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Sport et humanités (2014-2015)

Sport and humanities (2014-2015)

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Publié le lundi 22 septembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

L’objet de ce séminaire sera d’explorer ce qui relie le « sport »  aux « humanités » dans leur acception la plus classique, autant que dans les perspectives les plus contemporaines des sciences humaines. On peut aborder la question du sport par de multiples angles, en particulier historiques et sociologiques, mais bien évidemment aussi philosophiques, éthiques, économiques, médicaux, pédagogiques ou psychologiques, justifiant le statut du sport aujourd’hui comme étant celui d’un « fait social total » ; pour cette raison, il semble nécessaire de tracer les lignes directrices d’une réflexion qui trouve écho dans une approche plus large de l’« humain », en particulier au travers de la question du corps.

Annonce

Argumentaire

L’objet de ce séminaire sera d’explorer ce qui relie le « sport »  aux « humanités » dans leur acception la plus classique, autant que dans les perspectives les plus contemporaines des sciences humaines. On peut aborder la question du sport par de multiples angles, en particulier historiques et sociologiques, mais bien évidemment aussi philosophiques, éthiques, économiques, médicaux, pédagogiques ou psychologiques, justifiant le statut du sport aujourd’hui comme étant celui d’un « fait social total » ; pour cette raison, il semble nécessaire de tracer les lignes directrices d’une réflexion qui trouve écho dans une approche plus large de l’« humain », en particulier au travers de la question du corps.

1. Définir

La première ligne est celle qui impose de définir de quoi l’on parle lorsque l’on évoque le « sport », tellement le terme est surdéterminé. L’aveuglement le plus opérant nous fait prendre le sport de haut niveau, celui des champions, le sport spectacle, pour le sport, c’est-à-dire tout le sport. Il confirme ainsi une imprégnation sociale et un monopole sémantique : le sport est partout et tout est sport. Indissociable de sa médiatisation, au moins pour le grand public, le sport de haut niveau accapare les intérêts, les passions, les « problèmes ». Ainsi, l’image sociale du sport se réduirait au sport de haut niveau, fort de son impact celui-ci détournerait le langage, et conséquemment, comme par ricochet, tout exercice physique deviendrait sport ? Voilà l’exemple même de la construction d’un préjugé ou d’une erreur épistémologique. Si le sport est un spectacle, un grand cirque ou un circuit, avec ses saisons, ses épisodes, ses héros, ses légendes, il est aussi la recommandation première du néo-hygiénisme ambiant : faites du sport ! Y a-t-il un point commun entre les deux ?

La multiplication des sports, depuis quarante ans, brouille les cartes et complique la définition. À l’éclatement des champs de recherche, répond celui des pratiques et des environnements. Le sport n’est pas un. D’autant qu’il faut distinguer, en outre, le sport de haut niveau du sport de masse, mais aussi l’éducation physique (l’EPS scolaire), le sport santé, le sport loisir, etc…

C’est alors que s’arrime à cette surdétermination l’ancrage historique qui veut qu’aux appellations traditionnelles, « gymnastique », « éducation physique », « sport », correspondent en réalité des contextes, des époques, des représentations du monde et de l’homme qui ont motivé certaines pratiques corporelles plutôt que d’autres, avec des finalités préférentielles pour l’exercice physique, notamment militaires, médicales et pédagogiques. Cette histoire nous intéresse parce qu’elle est porteuse, de manière exemplaire, d’ambivalences qui sont les nôtres aujourd’hui : questionner ce qu’est l’« excellence », viser, au travers de l’« excellence », le « bien » ou le « mieux », le « bien-être » ou le « mieux-être », cultiver le dépassement de soi comme une métaphore de la croyance en l’idée de progrès, confondre santé et performance, outiller presque à l’infini le corps, le techniciser pour précipiter la technicisation de l’humain, s’accrocher à l’idée de « corps naturel » quand bien même cette formule se dilue dans sa complexité philosophique et éthique.

