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Droit et musique

Normes et pratiques

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Publié le jeudi 19 février 2015 par João Fernandes

Résumé

Dans l’Antiquité, le droit romain et la musique participent à des degrés divers à l’organisation et à la vie politique de la Cité. Ces attaches ne firent par la suite que se resserrer, comme l’attestent les codifications régissant le domaine profane ou les règles de droit canon concernant la musique au Moyen-Âge. En l’espèce, il ne s’agit donc pas seulement d’envisager les questions juridiques qui pourraient concerner la musique [droits des auteurs, des interprètes ; droit du travail ; contrats ; règles juridiques intéressant les entreprises culturelles ; problèmes liés aux nouvelles technologies ; etc.] ou l’utilisation que la musique pourrait faire du droit, notamment dans des œuvres à appui textuel et narratif [l’élément juridique dans tel opéra ; etc.]. L’objet du colloque sera centré sur l’examen des rapports intrinsèques qui lient les deux domaines dans leurs aspects juridico-structurels mais aussi esthétiques, plastiques et ontologiques.

Annonce

Contexte 

Le droit et la musique occupent chacun une place importante dans notre modernité. Les relations entre ces deux champs très vastes sont analysables à partir de perspectives disciplinaires différentes[2] comme le démontrent des recherches ayant court depuis quelques années en France. Pourtant l’ancrage disciplinaire en usage pour l’enseignement et la recherche, est encore perçu comme nécessaire dans la mesure où il est supposé garantir la délimitation d’un objet de la connaissance, en même temps qu’il détermine les tâches assignées dans un cadre institutionnel. Cependant, la remise en question de cet ancrage paraît indispensable tant les disciplines fonctionnent comme autant de bastions dans lesquels se retranchent les « spécialistes » d’un domaine, dans une attitude qui ne correspond plus aux réalités du savoir, étant entendu que, de plus, le droit comme la musique ne construisent pas seulement des savoirs mais également des ensembles de rapports et de pratiques. 

Aussi ce colloque organisé par le LID2MS se propose-t-il d’explorer la réflexion théorique à la lumière de l’interdisciplinarité et de la transdisciplinarité, et d’en mesurer l’impact sur la recomposition des savoirs et de leur transmission. Il invite par conséquent, à une réflexion sur la transdisciplinarité comme enjeu épistémologique et méthode de recherche. La démarche consistera à associer les compétences complémentaires de juristes, d’historiens, de philosophes, de musicologues, de musiciens, d’esthéticiens…  afin d’en retirer des éléments utiles pour les praticiens comme pour les théoriciens. 

Dans ce contexte, le colloque Droit et Musique abordera le droit à la lumière de la musique et inversement, selon une logique scientifique transdisciplinaire qui a montré toute sa pertinence lors d’une précédente rencontre organisée dans le cadre de l’axe Droit et Arts du LID2MS, s’agissant du colloque Droit et Architecture. Reconsidérer les frontières disciplinaires, leurs interactions et leurs mutations d’Aix-en-Provence (11 et 12 avril 2013)[3]

Argumentaire 

Dans l’Antiquité, le droit romain et la musique participent à des degrés divers à l’organisation et à la vie politique de la Cité. Ces attaches ne firent par la suite que se resserrer, comme l’attestent les codifications régissant le domaine profane ou les règles de droit canon concernant la musique au Moyen-Âge. 

En l’espèce, il ne s’agit donc pas seulement d’envisager les questions juridiques qui pourraient concerner la musique [droits des auteurs, des interprètes ; droit du travail ; contrats ; règles juridiques intéressant les entreprises culturelles ; problèmes liés aux nouvelles technologies ; etc.] ou l’utilisation que la musique pourrait faire du droit, notamment dans des œuvres à appui textuel et narratif [l’élément juridique dans tel opéra ; etc.]. L’objet du colloque sera centré sur l’examen des rapports intrinsèques qui lient les deux domaines dans leurs aspects juridico-structurels mais aussi esthétiques, plastiques et ontologiques. 

L’élargissement du concept de norme au-delà du droit, le dépassement de la confrontation entre normes et pratiques artistiques, la focalisation sur les pratiques productrices de normes peuvent ouvrir des pistes nouvelles de réflexion. De plus, l’acte de juger l’art qui s’inscrit au cœur des institutions judiciaires produit du sens. Si le jugement participe à la création de la valeur d’une œuvre, l’art participe pleinement à la construction d’une culture juridique. 

