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PATRI-Nat, patrimonialisation du savoir naturaliste

PATRI-Nat, heritage and naturalist knowledge

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Publié le lundi 26 janvier 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Les spécimens naturalisés, reconstructions et réinterprétations du vivant, se présentent comme des objets patrimoniaux, témoins culturels de notre relation sans cesse renouvelée au monde animal. Ce séminaire propose une nouvelle approche immersive dans l’univers des naturalia. Le croisement des thèmes, par le biais de recherches transversales en histoire des sciences, des techniques, de la muséologie et de l’art permet de dépasser le cadre purement scientifique de la taxidermie. L’étude des liens historiques entre les spécimens naturalisés –notamment les prestigieux types du Muséum et les collections de biologie animale de l’UPMC – et l’imagerie scientifique et artistique révèle les influences réciproques entre la taxidermie et l’art.

 

Annonce

Séminaire organisé dans le cadre du projet sur contrat PATRI-Nat, patrimonialisation du savoir naturaliste, sous la responsabilité de Thierry Laugée (Maître de conférences, Université Paris-Sorbonne - Centre André Chastel), développé au sein du programme de recherche Convergence.

Entrée libre

Présentation

Les spécimens naturalisés, reconstructions et réinterprétations du vivant, se présentent comme des objets patrimoniaux, témoins culturels de notre relation sans cesse renouvelée au monde animal. Ce séminaire propose une nouvelle approche immersive dans l’univers des naturalia. Le croisement des thèmes, par le biais de recherches transversales en histoire des sciences, des techniques, de la muséologie et de l’art permet de dépasser le cadre purement scientifique de la taxidermie. L’étude des liens historiques entre les spécimens naturalisés –notamment les prestigieux types du Muséum et les collections de biologie animale de l’UPMC– et l’imagerie scientifique et artistique révèle les influences réciproques entre la taxidermie et l’art.

Au terme de travaux connexes dans les domaines ouverts de l’histoire de l’art, des sciences naturelles, de la muséologie, de la sociologie, de l’épistémologie, et des techniques, l’équipe de chercheurs de l’université Pierre et Marie Curie, du Muséum, du Centre Chastel et de chercheurs invités, exposent, au cours de séminaires ayant lieu tous les deux mois, le résultat de leurs études contribuant, grâce à la richesse d’une approche pluridisciplinaire, à lier des objets de sciences naturelles à la notion de patrimoine.

Ce cycle de séminaires porté par le nouveau projet PATRI-Nat créé en septembre 2014, tend à rendre compte et valoriser, à travers des thématiques originales, l’intérêt multiple d’objets ordinairement perçus comme d’anciens supports de savoirs. Ces interventions permettent en outre de faire connaître, auprès d’un public de spécialistes et de curieux, des pièces et des documents liés à l’univers scientifique, dont certains, exceptionnels et inédits, sont en péril. Elles présentent aussi l’avantage de comprendre la logique de création et les enjeux quelquefois pluriels de ces objets naturalistes.

Programme

Les cinq séminaires se répartiront de février à septembre 2015. 

Mercredi 4 Février 2015

Taxidermie & Image 

à partir de 18h

  • Amandine Péquignot, Maître de conférences, Département Hommes, Nature, Société, MNHN
    « Le Spécimen naturalisé : la nature à fleur de peau »
  • Santiago Aragon, Maitre de conférences, responsable de la collection de biologie animale, UPMC
    « L’Exposition de la taxidermie, une fenêtre ouverte vers la nature »
  • Thierry Laugée, Maître de conférences en Histoire de l’art contemporain, Université Paris Sorbonne
    « La zoologie immobile : photographie et taxidermie (1853-1860)

Jeudi 16 avril 2015

Image scientifique & Savoir numérique

à partir de 18H00

UMPC, tour Zamansky, salle 24.02 (24e étage)

Seconde séance du cycle de séminaires organisé dans le cadre du projet sur contrat patriNat, sous la responsabilité de Thierry Laugée, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne, rattaché  au Centre André Chastel.

Inscription préalable obligatoire, avant le 13 avril, via l’adresse seminaire.patrinat@hotmail.com ou depuis le lien Image scientifique & Savoir numérique.

(Accueil au rez-de-chaussée de la tour Zamansky. En raison du plan Vigipirate, une carte d’identité pourra vous être demandée à l’accueil). 