2. Interroger les représentations contemporaines du corps

La seconde ligne doit interroger le contemporain. Une révolution dans la considération du corps et de la santé s’est opérée au XXIe siècle. Tandis que l’Antiquité s’attachait à prévenir et restaurer l’équilibre naturel, le XVIIIsiècle à cultiver une perfectibilité corporelle susceptible d’infléchir – pour l’améliorer – le destin individuel, les dernières décennies, dans les pays industrialisés, témoignent du projet de modifier et transformer le corps, c’est-à-dire aussi la nature. La pharmacologie nouvelle, les greffes, les prothèses, le dopage supposent la plasticité du corps humain et sa perméabilité à l’invention technique. Une interrogation sur l’identité humaine se dessine, qui porte sur la définition d’un corps naturel, ses limites éventuelles dans la combinaison avec l’artifice, c’est-à-dire sur la technicisation de l’humain et son hybridation. Que sera l’homme du futur selon ce processus historiquement ancré de perfectionnement du corps, processus qu’accélèrent aujourd’hui des moyens techniques décuplés ?

Ce glissement des perspectives, cette profusion des moyens suggèrent aussi une production du corps. L’allongement de la durée de vie dans les pays riches est un marqueur du progrès médical, de même que des existences vécues statistiquement dans / avec un corps moins souffrant et moins subi. S’ouvre l’ère d’un corps su, voulu, créé, projet volontaire et rationnel qui, de la naissance médicalement assistée – programmée ? – à la chirurgie esthétique, en passant par la pharmacologie, la diététique, la cosmétologie, le sport, évoque la maîtrise de la nature et du hasard. Croyance ou fantasme ? La maîtrise du corps, l’investissement identitaire dans un corps devenu destin, capital, jugement dernier, est une idée-force. Nul doute que l’effondrement des grandes transcendances au XXe siècle, qui structuraient collectivement les identités et proposaient des « au-delà », a cette conséquence paradoxale : l’espoir vient par le corps ; la vie bonne, i.e. saine et longue, dépend de l’entretien médico-sportif de soi.

Le sport, et en particulier le sport de haut niveau comme laboratoire expérimental de la performance humaine, incarne pleinement ce processus. L’optimisation exacerbée de tous les paramètres de la performance -matériaux, matériels, science médicale et entraînements, techniques gestuelles, diététique, préparation psychologique et stratégique- illustre un culte du progrès hérité des Lumières et dont le XIXe siècle, celui de la naissance du sport moderne, consacra l’effectivité en étalonnant la force et le mouvement humains. Par son essence – l’amélioration des performances – le sport de haut niveau figure un évolutionnisme schématique – adaptation, sélection, progression – dont le dopage est un ingrédient logique, si ce n’est moralement ou médicalement légitime. Par la manière, enfin, dont la construction sportive de soi suppose une économie instrumentale du corps, l’entraînement du champion entre en résonance avec une sportivisation du corps et des mœurs qui, au-delà de l’injonction médicale à faire de l’exercice, révèle le culte contemporain d’un corps-œuvre, indéfiniment perfectible.

3. Questionner la perfectibilité.

La troisième ligne, enfin, propose d’interroger de manière plus générale la notion de perfectibilité. Cette notion, presque emblématique du XVIIIe siècle, développée par Rousseau avec, là aussi, des ambivalences remarquables entre « retour à la nature » et « dépassement de la nature » par la « nature rationnelle » de l’homme, ou par la « nature humaine », invite à une réflexion sur la production des valeurs qui sont l’héritage de la modernité : dépassement de soi, culte de la performance, croyance dans l’amélioration toujours possible des aptitudes et productions humaines, volonté et effort de s’arracher à la naturalité, technicisation du monde. Comment passe-t-on de la perfection de l’homme comme sommet de la Création, telle qu’elle est par exemple incarnée par « L’homme de Vitruve » de Leonard De Vinci, de la croyance en une stabilité, à un ordre des perfections naturelles, telle que l’avait argumentée Aristote, à cette « mobilité » qu’initie en somme la révolution copernicienne et qui caractérise l’homme moderne : pouvoir améliorer, toujours, y compris ce que la nature a donné, perfectionner, à l’infini, ce que l’homme peut faire de lui-même -dont son corps- et produire pour son environnement, compenser, réparer, dépasser, augmenter, artificialiser la nature qui sont parmi les leitmotivs de la médecine d’aujourd’hui. Cette notion a des implications, bien sûr médicales et pédagogiques, mais aussi politiques, économiques et philosophiques. L’idée est ici d’interroger un processus, de comprendre en quoi notre modernité en est l’héritière, de voir aussi, comment le XIXe siècle a pu mettre en pratique les idéaux du XVIIIe jusqu’aux conséquences anthropologiques, anthropotechniques et anthropométriques les plus fâcheuses.

