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Épistémologie et ergologie comparatives

Comparative epistemology and ergology

Séminaire doctoral du CEPERC

CEPERC doctoral seminar

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Publié le mardi 04 novembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Le séminaire doctoral du CEPERC. Il est avant toutes choses un lieu de discussion informel et convivial, dans lequel doctorants et jeunes chercheurs peuvent exposer librement divers problèmes rencontrés dans leur travail ou leur parcours, partager ensemble leur expérience, et profiter du soutien de chercheurs confirmés.

Annonce

Présentation

Le séminaire doctoral du CEPERC est avant toutes choses un lieu de discussion informel et convivial, dans lequel doctorants et jeunes chercheurs peuvent exposer librement divers problèmes rencontrés dans leur travail ou leur parcours, partager ensemble leur expérience, et profiter du soutien de chercheurs confirmés. Le séminaire s’organise en trois temps :

1. Un temps d’informations générales auquel chacun est libre de contribuer : appel à communication, rappel de dates de conférences, etc.

2. L'intervention d’un doctorant sur un point de son travail (en cours ou achevé) qui lui tient à cœur, suivi d’une discussion

3. Un temps consacré à des questions méthodologiques choisies en fonction des besoins.

Le séminaire se tiendra chaque deuxième jeudi du mois de 16h30 à 18h30, en salle 2.41, à la Maison de la Recherche, Faculté des arts, lettres, langues et sciences humaines, 13621 Aix-en-Provence.

Programme

Les séances ont lieu de 16h30 à 18h30 dans la salle 2.41 (maison de la recherche).

13 novembre 2014

  • Gabriel Giovanetti : « Une définition implicite des concepts physiques est-elle possible? Schlick, Reichenbach, Bridgman et la théorie de la relativité. »

11 décembre 2014

  • Antonio Piccolomini d'Aragona, « A new perspective on proofs: Dag Prawitz's theory of grounds »

L'exposé sera suivi d'un point méthodologique sur l'utilisation de ZOTERO (gestionnaire de références bibliographiques)

8 janvier 2015

Séance annulée

12 février 2015

  • Carlo Baghetti (CAER, sous contrat A*MIDEX), "Pour une approche philosophique de la figure du travailleur précaire". Suivi d'un point méthodologique sur le C.V.

12 mars 2015

  • Santiago Pinault, "Témoignage au procès sur l’usage des noms propres dans les sciences, d’un chercheur travaillant sur les spectres de Carl Menger, Friedrich Hayek et Karl Polanyi". 
Résumé :

Une génération de penseurs éclose dans les années 70 nous appris à nous méfier des noms propres en mettant à jour les enjeux, l’impensé et les stratégies qui s’y concentrent ainsi que tout l’aura dont ils sont chargés. Si elle n’a cependant pas réussi à pousser la démarche d’anonymisation de ses études historiques jusqu’au bout, si donc, quelque part, tant le volet politique qu’épistémologique de son entreprise ont échoué, nous ne pouvons totalement faire taire ses mises en garde lorsque nous entreprenons à notre tour de travailler (sur) des auteurs afin d’en extraire ce qui alimentera nos propres recherches.

Mon choix de la philosophie politique et économique relève de la volonté de se confronter au monde sans se déprendre de la rigueur universitaire. Cependant, s’y plonger sans balises reviendrait à être noyé dans un océan sans bornes. Ainsi, s’inscrire dans le sillage d’auteurs pour cadrer ma pensée fournit un ancrage efficace – mais, puisque ce n’est pas la seule érudition qui guide la recherche, les auteurs n’ont pas un rôle plus important. Or ils posent aussi problème et la séance du séminaire des doctorants du Ceperc sera l’occasion pour moi de mettre à plat le cas concret auquel je me confronte, puisque ma thèse repose sur l’Aufhebung du puzzle complémentaire que constituent ensemble les pensées de Friedrich Hayek et Karl Polanyi en vue d’élaborer à partir d’elles un nouveau programme de recherche.

