AccueilIdentités, démocratie, frontières

Identités, démocratie, frontières

Identities, Democracy, Borders

*  *  *

Publié le vendredi 08 janvier 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Au sein de l’Europe, espace aux contours relativement indéterminés, les efforts de rapprochement et d’intégration ont donné des résultats tangibles, en matière politique, économique, sociale et culturelle. Les objectifs étaient consensuels : assurer une paix durable, une croissance économique, une sécurité globale, une liberté d’agir, d’entreprendre et de penser. Pourtant, pour certains, l’intégration a été trop rapide, en particulier vers l’Est, ce qui a installé une différenciation nouvelle, Est / Ouest, s’ajoutant à une plus ancienne Nord / Sud. Ce prisme d’analyse est cependant réducteur, car il méconnaît largement les disparités internes à la plupart des territoires nationaux.

Annonce

Banska Bystrica, 6-7 avril 2016

Argumentaire

Au sein de l’Europe, espace aux contours relativement indéterminés, les efforts de rapprochement et d’intégration ont donné des résultats tangibles, en matière politique, économique, sociale et culturelle. Les objectifs étaient consensuels : assurer une paix durable, une croissance économique, une sécurité globale, une liberté d’agir, d’entreprendre et de penser. Pourtant, pour certains, l’intégration a été trop rapide, en particulier vers l’est, ce qui a installé une différenciation nouvelle, Est/Ouest, s’ajoutant à une plus ancienne Nord/Sud. Ce prisme d’analyse est cependant réducteur, car il méconnaît largement les disparités internes à la plupart des territoires nationaux. Après un relatif partage d’espoir et de confiance en l’avenir, les espaces publics européens sont aujourd’hui décrits comme dominés par des peurs, des désenchantements, une méfiance en particulier envers les gouvernements nationaux, dans un contexte de crises et de drames humains largement médiatisés qui peuvent s’analyser à la fois comme déclencheurs et révélateurs de ces peurs et de ces menaces.

La situation semble paradoxale. En effet, des divergences supposées profondes s’expriment au sein et entre les États membres, avec des constats d’incommunications (voire d’incommunicabilités) ; les perceptions, représentations et expressions sont différentes, en particulier sur ces crises. Pourtant, une partie de plus en plus importante de la population totale de l’UE (le taux de 10 % de la population totale est souvent évoqué) est devenue mobile, travaille dans un autre pays que le sien, voyage et transite, le tout sans développer de comportement de migrant et avec des constructions identitaires d’un genre nouveau, composite. La « génération Erasmus » n’est pas qu’un slogan marketing, elle correspond à une réalité des pratiques pour un nombre croissant d’étudiants européens. Une « autre » Europe semble ainsi s’installer, certainement durablement, également avec d’autres évolutions collectives : des réseaux transnationaux, des ONG, des initiatives sociales ou culturelles. Cette « autre » Europe est petite, banale, sans surprise ni découverte et les citoyens mobiles aspirent à d’autres modes de participation, à une évolution des fonctionnements démocratiques, en particulier par rapport aux votes nationaux, à la faible connexion des partis politiques, aux débats locaux.

Les analyses de ces évolutions, articulant le local et le global, s’inscrivent dans une appropriation des usages, des postures, des déplacements et pourraient apporter des éléments concrets pour l’Union européenne qui cherche encore à mettre en place un fonctionnement plus démocratique, plus « investi » par les citoyens, et une gouvernance plus efficace. L’évolution des attentes, l’essor des réseaux sociaux et la mutation sociale dans le cadre de cette société de l’information contribuent à la transformation des espaces publics locaux, nationaux qui utilisent la transformation d’un nouvel espace, du point de vue des frontières. Comment transformer les contraintes en opportunités, avec un engagement qui permette d’espérer que, quelle que soit l’évolution de la construction européenne, le citoyen soit en mesure de participer à la vie collective dans l’échange et le partage ?

Si beaucoup de frontières semblent avoir disparu, même remises en cause par des contrôles liés à des situations d’urgence, d’autres sont apparues. Dans le monde entier, jamais autant de murs n’ont été construits. Et au-delà d’une légitimation de la « forteresse » européenne, à l’intérieur de cet espace, d’autres types de frontières, mentales, se sont mises en place. Les mécanismes identitaires ont bien sûr besoin de limites, de frontières qui structurent, qui rassemblent et permettent d’exister en pouvant envisager l’altérité. La question importante n’est alors pas de déterminer si les frontières sont nécessaires ou pas, mais de bien intégrer de quel type de frontière il s’agit : passage ou mur, et d’essayer d’imaginer quelles limites sont acceptables, légitimes, utiles.

