Accueil« Le ciel garde encore la trace du prince Actarus » : Goldorak, 40 ans après

« Le ciel garde encore la trace du prince Actarus » : Goldorak, 40 ans après

"The sky still bears the trace of Prince Actarus": Goldorak, 40 years later

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Publié le mardi 30 juin 2015 par João Fernandes

Résumé

Diffusé pour la première fois sur nos écrans en juillet 1978, Goldorak, anime japonais réalisé par Toei Animation et adapté d'un manga de Go Nagai (UFO Robo Grendizer), est un succès immédiat. Il marque toute une génération d’enfants, fait la Une de Paris Match en janvier 1979 et suscite colère et désespoir chez les adultes qui le relèguent au rang de « japoniaiserie » et l’accusent d’influences délétères sur les enfants – en 1981. Trente-sept ans après sa première diffusion en France, il est temps de porter un nouveau regard sur cette fiction sérielle, d’autant plus que cet anime est encore très présent dans les mémoires et a laissé des traces dans la vie artistique. Goldorak est devenu une icône culturelle qui suscite passion et nostalgie – un objet qu’il convient d’éclairer par des approches universitaires croisées.

Annonce

Argumentaire

Diffusé pour la première fois sur nos écrans en juillet 1978, Goldorak, anime japonais réalisé par Toei Animation et adapté d'un manga de Go Nagai (UFO Robo Grendizer), est un succès immédiat. Il marque toute une génération d’enfants, fait la Une de Paris Match en janvier 1979 et suscite colère et désespoir chez les adultes qui le relèguent au rang de “japoniaiserie” et l’accusent d’influences délétères sur les enfants - en 1981, Liliane Lurçat publie une enquête au titre alarmant : A cinq ans, seul avec Goldorak. Trente-sept ans après sa première diffusion en France, il est temps de porter un nouveau regard sur cette fiction sérielle, d’autant plus que cet anime est encore très présent dans les mémoires et a laissé des traces dans la vie artistique. Fin 2014, il a ainsi été au centre d'une exposition à la galerie Sakura, qui a réuni photographes, graphistes, plasticiens et sculpteurs français et étrangers. Le “formidable robot” est sans cesse réapproprié et, pour ainsi dire, “métamorphosé” pour être transmis à une autre génération de spectateurs. Le coffret DVD remasterisé est sorti en France en 2014 et un manga en reboot intitulé Grendizer Giga, a été écrit et illustré par Go Nagai en 2015 à l’occasion des quarante ans du manga original. Goldorak est devenu une icône culturelle qui suscite passion et nostalgie - un objet qu’il convient d’éclairer par des approches universitaires croisées. 

Dans le prolongement de l’étude qu’avait consacrée Jacques Aumont à Goldorak (“L’industrie du plastique” dans A quoi pensent les films ?, Séguier, 1996) et des travaux existants sur la “génération Goldorak” (voir, par exemple, ceux de Marco Pellitteri, dont Mazinga Nostalgia, Coniglio, 2008), nous souhaitons considérer cet anime comme une œuvre qu’il convient d’analyser non seulement d’un point de vue sociologique et médiatique, mais aussi d’un point de vue esthétique, narratologique et idéologique.

Axes thématiques

Nous encourageons les participants issus de disciplines variées à explorer les pistes suivantes (qui sont loin d’être exhaustives) : 

