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Écologie et humanités

Ecology and humanities

Appel à contribution - journée d'études doctorale - numéro de la revue Essais

Call for contributions, doctoral study days, Essais journal

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Publié le jeudi 18 décembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Les études de l'Homme et de la nature n'ont eu de cesse de se séparer alors que les savoirs se transformaient en disciplines de plus en plus lointaines les unes des autres. En effet, l'écologie est souvent délaissée par les humanités – elle est trop souvent confiée aux sciences dures et expérimentales – alors même que les humanités pourraient servir le mieux de monde à la promotion de l'écologie politique et ont présidé, en outre, à la formation de l'esprit de l'écologie scientifique. Il semble pourtant indispensable de ne pas se satisfaire de ce constat, dès lors que l'écologie politique comme l'écologie scientifique reconnaissent leur dialogue et leur recorus nécessaires à l'histoire, à la littérature, à la philosophie, à la peinture, aux mythes et aux capacités linguistiques sortant des jeux habituels de pouvoir. Autant de disciplines qui pourtant, lorsqu'elles sont associées à un champ où règnent en maître les sciences dures et expérimentales, ne le sont bien souvent qu'à la marge, et jamais placées en tant que creuset des savoirs que sont censées incarner originellement les humanités.

Annonce

Argumentaire

Les propositions de contribution pourront s’articuler selon les axes suivants : (1) Écologie, éthique et justice (2) Écologie, société et politique (3) Écologie, écriture et esthétique.

Axe 1 : Écologie, éthique et justice

Disciplines indicatives : Histoire, Géographie, Sciences politiques, Philosophie, Eco-anthropologie.

Mots-clefs : Justice, gouvernance, inégalité, éthique environnementale.

L'urgence internationale relative à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre semble primer sur les questions d'éthiques et de justices relatives à la remise en question de la relation Hommes-Nature et au traitement des iniquités environnementales transfrontalières dans l'espace monde globalisé d'aujourd'hui: inégale accès aux ressources, répartition inégale des risques naturels, inégalités dans la gouvernance de la nature. Face à la diversité des cultures et au regard des rôles différents joués dans la dégradation de l'environnement mondial, quelles solutions envisager en termes de lutte contre les problèmes environnementaux planétaires? Quelles prises en charges des inégalités environnementales ? Les propositions pourront porter sur l'historiographie et la généalogie des mouvements de justice environnementale et de protection de la nature. Elles pourront aussi porter sur la présentation et l'évaluation des politiques et des programmes d'action se réclamant de la gouvernance environnementale afin d'en apprécier les enjeux sociaux, culturels, religieux, etc. Les réflexions sur les enjeux du réchauffement climatique, de la patrimonialisation de la nature et du vivant seront appréciées. L'axe insistera sur les problèmes écologiques globaux et les divers dilemmes qu'ils peuvent soulever.

Éléments bibliographiques

  • Alexandre Magnan, Changement cliçmatique : tous vulnérables ? Editions Rue d’ULM, 2013.
  • Ariane Debourdeau, Les grands textes fondateurs de l'écologie, Flammarion, 2013.
  • Blanchon David et al., « Comprendre et construire la justice environnementale », Annales de géographie 1/ 2009 (n° 665-666), p. 35-60.
  • Catherine Larrère, « Actualité de l’éthique environnementale : du local au global, la question de la justice environnementale », in Écosophie la philosophie à l’épreuve de l’écologie, sous la direction de Hicham-Stéphane Afeissa, Éditions MF, 2009.
  • Hicham-Stéphane Afeissa, Éthique de l'environnement. Nature, valeur, respect ; Paris, Vrin , 2010.
  • Martha Nussbaum, Capabilités : Comment créer les conditions d'un monde plus juste ?, Flammarion, 2012.
  • M. Nussbaum, Frontiers of Justice: Disability, Nationality, Species Membership, Belknap Press, 2006.
  • Wackernagel M. & W. Rees, Notre empreinte écologique, Montréal, Ecosociété, 1996.

Axe 2 – Écologie, société et politique 

Disciplines indicatives : Philosophie de l’environnement, histoire et géographie, sciences économiques, politiques et sociales.

Mots-clefs : Développement, modernité, capitalisme, occident.

À Stockholm, en Suède, se tint du 5 au 16 juin 1972 la première conférence des Nations unies sur l’environnement humain qui marqua le début des réflexions de nos dirigeants mondiaux sur l’état de la planète ; celle-ci donna également lieu à un programme de protection en commun. D’autre part, un rapport sur les limites de la croissance rédigé par les experts du Massachusetts Institute of Technology à la suite d’une demande du Club de Rome, sortit la même année.

