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Enseigner la quantification dans le supérieur

Teaching quantification in higher education

Les sciences sociales face aux chiffres

The social sciences in the face of figures

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Publié le mardi 28 octobre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Les méthodes quantitatives seraient-elle en train de revenir en grâce auprès des enseignants et chercheurs en sciences sociales ? En tout état de cause, il est sans nul doute nécessaire de prendre le temps de l'échange et de la réflexion autour de l'enseignement de la quantification à l'université, dans les cursus de sciences sociales. L'objectif de cette journée d'études est de réaliser un état des lieux des pratiques pédagogiques d'enseignement de la quantification, à partir d'échanges d'expériences concrètes d'enseignement, et de fédérer un réseau des enseignants en méthodes quantitatives dans les institutions universitaires françaises. Nous espérons ainsi contribuer à une salutaire réflexion collective sur les pratiques pédagogiques à l'université.

Annonce

Argumentaire

Les méthodes quantitatives seraient-elle en train de revenir en grâce auprès des enseignants et chercheurs en sciences sociales ? Le succès non démenti de l'école d'été Quantilille ou de l'atelier « Méthodes quantitatives pour l'historien » de l'EHESS, de même que la création de nouveaux cours dits de « méthodes quantitatives » dans diverses institutions universitaires, semblent le laisser présager. Après des décennies de dés-apprentissage des techniques même les plus élémentaires de comptage et de quantification parmi les apprentis sociologues, historiens, géographes (le statut de l'enseignement des méthodes quantitatives dans les cursus d'économie est sans doute spécifique), on ne pourrait que s'en réjouir. S'il est avéré dans les grandes écoles, ce mouvement semble également toucher les universités, sans que l'on assiste pour autant à l'ouverture en masse de postes d'enseignants explicitement fléchés en méthodes quantitatives. Quant au contenu des enseignements dispensés, il varie fortement : fondements formels de la statistique, boîte à outil pratique de la fabrication et de l'interprétation des données, réflexion sur l'histoire, l'usage et l'articulation éventuelle des méthodes, formation technique à des logiciels.

En tout état de cause, il est sans nul doute nécessaire de prendre le temps de l'échange et de la réflexion autour de l'enseignement de la quantification à l'université, dans les cursus de sciences sociales.

Enseigner la quantification : pour quoi faire ?

La mémoire des étudiants en sciences sociale est (trop) souvent émaillée de souvenirs plus ou moins fugaces ou traumatisants de cours de statistiques ou d'introduction à l'usage de logiciels, dont la finalité ne semblait résider que dans l'enchaînement de formules mathématiques ou de manipulations informatiques. Le rejet du « quanti » chez nombre d'étudiants est d'autant plus fort que celui-ci est associé à un versant aride et austère de la recherche en sciences sociales, à un ensemble de méthodes ésotériques et technicistes auxquelles il est permis de « ne rien comprendre ».

Comment faire, dès lors, pour concevoir les cours de méthodes quantitatives de telle sorte à convaincre les étudiants qu'il est possible de « faire du quanti » sans formalisme mathématique ni compétences informatiques avancées, que c'est même intéressant, formateur, voire amusant, et que tout apprenti-chercheur en sciences sociales se doit de maîtriser une palette large de méthodes pour interroger le monde social ?

Ces cours doivent-ils être avant tout des lieux d'apprentissage technique de la méthodologie statistique, ou bien doivent-ils également développer la capacité à critiquer et évaluer les arguments construits à partir de données chiffrées, et à produire une argumentation originale et scientifiquement pertinente à partir de ces données ? L'utilité scientifique, sociale et politique d'un enseignement de la quantification est ainsi un enjeu d'autant plus critique, que l'accessibilité aux grandes enquêtes produites par la statistique publique n'a jamais été aussi facile, et que les usages et mésusages politiques des chiffres sont légion dans le discours public.

Questions pour une réflexion collective

Nous examinerons ainsi les modalités actuelles des enseignements de la quantification en sciences sociales, et tâcherons de dresser quelques pistes d'évolutions souhaitables pour l'avenir. La liste de questions que nous soumettons, ci-dessous, à la réflexion collective n'est pas limitative.

