AccueilLa France face à l'unité allemande (XVIe-XXe siècle)

La France face à l'unité allemande (XVIe-XXe siècle)

France faced with German unity (16th-20th century)

De la monarchie universelle habsbourgeoise à la réunification allemande

From the universal Habsbourg monarchy to German reunification

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Publié le mercredi 29 juillet 2015 par João Fernandes

Résumé

Depuis la première moitié du XVIe siècle jusqu'à la fin du XXe siècle, la question de l'unité politique de l'Allemagne est revenue à maintes reprises au coeur des préoccupations de la diplomatie française. Le colloque souhaite étudier ces rémanences. Subsisterait-il, à l'égard de l'Allemagne, une continuité des positions diplomatiques françaises qui se prolongerait de François Ier à François Mitterrand ? La diplomatie française serait-elle traversée de courants divergents quant à cette question ? Comment la France a-t-elle cherché à évaluer les risques et les avantages que pouvait susciter l'unité allemande ?

Annonce

Argumentaire

Au cours des derniers siècles, la question de l’unité politique de l’Allemagne est revenue à maintes reprises au cœur des préoccupations de la diplomatie française. Elle l’est au moment de la création du Zollverein (1833), comme lors de la victoire prussienne de Sadowa (1866), et au cours des mois qui précèdent la guerre franco-allemande de 1870. La question revient sur le devant de la scène pendant et après les deux guerres mondiales, et elle s’y retrouve bien évidemment après la chute du Mur de Berlin en novembre 1989.

Or l’appréhension d’un espace germanique politiquement unifié est déjà ancrée dans la tradition diplomatique française avant l’apparition même des notions de « nationalisme », de « pangermanisme » ou de « question allemande ».

Lorsque Charles de Habsbourg devient successivement duc de Bourgogne (1506), roi de Naples, Sicile, d’Espagne (1516) et enfin empereur germanique (1519), ses possessions finissent par encercler la France. C’est ce que la diplomatie française appelle pendant près de deux siècles « l’étau habsbourgeois ». Elle lutte alors contre les velléités habsbourgeoises de constituer une monarchie universelle. Les guerres européennes du xviie siècle à l’issue favorable pour la France et l’accession d’un Bourbon sur le trône espagnol (1700) auraient dû mettre fin à ces craintes. Néanmoins la diplomatie française demeure persuadée que les Habsbourgs continuent à représenter un grand danger. C’est l’hypothétique transformation du très fédéral Saint-Empire en monarchie, c’est-à-dire la concentration du potentiel démographique, économique et militaire de l’aire germanique entre les mains d’un seul souverain, qui remplace alors l’ancienne appréhension d’une monarchie universelle. Dans un premier temps ce sont toujours les agissements des Habsbourg qui préoccupent la France. Puis ceux des Hohenzollern prennent la relève. Cette transposition des craintes d’une dynastie allemande vers une autre se manifeste par le renversement des alliances de 1756. La France s’allie alors avec son ancien ennemi autrichien, non seulement pour affronter l’Angleterre, mais également pour contenir la montée en puissance de la Prusse au sein de l’Allemagne. 

Pour toutes les périodes d’intense activité diplomatique mentionnées, l’attitude de la France a été étudiée. Or depuis la première moitié du xvie siècle jusqu’à la fin du xxe siècle, la question de l’unité allemande et les inquiétudes qu’elle suscite demeurent latentes.

Le colloque souhaite examiner ces rémanences. Subsisterait-il, à l’égard de l’Allemagne, une continuité des positions diplomatiques françaises qui se prolongerait de François Ier à François Mitterand ? Pourrait-on même aller jusqu’à parler d’une doctrine, certes implicite, à l’image de la balance of powers britannique ? Si le Royaume-Uni a, depuis des siècles, forgé ses alliances pour empêcher l’hégémonie d’une puissance sur le continent européen, la France aurait-elle fait de même pour éviter une unification du monde germanique ? Existerait-il des réflexes profondément ancrés dans la tradition diplomatique française, réflexes qui se transmettraient d’une génération de diplomates à l’autre ? A contrario, la diplomatie française serait-elle traversée de courants divergents quant à cette question ? Comment la France a-t-elle cherché à évaluer les risques et les avantages que pouvait susciter l’unité allemande ? Quelle a été la place de cette question dans la définition de la politique étrangère de la France et dans ses relations avec les pays tiers ?

La thèse d’une France désireuse d’empêcher l’unité politique allemande depuis la fin du moyen âge n’est pas nouvelle. Elle a été élaborée par l’historigraphie nationaliste allemande du xixe et du premier xxe siècle. Ce sont Johannes Haller[1] et Heinrich Ritter von Srbik[2] qui la popularisent particulièrement. Or l’engagement national-socialiste de ces historiens discrédite leurs thèses. Lorsque la France et l’Allemagne entament le long chemin de leur réconciliation, il n’y a plus de place pour réexaminer les travaux de Srbik et de ses prédécesseurs sous une lumière moins teintée de nationalisme. C’est ce travail que souhaite entreprendre le présent colloque.

Le comité scientifique du colloque invite les chercheurs à lui soumettre des propositions de communication qui mettraient en évidence des continuités en matière de politique allemande de la France ou qui les infirmeraient.

Comité scientifique 

  • Nicolas Badalassi, Maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud
  • Frédéric Bozo, Professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Sven Externbrink, Professeur à l’Université de Heidelberg
  • Jörg Ulbert, Maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud
  • Christian Wenkel, Chercheur à l’Institut Historique Allemand de Paris 

Organisation et contacts 

Le colloque se tiendra les 13, 14 et 15 octobre 2016 à l’Université de Bretagne-Sud (Lorient).

  • L’hébergement sera pris en charge par les organisateurs, le transport sera, en revanche, à la charge du communicant. La langue du colloque ainsi que celle des actes sera le français.
  • Les contributions seront à remettre (dans une limite de 40 000 signes, espaces incluses) aux organisateurs jusqu’au 15 mars 2017, dernier délai. Elles seront soumises à un comité de lecture qui décidera de leur publication. 

Les propositions de communications sont à adresser, par voie électronique, et

avant le 15 novembre 2015 

aux adresses suivantes : nicolas.badalassi@univ-ubs.fr ; jorg.ulbert@univ-ubs.fr.

Rencontre organisée avec le soutien du CERHIO-CNRS UMR 6258 (Université de Bretagne-Sud).


[1] Tausend Jahre deutsch-französischer Beziehungen, Stuttgart, 1930. L’ouvrage a connu des rééditions augmentées en 1936, , 1939 et 1942.

[2] Deutsche Einheit. Idee und Wirklichkeit vom Heiligen Reich bis Königgrätz, 4 vol., Munichen, 1935-1942.

Lieux

  • Maison de la recherche, Université de Bretagne-Sud, UFR LLSHS - 4 rue Jean Zay
    Lorient, France (56)

Dates

  • dimanche 15 novembre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • France, unité allemande, diplomatie, unité politique

Contacts

  • Jörg Ulbert
    courriel : jorg [dot] ulbert [at] univ-ubs [dot] fr
  • Nicolas Badalassi
    courriel : nicolas [dot] badalassi [at] univ-ubs [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas Badalassi
    courriel : nicolas [dot] badalassi [at] univ-ubs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La France face à l'unité allemande (XVIe-XXe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 29 juillet 2015, http://calenda.org/336013