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Digital urban studies

Revue « Sciences du design » n°3

Sciences du design journal n°3

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Publié le lundi 22 juin 2015 par Elsa Zotian

Résumé

L’essor des technologies de l’information et de la communication a favorisé le développement d’un espace informationnel possédant ses propres caractéristiques, ses propres règles et accumulant un nombre toujours croissant de contenus. Devenue omniprésente par la diffusion massive et rapide des technologies sans fils, cette couche informationnelle est désormais en capacité d’agir et d’interagir directement avec notre environnement physique. Invisible, le « réseau » nous permet de nous orienter, d’optimiser nos déplacements, de faciliter l’accès à de nombreux services et équipements ou encore, propose de réguler les flux entrants et sortants de la ville afin de les optimiser dans une ville devenue smart. Les smartphones, capteurs, puces et autres dispositifs technologiques transforment notre rapport à la ville et au territoire en les rendant plus intelligibles, mais le contenu de la « ville intelligente » reste assez vague (Picon, 2013). De nouveaux champs d’investigation interrogent le design, en tant que discipline de projet recouvrant différents métiers de conception.

Annonce

Argumentaire

L’optimisme technologique voit dans les services numériques de grands espoirs pour réduire les consommations d’énergie. Les gains pourraient être de 17 % pour la consommation d’énergie des bâtiments et de 27 % pour la consommation d’énergie des transports d’ici 2020 (Watcher, 2010). Ainsi, ville numérique, écologie et qualité de vie deviendraient indissociables. Le design est alors confronté à un défi : penser le durable dans un contexte économique qui favorise une approche de l’innovation sur le court terme, approche attachée aux notions de performance et de compétitivité où le contexte culturel favorise un imaginaire technique lui-même producteur d’accélération.

Le design, par sa capacité à intégrer la complexité et la multidisciplinarité comme composantes essentielles dans une démarche de création, apparaît comme une alternative à une vision technique basée sur la quantité qui n’engendre qu’une rationalisation sécuritaire et stérile de la ville (Greenfield, 2006). Il offre également de nouvelles perspectives en termes de méthodes et d’outils pour concevoir des artefacts urbains et des architectures hybrides et dynamiques, c’est-à-dire capables de s’adapter au contexte courant des usagers (Abowd et al., 1999).

À l’heure où les différents services d’une ville sont de plus en plus soumis à des infrastructures fermées par les entreprises qui maîtrisent ces techniques et par des politiques qui imaginent de nouvelles cartographies de ces territoires, il est urgent de comprendre les processus décisionnels qui entrent en jeu dans la mise en œuvre de ces projets. Les grandes décisions relatives au design des infrastructures dans tous les domaines régissant la vie collective (urbanisme, transports, aménagement du territoire…) relèvent des sphères politiques et économiques qui orientent la conception des produits et services (Lukens, 2013).

Le numérique favorise « la métropole comme lieu stratégique de la commutation spatiale généralisée »,  entendue comme « processus de concentration des infrastructures matérielles, des noeuds et plates-formes de réseaux virtuels » (Watcher 2010). Faut-il pour autant parler de fracture territoriale et sociale ? Comment le design numérique, souvent concentré sur l’urbain et impliqué dans le discours vertueux de la « ville intelligente », est-il impacté par ces questions ?

La multiplication de nouveaux services en mobilité (smartphones) contribue à une forme d’isolement et de privatisation de l’espace public en même temps qu’elle favorise la diffusion de données personnelles. Elle favorise également une prévalence des flux sur les lieux. Penser l’objet, le service connecté, en lien avec les nouveaux usages, c’est aussi penser à ces relations nouvelles public/privé, non seulement en termes de sécurité, mais également dans ce que cela implique dans notre façon de vivre l’espace public et notre rapport aux autres.

Enfin, le phénomène de la mondialisation urbaine s’accompagne de « politiques d’images où les représentations des villes globalisées rivalisent entre elles » (Mongin, 2013). Le design urbain contribuerait-il à un phénomène de « copier-coller » d’un modèle de ville idéale ? Au coeur des imaginaires de la ville numérique, deux grandes tendances se dégagent, celle d’une vision centralisée (vision néo-cybernétique) et celle d’un imaginaire des réseaux et/ou des anti-réseaux ou réseaux de proximité (Musso, 2009 ; Bell, Dourish, 2011 ; Picon, 2013). Entre marketing de la ville et renouvellement des pratiques et formes urbaines liées à « l’usage intensif des technologies de l’information et de la communication », le design est désormais confronté à de nouveaux paradigmes.

Modalités de soumission

Les propositions d’articles (abstracts) doivent être envoyées aux directeurs du numéro, Grégoire Cliquet, Jean-Louis Kerouanton et Jocelyne Le Bœuf à l’adresse 
: propositions@sciences-du-design.org

au plus tard le 15 septembre 2015, délai de rigueur.

Elles doivent tenir sur une page maximum et comporter :

  • un titre et un résumé de 2000 signes maximum (soit 300 mots)
  • une présentation de(s) l’auteur(s) : nom, prénom, profession, affiliation, e-mail

Les articles complets devront être remis au plus tard le 15 décembre 2015, délai de rigueur, dans le respect des Consignes aux auteurs. Ils seront soumis à une évaluation par les pairs en double aveugle.

