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Publier autrement

Petits éditeurs, journalistes indépendants et blogueurs en Russie

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Publié le mardi 20 janvier 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Le colloque international « Publier autrement » se donne pour objectif d’analyser les pratiques de publication indépendantes et critiques en Russie. Qui sont les acteurs de cette production différente ? Quelles sont les alternatives civiques et politiques qu’ils portent ? Quels sont les conflits et les compromis qu’ils élaborent avec les producteurs dominants ? Pour répondre à ces questions, nous invitons les contributions souhaitant documenter et analyser les pratiques alternatives de publication en Russie, qu’il s’agisse du journalisme, de l’édition ou des blogs. L’enjeu est ici d’analyser les ruptures avec les modèles dominants mais aussi les compromis et les hybridations qui découlent de leurs relations. Les contributions à dimension historique, posant la question de l’émergence de publications alternatives depuis les dernières décennies de l’Union soviétique, sont les bienvenues, afin de retracer la généalogie des évolutions actuelles.

Annonce

Argumentaire

Depuis le début des années 2000, les transformations politiques et économiques en Russie œuvrent en faveur d’une concentration des ressources éditoriales et médiatiques entre quelques grands groupes (holdings) liés directement ou indirectement au pouvoir. La production de ces opérateurs (principales chaînes de télévision, organes de presse écrite, grandes maisons d’éditions) domine dans l’espace public russe. Face à eux, pourtant, des médias alternatifs existent, qu’il s’agisse du journalisme (radios et journaux indépendants) ou du développement sur Internet de publications et blogs en ligne qui contribuent à la diversification de l’offre d’information. Dans le domaine de l’édition, une multitude de moyennes et petites maisons, dites « indépendantes », animent le paysage éditorial. Aussi, parle-t-on, en Russie, d’une différence entre les « grands », dotés de moyens, soutenus par l’Etat et diffusant une culture consensuelle de masse, et les « petits », souvent en difficulté, produisant des cultures contestataires hors ligne ou en ligne. Cette opposition, qui n’est pas propre à la Russie, fait partie du discours des acteurs et leur permet de construire leur différence dans le contexte russe actuel.

Le colloque international « Publier autrement. Petits éditeurs, journalistes indépendants et blogueurs en Russie », qui se tiendra à Paris les 1er et 2 octobre 2015, se donne pour objectif d’analyser ces pratiques de publication indépendantes et critiques en Russie. Qui sont les acteurs de cette production différente ? Quelles sont les alternatives civiques et politiques qu’ils portent ? Quels sont les conflits et les compromis qu’ils élaborent avec les producteurs dominants ? Pour répondre à ces questions, nous invitons les contributions souhaitant documenter et analyser les pratiques alternatives de publication en Russie, qu’il s’agisse du journalisme, de l’édition ou des blogs. L’enjeu est ici d’analyser les ruptures avec les modèles dominants mais aussi les compromis et les hybridations qui découlent de leurs relations. Les contributions à dimension historique, posant la question de l’émergence de publications alternatives depuis les dernières décennies de l’Union Soviétique, sont les bienvenues, afin de retracer la généalogie des évolutions actuelles.

Les contributions pourront s’articuler autour de quatre grands axes :

1 - Pratiques de différenciation et de résistance

Il s’agira ici de documenter les pratiques médiatiques alternatives portant un rapport différent aux règles économiques (par la recherche de modèles de production alternatifs au modèle marchand), aux institutions et aux normes juridiques (par l’escapisme et les relations informelles), aux modèles politiques portés par le pouvoir (quel que soit l’ancrage idéologique de ces alternatives), à la contrainte technique par l’usage nouveau ou alternatif des technologies (comment s’invente, se fabrique et se légitime un contenu culturel « de qualité » capable de résister au numérique ?), aux relations de genre dominantes (quelles sont les influences du féminisme ou des mouvements LGBT dans l’édition ?) ou à la culture (qu’en est-il, par exemple, des « fanzines » et autres formes d’édition liées à des esthétiques et des genres artistiques particuliers et de leur ancrage, voire leur rôle constitutif dans des milieux d’amateurs / d’activistes ?)