À cet égard, il y aura lieu de s’interroger sur les rapports qui s’établissent entre ces domaines, mais également sur l’origine et la pratique des codifications, la question du sujet, la notion de hiérarchie, le rôle de la raison et les modes de rationalisation, qu’il s’agisse de les prolonger, de les infléchir ou de rompre avec eux. De même, les réflexions sur le genre entendu au sens large, les réponses fournies par le droit, le traitement des inégalités ou des différences existant entre hommes et femmes à travers l’exercice instrumental ou vocal, l’existence des droits et libertés, les approches émanant de l’histoire de l’art, de la littérature, des pratiques musicales (composition, interprétation) et de l’étude des goûts, seront les bienvenues.

Axes thématiques

Les communications de ce colloque pourront s’inscrire dans l’un des quatre axes suivants : 

1. Droit et musique : légitimité culturelle et artistique, légitimité juridique, des normes aux pratiques

2. Droit et musique : production symbolique, l’esthétique musicale dans son inclinaison morale

3. Droit, socialisation et sociabilité musicale, mécénat

4. Droit, musique, genre, droit d’expression à travers l’opéra et critique potentielle du pouvoir, mises en scène opératiques du droit 

L’exemplification sera laissé à l’appréciation des intervenants, une attention particulière devant toutefois être accordée à la période qui s’étend de la Révolution - [1789 abolition des privilèges ; 1791 & 1793 apparition des droits de l’auteur en France] - à la fin du XIXe siècle marqué par la Convention de Berne (1886). Parallèlement c’est durant cette période que s’affinent les politiques publiques qui s’étendent de la gestion des salles à l’organisation de la censure, le cadre juridique des représentations musicales et de nouvelles problématiques posées par l’apparition des grands festivals et l’internationalisation des répertoires et des artistes. 

Comité scientifique 

(Aix-Marseille Université) 

  • Hervé Isard, PR droit public
  • Philippe Mouron, MdC droit privé
  • Norbert Rouland, PR histoire du droit
  • Marc Signorile, docteur HDR musicologie
  • Patricia Signorile, MdC HDR sciences de l’art

Modalités de soumission

Les propositions (environ 300 mots) sont à envoyer

avant le 1er mars 2015

à l’adresse suivante :

colloquedroitetmusique2016@yahoo.com

Celles-ci devront être accompagnées d’un court CV faisant notamment état des activités de recherche et des publications.

- Programme définitif : avril 2015

- Lieu du colloque : le lieu du colloque n’est pas encore défini (il existe trois possibilités : Venise, Villecroze, Aix-en-Provence). Le choix définitif du lieu de la tenue du colloque sera connu vers juin 2015). 

- Date du colloque : mai 2016.


[2] Il existe notamment à la Faculté de Droit et de Science Politique une tradition d’interdisciplinarité. Ces recherches ont été concrétisées par de nombreuses publications parmi lesquelles il convient de citer : Droit et Musique, Marc PENA, Emmanuel PUTMAN, PUAM 2001, 188 pages ;PENA Marc, « Le Serment des Horaces », in  Droit et peinture, publication du colloque d’Aix-en-Provence des 27 et 28 mars 2002, FDSP de l’Université Paul Cézanne-Aix-Marseille III, PUAM, 2006 ; Droit et théâtre, Ass. H. CAPITANT, PUAM 2003, 212 pages ; Antoine LECA, La lyre de Thémis ou la poésie du droit, PUAM., Collection « Histoire du Droit », 2011, 182 pages. Mentionnons également la table-rondeorganisée par Jean-Marie PONTIER, Musique : L’état, les collectivités locales et le droit, Centre de Recherches Administratives, octobre 2014. Également dans la collection Inter-Normes dirigé par Hervé ISAR : Droit et architecture.
Reconsidérer les frontières disciplinaires, leurs interactions et leurs mutations, sous la direction de Patricia SIGNORILE, PUAM, collection
 Inter-Normes, 2014, 326 pages.   

Lieux

  • Aix-Marseille Université, Faculté de Droit et des Sciences économiques, LID2MS - 3, avenue Robert-Schuman
    Aix-en-Provence, France (13)

Dates

  • dimanche 01 mars 2015

Mots-clés

  • droit, musique, normes, pratiques, Opéra, institution, compositeur, oeuvre, droit d'auteur, épistémologie, musicologie, transdisciplinarité

Contacts

  • Patricia Signorile
    courriel : patricia [dot] signoriel [at] univ-amu [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Patricia Signorile
    courriel : patricia [dot] signoriel [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Droit et musique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 19 février 2015, http://calenda.org/318870