La fin des Trente Glorieuses fut aussi celle de la remise en cause officielle du mode de production et de développement issu de la Révolution industrielle, au moment même où ce dernier commençait à s’implanter dans le monde entier et où l’intensité de ses activités faisait rentrer l’humanité de manière irréversible dans une nouvelle ère géologique : l’ère de l’Anthropocène.

Toutes ces circonstances nous poussent à nous interroger sur la manière d’habiter la planète et de nous rapporter à la nature. Quels rapports la crise écologique nous invite-t-elle à envisager entre la nature et les sociétés ? De quelle façon cette crise touche-t-elle aussi le domaine du droit et de la politique ? Sommes-nous en train de sortir de la modernité ou bien sommes-nous en train d’assister à son apothéose ? Et enfin, outre sa naissance de manière officielle au cours des années 1970 dans les pays développés, n’y a-t-il pas des traditions plus anciennes proches de l’esprit de l’écologie sociale et politique qui se sont distribuées et développées tout au long de l’essor industriel de manière critique vis-à-vis de ce dernier ? On songera, par exemple, aux mouvements luddite, romantique, et naturien, et autres courants anti-industriels. En quoi l’écologie sociale et politique se distingue-t-elle, ou bien se rapproche-t-elle, de ces courants ?

Les futures propositions sont invitées ici à réfléchir aux conséquences de la Révolution industrielle sur notre manière d’habiter la planète ainsi que ses effets sur les domaines de la politique, de l’économique, de la technique, et enfin sur la société elle-même. L’enjeu principal, et sous-jacent à cet axe, consistera à apprécier les forces en présence afin de dégager les nouveaux rapports éventuels pouvant contribuer à résorber ou à résoudre cette crise écologique que nous traversons.

Éléments bibliographiques

  • Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz. L’Évènement. Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Paris, Editions du Seuil, collection « Anthropocène », 2013.
  • Bernard Charbonneau, Jacques Ellul, Nous sommes des révolutionnaires malgré nous. Textes pionniers de l’écologie politique, texte transcrits par Sébastien Morillon, corrigés et annotés par Christian Roy, préfacés par Quentin Hardy, Paris, Editions du Seuil, collection « Anthropocène », 2014.
  • Fabrice Flipo, Nature et politique. Contribution à une anthropologie de la modernité et de la globalisation, Paris, Éditions Amsterdam, 2014.
  • Jean-Marie Harribey et Michael Löwy, Capital contre nature (sous la direction de), Paris, Presses Universitaires de France, collection « Actuel Marx Confrontation – Série Economie et Politique », 2003.
  • John Bellamy Forster, Marx Ecologiste, traduction d’Aurélien Blanchard, Joséphine Gross, Charlotte Nordmann, Paris, Editions Amsterdam, 2011.
  • Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, Paris, Librairie universelle, en six tomes, 1905-1908.

Axe 3 – Écologie, écritures et esthétique

Disciplines indicatives : Littératures, langues et sciences du langage, arts plastiques et vivants.

Mots-clefs : écriture de la nature, écocritique, éco-poétique, land art.

Éditions et collections dédiées à l’environnement, inspirations diverses par l’animal et le végétal, expositions et travaux se référant à la nature : à l’heure où de plus en plus de textes et d’œuvres d’art sont (re)publiés ou (re)montrés sous un éclairage nouveau qui verdit les uns en surface mais fait surtout apparaître les autres pour profondément soucieux qu’ils sont – parfois depuis longtemps – des rapports entre hommes et nature, il apparaît indispensable d’observer et d’historiciser la façon qu’ont eue les hommes de dire leurs milieux.

Tant dans les arts que dans les lettres, la question majeure pourrait être de distinguer entre des approches prétendant représenter la nature et d’autres soucieuses de lui donner présence sans parler en son nom, faisant résonner l’idée selon laquelle elle peut se dire elle-même. Une attention toute particulière sera également portée sur la façon dont cette écriture de la nature au sens large relativise voire abolit toute frontière entre la nature et une « culture » qui en serait distincte. C’est ainsi que les sciences du langage pourront par exemple éclairer en différentes langues les glissements de sens de mots aussi décisifs que « nature », « environnement » ou « milieu », les arts explorer ce que l’écologie comporte d’un embellissement ou d’un réenchantement du monde, les littératures enfin commenter l’histoire des idées et des formes d’une écologie née entre autres dans les livres.