2 – Sociabilités et sens de la communication

Par-delà les pratiques de publication alternatives, on étudiera également les acteurs de cette production, leurs biographies, leurs trajectoires et leurs bifurcations. Les communications pourront aussi porter sur leur inscription dans des réseaux ou des collectifs plus larges. Elles pourront s’intéresser aux lieux (rédactions, librairies « indépendantes », salons du livre) et aux modes de coopération (de l’entraide non formalisée aux « unions » professionnelles) qui contribuent à créer des milieux transcendant les cadres locaux ou les frontières étatiques. Il s’agira de savoir dans quelle mesure les pratiques d’émancipation individuelle reconfigurent les modalités de production du lien social en Russie contemporaine. Les acteurs peuvent-ils être définis comme producteurs de nouveaux sens, alternatifs d’un point de vue politique, éthique ou esthétique ? Aborder ces questions, c’est aussi s’intéresser à la genèse de formes inédites de subjectivation et même à la construction d’un nouveau sujet à l’ère des mutations de la communication engendrées par internet et tout particulièrement par les réseaux sociaux.

3 - Conflits, compromis et hybridations

Les contributions pourront porter sur les conflits qui opposent des modèles en concurrence entre acteurs dominants et alternatifs. Mais elles pourront aussi concerner les formes de compromis et d’hybridation entre des pratiques opposées. Peut-on observer des va-et-vient, des emprunts et des influences mutuelles entre les « géants » et les « indépendants » ? Comment les contraintes – techniques, économiques, politiques, juridiques - qui pèsent sur les choix éditoriaux sont-elles assimilées, ou contournées ? Les communications pourront examiner les dynamiques d’innovation et d’hybridation issues des nouvelles pratiques indépendantes gagnant les médias dominants.

4 - Historicité des pratiques éditoriales indépendantes

Par son titre même, cette journée d’étude s’inscrit dans le temps long, en référence à « ceux qui pensaient autrement » du temps de la dissidence. L’enjeu est ici de replacer les évolutions observées dans leur historicité et de faire la généalogie des arts de publier différemment en Russie, d’analyser les ruptures et les continuités avec le passé soviétique. Le domaine de l’édition actuel peut être considéré non seulement en rupture, mais également en continuité par rapport à celui de l’époque soviétique. Comment s’est déroulé ce passage ? Les « indépendants » ont-ils réclamé – et réclament-ils encore – une filiation avec le samizdat ? Autant de questions permettant d’étudier les influences et les passerelles d’une période à l’autre.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’une longueur de 5 000 signes, doivent parvenir aux organisateurs accompagnées d’une courte biographie de l’auteur

le 1er mars 2015 au plus tard.

Les auteurs seront informés du résultat de la sélection le 30 mars 2015. Les contributeurs retenus devront envoyer le texte de leur intervention avant le 1er septembre 2015.

Adresse pour l’envoi des propositions : publier.autrement@gmail.com

Les organisateurs feront leur possible pour rembourser les frais de déplacement aux intervenants étrangers, dans les limites du budget disponible.

Langues de travail : français, anglais, russe

Comité scientifique international

  • Olga Bronnikova (U. Paris-Sorbonne / Eur’Orbem),
  • Françoise Daucé (EHESS / CERCEC),
  • Ilya Kiriia (Haut Collège d’Economie, Moscou),
  • Bertrand Legendre (U. Paris 13, LabSIC),
  • Cyril Lemieux (Institut Marcel Mauss, CNRS/EHESS),
  • Markku Lonkila (U. Jyväskylä, Finlande),
  • Svetlana Pasti (U. Tampere, Finlande),
  • Bella Ostromooukhova (U. Paris-Sorbonne / Eur’Orbem),
  • Vlad Strukov (U. Leeds, Royaume Uni), Anna Zaytseva
  • (U. Paris-Sorbonne / CERCEC),
  • Alexandra Zapolskaya (Haut Collège d'Economie, Moscou).

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • dimanche 01 mars 2015

Mots-clés

  • éditeur, édition, journaliste, indépendance, blogueur

Contacts

  • Françoise Daucé
    courriel : publier [dot] autrement [at] gmail [dot] com
  • Olga Bronnikova
    courriel : bronnikova [dot] olga [at] gmail [dot] com
  • Bella Ostromooukhova
    courriel : publier [dot] autrement [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Olga Bronnikova
    courriel : bronnikova [dot] olga [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Publier autrement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 20 janvier 2015, http://calenda.org/315101