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Berlin, année zéro ?

Berlin, year zero?

Atelier doctoral historique et topographique de Berlin occupé (1945-1949)

Doctoral workshop looking at the history and topography of occupied Berlin (1945-1949)

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Publié le lundi 15 décembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Dans notre atelier, nous souhaitons adopter un point de vue original en portant, à partir de l’histoire du genre, un regard particulier sur la ville et la société berlinoise d’après-guerre. Ainsi, nous proposons de revisiter la période de sortie de guerre à Berlin, terrain propice à l’observation des reconfigurations d’une société ayant subi et soutenu à différents degrés le national-socialisme et, plus particulièrement, à l’observation des relations sociales genrées entre femmes et hommes. Pour l’Allemagne, et plus particulièrement pour la ville de Berlin, la dictature nationale-socialiste et la Seconde Guerre mondiale ont constitué une période troublée pour les relations de genre oscillant entre expérimentation, violence et misère sexuelle. Si le nazisme et la guerre semblent à première vue avoir renforcé la séparation des sexes, ils ont en réalité largement contribué à déplacer les frontières de genre.

Annonce

Du 26 au 30 avril 2015, Centre Marc Bloch, Berlin. Une collaboration entre le Centre Marc Bloch et le Département d’histoire de Sciences Po.

Argumentaire

Le Centre Marc et le Centre d’histoire de Sciences Po Paris, soutenus par l’université Franco-allemande, ont déjà proposé à deux reprises un atelier scientifique destiné aux étudiants du Centre Marc Bloch et du Centre d’histoire de Sciences Po. Portant sur la ville de Berlin dans le 20e siècle, cette manifestation s’est révélée être un point d’entrée privilégié pour aborder l’histoire de l’Allemagne auprès d’un public d’experts ou d’intéressés non-experts.

Une première édition intitulée « Topographie historique de Berlin : une autre histoire de l’Allemagne du XXe siècle » a eu lieu en avril 2013 afin de sonder la topographie culturelle des dictatures allemandes de 1933 à la chute du mur. Une seconde édition en 2014 a eu pour but l’exploration de la transformation de l’espace urbain et de la spatialité en fonction des régimes politiques, chacun aménageant Berlin selon leurs propres besoins et changeant ainsi le visage de la ville, les changements de régime se personnifiant dans les politiques culturelles respectives (construction des théâtres, salles de musique, parcs de divertissement, musées, cinéma et studios de production cinématographique etc.), et laissant leurs traces dans la topographie dont nous interrogions la matérialité et la signification.

Si la première édition de l’atelier mettait l’accent sur le temps long et embrassait tous les domaines de la vie quotidienne (répression, propagande, travail, loisirs, vécu), la deuxième édition se consacrait à une thématique plus ciblée : les vitrines culturelles des régimes respectifs (nazisme, RFA et RDA) et leurs significations sociales et politiques. La troisième édition de cet atelier scientifique resserrera davantage la focale sur une période clé : la libération de Berlin et sa division entre les forces alliées et l’Armée rouge.

2015 sera l’année de la commémoration de la fin de la seconde Guerre mondiale et sera sans doute accompagnée de nombreux débats. Dans notre atelier, nous souhaitons adopter un point de vue original en portant, à partir de l’histoire du genre, un regard particulier sur la ville et la société berlinoise d’après-guerre. Ainsi, nous proposons de revisiter la période de sortie de guerre à Berlin, terrain propice à l’observation des reconfigurations d’une société ayant subi et soutenu à différents degrés le national-socialisme et, plus particulièrement, à l’observation des relations sociales genrées entre femmes et hommes. Pour l’Allemagne, et plus particulièrement pour la ville de Berlin, la dictature nationale-socialiste et la Seconde Guerre mondiale ont constitué une période troublée pour les relations de genre oscillant entre expérimentation, violence et misère sexuelle. Si le nazisme et la guerre semblent à première vue avoir renforcé la séparation des sexes, ils ont en réalité largement contribué à déplacer les frontières de genre.

Il nous semble donc pertinent d’étudier les contradictions et les complexités inhérentes aux comportements genrés et sexuels : quelles sont les interactions entre société, politique, liens familiaux et relations de genre dans le contexte spécifique de sorties de guerre ? Quelles sont les dynamiques sociales entre forces occupantes et la population civile de sexe féminin ou masculin? Comment cela se traduit-il dans l’espace ?

L’intérêt de la catégorie de genre pour l'analyse des phénomènes guerriers et des conflits réside tout particulièrement dans la place accordée aux relations de pouvoir. Relationnelle, multidimensionnelle et intersectionnelle, l’histoire du genre intègre différentes formes de domination : domination des hommes sur les femmes, domination de certains hommes sur d’autres hommes, mais aussi rapports de domination sociale et rapports de domination raciale. Elle permet de différencier les processus de hiérarchisation, de normalisation et de marginalisation et de penser ensemble l’espace, le social et le politique.

L’approche méthodologique relève de l’histoire du quotidien (Alltagsgeschichte), qui a très tôt placé au cœur de son programme de recherche l’examen des relations concrètes entre et à l’intérieur même des sexes. L’histoire du quotidien se présente comme une forme de micro-histoire en ce qu’elle permet d’analyser historiquement en profondeur les relations interpersonnelles. Par ailleurs, elle met en avant la perspective des acteurs et leur usage de l’espace, voir de sa voire « réappropriation » (A. Lüdtke).

Déroulement de l’atelier

Un reader distribué au préalable constituera la base théorique et méthodologique commune destinée à fournir le bagage intellectuel pour les visites guidées et nourrir nos discussions. Seront formés des groupes de travail qui approfondiront les thématiques abordées lors de l’atelier.

Dates et détails techniques

Dates : du 26 au 30 avril 2015

Lieu : Centre Marc Bloch - Berlin

Le nombre de participants est restreint à 14 personnes pour garder un caractère d’atelier et laisser la place aux discussions.

La langue de communication de l’excursion sera le français.

La tenue de ce séminaire dépend d’une demande de financement déposée auprès de l’université franco-allemande (réponse au mois de février). Sous couvert d’une réponse positive, les frais de voyage et d’hébergement des participant-e-s seront pris en charge.

Modalités de candidature

Les intéressé-e-s sont prié-e-s d’envoyer une lettre de motivation ainsi qu’un CV d’une page à l’adresse suivante : denoyer@cmb.hu-berlin.de.

jusqu’au 15 janvier 2015 au plus tard.

Comité scientifique

  • Elissa Mailänder
  • Aurélie Denoyer

Lieux

  • 3e étage - Friedrichstraße 191
    Berlin, Allemagne (10117)

Dates

  • jeudi 15 janvier 2015

Mots-clés

  • nazisme, communisme, libération, occupation, division, Berlin, genre, domination, quotidien, hiérarchisation, normalisation, marginalisation, population civile

Contacts

  • Aurélie Denoyer
    courriel : denoyer [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

URLS de référence

Source de l'information

  • Julia von Normann
    courriel : normann [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

Pour citer cette annonce

« Berlin, année zéro ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 15 décembre 2014, http://calenda.org/310628