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Les mots d’ordre urbains et la construction de l’objet de recherche

Urban watchwords and the construction of the research subject

Réseau thématique 9 – Association française de sociologie

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Publié le jeudi 16 juillet 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Les villes et territoires sont animés par des mots d’ordre. Ces injonctions d’animation et de production des espaces visent à encourager un développement suivant des normes et impératifs construits par des acteurs d’échelles différentes : organisations internationales, stratégies européennes, politiques et programmes d’échelle nationale, projets des villes et communes, initiatives privées ou encore volontés des acteurs locaux et habitants à l’échelle des quartiers ou bassins de vie. La recherche urbaine est elle-même traversée par des mots d’ordre propres : ceux-ci peuvent être d’ordre méthodologique ou bien correspondre à l’objet même de recherche. L’atelier propose de revenir sur ces mots d’ordre urbains et à ceux de la recherche urbaine afin de comprendre les spécificités de chacun et les liens entre ceux-ci.

Annonce

Argumentaire

Les villes et territoires sont animés par des mots d’ordre. Ces injonctions d’animation et de production des espaces visent à encourager un développement suivant des normes et impératifs construits par des acteurs d’échelles différentes : organisations internationales, stratégies européennes, politiques et programmes d’échelle nationale, projets des villes et communes, initiatives privées ou encore volontés des acteurs locaux et habitants à l’échelle des quartiers ou bassins de vie. La recherche urbaine est elle-même traversée par des mots d’ordre propres : ceux-ci peuvent être d’ordre méthodologique ou bien correspondre à l’objet même de recherche. L’atelier propose de revenir sur ces mots d’ordre urbains et à ceux de la recherche urbaine afin de comprendre les spécificités de chacun et les liens entre ceux-ci. Les mots d’ordre sont des construits en mouvement. Ils peuvent être développés par les acteurs de l’urbain telles les notions de inclusive city, smart city, urban resilience ou green development ou bien par les chercheurs sur l’urbain tel le concept d’urbanité. Les acteurs privés, avec ou sans le concours de la puissance publique, peuvent également jouer un rôle de premier plan dans la production et la diffusion de certains mots d’ordre urbains : développement durable, marchandisation territoriale, rationalisation foncière…

Ces « injonctions positives », concepts et règles font les villes d’aujourd’hui et de demain. On peut penser aux objectifs de mixité sociale, à ceux de densité urbaine, aux modèles de villes intelligentes (smart city), de villes numériques ou villes créatives (creative city), à l’ambition d’innovation, de mobilités, de renouvellement urbain, de densification, de résilience urbaine, ou encore à l’égalité des territoires, à la gouvernance urbaine collaborative, à la participation et co-construction des politiques publiques et projets urbains, etc… Assiste-t-on à une uniformisation des productions, des représentations, des pratiques et des normes urbaines ?

Par ailleurs, certains mots d’ordre ne portent pas une visée positive ou bien font face à des représentations différenciées de la part des acteurs. La densité est un exemple de ceux-ci lorsque l’on envisage le passage d’une volonté d’étalement urbain et sa transformation au travers des années vers une perspective urbaine valorisant la densification. La sécurité fait également l’objet d’un débat dans ce sens entre tout sécuritaire, prévention situationnelle et laissez-faire. Le renouvellement urbain prête également à diverses interprétations entre gentrification institutionnalisée et programme de régénération urbaine au bénéfice de classes sociales différentes.

Comment les acteurs s’approprient-ils les mots d’ordre urbain et les interprètent-ils ? En quoi certains mots d’ordre peuvent-ils être créateurs de controverses ou au contraire outils fédérateurs d’intérêts divergents ? Comment et par qui évoluent-ils ?

La sociologie urbaine est elle aussi traversée par divers mots d’ordre : encouragements à la comparaison – et particulièrement internationale - ; transdisciplinarité ; mise en perspective des villes du Nord et du Sud ; transparence méthodologique ; intégration des questions économiques ou plus récemment de genre dans l’urbain… Ces injonctions portent sur les outils méthodologiques à développer en recherches urbaines, mais peuvent provenir également des structures partenaires de financements et d’appels à projet à l’origine de ces recherches. Le cas du contrat CIFRE est un exemple probant de ce double mot d’ordre entre commande privée et obligations académiques au sein desquelles le doctorant peut se trouver tiraillé au nom du mot d’ordre de l’expertise croisée. On peut également penser à la recherche-action, à la médiatisation de la recherche comme expertise, à l’hybridation entre sciences sociales et sciences dures ou bien encore à la recherche militante dans laquelle le doctorant doit construire un positionnement clair entre proximité et distance vis-à-vis de son objet de recherche. Comment répondre aux mots d’ordre de la recherche urbaine et des positionnements de recherche à l’origine de celles-ci ? Assiste-on à l’uniformisation de certaines méthodes spécifiques à la recherche urbaine autour de quelques mots d’ordre ? Comment le doctorant se positionne-t-il face à des injonctions divergentes dans la recherche urbaine ? Comment et selon quels outils le doctorant a-t-il construit sa perspective de recherche face à certains silences (méthodologiques) de la recherche urbaine ? Peut-on étudier les effets des mots d’ordre urbains sur la recherche urbaine elle même ?