Ce colloque, organisé dans le cadre du réseau de recherche Jean Monnet European Identity, Culture, Exchanges and Multilingualism (EUROMEC), propose une exploration des réalités et des frontières de cette situation décrite comme paradoxale, d’ouverture et de pratiques, en particulier en réseau, transnational, en même temps que des replis, souvent qualifiés d’identitaires. Il est attendu, à partir de ce prisme, des descriptions et analyses de situations, perceptions, attitudes, représentations, usages et activités des citoyens des pays de l’Union européenne, relativement aux dynamiques identitaires (ce qui peut participer à une exploration de la construction communautaire bottom-up). Il s’agit également d’explorer l’impact des politiques, programmes et actions culturels, éducatifs, sociaux, économiques, géopolitiques et/ou géoéconomiques des institutions européennes sur les mécanismes identitaires des citoyens (construction identitaire top-down).

Modalités de soumission

Langues du colloque. Communication : Anglais, Français, Slovaque. Contributions écrites : Anglais, Français

Les propositions de contributions (titre, résumé de la proposition – 150 mots –, 4 à 6 mots-clés, présentation personnelle de l’auteur ou des auteurs) sont à adresser

avant le 15 mars 2016,

simultanément à Radovan Gura, radovan.gura@umb.sk & Gilles Rouet, gilles.rouet@umb.sk

Les auteurs retenus devront adresser leur texte avant le 31 mai 2016 (30 à 40 000 caractères). Une publication sera ensuite organisée en France et/ou en Slovaquie.

Comité d’organisation

  • Anne-Coralie Bonnaire, Assistante, Université de Leipzig, Université Paris Descartes
  • Etienne Ciapin, Assistant, UMB, Université Pierre Mendès France, Grenoble
  • Thierry Côme, Maître de conférences habilité, Université de Reims-Champagne-Ardenne
  • Serge Dufoulon, Professeur, Université Pierre Mendès France, Grenoble
  • Radovan Gura, Maître de conférences habilité, UMB
  • Christophe Lips, Assistant, ISM, UVSQ
  • Dilyana Pavlova, Assistante, Université de Sofia St Clément d’Ohrid
  • Stela Raytcheva, Maître de conference, ISM, UVSQ
  • Gilles Rouet, Professeur, Université Matej Bel de Banska Bystrica, Université de Versailles St Quentin en Yvelines
  • Maria Rostekova, Maître de conférences, Université Matej Bel de Banska Bystrica
  • Maria Stoicheva, Professeur, Vice-Rectrice, Université de Sofia St Clément d’Ohrid

Comité scientifique

  • Stéphane Alvarez, Maître de conférences, Université Pierre Mendès France, Grenoble
  • Thierry Côme, Maître de conférences habilité, Université de Reims-Champagne-Ardenne
  • Serge Dufoulon, Professeur, Université Pierre Mendès France, Grenoble
  • Radovan Gura, Maître de conférences habilité, Université Matej Bel de Banska Bystrica
  • Igor Kosir, Professeur, Université Matej Bel de Banska Bystrica
  • Stela Raytcheva, Maître de conference Université de Versailles St Quentin en Yvelines
  • Gilles Rouet, Professeur, Université Matej Bel de Banska Bystrica, Doyen, Université de Versailles St Quentin en Yvelines
  • Maria Rostekova, Maître de conférences, Université Matej Bel de Banska Bystrica
  • Maria Stoicheva, Professeur, Vice-rectrice, Université de Sofia St Clément d’Ohrid
  • Peter Terem, Professeur, Vice-doyen, Université Matej Bel de Banska Bystrica

Lieux

  • Faculté des sciences politiques et des relations internationales - Kuzmányho 1
    Banská Bystrica, République slovaque (97401)

Dates

  • mardi 15 mars 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • identité, construction européenne, frontière, participation, mobilité, migration

Contacts

  • Gilles Rouet
    courriel : gilles [dot] rouet [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Gilles Rouet
    courriel : gilles [dot] rouet [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Identités, démocratie, frontières », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 08 janvier 2016, http://calenda.org/352047