AccueilSur les sentes de la migration : circulations, risque et gestion de l’incertitude

Sur les sentes de la migration : circulations, risque et gestion de l’incertitude

On the footpath of migration: circulations, risk and the management of uncertainty

Atelier 27 du congrès de la Société suisse de sociologie

Atelier 27 of the Société suisse de sociologie

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Publié le vendredi 30 janvier 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Si la migration a déjà été envisagée sous le rapport du risque, elle l'a été surtout du point de vue des États et du gouvernement des circulations. L'attelier vise à interroger les manières dont les migrants manipulent l'incertitude profonde qui marque souvent leurs parcours. La réflexion portera de ce point de vue tant sur la perception par les migrants des incertitudes et des risques – l'incertitude est-elle envisagée dans les termes du risque ? – que sur les pratiques et les dispositifs individuels et collectifs qu’ils fabriquent ou dont ils se saisissent pour en limiter les effets. Ce faisant, il s’agira de voir ce qu’une approche conceptuellement et empiriquement étayée de la notion de risque apporte à la sociologie des migrations et ce que les circulations transnationales amènent à la conceptualisation du risque comme catégorie sociologique.

Annonce

Argumentaire

Dans le cadre du congrès de la Société Suisse de Sociologie qui se tiendra du 3 au 5 juin 2015 à Lausanne, nous vous transmettons un appel à communication pour l’atelier thématique 27 intitulé : « Sur les sentes de la migration : Circulations, risque et gestion de l’incertitude ». 

Depuis les attentats du 11 septembre, les migrations transnationales sont entrées de plein pied dans l’orbite des questions de sécurité intérieure et internationale. On voit ainsi se constituer un ensemble de dispositifs juridiques et policiers qui organisent la gestion contemporaine du risque migratoire par les états. Face à cette institutionnalisation sécuritaire, le contexte général d’érosion des protections collectives dévolue la gestion des risques sociaux aux individus. Bien souvent, la migration est alors un moyen de gérer ces risques, à l’échelle individuelle ou au sein de collectifs auto-organisés. Cet atelier se propose de penser la question du risque en se plaçant, précisément, du point de vue des migrants.

D’un point de vue théorique, on s’interrogera sur la définition du risque, en rapport à d’autres catégories conceptuelles (insécurité, certes, mais aussi, incertitude, péril ou menace). D’un point de vue empirique, on s’appliquera à retourner les discours sécuritaires sur deux axes : d’une part, on cherchera à dégager différentes modalités de la gouvernementalité du risque. D’autre part, on se placera du point de vue des « gouvernés » pour interroger, du point de vue des migrants, le rapport entre risque et migration. La réflexion portera de ce point de vue tant sur la perception par les migrants des incertitudes et des risques que sur les pratiques et les dispositifs individuels et collectifs qu’ils fabriquent ou dont ils se saisissent pour en limiter les effets. Elle s’attachera aussi à considérer l’articulation entre ces modalités d’intervention et les dispositifs de gestion des risques mis en place par les acteurs institutionnels. Ce faisant, il s’agira de voir ce qu’une approche conceptuellement et empiriquement étayée de la notion de risque apporte à la sociologie des migrations et ce que les circulations transnationales amènent à la conceptualisation du risque comme catégorie sociologique. Dans cette perspective, nous proposons deux axes de réflexion.

1. Appréhension du risque et biographies migrantes

Si le risque est une modalité du rapport à l’avenir, alors il convient de s’interroger sur la manière dont il s’enchâsse dans les biographiques. Quelle place pour le risque dans les carrières migrantes ? Comment le risque s’articule-t-il dans l’horizon biographique, c’est-à-dire dans le rapport d’un acteur à son passé et son avenir, au regard d’un présent ? Est-il perçu comme tel ? Comment le calcul bénéfice-risque s’articule-t-il à d’autres formes de rationalité, orientées ? N’existe-t-il pas par ailleurs d’autres manières de se lier à la temporalité biographique, tout à fait exclusives d’une conceptualité du risque ?

2. Migration et gestion de l’incertitude

Dans beaucoup de migrations, le risque est partout : dans la situation socio-économique des migrants, au sein de leurs espaces d’origine. Sur les routes migratoires, où ils sont soumis à toutes sortes de menaces. Dans les espaces de destination où des formes dégradées de citoyenneté les mettent à la merci de multiples formes d’exploitation, notamment des dispositifs policiers. « Au pays » aussi, où leur nouveau statut rend périlleux la réinstallation. Quels dispositifs individuels et collectifs sont-ils alors mis en place pour gérer ces risques ?

Modalités de soumission

Les propositions (1500 signes maximum) sont attendues

pour le 13 mars.

Elles se font directement par le site.

Les propositions seront examinées par les coordinateurs. Les contributrices/teurs seront informés de l’acceptation de leur proposition le 27 mars au plus tard.

Coordination

Lieux

  • Université de Lausanne
    Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • vendredi 13 mars 2015

Mots-clés

  • migration, risque

Source de l'information

  • Loïs Bastide
    courriel : lois [dot] bastide [at] unige [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Sur les sentes de la migration : circulations, risque et gestion de l’incertitude », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 30 janvier 2015, http://calenda.org/316679