans les bas-fonds d'Athènes et les vapeurs de haschich, du tango des rives du Rio de la Plata, ou du clandestin maloya qui se joue de la présence coloniale. De la voix des femmes iraniennes, du souffle porté par les révolutions arabes jusqu'aux scènes les plus décalées des cabarets où règnent humour et dérision, tous s'attachent à contourner les règles et à braver les codes.

À ce vent de liberté répondent parfois autoritarisme et répression. Si de nombreuses cultures instaurent à travers les carnavals des moments de désobéissance encadrée où les interdits semblent se lever, le couperet de la censure peut soudain brutalement s'abattre: la littérature pamphlétaire est mise au banc, des écrivains sont condamnés et des compositeurs relégués pour avoir défié l'esthétique officielle.

Une édition à la rencontre du défendu, sur la route de nos libertés individuelles et collectives...

Entrée libre sur réservation au 01 58 71 01 01 et sur www.festival-idf.fr, dans la limite des places disponibles

Programme

Mardi 23 septembre, 19h – Tout sur nos tabous

Table ronde avec 

  • André Burguière, historien, directeur d’études à l’EHESS
  • Isam Idris, psycho-anthropologue, chargé de cours à l'Université Paris 13
  • Laurent de Sutter, philosophe, maître de recherches en théorie du droit à la Vrije Universiteit Brussel

Animée par Philippe Nassif, écrivain, journaliste, conseiller à la rédaction de PhilosophieMagazine.

De très nombreux tabous marquent notre société. D’où viennent-ils, et comment ont-ils structuré nos façons de vivre ? Quels sont ceux qui perdurent ou qui naissent dans nos cultures contemporaines ? Chaque tabou s’accompagne parallèlement de transgressions, qui elles-mêmes entrainent des sanctions. Quel sens doit-on leur donner, et comment la société peut-elle prendre en charge cette régulation ? Autant de questions ouvertes sur les significations ainsi que sur les dimensions subjectives et culturelles du tabou.

En partenariat avec Philosophie Magazine

Mercredi 24 septembre, 19h30 – Censure et liberté : le pouvoir de l'art

Table ronde avec 

  • Pascal Ory, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1
  • Jean-Yves Mollier, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Versailles / Saint-Quentin-en-Yvelines
  • Michel Ducomte, avocat, maître de conférences en droit public à l'IEP de Toulouse
  • Daniel Brown, journaliste, grand reporter, vice-président de Freemuse, organisation internationale indépendante qui travaille en faveur de la liberté d’expression des musiciens et des compositeurs dans le monde entier.

Animée par Pierre Fournié, conservateur général du Patrimoine, responsable du département de l'action culturelle et éducative aux Archives nationales.

S'interroger sur la censure, c'est de fait chercher à savoir qui s’octroie le pouvoir de censurer. Quelles peuvent être les conséquences de cette censure tant sur le rayonnement culturel d’un pays que sur sa création artistique, et comment en comprendre l'une de ses finalités : l’autocensure ? À l’opposé, comment l’art officiel peut-il être utilisé à des fins de propagandes ? Trois regards, trois spécialistes apporteront leurs visions et analyses de ce phénomène universel et répondront à la question pourquoi l’art fait-il peur ?

Mercredi 8 octobre, 19h30 – Femmes artistes, femmes engagées

Table ronde avec 

  • Geneviève Fraisse, philosophe, historienne de la pensée féministe, directrice de recherche au CNRS, a notamment écrit A côté du genre, sexe et philosophie de l'égalité (Le Bord de l'eau, 2010) cnrs.academia.edu/genevieveFraisse
  • Hyacinthe Ravet, sociologue et musicologue, Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université Paris-Sorbonne, a notamment écrit Musiciennes, enquête sur les femmes et la musique (Editions Autrement, 2011)
  • Jam Rostron, chanteuse et leader du groupe Planningtorock.

Animée par Jeanne-Martine Vacher, journaliste, directrice éditoriale des sites melozzoo.org et decibels-blog-jeannemartinevacher.com

Les femmes artistes participent activement à l’avancée de la cause féministe de par leur message d’émancipation et la mise en avant dans leur travail de leur identité. Elles initient dans l'espace public un renouvellement de l’image de la femme, de son corps et de ses ambitions. Qui sont ces femmes et comment vivent-elles leur engagement féministe dans leur art ? Comment ont-elles dépassé les interdits et tabous socio-culturels, et, encore aujourd'hui, quels sont les freins à leur expression artistique ? Regards de femmes sur un combat toujours d’actualité.

En collaboration avec le programme PRESAGE

Lieux

  • Auditorium Jacques Chapsal - Sciences Po 27, rue Saint-Guillaume
    Paris, France (75007)

Dates

  • mardi 23 septembre 2014
  • mercredi 24 septembre 2014
  • mercredi 08 octobre 2014

Mots-clés

  • transgression, tabou, sacré, profane, répression

Contacts

  • Festival d'Île de France
    courriel : dp2 [at] festival-idf [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Angadrème Grangia
    courriel : dp2 [at] festival-idf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Tabous, musiques et interdits », Cycle de conférences, Calenda, Publié le lundi 15 septembre 2014, http://calenda.org/299501