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La mort animale rituelle et profane

Animal death, profanity and rituals

Circulation des normes et des représentations

The circulation of norms and representations

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Publié le mercredi 07 janvier 2015 par Céline Guilleux

Résumé

La mort animale peut concerner des occurrences très différentes, de la chasse à l’alimentation en passant par l’élimination sanitaire ou le vaste champ des représentations culturelles et religieuses. Elle cristallise par ailleurs des positionnements éthiques et techniques, politiques et religieux, dans des sociétés où se conjuguent consommation de masse et sensibilité croissante à l’animal, hygiénisation normative et particularismes de toutes sortes. En outre, se pose la question des rapports entre des manières de tuer l’animal qui relèveraient d’une part de représentations symboliques, culturelles et religieuses, d’autre part de modèles techniques, sanitaires et économiques. Cette distinction a-t-elle encore lieu d’être dans un monde globalisé où les significations, les pratiques, les modèles mais aussi les animaux eux-mêmes et les techniques circulent et s’échangent ? N’assiste-t-on pas plutôt à l’émergence de nouvelles manières de donner sens mais aussi de mettre en question la mort animale ?

Annonce

Argumentaire

Cette journée d’étude s’inscrit dans le projet de recherche « La mort animale rituelle et profane : circulation des normes et des représentations » (politique scientifique de l’Université Paris 1), qui étudie conjointement différents types de rapports à la mort animale sur trois terrains (France, Soudan, Balkans). L’objectif de cette journée d’étude est de porter à connaissance ce projet et ses premiers résultats, ainsi que de donner la parole à des spécialistes traitant de la mort animale sous des angles d’approche et dans des contextes variés.

Problème anthropologique fondamental, la mort animale peut en effet concerner des occurrences très différentes, de la chasse à l’alimentation en passant par l’élimination sanitaire ou le vaste champ des représentations culturelles et religieuses. Elle cristallise par ailleurs des positionnements éthiques et techniques, politiques et religieux, dans des sociétés où se conjuguent consommation de masse et sensibilité croissante à l’animal, hygiénisation normative et particularismes de toutes sortes. En outre, se pose la question des rapports entre des manières de tuer l’animal qui relèveraient d’une part de représentations symboliques, culturelles et religieuses, d’autre part de modèles techniques, sanitaires et économiques. Cette distinction a-t-elle encore lieu d’être dans un monde globalisé où les significations, les pratiques, les modèles mais aussi les animaux eux-mêmes et les techniques circulent et s’échangent ? N’assiste-t-on pas plutôt à l’émergence de nouvelles manières de donner sens mais aussi de mettre en question la mort animale ? Cette journée d’étude se propose ainsi d’aborder en particulier la circulation des normes et des représentations en matière de mort animale rituelle et profane.

La mise à mort rituelle : un objet de débats à forte visibilité

La mort animale rituelle est un sujet de préoccupation sociale et politique récurrent en France et dans les pays occidentaux industrialisés (Brisebarre, 1998 ; Armengaud, 1998, 2010 ; Bergeaud-Blackler, 2004 ; Marguenaud, Burgat, Leroy, 2010). L’abattage rituel et le sacrifice y font en effet régulièrement l’objet de controverses tant dans les champs politique, médiatique, de la protection animale (fondation Brigitte Bardot, Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs, Eurogroup for Animals…) que scientifique et philosophique. S’y cristallisent des points de débat concernant la tradition religieuse, la souffrance animale, l’industrialisation de l’abattage, la traçabilité et la mise aux normes sanitaires. L’abattage rituel met en évidence la pluralité et la conflictualité des représentations de la « bonne » mort animale dans les sociétés occidentales, entre le licite et le légal (Givre, à paraître). Il interroge également la place et le statut des représentations culturelles et/ou religieuses de l’animal et de ses usages, dans des sociétés laïcisées, industrialisées et urbanisées. Enfin, il ne constitue pas nécessairement un objet de consensus au sein même des communautés confessionnelles, interrogeant les formes labiles que peut prendre le rapport à la tradition et à la religiosité.

