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René Lourau : mémoire et héritage

Colloque Anamnèse 2015

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Publié le mercredi 21 janvier 2015 par João Fernandes

Résumé

René Lourau, décédé en 2000 à l’âge de 67 ans, a marqué l’histoire des recherches en sciences sociales à plusieurs égards. Disciple de celui qu’il appelait son « maître ès dialectique », Henri Lefebvre, il aura eu à cœur de développer des questionnements théoriques et de mettre en place des dispositifs d’intervention. L’association Anamnèse, organise chaque année un colloque visant à mieux faire connaitre le legs des sociologues et anthropologues disparu(e) s. Quinze ans après son décès, nous avons décidé de rendre hommage à René Lourau.

Annonce

Argumentaire

René Lourau, décédé en 2000 à l’âge de 67 ans, a marqué l’histoire des recherches en sciences sociales à plusieurs égards. Disciple de celui qu’il appelait son « maître ès dialectique », Henri Lefebvre, il aura eu à cœur de développer des questionnements théoriques et de mettre en place des dispositifs d’intervention.

Critique acerbe de la domination de l’État et du marché, mais aussi du néopositivisme, René Lourau a œuvré, avec ses compagnons institutionnalistes à la mise en place d’une sociologie et d’une psychosociologie « impliquée » qui ne nie pas la dimension vécue de chaque recherche dans ce métier à plein temps qu’est celui de sociologue (Sociologue à plein temps, 1976). Défiant vis-à-vis du savoir institué, et conscient de la centralité de celui-ci, il porta son regard vers ceux qui peuplent la périphérie. René Lourau se méfiait des mandarins, de ceux qui considéraient la sociologie comme une profession en l’insérant dans l’actuelle division du travail, faisant du métier de sociologue le plus « sot des métiers » (Le Gai Savoir du sociologue, 1977). Adepte de l’autogestion, comme projet politique autant que comme pratique quotidienne, il développa une série de textes sur les expérimentations en situation d’enseignement (L’illusion pédagogique, 1969).

Connu pour la mise sur pied de l’Analyse institutionnelle (1971) et de la socianalyse, René Lourau fait partie de ces auteurs qui n’ont jamais cessé de penser leur rôle d’universitaire au centre des enjeux et des conflits de la société civile (Le lapsus des intellectuels, 1981). L’intervention socianalytique est une pratique visant à cristalliser les conflits dans une institution ou une organisation. Dissociant la commande, passée entre le socianalyste et l’établissement, de la demande, implicite et explicite formalisée par le public et l’établissement, René Lourau voit dans le sociologue un médiateur à potentiel contre-institutionnel, bien qu’étant inscrit dans la division du travail. En effet, pour lui l’institution nous traverse dans le sens où elle fait partie de nous comme inconscient étatique (L’Etat inconscient, 1978). C’est pourquoi, en s’appuyant et en critiquant la dialectique hégélienne, il développa ses trois moments de l’institution : l’institué, l’instituant et l’institutionnalisation. Les outils développés par Lourau nous permettent de comprendre la façon dont l’histoire connait des déviations, des sursauts, et comment l’institué, l’ordre établi, se maintient. Le regard du chercheur doit ainsi se poser sur des analyseurs à partir desquels il pourra remonter en généralité (Les analyseurs de l’Église, 1972 ; L’analyseur LIP, 1974). Lourau a su nous montrer aussi comment l’instituant peut se heurter à l’institué, comment il peut subir une absorption : comprendre la reproduction des rapports de production, c’est déjà penser le possible et en trouver les clés (Clés pour la sociologie, 1971 ; la clé des champs, 1997).

L’impact des institutionnalistes a débordé les préoccupations initiales liées au mouvement social en trouvant des échos dans la pédagogie et la psychologie (Les pédagogies institutionnelles, 1994). Mais l’approche particulière de René Lourau continue de toucher des chercheurs, jeunes ou moins jeunes, qui se retrouvent autour de l’idée commune que l’approche sociologique est déterminée par les préoccupations politiques et épistémologiques de celui ou de celle qui « cherche », qu’une communauté d’intérêts se dessine chez celles et ceux qui assument l’engagement, chez celles et ceux pour qui rien n’a changé mais tout commence, du côté de l’instituant (Actes manqués de la recherche, 1994 ; Implication et transduction, 1997).