Cet atelier doctoral vise donc à interroger la construction de ces mots d’ordre et leur mise en oeuvre ou application. Sont-ils des concepts construits a posteriori et appliqués à l’urbain ou bien sont-ils des moteurs de l’action publique à l’origine de la production et de la transformation urbaine ? De plus, l’atelier propose une réflexion sur la manière dont les doctorants ont été ou sont confrontés et ont pris en considération ces mots d’ordre.

L’atelier doctoral vise à rassembler de jeunes chercheurs en thèse pour partager leurs expériences de recherche en interrogeant la construction de l’objet central de recherche en lien avec ces mots d’ordre urbains et/ou ces mots d’ordre de la recherche urbaine. L’atelier est ouvert à tous les doctorants, qu’importe l’état d’avancement de leur recherche.

Les propositions de communications devront répondre à un ou plusieurs des trois axes suivants :

Axe 1. Les mots d’ordre de la recherche urbaine

Comment le doctorant se confronte-t-il aux mots d’ordre de la recherche urbaine ? Comment construire son positionnement de recherche et une distance critique face à ces injonctions ? Comment le doctorant s’inscrit-il dans ou en opposition à une école de pensée aux mots d’ordre propres ? Répondre à une commande de recherche signifie-t-il répondre à des mots d’ordre de recherche ? Si oui, quel impact cela a-t-il sur la recherche de thèse ? Le doctorant est-il en accord avec ces injonctions théoriques et/ou méthodologiques ? Joue-t-il un double jeu face au commanditaire, voire s’oppose-t-il à lui ? Cet axe de questionnements reprend les conceptions théoriques et méthodologiques des doctorants dans la construction de leur objet entre injonctions académiques et potentiellement commandes privés ou partenariales, voire militantes.

Axe 2. Les mots d’ordre de l’urbain

Quand, où et comment les mots d’ordre se créent-ils et évoluent-ils ? Comment sont-ils construits par les différents acteurs des villes et territoires de l’échelle globale à l’échelle micro-locale ? Comment les mots d’ordre circulent-ils horizontalement entre territoires et espaces, et verticalement entre échelles urbaines ? Existe-t-il des mots d’ordre impensés de l’urbain ? Les mots d’ordre sont-ils producteur de sens, de normes, de pratiques ou bien ne sont-ils qu’une rhétorique ? Comment intégrer et faire usage de ces mots d’ordre dans une thèse ? Face aux mots d’ordre urbains, que fait la recherche ? Doit-on reprendre le discours des acteurs ou bien construire de nouveaux concepts ? Comment le doctorant s’approprie-t-il ces mots d’ordre dans la mise en oeuvre de sa recherche ?

Quelle distance critique avoir ? Il s’agit alors de proposer des communications portant soit sur l’origine, l’évolution et l’impact des mots d’ordre urbains ou bien s’attachant à faire le lien entre mots d’ordre urbains et champs de la recherche urbaine.

Axe 3. La production des contre-mots d’ordre

Comment les mots d’ordre urbain et de la recherche urbaine sont-ils déconstruits, critiqués et parfois rejetés ? Comment un mot d’ordre peut-il être converti ? Un mot d’ordre peut-il créer un désordre dans la production et la vie des espaces urbains ? Comment le doctorant s’inscrit-il en accord ou en opposition avec les mots d’ordre urbains ? Cet axe privilégie les analyses portant sur l’évolution des mots d’ordre et le passage d’une injonction particulière à son contraire à travers le temps et l’espace. Il portera également sur l’appropriation, l’interprétation et la traduction des mots d’ordre par les acteurs et les chercheurs.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, de 3 500 signes maximum, sont attendues pour le 14 septembre 2015. Elles devront comporter un titre, le nom de l’auteur-e, son affiliation universitaire, et ses coordonnées complètes. Elles devront préciser le ou les axe(s) dans le(s)quel(s) la proposition s’inscrit. Les propositions seront envoyées par courriel à l’adresse : atelierdoctorantsrt9@gmail.com.