La mise à mort profane : une conflictualité plus sourde

Dans le cas de la mise à mort profane,  le débat se focalise sur les termes de la souffrance et de la mise aux normes. Si l’on met de côté les conflits autour de la fourrure et de la vivisection pour en rester à l’animal « que l’on mange », nous constatons que la conflictualité est en partie désamorcée par les politiques du « care » appliquées aux animaux, notamment sous l’effet de réglementations européennes (Porcher, 2010b). Moins vive ne veut pas dire moins importante, car le monde des éleveurs est traversé de contradictions profondes ; par exemple entre les tenants d’une exploitation professionnelle des animaux conçus comme des machines, et les tenants d’un élevage plus « paysan » (pour le dire vite) qui peuvent reprendre à leur compte la sentence de Jocelyne Porcher (Porcher, 2010a) : « L’élevage est un rapport historique de travail avec les animaux qui a de multiples rationalités dont la première est une rationalité relationnelle. L’élevage sert d’abord à vivre et à travailler avec des animaux ». Dans cette problématique, les politiques de mise aux normes au nom de la traçabilité (Gardin, 2014) aboutissent à la boite noire qu’est l’abattoir, lieu de découpe et donc de tricheries connues de très longue date, et où la disparition de la profession des « bouchers-abatteurs » a fait perdre toute intelligibilité du lien entre le vivant et la viande (Delavigne, 2012).

Porter l’accent sur le comparatisme et les circulations

Le choix d’une approche comparative et pluriscalaire entre ces différentes occurrences de la mort animale nous semble dicté par plusieurs raisons, à commencer par le faible nombre de travaux abordant les croisements entre ces enjeux et ces pratiques. Longtemps reléguée dans le champ de sociétés exotiques, la thématique du sacrifice semble pourtant s’inviter massivement dans un monde globalisé, rendant nécessaires des travaux, rares jusque-là (pour la Tabaski au Sénégal, voir Brisebarre et Kuczynski, 2009), sur les dimensions pluriscalaires et interconnectées des pratiques de mise à mort rituelle. Eclairer mutuellement abattage rituel et profane permettrait par ailleurs de dépasser une approche purement symbolique ou ritualiste (l’animal sacrificiel comme bouc émissaire, corps cosmique ou opérateur de conjonction/disjonction, etc.), qui pour fondamentale qu’elle soit, ne suffit pas à rendre compte des enjeux culturels, sociaux voire politiques que recouvre la place des pratiques sacrificielles dans les sociétés contemporaines. Enfin, si les approches monographiques fines abondent (Brisebarre, 1998 ; Brisebarre, Bonte, Gokalp, 1999), il nous semble devenu nécessaire de travailler davantage les connexions et les circulations entre des pratiques à la fois contextuelles et reliées.

L’approche que nous voudrions développer au cours de cette journée d’étude met ainsi l’accent sur les circulations de normes et de représentations de la « bonne » mise à mort, mêlant des aspects religieux et techniques qui circulent avec des populations mobiles, usant des nouvelles technologies de communication, réévaluant constamment la signification et les modalités de leurs pratiques de la mort animale. De même, ce sont les animaux eux-mêmes qui circulent, sur pied ou en carcasses, de pays à pays, au gré d’une économie globalisée, tout autant que les biens, les dons et les valeurs qui s’échangent à la faveur d’occasions rituelles telles que la fête du sacrifice en islam. Enfin, les normes et les enjeux semblent également soumis à des processus globaux, engendrant fréquemment des conflits de représentations (voir Burgat, 2010, et l’ensemble du numéro de la RSDA, 2010) entre pratiques religieuses (licéité de la mise à mort) et normes techniques et sanitaires (légalité de la mise à mort). Simpliste a priori, l’axe rituel/profane a ainsi le mérite d’engager la réflexion tant sur les pratiques que sur les significations associées à la mort animale. La dimension multiscalaire et circulatoire de ces pratiques appelle en outre à des regards pluridisciplinaires qui, pour l’instant, nous semblent encore rares concernant la mort animale (pour la géographie, voir Blanc 2000, Estebanez 2008).

Bibliographie

ARMENGAUD F., 1998, « Au titre du sacrifice : l’exploitation économique, symbolique et idéologique des animaux », in CYRULNIK B. (dir.), Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale, Paris, Gallimard.

ARMENGAUD F., 2010, « Abattage rituel et sacrifice », in Revue semestrielle de droit animalier (2010/2), Limoges, Faculté de droit et des sciences économiques.

BERGEAUD-BLACKLER F., 2004, « Nouveaux enjeux autour de l'abattage rituel : une perspective européenne », in Cahiers d'Economie et de Sociologie Rurales (73).

BLANC N., 2000, Les animaux et la ville, Paris, Odile Jacob, 233p.

