AccueilLa socio-culture et la didactique de l'arabe

La socio-culture et la didactique de l'arabe

Contenus, méthodes et écueils

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Publié le mardi 13 janvier 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque international est le prolongement logique des réflexions élaborées lors d’un premier colloque tenu à l’université du Québec à Montréal, le 30 octobre 2014. Si cette première rencontre avait pour objectif d’esquisser les modalités d’appliquer le CECRL à l’arabe et d’en dresser un premier bilan critique, cette seconde rencontre à Rabat, le 29 avril 2015, sera l’occasion de questionner, exclusivement et profondément, les enjeux de la compétence socioculturelle, relatifs à l’enseignement de l’arabe moderne. Seront traitées spécifiquement les questions relatives à l’usage de la langue tels que les marqueurs des relations sociales ; les règles de politesse ; les expressions de la sagesse populaire ; les différences de registre ; les dialectes et accents.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque international est le prolongement logique des réflexions élaborées lors d’un premier colloque tenu à l’Université du Québec à Montréal, le 30 octobre 2014. Si cette première rencontre avait pour objectif d’esquisser les modalités d’appliquer le CECRL à l’arabe et d’en dresser un premier bilan critique, cette seconde rencontre à Rabat, le 29 avril 2015, sera l’occasion de questionner, exclusivement et profondément, les enjeux de la compétence socioculturelle, relatifs à l’enseignement de l’arabe moderne, avec tous ses  registres pluriglossiques (DICHY, 1994). Le Cadre européen de référence considère ainsi  que « la compétence sociolinguistique porte sur la connaissance et les habiletés exigées pour faire fonctionner la langue dans sa dimension sociale […] ». Seront traitées spécifiquement les questions relatives à l’usage de la langue tels que les marqueurs des relations sociales (5.2.2.1); les règles de politesse (5.2.2.2); les expressions de la sagesse populaire (5.2.2.3) ; les différences de registre (5.2.2.4) ; les dialectes et accents (5.2.2.5).

Parler l’arabe n’est pas uniquement produire des énoncés grammaticalement corrects, en maîtriser le système casuel, les champs lexicaux et les figures de style de ses divers registres de parole. Apprendre l’arabe, comme toute autre langue, signifie entrer en jeu, à chaque acte de parole, avec des interlocuteurs, socialement multiples. C’est aussi se rendre compte des traits culturels que véhiculent leurs emplois linguistiques (choix paradigmatiques, syntagmatiques et métaphoriques). C’est également pouvoir identifier les marqueurs sociaux ainsi que les codes et conventions de politesse que reflète la hiérarchisation sociétale et interculturelle (DENIMAL, 2013). C’est enfin savoir utiliser, à bon escient, les expressions idiomatiques, les proverbes, la sagesse populaire, des dialectes et les accents des acteurs sociaux.

Somme toute générale, cette définition nécessite une profonde réflexion sur les moyens didactiques permettant de réaliser les objectifs fixés, sur les contenus, les méthodes d’enseignement, la progression pédagogique et les obstacles didactiques qui entraveraient la reproduction de compétences linguistiques (BEDNARZ et GARNIER, 1989).

Modeste, mais primordial, l’objet de ce colloque international est de proposer une définition, le plus rigoureusement possible, de la problématique socioculturelle ; les sérieuses critiques qu’ont formulées BLANCHET et COSTE (2010) ne font que confirmer et légitimer une telle interrogation.

Qu’elles soient de portée pratique ou théorique, les communications pourraient questionner tout volet relatif aux dimensions culturelles de la langue arabe que nous pourrions synthétiser, à titre indicatif et nullement exclusif, comme suit:

  • Élaborer des propositions concrètes quant aux contenus pédagogiques de la compétence socioculturelle. S’agissant d’une compétence à la lisière de « l’idéologie » (Florence WINDMÜLLER, 2010), il est légitime de s’interroger sur les matériaux, les informations, les références, les dates et les figures emblématiques de la culture arabe à proposer aux apprenants.
  • Soulever des questions inhérentes à la traductologie et à la médiation linguistique et culturelle (MEJRI et CLAS, 2003). Adressé à un public non-arabophone, l’enseignement de cette compétence se réalise par le truchement des langues européennes qui permettent de présenter le contenu informatif et cognitif à travers les cadres linguistiques de ces langues. Il est donc inéluctable d’étudier la dimension socioculturelle à travers le processus de transfert d’une langue-culture vers une autre, en abordant les contraintes linguistiques et métalinguistiques qui entravent ce passage.
  • Penser l’arabe comme mode d’expression socioculturel, étroitement lié à la pluriglossie (DICHY, 1994), générant ainsi des emplois linguistiques, des variantes dialectales et tout un fonctionnement performatif qui méritent d’être décrits, reconstruits et analysés.  
  • Affiner l’analyse des contenus, préconisés par le CECRL, et toute autre approche dans l’enseignement de l’arabe langue étrangère, qui se rapportent aux formules de politesse, proverbes et expressions idiomatiques.
  • Concevoir une progression didactique dans la transmission de la compétence socioculturelle. Il est important d’édifier l’enseignement de cette compétence sur une optique ascendante et progressive qui permettra d’embrasser ces deux domaines (culturel et linguistique) sans que l’apprenant ne puisse sentir le moindre hiatus entre eux.      
  • Traiter les questions des liens problématiques qu’entretient la langue arabe avec les traditions religieuses des trois monothéismes dont l’histoire, le destin et les péripéties en sont étroitement liés. Il est donc plausible de s’interroger sur les contenus religieux, mélangés aux formules linguistiques, et sur les méthodes didactiques de les présenter.
  • Étudier les expressions liées aux fêtes, événements solennels et occasions sociales (fiançailles, mariage, divorce, décès, etc.) et toutes les formules performatives et les champs lexicaux qui s’y rapportent.
  • Revisiter la philosophie du langage en examinant les relations établies entre les registres de l’arabe moderne et les réalités sociopolitiques qui ne cessent d’agiter le paysage arabe avec ses facettes médiatiques et intellectuelles.
  • Le « Printemps arabe » a généré des milliers de nouvelles expressions et formules dont la formation et le sens, la structure et les acceptions lexiculturelles sont à analyser lors des processus pédagogiques.
  • Mettre en exergue les contenus culturels qui régissent les étymologies des mots et expressions. Cela revient à redéfinir les rapports entre l’étymologie, la néologie et la didactique.

Nous espérons ainsi explorer les champs de la compétence socioculturelle, délimiter ses contours et montrer ses limites et lacunes pour ouvrir, le cas échant, de nouvelles perspectives, utiles aux enseignants et aux apprenants dans une phase où les nouvelles technologies envahissent toutes les sphères de l’homo sapiens moderne. 

Modalités de soumission

Les communications peuvent être présentées en français, en arabe ou en anglais. Elles seront de 20 minutes chacune, suivies de 10 minutes de débat.

Les soumissions doivent se faire sous format électronique avec un résumé de 250 à 300 mots à l’adresse suivante : colloque.rabat@gmail.com

Les articles issus de nos deux colloques tenus à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université de Rabat feront l’objet d’un examen critique par un comité scientifique en vue d’une publication d’un volume destiné à l’étude de l’enseignement de l’arabe en Occident.

Calendrier 

  • Date limite de soumission des propositions : avant le 15 février 2015

  • Notification d’acceptation de la proposition : avant le 1er mars 2015
  • Tenue du colloque : le 29 avril 2015
  • Soumission des articles : avant le 30 juin 2015

Organisateurs 

  • Abdelhanine BELHAJ (Université de Rabat)
  • Chirine CHAMSINE (Université du Québec à Montréal)
  • Malika ECH-CHADLI (Université du Québec à Montréal)
  • Nejmeddine KHALFALLAH (Université de Lorraine)                                                  

Comité scientifique

  • Abdelhanine BELHAJ (Université de Rabat)
  • Hezi BROSH (US Naval Academy)
  • Chirine CHAMSINE (Université du Québec à Montréal)
  • Sylvie CHRAIBI (École de commerce, Paris)
  • Laurence DENOOZ (Université de Lorraine)
  • Salam DIAB DURANTON (Université Paris 8)
  • Malika ECH-CHADLI (Université du Québec à Montréal)
  • Faisal KENANAH (Université de Caen Basse-Normandie)
  • Nejmeddine KHALFALLAH (Université de Lorraine)
  • Rima LABBAN (Université Paris III Sorbonne Nouvelle)
  • Catharina PINON (Université d’Aix-Marseille)
  • Marie ROBACHE (Écoles militaires de Saint-Cyr)

Catégories

Lieux

  • Rabat, Maroc

Dates

  • dimanche 15 février 2015

Mots-clés

  • didactique, langue arabe, sociolinguistique, socio-culture, interculturalité

Contacts

  • Nejmeddine Khalfallah
    courriel : nejmid [at] gmail [dot] com
  • Chirine Chamsine
    courriel : chamsine [dot] chirine [at] uqam [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Nejmeddine Khalfallah
    courriel : nejmid [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La socio-culture et la didactique de l'arabe », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 13 janvier 2015, http://calenda.org/313255