Éléments bibliographiques

  • Tom Pughe et Michel Granger (dir.), Ecrire la nature, Revue française d’études américaines, Belin, Paris, 2005/4, n°106.
  • Hans Blumenberg, La lisibilité du monde, traduction de Pierre Rush et Denis Trierweiler, Editions du Cerf, Paris, 2007.
  • Yves Citton, L’avenir des humanités : économie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ?, La découverte, Paris, 2010.
  • Alain Suberchicot, Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée. Honoré Champion, « Unichamp Essentiel », Paris, 2012.
  • Augustin Berque, Alessia de Biase, Philippe Bonnin (dir.), Donner lieu au monde : la poétique de l’habiter, actes du colloque de Cerisy-la-Salle, éditions Donner Lieu, Paris, 2012.
  • Lambert Barthélémy (dir.), Imagination(s) environnementale(s), Presses Universitaires de Rennes, 2013.
  • Yves Citton, Pour une écologie de l’attention, coll. « La couleur des idées », Seuil, Paris, 2014.
  • Mirella Vadean et Sylvain David (dir.), La pensée écologique et l’espace littéraire, coll. « Figura », Presses de l’Université du Québec, 2014.

Modalités de soumission

Pour toute proposition, contacter l’adresse suivante : ecologieethumanite@outlook.fr.

  • Envoi du résumé de proposition : lundi 16 février 2015 (date limite).

  • Réponse aux propositions : lundi 02 mars 2015 (date limite).
  • Date et lieu de l’événement : mercredi 05 mai 2015 à l’Université Bordeaux Montaigne.
  • Envoi de contribution : lundi 8 juin 2015 (date limite).
  • Avis sur les contributions : horizon du premier semestre de l’année 2015-2016.
  • Publication : horizon du second semestre de l’année 2015-2016.

Les propositions de contribution pour le dossier « Écologie et Humanités » de la revue Essais (50000 caractères maximum, espaces compris, format DOC) devront être soumises avant le lundi 29 juin 2015, et correspondre aux normes de celle-ci (en page d’entête : nom, prénom, équipe de recherche, adresse email, résumé français et anglais de 700 caractères maximum espaces compris, ainsi que cinq mots-clefs en français et anglais, etc.) en consultant, notamment, les numéros et le document de consigne aux auteurs.

Pourront aussi être soumis à n’importe quel moment de l’année, des traductions (30000 caractères maximum, espace compris, format DOC) ainsi que des comptes rendus (10000 caractère maximum, espace compris, format DOC) de livres portant sur les thèmes évoqués plus haut, ou non, et demeurant encore inédits en France, de même que des varia (50.000 caractères maximum, espace compris, format DOC).

Chaque numéro de la revue est publié en version papier et distribué gratuitement au sein de l’Université Bordeaux Montaigne, mais également en version numérique, téléchargeable sur son site internet.

Des informations complémentaires s’y trouvent également, tout comme les hors-séries ainsi que les différents numéros thématiques déjà parus à ce jour. L’objectif principal de la revue Essais, éditée par l’école doctorale « Montaigne – Humanités » en collaboration avec les Presses Universitaires de Bordeaux, est de « promouvoir une nouvelle génération de jeunes chercheurs résolument tournés vers l’interdisciplinarité ». Elle souhaite ainsi privilégier les contributions venant des doctorants issus des Humanités ; de même que les éditer en présence de chercheurs plus expérimentés en ce domaine.

Organisation

(en charge de l'évaluation des propositions)

  • Bertrand GUEST, Maître de conférences en Littérature générale et comparée à l’Université d’Angers. EA 922 Centre d’Étude et de Recherche sur Imaginaire, Écritures et Cultures (CERIEC)
  • Fabien COLOMBO, Doctorant en philosophie à l’Université Bordeaux Montaigne. UMR 5185 Aménagement, Développement, Environnement, Santé, et Sociétés (ADESS).
  • Nestor ENGONE ELLOUÉ, Doctorant en philosophie à l’Université Bordeaux Montaigne. EA 4574 Sciences Philosophie, Humanités (SPH).

Lieux

  • École Doctorale « Montaigne – Humanités », université Bordeaux Montaigne, domaine universitaire, esplanade des Antilles
    Pessac, France (33)

Dates

  • lundi 16 février 2015

Mots-clés

  • développement, modernité, capitalisme, occident, justice environnementale, éthique environnementale, gouvernance, inégalité environnementale, écocritique, écopoétique, land art

Contacts

  • Bertrand Guest
    courriel : bertrand [dot] guest [at] univ-angers [dot] fr
  • Fabien Colombo
    courriel : ecologieethumanite [at] outlook [dot] com
  • Nestor Engone Elloué
    courriel : ecologieethumanite [at] outlook [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Bertrand Guest
    courriel : bertrand [dot] guest [at] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Écologie et humanités », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 18 décembre 2014, http://calenda.org/310469