BONTE P., BRISEBARRE A.M., GOKALP A. (dir.), 1999, Sacrifices en islam. Espaces et temps d’un rituel, Paris, CNRS Editions.

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DELAVIGNE, M.A., 2012 « La bête des bouchers, bouleversements d’un métier » p 119-134  in LIZET B., MILLIET J., Animal certifié conforme, déchiffrer nos relations avec le vivant, Paris, Dunod.

ESTEBANEZ, J.,"Poser un regard de géographe sur l’anthropologie des abattoirs.", EspacesTemps.net, Livres, 05.05.2008

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MARGUENAUD J.P., BURGAT F., LEROY J. (dir.), 2010, « Dossier thématique : l’abattage rituel », in Revue semestrielle de droit animalier (2010/2), Limoges, Faculté de droit et des sciences économiques.

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VIALLES N., 1987. Le sang et la chair. Les abattoirs des pays de l’Adour, Paris., Editions de la Maison des Sciences de l’Homme.

Programme

9h : Accueil des participants

9h30 : introduction : Jean Gardin, géographe, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Ladyss

9h45 : Présentation du projet de recherche « La mort animale rituelle et profane : circulation des normes et des représentations »

  • Alice Franck, géographe, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CEDEJ-Khartoum (Soudan)
  • Jean Gardin, géographe, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Ladyss
  • Olivier Givre, anthropologue, Université Lumière Lyon 2, UMR EVS-CREA

10h30 : L’abattoir : dépossession du lien, destruction du sensJocelyne Porcher, sociologue, directrice de recherche à l’INRA, UMR Innovation

Dans le contexte actuel d’une remise en cause radicale de l’abattage des animaux d’élevage par certains groupes d’acteurs sociaux et de la promotion d’une « agriculture sans élevage » vendue comme solution incontournable à l’aporie morale que constituerait l’abattage des animaux, l’objectif de la communication est d’interroger les évolutions des représentations et des pratiques des éleveurs quant à cet abattage. Je m’appuierai sur des enquêtes réalisées auprès d’éleveurs et de travailleurs d’abattoirs dans les années 2000 et d’enquêtes réalisées récemment auprès d’éleveurs. Nous verrons que si l’abattoir, dans sa dimension industrielle, n’a pas subi d’évolution notable au sein du processus de concentration des structures, il n’en est pas de même des rapports qu’entretiennent les éleveurs à la mort de leurs animaux. L’abattoir, maillon obscur des productions animales, apparaît donc de plus en plus aux éleveurs comme un espace cristallisant la dépossession qu’ils ressentent vis-à-vis de leur travail et de leurs relations aux animaux. En interdisant toute ritualisation profane de l’abattage des animaux, l’abattoir génère une souffrance partagée entre les humains et les animaux et empêche toute compréhension collective du sens qu’a la mort des animaux d’élevage.

11h15 : Evolution des pratiques et des représentations du sacrifice de l’aïd el-kebir en milieu urbain françaisAnne-Marie Brisebarre, Directrice de recherche émérite au CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale (Collège de France / EHESS / CNRS)

En m’appuyant sur l’observation, au cours d’une trentaine d’années, de la façon dont les familles musulmanes célèbrent l’Aïd el-kébir dans le contexte urbain français, j’analyserai l’évolution des pratiques sacrificielles au centre de cette « grande fête », en fonction en particulier de l’implication des pouvoirs publics, mais aussi de celle des opérateurs de la filière viande et de l’agro-alimentaire. Ce sacrifice familial peut-il être confondu avec l’abattage rituel pour la production de viande halâl ? Cette fête, moment de visibilité de l’islam, a-t-elle trouvé sa place dans le contexte laïc français ? Assiste-t-on à l’émergence de nouvelles façons de fêter l’Aïd el-kébir par des familles musulmanes aujourd’hui majoritairement françaises ?

12h -12h30 : discussion

14h00 : Mort aux chiens ? Euthanasie des chiens errants en Roumanie: législation, politique et sociétéVintila Mihailescu, Ecole Nationale des Sciences Politiques et Administratives, Bucarest, Roumanie

Signataire de droit de la Déclaration Universelle des Droits des Animaux et de toutes les recommandations européennes qui en dérivent, la Roumanie reste, de fait, ambivalente en ce qui concerne la mise à mort des animaux en général et le sort des chiens errants en particulier. Dans le contexte d’une culture encore paysanne des rapports entre homme et animal, les droits des animaux restent pratiquement inconnus ou indifférents, faisant seulement l’objet de réglementations juridiques incohérentes et, le plus souvent, sans effets. Enflammée par des accidents périodiques (personnes tuées par des chiens errants), la société se mobilise entre défenseurs et accusateurs et réclame la protection ou la mort des chiens. A son tour, le politique en tire sa part, en faisant de l’euthanasie un capital politique et/ou économique. Cette communication propose une lecture de la vie sociale au prisme de la mort vouée à ces animaux.