Tout d’abord, l’identité des deux auteurs pose problème.

D’une part l’un et l’autre revendiquant à différents titres l’héritage de Carl Menger, celui-ci, au rapprochement des deux pensées, n’est plus seulement une influence commune, mais obtient comme une propriété systémique de faire partie intégrante de cette synthèse : Hayek et Polanyi ne fonctionnent pas ensemble sans Menger. D’autre part, à l’heure où la valeur de la deuxième édition des Grundsätze der Volkswirtschaftslehre [1923], posthume, de Carl Menger est toujours en débat, où la numérisation des archives de Karl Polanyi [1907-1964] apporte un matériel considérable à l’étude de l’auteur et où le travail sur les archives de Hayek est encore à établir pour décider de la paternité de son dernier livre, The Fatal Conceit [1988], nous ne savons pas exactement ce que dénote ces noms propres. 

Plusieurs choix méthodologiques se présentent (critiques internaliste / externaliste, découpage de l’œuvre par le biais d’inclusions et d’exclusions à justifier), qui tous colorent différemment le prisme de l’individu et de son œuvre. Puisque ni l’un ni l’autre ne nous intéressent en eux-mêmes, il pourrait être alors tentant de faire l’économie de ce choix et, se prévalant d’un certain anarchisme méthodologique, de fragmenter ces auteurs/œuvres en autant de versions que nécessaires, tout comme à l’intérieur de chaque version on peut dégager des scansions de nature différentes (progressisme distinguant une œuvre de jeunesse et une autre de la maturité ; périodisation géographico-temporelle ; redéploiement d’une pensée en mouvement) qui elles-mêmes peuvent se combiner. Cependant, si la résolution de travailler sur des auteurs et non des concepts suivait une exigence quantitative, une telle diffraction des auteurs revient à perdre ces garde-fous. Seulement, d’un autre côté, est-il vraiment nécessaire de dégager un seul Menger, un seul Hayek ou un seul Polanyi, usant ainsi de son temps et de son énergie à en dresser des contours nets, alors qu’ils ne devaient être qu’outils ?

Ensuite, au-delà de l’identité des auteurs en tant qu’individu, leur mise en réseau complexifie encore la recherche. Dans mon cas, avec l’introduction de Carl Menger, celui-ci étant le père fondateur d’une école dite « autrichienne », c’est à une véritable cartographie des pensées qui y sont attachées que nous sommes invités, coupes et découpes modifiant en profondeur nos façons de penser cet ensemble.

Certes le philosophe n’a pas peur de cet exercice : il sort depuis Platon son couteau de boucher pour découper ce qu’il observe selon (ce qu’il considère être) les bonnes articulations, regroupe ou distingue et nomme à nouveau, s’il le faut, tout ce qu’il a classé à nouveaux frais. Mais si les noms, les classements, les structures ne descendent dans la rue ni ne crient lorsqu’on les cisaille, les noms propres opposent plus de résistance car il suscite plus de réticences chez leurs héritiers. Un doute nous reprend alors : à quoi bon dialoguer avec des spectres d’auteurs et leurs assesseurs testamentaires officiels ou autoproclamés ? N’était-il pas plus facile de composer avec des nappes verbales, des ensembles d'énoncés, des mentalités, des paradigmes ou autres épistémès plutôt que tout cet humain encore vivant et toujours …trop humain ?

Lors de la discussion, nous pourrons mettre à nouveau la question de l’anthroponymicide en débat.

