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Comment penser l’anthropocène ?

Anthropologues, philosophes et sociologues face au changement climatique.

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Publié le lundi 02 mars 2015 par Céline Guilleux

Résumé

En décembre 2015, la 21ème Conférence des parties sur le climat, communément appelée COP21, se tiendra au Bourget, près de Paris. Cette conférence suscite autant de craintes, que d’espoirs : beaucoup considèrent qu’elle représente la dernière chance d’arriver à un accord contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin d’éviter une hausse trop importante des températures, qui aurait des effets catastrophiques.

C’est dans la perspective d’une mobilisation de tous les efforts autour d’une solution positive, que nous appelons à un colloque international, réunissant philosophes, anthropologues et sociologues, qui se tiendra à Paris, au Collège de France, le 5 et 6 novembre 2015.

Annonce

Coordonné par Catherine Larrère et sous l’égide de Philippe Descola, le colloque sera organisé en partenariat entre :

Présentation

En décembre 2015, la 21ème Conférence des parties sur le climat, communément appelée COP21, se tiendra au Bourget, près de Paris. Cette conférence suscite autant de craintes, que d’espoirs : beaucoup considèrent qu’elle représente la dernière chance d’arriver à un accord contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin d’éviter une hausse trop importante des températures, qui aurait des effets catastrophiques.

C’est dans la perspective d’une mobilisation de tous les efforts autour d’une solution positive, que nous appelons à un colloque international, réunissant philosophes, anthropologues et sociologues, qui se tiendra à Paris, au Collège de France, le 5 et 6 novembre 2015.

Notre idée est d’organiser la réflexion développée au cours du colloque selon deux axes :

  1. celui de la globalité et de la diversité du changement climatique
  2. celui de la réduction et de l’adaptation comme réponses au changement climatique

Le changement climatique est un phénomène global, c’est même par excellence le phénomène qui manifeste le caractère planétaire des bouleversements écologiques consécutifs aux actions humaines. C’est la raison principale qui a conduit à considérer que la planète est sortie de l’holocène pour entrer dans une nouvelle ère géologique – l’anthropocène – marquée par le poids des populations humaines (et de leurs activités) sur les phénomènes géophysiques. Mais ce changement global est aussi un phénomène diversifié, non seulement parce qu’il affecte de façon très différente, par ses effets sur leur milieu de vie, les populations de l’ensemble du globe, mais tout autant parce que celles-ci y ont très inégalement contribué et ne peuvent y répondre de la même façon.

Une fois que l’on s’est rendu compte qu’il n’était plus possible d’arrêter un changement climatique qui est déjà là, il ne restait plus que deux réponses possibles : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux effets du changement climatique. Ces deux réponses ne sont nullement exclusives. Ce qui serait grave, ce serait de considérer qu’une seule de ces réponses suffit : si l’on ne peut se contenter de la seule adaptation aux changements en cours, et si c’est autour de la réduction que doivent se concentrer les efforts volontaristes et politiques, il sera de toute façon nécessaire de s’adapter conjointement à un changement qui est déjà en cours et se poursuivra même si l’on parvient à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Or, il n’y a aucune raison de voir l’adaptation comme un processus automatique d’ajustement qui rendrait moins urgents les efforts à consentir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et qui équivaudrait à la résignation, encourageant le “business as usual”.

Pour se saisir de ces deux axes – celui de la globalité et de la diversité, celui de l’adaptation et de la réduction – et en articuler les enjeux, il nous paraît nécessaire de confronter les point de vue de ceux qui étudient et conceptualisent les rapports entre les sociétés humaines et leur environnement dans une large perspective comparative.

Argumentaire

Pour celles et ceux qui souhaitent se joindre à nous, nous vous invitons à répondre à notre appel à communications ici. Nous nous pencherons sur plusieurs questions :

  • Responsabilité et justice dans la façon de répartir les efforts dans les réponses au changement climatique, sur le long terme.
  • L’hypothèse de l’anthropocène implique que l’histoire humaine et celle de la nature se rencontrent, ce qui revient à affirmer l’unification de l’humanité, considérée comme une force naturelle. Que signifie l’unité de l’humanité ainsi appréhendée dès lors que l’on constate que le poids des populations humaines dans le changement global est inégal, et qu’elles en seront différemment atteintes ?
  • La question qui se pose pour l’anthropocène se pose aussi pour les représentations globales, scientifiques ou non, de la planète qui lui sont associées, comme celles de Gaïa. Quels rapports entretiennent-elles avec la diversité de la façon dont les populations humaines perçoivent les transformations de leur milieu de vie (compte tenu de leurs visions du monde, de leurs pratiques et de leurs savoirs) ?
  • On insistera plus particulièrement sur la question de l’adaptation jusqu’ici assez négligée par une réflexion philosophique qui s’est volontiers focalisée sur l’héroïsation volontariste de la réduction.
  • On peut aussi aborder la question, très largement débattue, de la géo-ingénierie, ou ingénierie climatique, non seulement du point de vue des ses effets (globaux et diverses), mais aussi pour savoir si elle relève de l’adaptation (la technique pouvant être envisagée comme la forme humaine de l’adaptation) ou de la réduction (puisqu’il s’agit d’agir globalement sur le climat).

Modalités de soumission

Nous accueillons les présentations en français et en anglais, dans le cadre des deux formats différents : 

  • présentations individuelles (résumés jusqu’à 400 mots)
  • sessions formelles (ensemble de 2 jusqu’à 4 présentations avec discussion ; résumés de l’ensemble jusqu’à 1000 mots, avec une introduction générale au thème de la session proposée et des informations courtes sur les contributions proposées.  

Nous invitons les chercheurs à nous envoyer leurs propositions à l’adresse anthropocene.conference@gmail.com, sous format doc, docx (Microsoft Office) ou pages (Apple Works),

avant le 31 mars 2015.

Comité scientifique

  • Philippe Descola (Collège de France)
  • Dale Jamieson (NYU)
  • Sandra Laugier (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
  • Mathias Girel (ENS Ulm)
  • Emmanuel Picavet (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
  • Catherine Larrère (Université Paris I Panthéon Sorbonne), Fondation de l’Ecologie Politique
  • Christophe Bonneuil (CNRS/Centre Alexandre Koyré)
  • Pierre Charbonnier (Ehess)

Lieux

  • 11 Place Marcelin Berthelot
    Paris, France (75005)

Dates

  • mardi 31 mars 2015

Mots-clés

  • changement climatique, anthropocène, adaptation

Contacts

  • Catherine Larrère
    courriel : anthropocene2015 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Catherine Larrère
    courriel : anthropocene2015 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Comment penser l’anthropocène ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 02 mars 2015, http://calenda.org/319264