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Dialogue des rationalités culturelles et religieuses

Diverse Cultural and Religious Ways of Thinking A Dialogue

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Publié le vendredi 04 septembre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Notre planète est constituée d’univers culturels et religieux très divers. Comment se rencontrent-ils et dialoguent-ils, alors que leur approche rationnelle et leur appréhension du monde est singulière ? Telle est la question fondamentale et aujourd’hui incontournable que le congrès « Dialogue des rationalités culturelles et religieuses » se propose de traiter. La recherche sur ce sujet a été initiée il y a cinq ans par le Theologicum (Institut Catholique de Paris) dans le cadre de son Unité de recherche « Religions, culture et société ». Après trois colloques d’étape (deux à Paris, un à Taipei), plusieurs journées d’études et publications, le congrès se présente comme une opportunité exceptionnelle pour rassembler à Paris des chercheurs des Universités du Sud, du Nord, de l’Est et de l’Ouest. Tout en faisant intervenir une quarantaine de professeurs de stature internationale croisant disciplines (théologie, philosophie, sciences sociales et économiques, littérature, linguistique, ethnologie, politique, etc.), religions et cultures, le congrès donnera la possibilité à tout chercheur confirmé, comme au jeune chercheur, de contribuer à l’avancement de la problématique par la proposition d’une communication.

Annonce

Argumentaire

La question : des rationalités en dialogue

Nous sommes toujours l’Est ou l’Ouest d’une autre culture que la nôtre. Que se passe-t-il quand elles se font face ?

Que se passe-t-il quand un chinois reçoit une pensée européenne, un discours européen dont les structures ont été construites, élaborées pendant des siècles ? Et réciproquement. Plus généralement, qu’est-ce que l’acte de penser et de communiquer dans une culture, une tradition religieuse, un monde, et comment ceux-ci en rencontrent-ils d’autres ?

Ces questions, omniprésentes dans un monde contemporain mondialisé soumis à l’épreuve des rencontres culturelles, sont d’une importance primordiale pour la recherche théologique comme pour de nombreux autres domaines, à commencer par la réflexion politique. Car si les communications rendent les hommes apparemment de plus en plus proches, les conflits basés sur des visions différentes du monde ne cessent pourtant de se développer, à l’exemple des événements de Paris en janvier 2015 et de bien d’autres.

Nous choisissons d’appeler « rationalité » une vision et appréhension particulières du monde.  Une rationalité est ici comprise comme un ensemble de grammaires tissées entre elles, de structures mentales acquises pour appréhender et rendre compte de ce que l’on expérimente et connaît. Dans toute culture et dans toute religion, on rencontre une pluralité de rationalités.

Le sujet n’est pas tout à fait neuf. Des disciplines fort différentes s’en sont emparées, de la philosophie à la sociologie, en passant par l’anthropologie, la linguistique et l’histoire, cherchant à déterminer quelles conséquences pouvait entraîner la rencontre de rationalités diverses, et, pour certaines études, quelles seraient les modalités d’un dialogue constructif.

Toutefois, on trouve encore peu de travaux collectifs d’envergure répondant à la double nécessité de croiser les approches et les disciplines d’une part, de prendre en compte des aires culturelles et religieuses diversifiées de l’autre.

Plus encore, la question se voit surtout posée sur le plan  de la rencontre culturelle, très peu sur celui de la rencontre religieuse – ou alors la religion apparaît comme une simple catégorie de la culture. La théologie, quant à elle, l’a encore peu abordée de front même si elle s’y est vue confrontée depuis longtemps par la force des choses : herméneutique, inculturation, évangélisation, pour ne citer qu’eux, autant de champs que cette dynamique travaille en profondeur.

Proposer un changement de paradigme

Le Congrès se propose de prendre comme hypothèse que les différences culturelles et religieuses avec leurs aspects singuliers et irréductibles ne sont pas des obstacles à un dialogue véritable, mais représentent de plus et bien au contraire des atouts pour une connaissance plus juste de soi et d’autrui, pour la construction d’un projet commun de société. Il s’agit d’un changement de paradigme car la pratique la plus partagée est de penser pouvoir réussir le dialogue d’abord à partir de ce que les partenaires ont de semblable.