  • Corinne LE BITOUZÉ (BnF)  « Dessins de Jacques de Sève pour l’Histoire naturelle. Les albums de Buffon du département des estampes et de la photographie (BnF). »

Parmi ses trésors encore inexploités, la BnF possède 600 dessins originaux ayant servis à l’Histoire naturelle (1849-1788) de Buffon. Réalisés par Jacques de Sève, illustrateur de l’Encyclopédie deDiderot et d’Alembert, ces dessins restent pour le moment inaccessibles au public en raison de leur fragilité. Durant leur traitement, ils seront numérisés, catalogués, analysés et confrontés aux planches zoologiques conservées dans les collections du MNHN. Ce travail, sur une durée de six mois, permettra en outre de retracer le processus d’illustration des iconographes au temps de Buffon.

  • Martial GUÉDRON (Université de Strasbourg), Olivier PONCER (HEAR)  « Le corps au bout des doigts. Deux publications numériques tangibles à partir de deux atlas d’anatomie. »

L’atelier de Didactique visuelle de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) porte un programme de recherche transdisciplinaire : Didactique tangible. Ce programme implique des partenaires français et étrangers, il concerne l’étude des convergences et des interactions entre arts et sciences. Il interroge les dispositifs didactiques depuis l’Antiquité classique jusqu’à l’époque contemporaine à travers l’étude des différents médiums et des possibilités offertes par chacun d’eux pour la transmission du savoir par l’image. Il revendique aussi la dimension appliquée et expérimentale d’une recherche menée avec des créateurs, praticiens du domaine d’étude. L’objectif principal de ce programme est de mettre en place, pour les différentes époques et civilisations envisagées, une première typologie de l’image scientifique. Dans un même temps, il s’agit de comprendre comment certains outils didactiques numériques intégrant notamment des interfaces tactiles, questionnent, prolongent et hybrident des pratiques antérieures de médiation par l’image.

Chacune des publications numériques développées dans le cadre ce programme constitue une forme de laboratoire associant des étudiants et des enseignants, à des conservateurs, des historiens, des experts autour d'un même travail collaboratif.

Martial Guédron, professeur d’Histoire de l’art à l’Université de Strasbourg, et Olivier Poncer, professeur et responsable de l’atelier de Didactique visuelle à la HEAR, tous deux porteurs du programme Didactique tangible, témoigneront ici de leur approche des études d’études visuelles et historiques à partir de deux atlas d’anatomie ayant marqué l’histoire de l’illustration scientifique : le Tabulae sceleti et musculorum corporis humani (1747), d’Albinus, et le Traité complet de l'anatomie de l’homme, comprenant la médecine opératoire en huit volumes (1831-1854), de Jean-Baptiste Bourgery et Nicolas-Henri Jacob. 

mardi 19 mai 2015 , à partir de 18H00

  • Esthétique scientifique : l’héritage royal dans les collections de minéralogie du Muséum national d’histoire naturelle

Chercheurs membre de PATRINat : François FARGES, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et Stéphane CASTELLUCCIO, professeur des universités, chargé de recherche, CNRS, Centre Chastel

 L'étude de la description et de l'iconographie des objets en pierres dures (Stéphane Castelluccio) ainsi que des échantillons de minéralogie et de pierres précieuses de la Couronne (François Farges) permet de suivre l'évolution de leur approche, de leur évaluation, de leurs « utilités ». En particulier, l'analyse sémantique des termes employés dans les inventaires ainsi que l'évolution iconographique sera présentée entre l'Ancien Régime (xviie-xviiie siècles) jusqu'aux débuts du xixe siècle grâce à différents questionnements. En particulier, quelle approche, esthétique, minéralogie ou pédagogique était privilégiée selon les circonstances historiques (Ancien Régime, Révolution, Empire) : le document (inventaire, correspondance, description des salles) ou l'usage projeté (dépôt au Jardin de roi, demande d'objets au Louvre...) La double approche de Stéphane Castelluccio et François Farges permet de mettre en lumière l'importance croissante de l'image par rapport au texte et ce, dès la fin du xviiie siècle. Elle permet aussi de mieux comprendre le décalage entre la théorie et la pratique (intérêt des vases de pierres dures pour emploi des minéraux et leur discrétion dans les textes et les salles...), ainsi que la naissance de "nouvelles sciences" telle la cristallographie et les errements de ces premiers minéralogistes, entre les cristaux des naturalistes et les gemmes des lapidaires.