14h45 : Il faut tuer les bestioles : la mise à mort de l’insecteNathalie Blanc, géographe, directrice de recherche au CNRS, UMR Ladyss

L’insecte, cet animal particulier, est déclaré souvent nuisible dans les espaces urbains, cohabitant avec les citadins. Mouches, moustiques, mites, fourmis, cafards, punaises de lit et autres renvoient à la saleté en ville, ou à ce qui n’est pas à sa place. Vivant sur les restes humains, déchets organiques, miettes ou profitant des produits humains (vêtements pour les mites, bois pour les termites, fèces pour les cafards), les insectes mettent en scène l’impossibilité, ou la grande difficulté de débarrasser l’espace urbain de tout animal non-désiré. La ville est un environnement biologique, physique, géologique et chimique qui constitue un écosystème pour de nombreuses espèces animales. Dans ce contexte, il est évident que la mise à mort de l’insecte ne pose pas véritablement problème. Les techniques toujours plus sophistiquées de désinsectisation sont là pour le prouver. Pourtant, la pensée de l’insecte se renouvelle à l’aune de celle d’autres espèces animales à l’épreuve d’une problématique environnementale toujours plus présente dans l’espace public. Dans les jardins, la coccinelle est mise au travail comme auxiliaire biologique, l’araignée peut être considérée à l’image d’une alliée domestique face aux moustiques ou moucherons dans l’espace domestique. Peut-être peine-t-on à mettre à mort certains insectes ? Les micro-vies font l’objet de nouveaux récits.

15h30 : La mort animale au zoo : un grand récit biopolitique ? Jean Estebanez, géographe, UPEC, Lab’Urba

Les zoos contemporains occidentaux sont des dispositifs qui mettent en scène la vie sans la mort concrète, alors bien sûr qu’elle y est quotidienne. Celle-ci est invisibilisée par une série de techniques qui l’euphémisent, la soustraient aux yeux du public et l’évacuent. La mort est pourtant mobilisée, toujours de manière ritualisée, en tant que grand récit de légitimation. L’histoire de l’extinction des espèces est une mort désindividualisée et désincorporée mais dont le corollaire, les espèces en voie de disparition et la nécessité de les protéger, justifie l’existence des zoos face aux critiques morales et éthiques. Sauvegarder des espèces menacées s’inscrit alors dans une gestion biopolitique des populations. Celle-ci détermine les circulations des animaux, leurs partenaires reproductifs et leur descendance. Cette communication interrogera ainsi les modalités différentes que prend la mort en relisant le couple profane/rituel à l’aune de son incarnation

16h15-17h30 : débat général

Organisation

  • Alice Franck, géographe, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directrice de l’antenne du CEDEJ à Khartoum (Soudan)
  • Jean Gardin, géographe, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Ladyss
  • Olivier Givre, anthropologue, Université Lumière Lyon 2, UMR EVS-CREA

Informations pratiques

Pour se rendre à l’Université Paris Ouest Nanterre

Prendre la ligne A du R.E.R., direction Saint-Germain-en-Laye, et descendre à la station "Nanterre-Université". De la station "Châtelet / Les Halles" ou "Auber", comptez de quinze à dix minutes de trajet.

ou

Prendre le train à la gare Saint-Lazare, direction "Nanterre-Université", et descendre à la station "Nanterre-Université". Comptez quinze minutes de trajet.

Lieux

  • Salle T11, rez de chaussée du bâtiment T - Université Paris Ouest Nanterre, 200 Avenue République
    Nanterre, France (92001)

Dates

  • lundi 12 janvier 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Animal, norme, rituel, abattage, sacrifice, traçabilité, care, industrie, agriculture, élevage

Contacts

  • Jean Gardin
    courriel : jean [dot] gardin [at] univ-paris1 [dot] fr

Source de l'information

  • Jean Gardin
    courriel : jean [dot] gardin [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La mort animale rituelle et profane », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 07 janvier 2015, http://calenda.org/312806