Accueil« La pitié qu’il y avait au royaume de France… »

« La pitié qu’il y avait au royaume de France… »

"The pity there was in the kingdom of France"

Jeanne politique : la réception du mythe à l’époque moderne et contemporaine en France et à l’étranger

Joan of Arc and politics: reception of the myth in the modern and contemporary period in France and abroad

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Publié le lundi 22 juin 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Jeanne d’Arc, figure sans visage aux cents visages, est une « légende vivante » (Michelet) dont Napoléon et Schiller ont fait l’incarnation de la nation en armes, un symbole depuis lors sans cesse revivifié autant que martyrisé par les médiations historiographiques, littéraires, filmiques, populaires ou commerciales et les factions militantes qui s’en disputent l’héritage. L’objet de ces journées d’études sera d’analyser la construction et les appropriations politico-confessionnelles du mythe depuis son origine, de confronter les représentations polymorphes de la Jeanne politique (discursives, iconiques, plastiques) dans l’espace public.

Annonce

Argumentaire

Selon Hans Blumenberg, le renouvellement permanent du mythe est le garant de sa « constance  iconique ». Jeanne d’Arc, figure sans visage aux cents visages, est une « légende vivante » (Michelet) dont Napoléon et Schiller ont fait l’incarnation de la nation en armes, un symbole depuis lors sans cesse revivifié autant que martyrisé par les médiations historiographiques, littéraires, filmiques, populaires ou commerciales et les factions militantes qui s’en disputent l’héritage. On a fait de Jeanne une figure tantôt clivante, tantôt consensuelle : elle a tour à tour servi aux républicains contre les monarchistes et vice versa, aux catholiques contre les libres penseurs et vice versa, aux patriotes contre les internationalistes et vice versa ; elle symbolisa successivement l’alliance du trône et de l’autel, du sabre et du goupillon, de la République pacifiste et du Vatican, du bouclier pétainiste et du glaive gaullien ou de l’étendard communiste…

L’objet de ces journées d’études sera d’analyser la construction et les appropriations politico-confessionnelles du mythe depuis son origine, de confronter les représentations polymorphes de la Jeanne politique (discursives, iconiques, plastiques) dans l’espace public. On pourra s’interroger notamment sur la place du récit sotériologique, sur le pouvoir charismatique, sur la charge émancipatoire ou obscurantiste du discours johannique, sur la renaissance de la spiritualité politique et la reconfessionnalisation de la République, sur les troubles dans le genre et dans l’autorité… A quoi peut encore servir cette « figure de victoire et de pitié » à l’âge posthéroïque, postlaïque, postrépublicain et postnational de la mondialisation néolibérale ?

La réflexion collective devrait permettre de croiser différentes approches, ressortissant notamment :

  • à l’histoire mémorielle : évolution de la représentation historique de Jeanne au fil du temps, confrontation de l’histoire populaire et de l’histoire savante, rapports entre le mythe et l’histoire, l’histoire et la mémoire, pratiques muséales et commémoratives ;
  • à l’analyse rhétorique du discours public : par exemple, des discours mémoriels de Charles Maurras à Marine Le Pen, d’André Malraux à Najat Vallaud-Belkacem ;
  • à la philosophie et à la sociologie politiques : le mythe identitaire, la question de la nécessité du chef et les visages de l’héroïsme et du charisme, notamment en temps de guerre ou de crise. Jeanne fait figure d’archétype de la prophétesse armée avec qui le « peuple » entretient un rapport émotionnel fondé sur la croyance ;
  • à l’esthétique de la réception : depuis l’époque romantique et dans la culture de masse contemporaine, le moyen âge suscite un intérêt soutenu dont l’examen est devenu outre-Atlantique et plus récemment en Europe un axe de recherche spécifique (medievalism américain, Mittelalter-Rezeption dans l’aire germanique) ;
  • aux études de genre : déjà pour Christine de Pisan, Jeanne constitue une figure de proue de la lutte des femmes contre le phallocentrisme. Le mythe peut être abordé sous l’angle notamment du prophétisme et du martyre féminins ; on pourra également se poser les questions suivantes : Jeanne est-elle considérée comme un être androgyne, une pionnière de l'émancipation ou, au contraire, comme la victime de préjugés misogynes ? Quel rôle joue la virginité dans le discours sur Jeanne ? En quoi la surévaluation de cet aspect relève-t-elle d'une approche religieuse traditionnelle ou au contraire d'une volonté d'affirmer une indépendance et une spécificité féminines ?

Conditions de soumission

Les propositions de communication d’une demi-page maximum, accompagnées d'une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer conjointement à Vincent Cousseau (vincent.cousseau@unilim.fr), Florent Gabaude (florent.gabaude@unilim.fr) et Aline Le Berre (aline.le-berre@unilim.fr)

pour le 1er septembre 2015.

Les journées se tiendront les 22 et 23 octobre 2015.

Conseil scientifique

  • Florent Gabaude : Maître de conférences en littérature germanique – EHIC  (université de Limoges). florent.gabaude@unilim.fr
  • Aline Le Berre : Professeur des universités en littérature germanique – EHIC  (université de Limoges). vincent.cousseau@unilim.fr
  • Vincent Cousseau : Maître de conférences en histoire moderne – CRIHAM (université de Limoges). aline.le-berre@unilim.fr

Lieux

  • Faculté des Lettres et des Sciences Humaines - Université de Limoges 39e rue Camille Guérin
    Limoges, France (87)

Dates

  • mardi 01 septembre 2015

Mots-clés

  • Jeanne d'Arc, mémoire, nation, factions politiques

Contacts

  • Florent Gabaude
    courriel : florent [dot] gabaude [at] unilim [dot] fr
  • Vincent Cousseau
    courriel : vincent [dot] cousseau [at] unilim [dot] fr
  • Aline Le Berre
    courriel : aline [dot] le-berre [at] unilim [dot] fr

Source de l'information

  • Vincent Cousseau
    courriel : vincent [dot] cousseau [at] unilim [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « La pitié qu’il y avait au royaume de France… » », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 22 juin 2015, http://calenda.org/332089