  • Comment adapter les enseignements à une diversité de publics : cursus professionnel ou recherche, doctorants, formation continue des enseignants ?
  • Quel est le degré de formalisation utile/souhaitable dans l'enseignement des méthodes ? Pour quels objectifs et quels publics ? Plus généralement, comment articuler un apprentissage des règles statistiques, seules à même de garantir la véracité des énoncés, à une mise en pratique, seule à même de conférer un sens sociologique/historique aux méthodes.
  • Comment articuler enseignement des méthodes quantitatives et qualitatives ? Notamment, comment initier les étudiants à une articulation entre quantification et ethnographie ?
  • Comment rendre les TD de logiciels vivants et agréables pour les étudiants et les enseignants ?
  • A quels logiciels doit-on former les étudiants ? Presse-boutons ou avec lignes de code ? Et pour quels usages ?
  • Quelle est la place du « libre » dans les enseignements de la quantification ? Doit-on privilégier les logiciels libres ? Comment utiliser, créer et partager des ressources pédagogiques libres, notamment sur internet (manuels en ligne, tutoriels, forums et listes de discussions) ?
  • Comment présenter la chaîne de production du raisonnement quantitatif ? Des questions de recherche aux résultats, en passant par la production des données, l'investigation d'une diversité des sources (sources historiques, administratives, questionnaires, comptages, etc.), les opérations de codage et recodage, la production et la mise en forme des résultats.
  • Quelles données utiliser en cours (enquêtes issues de la statistique publique, production des données avec les étudiants, données issues de travaux de recherche en cours, etc.) ?
  • Enfin, comment former les étudiants à l'histoire des méthodes, et à un usage combiné et réflexif de celles-ci ? Comment faire d'eux des acteurs éclairés du monde des chiffres ?

Pour un (salutaire !) échange pédagogique

L'objectif de cette journée d'études n'est pas de répondre de manière normative à ces questions, mais bien au contraire de réaliser un état des lieux des pratiques pédagogiques d'enseignement de la quantification. Les ateliers seront organisés autour d'échanges d'expériences concrètes d'enseignement : description de situations pédagogiques, échanges des trucs et astuces, des petites manières de faire qui font nos succès et parfois aussi nos échecs face aux étudiants.

Il s'agit ainsi de commencer à fédérer un réseau des enseignants en méthodes quantitatives dans les institutions universitaires françaises. Au-delà de l'échange sur les pratiques, un objectif de moyen terme pourrait être de mettre sur pied un portail de mise en commun des matériaux pédagogiques, tutoriaux, scripts, données, mémoires d'étudiants, etc.

Nous proposerons également la mise en \oe uvre d'une enquête sur l'enseignement de la quantification, inspirée par exemple de l'Undergraduate Quantitative Methods Teaching Survey menée par John McInnes à l'université d'Edimbourg.

Nous espérons ainsi contribuer, à une modeste échelle, à une réflexion collective sur les pratiques pédagogiques à l'université, qui est trop souvent le parent pauvre des échanges entre enseignants et chercheurs universitaires.

Informations pratiques

Format des contributions

Tous les contributeurs sont a priori les bienvenus, quels que soient leur discipline de rattachement, leur statut ou leur degré d'avancement et d'intégration dans le monde universitaire. Les contributions peuvent porter sur des récits de pratique, la présentation d'outils pédagogiques, des problèmes méthodologiques spécifiques ou des réflexions pédagogiques plus générales.

Deux formats différents sont attendus :

  • contributions orales de 15 à 20 minutes accompagnées d'un texte ;
  • posters donnant lieu à des courtes présentations de 5 à 10 minutes.

Calendrier

Date limite pour l'envoi des propositions de communication (sous la forme d'un résumé d'une page) : samedi 22 novembre 2014.

Notification d'acceptation des propositions : lundi 8 décembre 2014.

Textes définitifs à envoyer le lundi 2 février 2015.

La journée d'étude aura lieu au printemps 2015, à Paris ou en région parisienne. Les modalités précises d'organisation seront précisées ultérieurement.

Contact

jequanti2015[at]gmail.com

Comité d'organisation

Les propositions seront évaluées par le comité d'organisation

  • Pierre Blavier (ENS Cachan, CMH-ETT),
  • Jérôme Deauvieau (UVSQ, Printemps),
  • Frédéric Lebaron (UVSQ, Printemps),
  • Pierre Mercklé (ENS Lyon, CMW),
  • Etienne Ollion (SAGE, Université de Strasbourg),
  • Anton Perdoncin (ENS, CMH–ETT, IDHES–ENS Cachan)

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • samedi 22 novembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Enseignement, pédagogie, quantification

Contacts

  • Anton Perdoncin
    courriel : aperdonc [at] ens-cachan [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Anton Perdoncin
    courriel : aperdonc [at] ens-cachan [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enseigner la quantification dans le supérieur », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 octobre 2014, http://calenda.org/303269