21 octobre à partir de 13h 30

Exposer le savoir scientifique

  •  « Mémoire muséographique d'une collection universitaire. »Cindy LIM 

La collection de Zoologie de l'Université Pierre et Marie Curie de Paris constitue un patrimoine universitaire, hérité de l'ancienne Sorbonne, qui tend vers une reconnaissance aussi bien au niveau national qu'international. Dans ce sens, cet ensemble d'objets d'indéniable valeur scientifique présente un intérêt double : celui de son ancrage historique dans l'enseignement de la biologie animale en France dans un domaine universitaire et celui de l'usage d'un ensemble cohérent muséographié de divers items (spécimens collectés, illustrations et affiches réalisées par ou pour les enseignants) comme support pédagogique. Dans le contexte particulier d'un déménagement prévu dans moins d'un an, la mémoire en images de ce musée pédagogique, agencé au courant des années 1960, a été réalisée dans le contexte du programme PatriNat (Patrimonialisation du savoir naturaliste). Cet archivage visuel des espaces et des supports permettra de garder une trace de ce qui était la collection de Zoologie à une période de l'histoire où la connaissance profonde du monde animal était indispensable à la formation des biologistes. 

Grâce à ce travail, le discours scientifique structurant l'organisation des salles, peut être obsolète mais significatif pour l'histoire des sciences, ainsi que les techniques muséographiques mises à l'œuvre pour le rendre compréhensible pourront être analysés à tout instant. Lors de cette intervention, plusieurs vitrines du musée pédagogique de Zoologie seront illustrées et commentées.

  • « De la peinture d'histoire à l'illustration scientifique : Nicolas Maréchal (1753-1802) et le Muséum national d'histoire naturelle. »Maxime-Georges MÉTRAUX 

Formé par le peintre Nicolas-Guy Brenet (1728-1792), Nicolas Maréchal s’est spécialisé dans la représentation de la faune et de la flore. Frère du poète et apologiste révolutionnaire, Sylvain Maréchal (1750-1803), il est recruté par le Muséum nationale d’histoire naturelle en tant que peintre zoologiste à partir de l’an iii (1794-1795). Alliant sens de l’observation et maîtrise du dessin, cet artiste est chargé avec les frères Redouté de compléter la collection des vélins. Collaborateur régulier de Barthélémy Faujas de Saint-Fond (1741-1819), Nicolas Maréchal entretient également des relations professionnelles et amicales avec Georges Cuvier (1769-1832), René Louiche Desfontaines (1750-1833) et Joseph-Philippe-François Deleuze (1753-1835). Technicien enthousiaste et rigoureux, sa pratique des arts graphiques s’accompagne d’une véritable activité de naturaliste. 
A partir d’archives inédites, cette communication proposera une première étude et contextualisation de l’œuvre de Nicolas Maréchal. Elle permettra également de s’interroger sur la place et la fonction de l’imagerie scientifique à la fin du XVIII
e siècle. Loin d’être de simples figurations, la plupart de ces images ne sont pas seulement un dérivé ou une illustration mais le support actif d’un processus i
ntellectuel.

  • « Inventer et Sculpter le dinosaure. », Carole RABILLER 

En 1852, pour la première fois, des sculptures de dinosaures sont commandées, afin d’agrémenter le parc du nouvel emplacement du Crystal Palace, suite à la fermeture de l’Exposition universelle de Londres en 1851. Dévoilées au public en 1854, elles sont le fruit de la collaboration entre l’artiste Benjamin Waterhouse Hawkins (1807–1894) et le paléontologue Sir Richard Owen (1804-1892). 
Ces sculptures vont nous permettre de suivre les grandes lignes de l’évolution de l’imaginaire littéraire populaire et des recherches scientifiques contemporaines sur ces « lézard terriblement grands » (« fearfully great lizards ») au xix
e siècle afin de comprendre comment Benjamin Waterhouse Hawkins donne « chair » à la vision de Richard Owen.