Vous pouvez désormais trouver la vidéo de nos séminaires sur le site du LASCO :

http://lasco.recherche.parisdescartes.fr

Programme

Toutes les séances se tiendront de 14h30 à 16h30

6 octobre 2014

Sport et post-humanité

Pascal Taranto, philosophe, Maître de Conférences à l'université de Nantes et co-directeur, entre autres, de l'ouvrage Activités physiques et exercices spirituels, essais de philosophie du sport (Vrin 2008).

Le « transhumanisme » s'efforce de penser, sur des fondement techniques et scientifiques, non pas l'avenir de l'humanité, mais bien la post-humanité. Son double paradigme est celui de l'intelligence artificielle, d'une part, et de l'autre celui du corps transformé et débarrassé de ses limitations naturelles : la faiblesse, la maladie, et même la mort. Le sport moderne, obnubilé par la performance et le record, est ainsi devenu la boule de cristal du corps post-humain. Entre le corps bionique et l'ingénierie génétique, privé de tout télos naturel normatif, le corps sportif est livré à un imaginaire démiurgique anthropocentré où l'on a voulu voir un signe de plus de la mort de Dieu, précédant de peu la mort de l'homme.

C'est oublier que le corps est d'emblée pris dans l'imaginaire religieux de la régénération, du retour, de la gloire, dont le christianisme, religion du dieu-homme, est exemplaire. Si l'opposition entre le théisme et l'athéisme est ici sans objet, c'est à l'humanisme lui-même qu'il revient de penser le sens du corps sportif comme progrès dé-finalisé, ou comme « fin » sans destruction.

(Un café sera servi dès 14h pour un moment convivial)

17 novembre 2014

Après le sport

O. Sirostprofesseur en STAPS à l'université de Rouen et chercheur au CETAPS.

Le sport est devenu le mode selfie des politiques. Il reste le pansement du social comme celui du baromètre électoral. Cela signifie-t-il sa disparition programmée ou le dépassement de sa fadeur institutionnelle ?

Le sport contemporain est affecté au plus profond de transformations majeures : baisse de la pratique physique, prévalence de l’image, dématérialisation, bavardage incessant, rupture avec la notion d’effort, modalité de pratique libre majoritaire, relégation derrière les loisirs numériques, déclin du modèle traditionnel du club, retour du jeu, transgression permanente de la règle et de l’éthique...

Bref, le modèle moderne de concoction du sport s’étiole et n’est plus de mise. Face à ce constat il est important de repenser le sport. Un détour par l’histoire nous démontre son organisation intrinsèque en réseaux, son goût prononcé pour le fake, son avant-gardisme technologique et sa vocation à plonger dans la part primitive du social.

La question de cette communication se portera sur un après le sport telle que la modernité a su le développer et le porter. 