Pour vérifier la pertinence de ce changement de paradigme, le Congrès  adopte comme ligne directrice une approche à la fois :

      1. interdisciplinaire, croisant sciences humaines, sciences sociales, sciences des religions, art et théologie ;

      2. et pluriculturelle, invitant mondes et religions, et leurs rationalités propres.

Une réflexion scientifique en cinq étapes

Les travaux du congrès s’organisent autour de communications en séance plénière, en alternance avec de multiples ateliers disciplinaires et thématiques, et empruntent un parcours en cinq étapes :

  • Cerner le concept de rationalité culturelle ou religieuse

Le concept de rationalité ne se saisit pas de façon simple et immédiate. Il est difficilement traduisible d’une langue à l’autre. Il induit des univers systémiques de sens propre à chaque langage. Cette première étape a pour objet de rendre compte du terme et de la complexité de la réalité qu’il vise dans des contextes différents. On fera appel à la philosophie et aux ressources des différentes cultures et religions. Des rationalités non conceptuelles comme les rationalités symboliques seront prises en compte. L’idée fréquente d’« une » rationalité commune apte à porter ou transcender les différences des cultures et des religions sera questionnée.

  • Le dialogue comme des rationalités « en travail »

Le « dialogue des rationalités » apparaît comme des rationalités en recherche de compréhension. Dans cet effort se découvre la difficulté à comprendre autrui tel qu’il se comprend lui-même. En rester à le penser à partir de ses seuls concepts semble conduire à une impasse. Le travail consiste à se laisser introduire dans des catégories de pensée totalement autres et de les faire résonner dans son langage propre. La notion de traduction apparaît ici comme une catégorie centrale. Des exemples de dialogues vécus aideront à l’analyse des différents éléments du processus dialogique.

  • La rencontre des rationalités à l’épreuve du terrain

La rencontre des rationalités n’est pas seulement l’apanage des spécialistes et des savants. C’est une réalité qui traverse l’histoire des sociétés humaines, à travers les innombrables contacts générés tant par le commerce que par les migrations, les alliances politiques et conquêtes militaires, les échanges de nature scientifique, les développements religieux, etc. Qu’entraînent ces rationalités en contact : conflits, métissages, créativités, etc. ? Les sciences sociales mesureront la part des contextes politiques et idéologiques, celle des stratifications sociales, des recompositions culturelles et religieuses, sur la façon dont les rationalités se font face et se modifient.  

  • Penser l’universalité et la vérité

Deux concepts cruciaux pour l’Occident, l’universalité et la vérité, sont questionnés par l’hypothèse des rationalités irréductibles les unes aux autres. Celle-ci conduit-elle nécessairement à un relativisme théologique, philosophique, anthropologique ? L’accès à la vérité est-il encore possible ? Doit-on renoncer à poser l’universalité de la raison humaine ? Pour que le dialogue se réalise n’est-il pas nécessaire que les rationalités en présence se rencontrent dans un universel ?

  • Quelle fécondité pour la société, la théologie ?

A la lumière de ce parcours, les multiples brassages culturels et religieux sont à reconsidérer. Le repli identitaire ou l’absorption des différences ne sont pas les seules issues de la mondialisation. Reconnaître les rationalités dans leur singularité irréductible ouvre un chemin pour bâtir une pédagogie de l’habiter-ensemble.  Toutefois qu’en est-il quand des « rationalités » de courants fondamentalistes ou intransigeants se ferment à l’autre, l’absorbant, l’excluant ou le détruisant ? Interpellée, la théologie s’empare de cette problématique et réinterroge ses Écritures, ses traditions doctrinales et ses pratiques, au profit du bien commun et des croyants.

Conditions de soumission

Les propositions rédigées en français ou en anglais sont à adresser sous format Word au professeur Thierry-Marie Courau, doyen du Theologicum, à : congrestheologicum2016@icp.fr

avant le 15 novembre 2015

Elles doivent répondre aux normes suivantes :

Deux pages en Times Roman, caractère 12, interligne 14 pts,

sans espacement avant ou après un paragraphe.

  • Page 1
    • nom, prénom du/des auteurs
    • adresse mail
    • fonction et institution de rattachement, ville, pays
    • biographie brève
    • titre de la communication
    • disciplines et thématique dans lesquelles la communication s’inscrit
    • 5 mots clés
    • langue projetée pour la communication orale
  • Page 2
    • proposition en 1 200 signes maximum

Le comité scientifique du Congrès sélectionne les interventions et envoie sa réponse au plus tard le 31 décembre 2015.