mardi 15 décembre 2015 à partir de 18h 30

Temple du savoir scientifique

INHA – Galerie Colbert, 2, rue Vivienne, 75002
  • « La statuaire au Jardin des Plantes de Paris, entre spectacle et illustration scientifique. » Olivier Vayron 

Au Jardin des Plantes de Paris, les abords des galeries publiques, des fabriques, des cages et des sentiers de la ménagerie sont ornés d’une multitude de sculptures. Au fil de sa promenade, le visiteur pourrait s’étonner de trouver dans ce temple de la science des sujets si variés et parfois si légers. En effet aucun lien ne semble exister entre la Vénus Genitrix qui fait face à la galerie de minéralogie, le groupe dePaul et Virginie couronné par Bernardin de Saint-Pierre ou leDénicheur d’oursons qui prend aujourd’hui place dans l’aire de jeu des enfants… 
Depuis sa constitution, en juin 1793 le Muséum national d’histoire naturelle, première institution française attachée aux sciences naturelles, n’a cessé de s’enrichir d’œuvres sculptées. Dans ce lieu atypique,  à la fois jardin public et musée de sciences naturelles, l’étalement de ces acquisitions sur des décennies ne plaide pas en faveur d’un programme décoratif harmonieusement constitué. Et néanmoins, l’important patrimoine artistique du Muséum de Paris possède plus qu’un intérêt plastique.

  • « Allégories, fonderies et curiosités géologiques : l’apparent – mais très cohérent – bazar décoratif de l’école des Mines de Paris. » Christian Hottin

 L'implantation de l’École des mines à l'Hôtel de Vendôme, sous la Restauration, marque pour cet établissement la fin d'une période d'errance  qui durait depuis sa fondation sous l'Ancien Régime. Par la suite, ce grand établissement fait l'objet de nombreux travaux d'agrandissement et d'embellissement, notamment destinés à mettre en valeur ses importantes collections minéralogiques. Entre 1855 et 1860, Le grand escalier de l'hôtel fait l'objet d'un ambitieux programme décoratif, partagé entre Hugard de la Tour, peintre de paysages, et Abel de Pujol, auteur des scènes allégoriques qui ornent les plafonds. Vers la même époque, François Bonhommé, pionnier de la représentation des sites industriels de l'Europe, réalise pour les salles destinées aux élèves d'étonnantes compositions qui se veulent tout à la fois didactiques et scientifiques. Elles sont détruites peu après, lors du prolongement du boulevard Saint-Michel, et seules demeurent aujourd'hui les oeuvres installées dans l'escalier. L'ensemble forme une synthèse des thématiques et approches pratiquées dans le décor des établissements d'enseignement supérieur au xixe siècle. 

Avec le soutien des institutions suivantes

  • Bibliothèque nationale de France (BnF)
  • Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
  • Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)
  • Sorbonne Universités
  • Université Paris-Sorbonne
  • Université Pierre et Marie Curie (UPMC)

Instituts partenaires du programme Convergence 

  • Université Paris-Sorbonne
  • Université Pierre et Marie Curie (UPMC)
  • Université de Technologie de Compiègne (UTC)
  • Institut européen d’administration des affaires (INSEAD)
  • Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)
  • Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
  • Institut de recherche pour le développement (IRD)
  • Institut national de recherche en informatique (Inria)
  • Pôle supérieur Paris Boulogne-Billancourt (PSPBB)
  • Conservatoire national supérieur de musique (CNSM)
  • Institut national d’histoire de l’art (INHA) 

Lieux

  • IHNA, Galerie Colbert, Salle Ingres (2e étage) | UPMC - 2, rue Vivienne | 4 place Jussieu
    Paris, France (75002 | 75005)

Dates

  • mercredi 04 février 2015
  • jeudi 16 avril 2015
  • mardi 19 mai 2015
  • mercredi 21 octobre 2015
  • mardi 15 décembre 2015

Mots-clés

  • art, science, naturaliste, épistémologie, taxidermie, technique, diorama, naturalia, spécimen type, animal, anatomie, zoologie, iconographie, photographie, peinture, sculpture, XIXe siècle

Contacts

  • Olivier Vayron
    courriel : olivier [dot] vayron [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Olivier Vayron
    courriel : olivier [dot] vayron [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« PATRI-Nat, patrimonialisation du savoir naturaliste », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 26 janvier 2015, http://calenda.org/314408