Axes thématiques

Nous proposons pour ce colloque trois axes :

1 – L’intervention socianalytique, ses méthodes, ses objectifs et ses effets : intervention, implication et transduction

Quels sont les intérêts et les méthodes de l’intervention, qu’est-ce qui préside à une telle démarche, et comment identifier et éviter les biais ? Autant de questions que Lourau et ses compagnons se sont posés. Cet axe visera à réinterroger les dispositifs proposés par l’analyse institutionnelle, les concepts et les outils méthodologiques utilisés en tentant de montrer les résultats qui peuvent être obtenus.

2 – Extension du champ de l’analyse institutionnelle

L’analyse institutionnelle et la socianalyse ont fait écho au-delà du carcan sociologique. Nous proposons ici de mettre en lumière l’influence des institutionnalistes dans d’autres champs disciplinaires.

3 – La dialectique de l’institution

Préoccupation majeure dans l’œuvre de Lourau, nous proposons de réfléchir aux apports de la lecture louraldienne de l’institution, de sa transversalité et des possibilités de s’y opposer. 

Dans ces trois axes, deux types de communications sont attendues :

  • Les communications pourront s’attacher à l’histoire de René Lourau et des institutionnalistes, à la genèse et à l’application des concepts, théories et méthodes.
  • Les communications présenteront des travaux sur des objets contemporains s’appuyant sur les apports des outils et concepts louraldiens, la façon dont ils peuvent permettre d’interroger les temps, les espaces et les mondes d’aujourd’hui. 

Modalités de soumission

Le colloque se tiendra à l’IMEC et à l’Université de Caen Basse-Normandie les 18, 19 et 20 novembre 2015.

Les communications, en français ou en anglais, feront l’objet d’une présentation orale de 30 minutes, suivie d’un débat.

Les propositions de communication doivent faire entre 500 et 1000 mots, en français ou en anglais, et comporter les éléments suivants :

  • la problématique et le plan de l’intervention ;
  • nom et prénom, coordonnées électroniques, téléphoniques ;
  • statut professionnel, institution de rattachement de l’auteur(e)/des auteur(e) s.

Les propositions de communication sont à envoyer

avant le 28 février 2015

aux deux adresses suivantes : simon.leroulley@unicaen.fr et pierre-alexandre.delorme@unicaen.fr.

Préciser en objet du mail : Colloque René Lourau

Le projet de publication des communications des actes nécessite la présentation de travaux originaux compris entre 30 000 et 40 000 signes.

Organisation

  • Delorme, Pierre-Alexandre, doctorant en sociologie, CERReV
  • Le Roulley, Simon, doctorant en sociologie, CERReV 

Comité scientifique

  • Bazinek, Léonore, (Université de Rouen)
  • Delory-Momberger Christine (Université Paris XIII)
  • Hess, Rémi (Université Paris VIII)
  • Nicolas-Le Strat Pascal (Université Montpellier III)
  • Schaepelynk, Valentin (Université Paris VIII)
  • Ville, Patrice (Université Paris VIII) 

Responsable scientifique

  • Stéphane Corbin (Université de Caen Basse-Normandie)

Dates

  • samedi 28 février 2015

Mots-clés

  • Anamnèse, René Lourau, institution, analyse institutionnelle, socianalyse, pédagogie institutionnelle, autogestion

Contacts

  • Simon Le Roulley
    courriel : simon [dot] leroulley [at] unicaen [dot] fr
  • Pierre-Alexandre Delorme
    courriel : pierre-alexandre [dot] delorme [at] unicaen [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Simon Le Roulley
    courriel : simon [dot] leroulley [at] unicaen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« René Lourau : mémoire et héritage », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 21 janvier 2015, http://calenda.org/315326