Si votre proposition est retenue, le texte de la communication doit être transmis au secrétariat du Congrès avant le 30 avril 2016.

Elle doit être accompagné impérativement d’un résumé en français et en anglais.

Le Congrès recommande à l’intervenant de fournir une traduction de son intervention, selon les cas en français ou en anglais, avant le 30 mai 2016.

Colloque : 27-30 juin 2015

Publications

Les résultats du congrès feront l’objet d’un numéro de Concilium (2017/1 ; 10 000 exemplaires en six langues). Les diverses communications des panels constitueront également un matériau qui sera édité sous format numérique (e-book) avec impression à la demande (Cerf).

Comité scientifique

  • Olivier Abel, docteur en philosophie, président du Conseil scientifique du Fonds Ricœur, ancien doyen, Faculté de Théologie Protestante, IPT, Paris, France
  • Maria-Clara Bingemer, docteur en théologie, titulaire de la chaire Carlo Maria Martini, ancien doyen, Faculté de Théologie, Pontificia Universidade Católica, Rio de Janeiro, Brésil
  • Bernard Bourdin, o.p., docteur en théologie, directeur du Cycle des études doctorales, Faculté de Sciences sociales et économiques, ICP, Paris, France
  • Catherine Cornille, docteur en théologie,  Newton College Alumnae Chair of Western Culture, Chairperson, Theology Department, Boston College, Boston, USA
  • Anne Douaire-Banny, docteur es lettres,  professeur des Universités, doyen, Faculté des Lettres, ICP, Paris, France
  • Jérôme de Gramont, docteur en philosophie, doyen, Faculté de Philosophie, ICP, Paris, France
  • Bernard Heyberger, directeur d’études, , EPHE - École pratique des Hautes études & EHESS - École des Hautes études en Sciences sociales, Paris, France
  • Norbert Hintersteiner, docteur en théologie, Institutdirektor, Institut für Missionswissenschaft und außereuropäische Theologie,  Katolisch-Theologische Fakultät, Wilhelms-Universität Münster, Münster, Allemagne
  • Vincent Holzer, docteur en théologie, directeur du Cycle des études doctorales, Theologicum, ICP, Paris, France
  • Solange Lefebvre, docteur en théologie, titulaire de la chaire Religion,  culture et société, ancien doyen, Faculté de théologie et de sciences des religions, Université de Montréal, Montréal, Canada
  • Katia Lenehan, docteur, director, Institute of Scholastic Philosophy - Academia Catholica, Fu jen University, Taipei, Taïwan
  • Carlos Mendoza Alvarez, docteur en théologie, doyen, División de Humanidades y Comunicación, Universidad Iberoamericana Ciudad de Mexico, Mexico, Mexico
  • Daniel Franklin Pilario, docteur en théologie, dean, St. Vincent School of Theology, Adamson University, Quezon City, Philippines
  • Rolando de la Rosa, docteur en théologie, doyen, Faculté de Théologie, ancien recteur, University of Santo Tomas, Manille, Philippines
  • Léonard Santedi, docteur en théologie,  secrétaire général de la Conférence des Évêques, ancien doyen, Faculté de Théologie, UCO - Université catholique du Congo, Kinshasa, RDC
  • Jean-Louis Souletie, docteur en théologie, directeur, ISL - Institut supérieur de Liturgie – Theologicum ICP, Paris, France
  • Felix Wilfred, docteur en théologie,  Président de la Revue internationale de théologie Concilium,  President of the Faculty of Arts, Chairman, School of Philosophy and Religious Thought, State University of Madras, Madras, Inde

 

Lieux

  • Institut Catholique de Paris 19, rue d'Assas
    Paris, France (75006)

Dates

  • dimanche 15 novembre 2015

Mots-clés

  • rationalités, religions, dialogue, société, paradigme

Contacts

  • Thierry-Marie Courau
    courriel : congrestheologicum2016 [at] icp [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • philippe keiser
    courriel : p [dot] keiser [at] icp [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Dialogue des rationalités culturelles et religieuses », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 04 septembre 2015, http://calenda.org/336199