  • les conditions matérielles de production de la série au Japon ; l’adaptation du manga en anime ; le positionnement de Goldorak dans la production animée de l’époque et dans les récits de science-fiction en général ; 
  • le contexte historique et économique ; les liens et les rapprochements avec les États-Unis, trente ans après la seconde guerre mondiale ; 
  • le rapport de l’anime à l’histoire, aussi bien dans la représentation du traumatisme nucléaire (catastrophe atomique de la planète Euphor, armes radioactives, explosions en forme de champignon) que dans les références aux “envahisseurs” ; 
  • la culture anglophone à l’oeuvre dans la série (ranch du Bouleau blanc, non-localisation géographique) ; 
  • les réceptions comparées de l’anime au Japon (où Grendizer était vu comme le spin-off de Mazinger), en France et dans les autres pays qui l’ont diffusé ; 
  • l’adaptation française de Michel Gatineau (équivalents onomastiques, réécriture de l’histoire) et le doublage ; 
  • les influences artistiques déclarées ou implicites du créateur Go Nagai (Gustave Doré...) ; les intertextualités picturales, littéraires et théâtrales qui régissent l’anime ; 
  • la sérialité semi-feuilletonnante ; les épisodes pivots et les séquences clés (la mort d’Hydargos, les retrouvailles entre Actarus et Phénicia, la destruction du Grand Stratéguerre...) ; la mise en récit de la nostalgie pour un paradis perdu ; 
  • l’esthétique de la spectralité, de l’illusion et du double ; 
  • montages et effets plastiques (images en mouvement, fixes ou répétées); les stratégies adoptées pour réaliser une “animation limitée” et leurs conséquences narratives et-esthétiques ;
  • le rôle de la musique composée par Shunsuke Kikuchi ; les différents génériques français ; 
  • la dimension genrée : la représentation des femmes, les rapports hommes/femmes et leur évolution au cours de la série ; l’androgynie de personnages comme Minos/Minas.
  • la dimension ethnique : l’étranger et l’Autre dans l’anime ; le Japon traditionnel (représenté par Rigel) face aux nouveaux venus (Actarus ou les soldats de Véga) ;
  • la dimension écocritique : tensions entre l’environnement naturel et la machine, tensions récurrentes chez Go Nagai et que l’on retrouve dans d’autres séries mecha ; le rapport entre l’humain et la machine (les ordres vocalisés ; la différence entre les Golgoths téléguidés et les Antéraks pilotés) ;
  • les jouets et produits dérivés comme prolongement de la fiction, que l’on pourrait étudier comme un effet proto-transmédiatique ; les problèmes de copyright autour de l’anime ;
  • l’influence de Goldorak sur d’autres productions artistiques et faniques et la place qui lui est attribué dans l’histoire de l’anime en Europe (on pense par exemple aux nombreux ouvrages nostalgiques tels Génération Galactik de Vincent Dubost).

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Ces journées sont envisagées comme la première étape vers la publication d’un ouvrage collectif qui sera proposé aux Presses universitaires François Rabelais à Tours (collection “Sérial”). 

Nous accueillons les propositions de communication de 300 mots maximum, accompagnées d’une notice biographique de 150 mots,

avant le 30 septembre 2015.

Organisation et contact

Comité scientifique

  • Danièle André (Université de La Rochelle),
  • Donna Andréolle (Université du Havre),
  • Pierre Berthomieu (Université Paris-Diderot),
  • Claire Cornillon (Université du Havre),
  • Sébastien Denis (Université de Picardie),
  • Sarah Hatchuel (Université du Havre);
  • Barbara Laborde (Université Paris 3),
  • Marie Pruvost-Delaspre (Université Paris 3),
  • David Roche (Université Toulouse Jean-Jaurès),
  • Guillaume Soulez (Université Paris 3),
  • Akira Terada (Université du Havre). 

Pour consulter le site du colloque : http://shatchuel.wix.com/goldorak-colloque 

Lieux

  • Maison de la Recherche, salle Claude Simon - 4 rue des Irlandais
    Paris, France (75)

Dates

  • mercredi 30 septembre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • goldorak, animation, télévision, Toei, dessin animé, émission jeunesse, jouet, jeu

Contacts

  • Marie Pruvost-Delaspre
    courriel : marie [dot] pruvost-delaspre [at] univ-paris3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie Pruvost-Delaspre
    courriel : marie [dot] pruvost-delaspre [at] univ-paris3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « Le ciel garde encore la trace du prince Actarus » : Goldorak, 40 ans après », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 30 juin 2015, http://calenda.org/333672