Bibliographie :

  • O. Sirost (1997), Le présentéisme sportif, Revue Sociétés no55, pp.13-21. 
  • Loisir et Société, vol. 34 n° 1.
  • O. Sirost (2005), Le corps extrême dans les sociétés occidentales, Paris, L’Harmattan.
  • O. Sirost (2010), « L’imaginaire SF dans les comics : du handicap au corps surnaturé », in J. Gaillard & B. Andrieu (dir.), Vers la fin du handicap. Pratiques sportives, nouveaux enjeux, nouveaux territoires, Nancy, PUN, pp. 555-567.
  • C. Machemehl & O. Sirost (2012), « Le sport dans l’espace urbain / Sport in the urban space » O. Sirost (2013), « L’éthique du plein air », in B. Andrieu (dir.) Ethique du sport, L’Age d’Homme, 632-646.
  • O. Sirost (2014), "Le fake du sport... une plongée dans les racines archaïques du faux", Cahiers européens de l'imaginaire.
  • O. Sirost, (Dir.), Le corps au quotidien. Sociologie des expériences corporelles, PUN, 2014. O. Sirost, B. Andrieu (Dir.), Cultures corporelles. Héritages et pratiques, PUN, 2015.
  • O. Sirost (2015), Après le sport, PURH. 

8 décembre 2014

Ordre sportif et police de genre

Anne Saouter, anthropologue, spécialiste de la construction sociale du corps, dans le champ sportif et dans le champ de la santé, auteure, entre autres, de "Être rugby, jeux du masculin et du féminin", éd. de la MSH).

Notre société nous raconte le sport comme une activité qui, dès le départ, s’est conçue au masculin. Les femmes ont bien sûr fini, non sans mal, par progressivement se l’approprier. Leur arrivée dans le champ sportif, et les compétences acquises, n’ont pas pour autant motivé un projet de mixité, l’innovation du champ s’étant réduite à la création, en son sein, d’un espace spécifique pour elles. Non seulement les sexes restent séparés, mais la gestuelle sportive doit aussi rappeler le différent. Et c’est plutôt aux sportives que revient la responsabilité de préserver la stabilité des codes de genre. De fait, quand elles deviennent trop performantes ou trop « inattendues », les outils de la domination masculine, des plus classiques au plus élaborés,  sont manipulés pour empêcher des corps, là où pourtant d’autres sont invités à dépasser les limites du biologique.  

Un café sera servi dès 14h pour un moment convivial et nous vous y attendons nombreux. 

12 janvier 2015

Lire Tom Brown avec Michel Foucault - Les sports victoriens dans l'histoire de la subjectivité

Pierre-Laurent Boulanger, chercheur en philosophie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense - Sciences-Po Paris, Laboratoire Sophiapol 

« En quoi les sports victoriens ont-ils transformé le rapport à soi ? Hans Jonas écrivait “Descartes non lu nous détermine, que nous le voulions ou non". Il n'est pas absurde de faire une analogie pour reformuler cette question de la façon suivante : dans quelle mesure les pratiques et discours sportifs ayant émergé dans l'Angleterre victorienne du dix-neuvième siècle nous déterminent, que nous le voulions ou non ? Pour répondre à cette question, nous allons mener une lecture critique du Tom Brown's schooldays de Thomas Hughes (1857). Roman pour adolescent, roman de formation scolaire, roman d'un genre littéraire mineur, le Tom Brown est pourtant décisif pour comprendre l'essor des sports victoriens. Il est cependant très peu lu dans le champ scientifique français, pour des raisons historiques que nous examinerons. Par son contenu, Tom Brown popularise les idées morales de la Muscular Christianity et du socialisme naissant. Par sa réception, par les lecteurs-relais illustres qu'il trouve comme le baron Pierre de Coubertin, il devient un vecteur idéologique puissant quoique souterrain d'un corps de pratiques et de discours qui travaillent notre présent. Il offre donc une porte d'entrée stratégique pour comprendre la place des sports dans "l'histoire de la subjectivité" qu'entreprit Michel Foucault. Nous exploiterons pour mener cette lecture critique les ressources théoriques du "dernier Foucault”, entre Du gouvernement des vivants (1979-1980) et le Courage de la vérité (1983-1984). »

2 février 2015 (Séance annulée)