Appel à visualisations

sous la direction de David Bihanic

S’inscrivant au sein du positionnement thématique de chaque numéro, la rubrique « Visualisations » de la revue Sciences du Design accueille des contributions visuo-graphiques (en faveur d’un développement de représentations idiomatiques de données) de chercheurs, de designers (data designers/designers d’information, designers graphiques notamment) ou de concepteurs/créatifs, procédant d’une démarche soit épistémique (production, apport de connaissances nouvelles), soit heuristique (ouverture de nouveaux chemins/voies de la connaissance), soit praxique ou poïétique (exploration, investigation expérimentale, pratique, créative).

Prenant place au début de chaque numéro, ces travaux seront principalement de trois types :

Infographies (data/information graphics) pouvant tantôt illustrer et interroger des notions ou concepts afférents aux questions/problématiques traitées dans le numéro, tantôt rendre compte visuellement de « modèles » pratiques ou de méthodologies de projets en design, etc.
Représentations-visualisations de données (data visualizations) traitant de sujets précis et exploitant, pour ce faire, des corpus/jeux de données spécifiques, quel que soit l’ancrage disciplinaire (exemple : traduire visuellement des controverses, etc.)
Épreuves graphiques de type « visual analytics » offrant de réaliser différentes mesures comparatives de données scientifiques, métriques et/ou statistiques — de l’exploration visuelle de données au départ de productions cartographiques, diagrammatiques, schématiques, etc., quel que soit l’ancrage disciplinaire.
Ces réalisations pourront se trouver en appui d’études complémentaires (en lien avec un article publié ailleurs ou soumis dans le dossier du même numéro) ou composer à elles seules une contribution autonome et originale.

Pour soumettre, il vous revient de nous adresser à l’adresse visualisations@sciences-du-design.org :

soit une image composée au format JPEG (ayant une résolution de 2000 x 1440 pixels) pour les productions dites ‘statiques’, soit une (ou plusieurs) URL(s) pointant sur une (ou plusieurs) production(s) interactive(s) ‘en ligne’,
un titre et une légende de 700 signes maximum (soit environ 150 mots),
une présentation de(s) (l’)auteur(s) : nom, prénom, profession, affiliation, courriel.
Toutes les expérimentations sont les bienvenues et font l’objet d’une évaluation et d’une sélection éditoriales par le chef de rubrique. La date limite de soumission est celle de l’appel en cours, soit au plus tard le 15 septembre 2015. En cas d’acceptation, nous vous contacterons par courriel afin de régler divers points techniques préalables à la remise du (ou des) fichier(s) final (finaux) pour le 15 décembre 2015 au plus tard.

Supplément

sous la direction de Remy Bourganel, Annie Gentès, Jocelyne Le Bœuf et Stéphane Vial

Sciences du Design, ce n’est pas seulement un dossier thématique, c’est aussi un « Supplément » qui accueille des articles de recherche hors-thème, des réponses à des articles antérieurs, des points de vue, des entretiens, des notes de lecture, des comptes rendus, des critiques, etc., que chacun est libre de proposer.

Toutes les expérimentations éditoriales sont les bienvenues et font l’objet d’une évaluation et d’une sélection par le comité de rédaction, à l’exception des articles de recherche hors-thème qui sont soumis au même processus d’évaluation par les pairs en double aveugle que pour le dossier.

Les propositions doivent être envoyées au plus tard le 15 septembre 2015 à l’adresse supplement@sciences-du-design.org et contenir :

un titre et un résumé de 2000 signes maximum (soit 300 mots)
une présentation de(s) (l’)auteur(s) : nom, prénom, profession, affiliation, e-mail
Les versions complètes devront être remises au plus tard le 15 décembre 2015, dans le respect des Consignes aux auteurs.

Références

  • ABOWD, G. D., Dey, A. K., Brown, P. J., Davies, N., Smith, M., & Steggles, P. (1999). Towards a better understanding of context and context-awareness. Handheld and ubiquitous computing , p. 304–307.
  • BELL G., DOURISH P., Divining a Digital Future, Mess and Mythologie in Ubiquitous Computing, Cambridge, Mass,
  • GREENFIELD, A. (2006). Everyware: The Dawning Age of Ubiquitous Computing, Mobipocket (1st ed.), New Riders.
  • LUKENS Jonathan, “DIY Infrastructures and the scope of design practice”, Design Issues, vol. XXIX, number 3, Summer 2013, MIT Press, P. 14-27.
  • MONGIN Olivier (2013), La ville des flux, L’envers et l’endroit de la mondialisation, Paris, Fayard.
  • MUSSO Pierre (2009), « Usages et imaginaires des TIC », l’Évolution des cultures numériques, FYP éditions.
  • PICON Antoine (2013), Smart cities, Théorie et critique d’un idéal auto-réalisateur, ED. B2, Coll. Actu.
  • WACHTER Serge (2010), La Ville interactive, l’architecture et l’urbanisme au risque du numérique et de l’écologie, Paris, L’Harmattan, Questions contemporaines, série questions urbaines.

Responsables scientifiques du numéro

  • Grégoire Cliquet, Docteur en sciences de l'ingénieur, directeur du READi design Lab (l'Ecole de design Nantes Atlantique)
  • Jean-Louis Kerantouan, Maître de conférences (UFR Sciences et techniques),Vice-président de l'université chargé du patrimoine immobilier (Université de Nantes)
  • Jocelyne Le Boeuf, Historienne du design, (l'Ecole de design Nantes Atlantique)

Catégories

Dates

  • mardi 15 septembre 2015

Mots-clés

  • pratique du design, expertise, expertise-aspects sociaux, histoire des professions

Source de l'information

  • Grégoire Cliquet
    courriel : g [dot] cliquet [at] lecolededesign [dot] com

Pour citer cette annonce

« Urbanités numériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 22 juin 2015, http://calenda.org/332382