9 avril

  • Olivier Ouzilou, "La dépendance mentale des entités sociales". 
Résumé :
Sur quels fondements s’appuie la distinction entre entités naturelles et entités sociales ? Une certaine manière de répondre à cette question consiste à affirmer que la spécificité des secondes (qu’il s’agisse d’actions, d’évènements ou d’objets sociaux) réside dans le fait qu’elles dépendent intrinsèquement de certaines attitudes mentales. Intuitivement, les microbes semblent bien, en effet, exister indépendamment du fait que nous pensions qu’ils existent, ce que l’on ne saurait dire à première vue d’un objet comme l’argent. En quel sens cette dépendance doit-elle toutefois être comprise ? S’agit-il, par exemple, d’une dépendance causale ou d’une dépendance constitutive ? De même, l’attitude mentale dont est supposée dépendre telle entité sociale doit-elle être nécessairement orientée vers cette même entité afin de lui conférer un certain degré d’existence ? Je souhaite, dans un premier temps, évaluer deux manières de comprendre cette dépendance qui sont censées justifier la distinction entre ces types d’entités : d’une part, la thèse de la « rétro-référentialité » des concepts sociaux (Searle, 1998) et, d’autre part, l’idée d’ « effet en boucle » propre aux catégorisations sociales (Hacking, 1995). Je tenterai, dans un second temps, d'argumenter en faveur d'une forme de dépendance plus faible que celle que font prévaloir, chacun à leur manière, ces deux modèles entre entités sociales et attitudes mentales.
 
Searle, J. (1998), La construction de la réalité sociale, Paris, Gallimard.
Hacking, I. (2001), Entre science et réalité. La construction sociale de quoi ?, Paris, La découverte 

21 mail 2014

16h30 à 18h30

  • Jessica Bauer, "Le concept du dharma dans ses dimensions abstraites, normative et ontologique, appliqué à la théorie de l'entrepreneur et l'éthique de l'économie".

11 juin 2014

  • Ingrid Dromard : "L’évaluation du travail social pour un dialogue des dialogiques"

Résumé :

L’évaluation du travail social interroge par la division binaire du sens que suggère la formule. Cette aporie témoigne de la difficulté à faire converger sur un même plan des systèmes de valeurs qui s’opposent :

  •   L’évaluation comme mesure présuppose une logique gestionnaire du travail et le travail social convoque quant à lui une logique politique.
  •   Le social envisagé comme corps moral et collectif visant l’intérêt de tous et le social marqué par la compétition où les valeurs individualistes côtoient celles d’efficacité et de qualité. 

Aussi, plutôt que de considérer la question de l’évaluation du travail social de façon dichotomique, nous choisissons de l’appréhender de manière dialogique au sens où Edgar Morin le définit. Soit une double dialogique : gestionnaire et politique d’une part, individualiste et holiste d’autre part. En quoi ces logiques sont-elles concurrentes et antagonistes ? En quoi se nourrissent-elles l’une de l’autre ? En quoi se complètent-elles ? En quoi s’opposent-elles ? Peuvent-elles se rencontrer et dialoguer ? Pour répondre à ce questionnement nous envisageons l’évaluation du travail social au travers d’un dispositif de recherche qui se base sur la démarche ergologique et dont les Groupes de Rencontres du Travail en sont la modalité opérante.

Lieux

  • La Maison de la Recherche, faculté des arts, lettres, langues et sciences humaines - 29 avenue Robert Schuman
    Aix-en-Provence, France (13100)

Dates

  • jeudi 13 novembre 2014
  • jeudi 11 décembre 2014
  • jeudi 08 janvier 2015
  • jeudi 12 février 2015
  • jeudi 12 mars 2015
  • jeudi 09 avril 2015
  • jeudi 21 mai 2015
  • jeudi 11 juin 2015

Mots-clés

  • Zotero, Schlick, Reichenbach, Bridgman, théorie de la relativité

Contacts

  • Valérie Debuiche
    courriel : debuiche [dot] valerie [at] gmail [dot] com
  • Amélie Mertens
    courriel : mertens [dot] amelie [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Amélie Mertens
    courriel : mertens [dot] amelie [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Épistémologie et ergologie comparatives », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 04 novembre 2014, http://calenda.org/303920