AMPHI GIROUD, 3è étage du bâtiment principal, 14h30-16h30)

  • Pierre-Frédéric DALED, Professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB), Docteur en philosophie et lettres (ULB), Chercheur au Centre de Recherches Interdisciplinaires en Bioéthique (CRIB) de l’ULB, Ancien Membre du Comité consultatif belge de bioéthique (2010-2014)
    « “ Aussi sot qu’un athlète malade ”. Les corps possibles selon Canguilhem »

On ne peut manquer de relever de nos jours un « nouveau » paradigme en termes de santé privée et de médecine du sport : l’amélioration des performances naturelles. Notre corps serait-il obsolète ? La « normalité d'aujourd'hui » serait-elle devenue le « handicap de demain » ? Notre corps doit-il dès lors être un site d’expérimentation (sportive) ? Doit-on le remodeler afin d’améliorer ses capacités standard ? Mais en fonction de quel idéal corporel ? Qu’est-ce qu’un corps normal ? Qu’est-ce qu’un corps en bonne santé ? Qu’est-ce qu’un corps pathologique ? Et qu’est-ce un corps amélioré ?

Pour le dire autrement, pour pouvoir plaider pour (ou contre) l’amélioration, ne faut-il pas fixer ce par rapport à quoi il y aurait amélioration (ou détérioration) ? Ne faut-il pas arrêter ce qu’est le « normal » pour, soit prôner ce qui serait « plus que normal » ; soit dénoncer ce qui serait « moins que normal » ; soit défendre la « stabilité » du normal  ? Car, comme l’a fait remarquer Canguilhem, « ce qui n’a pas de règle de cohésion interne, ce dont la forme et les dimensions ne présentent pas d’écarts oscillant de part et d’autre d’un module qu’on peut traduire par mesure, moule ou modèle – cela ne peut être dit monstrueux » ou, inversement, dit « amélioré ». Or, en même temps, Canguilhem n’a eu de cesse de rappeler que ce « module » ou ce « normal n’a pas la rigidité d’un fait de contrainte collective mais la souplesse d’une norme qui se transforme dans sa relation à des conditions individuelles ».

Dans ces conditions particulières – souplesse individuelle du module à « améliorer » –, nous voudrions rappeler quelques perspectives prémonitoires proposées assez tôt dans le XXe siècle par Canguilhem et qui nous permettent d’envisager avec flexibilité une libre conception des corps possibles.

Publications récentes en rapport avec la communication :

  • « Normal, anormal et anomal », dans Gilbert Hottois, Jean-Noël Missa et Laurence Perbal (dir.), Encyclopédie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes, Paris, Vrin, « Pour demain », à paraître en janvier 2015,  p. 86-93.
  • « Normal et pathologique », dans Gilbert Hottois, Jean-Noël Missa et Laurence Perbal (dir.), Encyclopédie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes, op. cit.,  p. 93-106.
  • « Surhomme », dans Gilbert Hottois, Jean-Noël Missa et Laurence Perbal (dir.), Encyclopédie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes, op. cit., p. 139-146.
  • « Superman », dans Gilbert Hottois, Jean-Noël Missa et Laurence Perbal (dir.), Encyclopédie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes, op. cit.,  p. 432-438.
  • « Tératologie », dans Gilbert Hottois, Jean-Noël Missa et Laurence Perbal (dir.), Encyclopédie du trans/posthumanisme. L'humain et ses préfixes, op. cit., p. 146-155.
  • « Contraindre pour le bien. Approches éthiques », dans Science et sports. Journal des sciences de l’homme en mouvement, Organe officiel de la Société française de médecine du sport, Paris, Elsevier-Masson, vol. 26, n° 3, juin 2011, p. 119-126.
  • « Actualité de la bioéthique », dans Pierre Daled & Jacques Lemaire (éd.), Réflexions sur la bioéthique, La Pensée et les Hommes, n° 74 , Bruxelles, Éditions Espace de Libertés, 2009, p. 13-37.
  • « Santé, folie et vérité aux XIXe et XXe siècles : Nietzsche, Canguilhem et Foucault », dans Pierre Daled (éd.), L’Envers de la raison. Alentour de Canguilhem, Annales de l’Institut de philosophie de l’Université de Bruxelles, Paris, Vrin, 2008, p. 115-140.
  • « Le sujet en tant que fiction et déplacement chez Canguilhem : une éthique épistémologique », dans Marie-Geneviève Pinsart (éd.), Narration et Identité. De la philosophie à la bioéthique, Paris, Vrin, 2008, p. 61-78.

