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Atelier numérique en Méditerranée : frontières, migrations, mobilités

Digital workshop in Mediterranean: borders, migrations, mobilities

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Publié le mardi 03 février 2015 par João Fernandes

Résumé

Cet atelier doctoral s’adresse à des doctorants en sciences sociales de toute université. Il s'inscrit dans les objectifs du LabexMed qui se positionne comme acteur de la recherche internationale, des pratiques interdisciplinaires et de la promotion des digital humanities dans le champ des études méditerranéennes, en collaboration avec les laboratoires TELEMME , IREMAM, LAMES, IRMC et le pôle Images / sons, pratiques du numérique de la MMSH. L’atelier a l'ambition de constituer un réseau d’études doctorales et de créer les conditions d’une communauté collaborative dynamique autour des Digital Humanities sur l’aire méditerrannéenne.

Annonce

Argumentaire

A l’intersection des sciences humaines et sociales, de l’informatique et des usages numériques cette école doctorale met en avant les Digital Humanities (DH) comme une pratique de recherche mobilisant des technologies numériques de façon structurelle, des modèles épistémologiques et des manières de diffuser les résultats scientifiques qui tirent profit de la communication en réseau. Deux thématiques sont proposées pour cette cession, les frontières et les migrations, en appuie à une réflexion autour du numérique dans la mesure où les TIC bouleversent les pratiques de recherche en SHS et parce que la Toile est devenue une donnée centrale du monde actuel.  Son intégration dans les études méditerranéennes est porteuse d’interrogations multiples qui offre de nombreuses pistes de réflexions.

Le numérique est devenu un objet de recherche de l’étude du changement en Méditerranée. D’abord outil de travail et d’analyse, le numérique est devenu un nouveau terrain d’étude pour appréhender les transformations à l’œuvre dans les sociétés méditerranéennes.

Il s’agira, à travers le champ des études migratoires, de questionner les enjeux épistémologiques et sociaux liés à la généralisation des usages du numérique et de revenir sur les usages du numérique dans les projets de recherche liés aux mémoires migrantes à l’échelle de la Méditerranée. Depuis les années 1990, l’émergence de l’internet a été intégrée dans une réflexion plus large menée sur les relations entre les TIC et les migrations (Tristan Mattelart, 2014). Ces travaux ont mis en évidence la place croissante des technologies numériques dans les pratiques diasporiques. Les outils de communication du web sont d’abord utilisés par les migrants pour pallier l’absence de la famille et des proches. Les courriels, les dispositifs de discussions instantanées, les téléconférences et les réseaux sociaux sont des modes de communication réguliers, rapides et interactifs qui participent au renforcement les liens diasporiques. Ces relations constituent également un marché de « niche » qui se manifeste, sur la toile, par la multiplication des sites diasporiques et des médias de minorité. Cette

« marchandisation de l’identitaire » est à l’origine de sites de plus en plus spécialisés qui participent à la segmentation de l’espace public (Isabelle Rigoni, 2012). Les migrants sont ainsi insérés dans de nouvelles stratégies communautaires mises en réseau. L’atlas augmenté e-diaspora (Dana Diminescu (dir.), 2009) rend compte de ces nouvelles dynamiques migratoires en proposant une cartographie des diasporas numériques, constituées sur le web (http://www.e-diasporas.fr/). Ces travaux invitent à repenser les migrations en Méditerranée et permet de sortir d’une approche européo-centrée mettant en exergue les flux Nord-Sud. Ils invitent également à reconsidérer la notion d’espace, en « dépassant la simple dichotomie espace physique / espace numérique (Sabrina Marchandise, 2012) : les liens virtuels créés sur le réseau s’appuient sur les relations préexistantes émanant du vécu de l’étudiant (famille, école, université, associations...). S’instaure ainsi, une nouvelle relation à la distance dans laquelle le réseau ouvre le champ des déplacements et des rencontres.

