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Collecta : des pratiques antiquaires aux humanités numériques

Collecta: from ancient practices to the digital humanities

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Publié le lundi 05 octobre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

La collection de François-Roger de Gaignières se fonde sur la copie, les référencements et les renvois internes. Organisée selon une structure ouverte, pour être sans cesse enrichie, elle présente des similitudes avec les bases de données. A partir de ce constat, le colloque, élargissant son propos jusqu’à l’époque contemporaine, questionne de front les fonds documentaires et les ressources numériques selon trois axes : objets et méthodes de la collecte ; organisation des savoirs et architecture de l’information ; enjeux de visualisation et de forme.

Annonce

Argumentaire

Le projet COLLECTA est financé par le programme Synergie d’heSam Université. Il est porté par l’École du Louvre avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui travaillent conjointement à la conception d’une archive numérique se fixant pour objectif de faire (ré)apparaître la logique de la collection de François-Roger de Gaignières sous une forme inédite.

  • Lectures croisées et transdisciplinaires des processus classificatoires d'hier et d'aujourd'hui

Animés par une double passion, accumulative et classificatoire, les collectionneurs et antiquaires forgent au début de l'époque moderne des outils intellectuels et formels, dans l'ivresse du savoir, de son élargissement et de sa diffusion. Ils partagent avec l'homme connecté d'aujourd'hui le goût pour le classement de l'information et l'organisation de données.

  • Gaignières comme précurseur

L’entreprise savante de François-Roger de Gaignières (1642-1715) est exemplaire. Sa collection comporte des images et des textes, se construit sur le relevé et la copie, développe l’extrait, les référencements et les renvois internes, fixe des normes et établit des listes permettant les repérages et les recoupements. Un document, figuré ou écrit, produit à partir d’un monument ou d’une archive, peut faire l’objet de copies multiples pour trouver sa place sous différentes entrées dans des portefeuilles distincts, sollicités selon diverses thématiques (topographie, familles, institutions, costumes, etc.). Cette structure ouverte, conçue pour être sans cesse enrichie par ajout et intercalation, a disparu de la conscience des chercheurs lorsque la collection a été pour partie réduite, puis dispersée dans les différents fonds de la bibliothèque royale, devenue nationale (Estampes et Manuscrits).

  • Des méthodes partagées

Le colloque se propose d’identifier la diversité des modes classificatoires, de saisir les catégories intellectuelles, les processus et les logiques formelles développés par les antiquaires et plus largement les savants au cours des siècles au sein des collections historiques et documentaires, propres à assurer leur consultation et leur accroissement. L’enquête érudite menée in situ sur les monuments et les vestiges du passé se poursuit intellectuellement et indéfiniment par la duplication, la transformation et la confrontation des pièces. En conséquence, seront considérés comme sujets d’étude les circonstances de la collecte et les présupposés qui y président, le conditionnement et l’usage des documents, leur matérialité même et, plus généralement, toutes les traces que le travail érudit y a laissées pour permettre ou éclairer leur consultation. Le colloque se propose aussi, dans une approche pluridisciplinaire, d’examiner ces pratiques savantes au regard des pratiques numériques et d’inclure les unes et les autres dans la même approche critique, pour identifier les convergences ou les ruptures, car chacune d’entre elles, produisant de nouveaux classements, crée de nouveaux objets. Les bases de données et sites web dédiés aux collections patrimoniales sont les matrices où les deux champs se rencontrent.

  • Du visible et de l’invisible

Les « humanités numériques » servent-elles à mettre à disposition des enquêtes documentaires déjà établies dans leur objet et leur méthode ou déplacent-elles les questionnements en ouvrant de nouveaux champs de recherche par des dispositifs techniques et formels spécifiques ? Les réponses à cette question ne résident pas seulement dans les atouts les plus évidents du numérique : sauvegarde des documents, recherche et,partage des données, interopérabilité, consultation à distance, enrichissement collaboratif des contenus. Elles engagent d’autres enjeux, techniques, cognitifs et esthétiques : concilier, par exemple, les normes d’encodage et la spécificité des fonds documentaires ; éviter la standardisation des interfaces au nom d’impératifs exclusivement fonctionnels ; faire exister l’expérience sensible et remédier à la perte d’indices matériels consécutive à la numérisation. Le design numérique travaille ces problématiques. Trop souvent réduit au seul habillage stylistique de l’écran, il permet tout aussi bien de penser les modalités d’apparition de l'information que sa consultation. À l'instar de la liberté créative de François-Roger de Gaignières, l'hypothèse engagée propose de considérer la collection numérique comme lieu d’inventions et de création pour un élargissement du champ de la connaissance et de la recherche.

Confrontant les approches antiquaires et érudites avec les procédures contemporaines, le colloque se structurera selon trois axes transversaux : le premier se rapportera aux objets et aux méthodes de la collecte ; le deuxième à l'organisation des savoirs et à leur usage, comme à l’architecture de l'information ; le troisième aux enjeux de visualisation et de forme.

Conditions de soumission

Le colloque s’adresse aux spécialistes des sciences humaines (historiens, historiens de l’art, archéologues, anthropologues, philologues, archivistes, etc.), aux développeurs informatiques, aux ingénieurs de l’information et aux designers, invités à confronter leurs recherches propres ou communes.

Les propositions de contribution (environ 250 mots) sont à retourner à l’adresse suivante : contact@collecta.fr

avant le 28 octobre 2015 

Le colloque se tiendra à Paris, les 7 et 8 avril 2016, à l’École du Louvre, Place du Carrousel, porte Jaujard, amphithéâtre Michel-Ange.

La contribution finale comprendra 25 000 à 30 000 signes et pourra proposer trois images, plus si libres de droit.

Il sera demandé aux contributeurs de remettre leur texte avant le 15 mars 2016, pour permettre la préparation du travail éditorial et la publication rapide des actes dans le courant du mois de juin.

Ce calendrier prévoit pour les auteurs la relecture des épreuves.

Direction scientifique

  • Anne Ritz-Guilbert (École du Louvre)
  • Sophie Fétro (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Comité scientifique

  • Philippe Durey, Dominique Jarrassé, Anne Ritz-Guilbert (École du Louvre) ;
  • Sophie Fétro, Pierre-Damien Huyghe, Alain Schnapp (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ;
  • Michel Pastoureau (EPHE) ;
  • Nathan Schlanger (École des chartes) ;
  • Claudie Voisenat (EHESS).

Membres associés

Anthony Masure (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Pascal Schandel (Ecole du Louvre)

Comité d’organisation

  • Françoise Blanc (École du Louvre)
  • Pascal Schandel (École du Louvre)

Lieux

  • Aile de Flore, amphithéâtre Michel-Ange - École du Louvre, Palais du Louvre, porte Jaujard, Place du Carrousel
    Paris, France (75001)

Dates

  • mercredi 28 octobre 2015

Mots-clés

  • archives, bases de données, collections d'antiquaires, collections historiques, cartographie, classement, copie, datavisualisation, design d'interface, normes

Contacts

  • pascal schandel
    courriel : pascal [dot] schandel [at] ecoledulouvre [dot] fr

Source de l'information

  • pascal schandel
    courriel : pascal [dot] schandel [at] ecoledulouvre [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Collecta : des pratiques antiquaires aux humanités numériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 05 octobre 2015, http://calenda.org/340407