Par ailleurs, Pierre F. Daled termine un ouvrage, biographique et théorique, consacré à Canguilhem. Au travers de ses archives inédites, il retrace l’ensemble de ses réflexions sur le normal, le pathologique, la santé, la maladie, mais aussi sur l’erreur et l’anomalie, à partir des années de formation à l’Ecole Normale Supérieure (1924-1927) jusqu’à sa conférence strasbourgeoise de 1988 – et il rapporte en même temps les premières réactions de ses contemporains à son égard. Une large place y est également consacrée à la reconstitution de ses activités de Résistance indissociables de sa publication fondamentale de 1943 : l’Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique.

16 mars 2015

AMPHI GIROUD, 3è étage du bâtiment principal, 14h30-16h30)

  • Rémi Richard, Post-doctorant à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), Autour du corps sportif handicapé… L’Humanité en question

« L’engagement du corps handicapé dans les pratiques sportives a pu sembler, un temps, paradoxal, mais il est aujourd’hui une réalité commune (Marcellini et Villoing, 2014). La médiatisation de sportifs handicapés (Oscar Pistorius entre autres), a permis au sport ‘handi’ ‘d’entrer dans les mœurs’.

L’idéal paralympique met en exergue des corps hybrides, des cyborgs qui questionnent les limites de l’humanité. Se dessine alors la figure du ‘supercrip’ (Howe, 2011), ce corps non plus handicapé mais augmenté, symbole quasi paradigmatique de l’avenir humain. La technologisation du corps semble alors être le déterminant de la (sur)valorisation de la performance sportive (Prude & Howe 2013).

Pourtant, certains corps sportifs handicapés, malgré leur haut degré de technologisation, n’acquièrent pas ce statut de ‘supercrip’. Parce qu’ils ne répondent pas aux critères du geste sportif ‘esthétique’, ils vont être rendus invisibles dans les médias ou absents du programme des jeux paralympiques.

Nous souhaitons ici proposer une réflexion sur la construction de l’idéal du corps sportif handicapé. Pourquoi et comment certains sportifs sont ‘déshumanisés’ alors que d’autres vont au contraire être ‘surhumanisés’ ?

Dans un premier temps, nous présenterons les mécanismes qui discréditent, légitiment ou survalorisent certains corps sportifs handicapés. Puis nous porterons notre attention sur le cas du foot-fauteuil dont les pratiquants, malgré le haut degré de technologisation inhérent à la pratique (Richard, 2012), n’accèdent pas à ce statut de ‘supercrip’. »

11 mai 2015

A. Bohuon

Organisation scientifique

  • Bernard Andrieu, Université de Rouen
  • Isabelle Queval, Université Paris Descartes

Lieux

  • Faculté des Sciences Humaines et Sociales, amphi Giroud, 3e étage du bâtiment principal - Université Paris Descartes 45, rue des Saints-Pères
    Paris, France (75006)

Dates

  • lundi 06 octobre 2014
  • lundi 17 novembre 2014
  • lundi 08 décembre 2014
  • lundi 12 janvier 2015
  • lundi 16 mars 2015
  • lundi 11 mai 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sport, corps, genre, dopage, handicap, éducation physique, critique du sport

Contacts

  • Isabelle Queval
    courriel : iqueval [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Isabelle Queval
    courriel : iqueval [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sport et humanités (2014-2015) », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 22 septembre 2014, http://calenda.org/300448