L’ensemble des propositions fera l’objet d’une double lecture anonyme par deux membres du comité scientifique. Les propositions seront sélectionnées suite à une réunion plénière du comité scientifique à la mi-octobre. Les doctorant-e-s dont les propositions auront été retenues par le comité scientifique seront informés le 16 octobre 2015. Ils devront ensuite remettre le texte de leur intervention, de 15 000 à 30 000 signes pour le 4 décembre 2015, et le PowerPoint de leur présentation pour le 9 décembre 2015.

Lieu : Paris (lieu exact prochainement)

Comité scientifique

  • Nathalie Blanc, GHSS - Université Paris Diderot Paris 7
  • Marion Carrel, CEMS - EHESS
  • Armelle Choplin, ACP - Université Paris-Est Marne-la-Vallée
  • Anne Clerval, ACP - Université Paris-Est Marne-la-Vallée
  • Anaïs Collet, SAGE – Université de Strasbourg
  • Bruno Cousin, Clervé – Université de Lille 1
  • Agnès Deboulet, CRH – LAVUE – Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
  • Laurent Devisme, CRENAU, UMR AAU, ENSA Nantes
  • Renaud Epstein, Université de Nantes
  • Benoit de l’Estoile, IRIS – EHESS
  • Yankel Fijalkow, CRH – LAVUE – ENSA Paris-Val-de-Seine
  • Lydie Launay, Université d’Albi
  • Gilles Pinson, Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim
  • Pauline Prat, CEE - SciencesPo Paris
  • Vincent Renard, IDDRI – SciencesPo Paris
  • Clément Rivière, Lab'Urba - Université Paris-Est Créteil
  • Laurence Roulleau-Berger, Triangle – ENS de Lyon
  • Caroline de Saint-Pierre, IRIS - EHESS
  • Mina Saidi-Sharouz, Mosaïques - Université Paris-Ouest Nanterre Défense
  • Sylvie Tissot, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
  • Tommaso Vitale, CEE - SciencesPo Paris
  • Elsa Vivant, LATTS - Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Comité d'organisation

  • Clément Boisseuil, CEE - SciencesPo Paris
  • Aurélie Landon, CRH – LAVUE – Université Paris 8 Vincennes Saint Denis
  • Benjamin Leclercq, CRH – LAVUE – Université Paris 8 Vincennes Saint Denis
  • Alessandro Maggioni, CEE - SciencesPo Paris et Université de Milan-Bicocca

Modalités de soumission

Toute demande d’information peut être envoyée à : atelierdoctorantsrt9@gmail.com.

Calendrier

  • 21 septembre 2015 Date butoir de réception des propositions de communication

  • 16 octobre 2015 Retour par email à l’ensemble des doctorants ayant soumis une proposition de communication
  • 4 décembre 2015 Envoi par les participants des textes de communication
  • 9 décembre 2015 Envoi des powerpoints de présentation par les participants
  • 11 décembre 2015 Atelier doctoral du RT9

RT9

Le Réseau Thématique « Sociologie de l’urbain et des territoires » (RT9) de l’Association Française de Sociologie constitue un espace d’échanges, de travail et de débats sur l’ensemble des questions qui mettent en jeu la dimension spatiale des rapports sociaux. Il se propose de faire connaître les recherches conduites en France dans ce domaine et d’offrir une plateforme de soutien aux doctorant-e-s dans la construction de leurs réseaux de recherche. Dans cette optique, cinq ateliers ont été organisés depuis décembre 2010 par des doctorant-e-s du RT9. Ils ont permis à leurs participant-e-s de présenter leur travail et leurs questionnements à d’autres doctorant-e-s ainsi qu’à des chercheur-se-s confirmé-e-s. Cet atelier est ouvert à toutes et tous les doctorant-e-s intéressé-e-s par les variables spatiales et urbaines des études sociologiques, quel que soit leur objet de recherche et l’état d’avancement de leur thèse.

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • lundi 21 septembre 2015

Mots-clés

  • mot d'ordre, objet, doctorant, urbain, ville, territoire, développement durable, marchandisation territoriale, rationalisation foncière

Contacts

  • Alexandro Maggioni
    courriel : atelierdoctorantsrt9 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Yankel Fijalkow
    courriel : sociologiedelurbain [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les mots d’ordre urbains et la construction de l’objet de recherche », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 16 juillet 2015, http://calenda.org/335160