Les études sur les relations entre TIC et migration sont à l’origine de la figure du « migrant connecté » (Dana Diminescu, 2005), inséré dans une culture transnationale et en prise avec de nouvelles formes de participations. Relié à son pays d’origine mais aussi acteur dans sa société d’accueil, le « migrant online » est ainsi davantage en situation de « double présence » par opposition à la problématique traditionnelle de la « double absence » d’Abdelmalek Sayad. La cyberculture est ainsi à l’origine d’une nouvelle façon d’exister dans un monde de plus en plus caractérisé par la mobilité et le cosmopolitisme. Néanmoins, ces pratiques du « migrant connecté » ne peuvent faire l’objet d’une généralisation dans la mesure où elles s’insèrent dans des situations migratoires hétérogènes n’impliquant pas systématiquement le recours possible aux TIC. De plus, comme le souligne Tristan Mattelart, en étant connecté, le migrant s’intègre dans des relations de pouvoir et des logiques économiques à l’œuvre sur le réseau Internet qui ne sont pas sans conséquence sur ses propres pratiques.

La généralisation du numérique, transforme également les modalités d’élaboration, de valorisation et de patrimonialisation des mémoires migrantes. Grâce à la numérisation, le web apparaît comme un espace de sauvegarde et de valorisation du patrimoine audiovisuel méditerranéen, souvent conservé sur des supports analogiques fragiles. Le projet « Med-Mem, partager les mémoires audiovisuelles de la Méditerranée » (2009-2011) a abouti à la mise en place d’un site proposant des extraits d’archives audiovisuelles du bassin méditerranéen (http://www.med-med.ue). L’internet permet également d’interroger les stratégies mises en place par les différents acteurs mémoriels sur la toile pour faire valoir leurs revendications. Dans le cas français, les mémoires de l’immigration maghrébine n’ont pas intégré la mémoire collective malgré la création en 2007 d’une cité nationale pour l’histoire de l’immigration. Pour ces mémoires souvent perçues comme délaissées, le web constitue ainsi un nouvel espace d’expression et de mobilisation.

Dates

Arrivée le dimanche 21 juin 2015 départ le vendredi 26 juin 2015 à 14h.

Lieu

Sidi-Bou-Saïd, Tunisie

Déroulement de la session

Des exposés seront prolongés par des séances de discussion, des ateliers de travail autour des recherches doctorales des étudiants qui participent à la session avec un focus sur la place des Digital Humanities. 

Modalités de sélection

Un jury sélectionnera dix candidatures qui comprendront :

- un CV ;

- une lettre de motivation de 8 000 signes maximum, rédigée en français résumant la thèse avec focus sur les questions que se pose le doctorant sur les humanités numériques en lien avec son projet. Aucune compétence ou de connaissance particulière en informatique n'est demandée pour participer à cette école doctorale.

Tous les champs disciplinaires demeurent en principe éligibles s’ils sont en lien avec l’argumentaire de l’école doctorale. 

Logistique

Les candidats seront prévenus de leur sélection au plus tard le 20 avril 2015. Les frais de transport et de séjour seront pris en charge. Les candidats retenus s’engagent à assister à la totalité de la session et à respecter les dates de départ et de retour qu’impliquent la session. 

Date limite de réception des candidatures

15 mars 2015

Elles seront adressées par courriel à Claude Bruggiamosca qui enverra en retour un accusé de réception <bruggiamosca@mmsh.univ-aix.fr> 

Comité d’organisation

Comité scientifique

  • Maryline Crivello (Telemme),
  • Virginie Baby-Collin (Telemme),
  • Blandine Descamps-Julien (LabexMed),
  • Karima Dirèche (IRMC),
  • Véronique Ginouvès (USR 3125), 
  • Stéphanie Latte (Iremam), 
  • Nicolas Maï (Lames), 
  • Sylvie Mazzella (LAMES), 
  • Cédric Parizot (IREMAM) ,
  • Stéphane Pouyllau (Huma-Num).

Lieux

  • Sidi Bou Ali, Tunisie

Dates

  • dimanche 15 mars 2015

Mots-clés

  • frontière, migration, mobilité

Contacts

  • Claude Bruggiamosca
    courriel : bruggiamosca [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Source de l'information

  • Véronique Ginouvès
    courriel : veronique [dot] ginouves [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Atelier numérique en Méditerranée : frontières, migrations, mobilités », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 03 février 2015, http://calenda.org/316245