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Le Roman de la Rose et la philosophie parisienne au XIIIe siècle

The Roman de la Rose and Parisian philosophy in the 13th century

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Publié le lundi 23 mai 2016 par Elsa Zotian

Résumé

Avec La Divine Comédie de Dante, Le Roman de la Rose est le poème médiéval en langue vernaculaire le plus répandu et le plus important en termes d’influence (plus de 300 manuscrits). Il s’agit également d’une œuvre d’une complexité intellectuelle formidable : la continuation de Jean de Meun en particulier, tout en faisant converger les traditions de la poésie courtoise et amoureuse avec la tradition de la satire médiévale, manifeste également un intérêt soutenu pour des questions philosophiques.Les discours des personnages du Roman – particulièrement Raison, Nature et Génius – regorgent non seulement de citations d’auteurs anciens, mais résonnent également avec de nombreux débats philosophiques contemporains, et les nombreuses controverses qui secouent l’Université de Paris.

Annonce

Argumentaire

Avec La Divine Comédie de Dante, Le Roman de la Rose est le poème médiéval en langue vernaculaire le plus répandu et le plus important en termes d’influence (plus de 300 manuscrits). Il s’agit également d’une œuvre d’une complexité intellectuelle formidable : la continuation de Jean de Meun en particulier, tout en faisant converger les traditions de la poésie courtoise et amoureuse avec la tradition de la satire médiévale, manifeste également un intérêt soutenu pour des questions philosophiques.Les discours des personnages du Roman—particulièrement Raison, Nature et Génius—regorgent non seulement de citations d’auteurs anciens, mais résonnent également avec de nombreux débats philosophiques contemporains, et les nombreuses controverses qui secouent l’Université de Paris.

Les critiques soulignent volontiers la dimension encyclopédique du Roman, et insistent sur la culture scientifique et universitaire de son auteur/continuateur, mais peu de chercheurs se sont intéressés de près aux implications philosophiques et intellectuelles plus profondes du dialogue de Jean de Meun avec la scolastique. Dans les années 1940 Gérard Paré pouvait encore maintenir que Jean de Meun était simplement ‘un vulgarisateur et un traducteur’ ‘qui continue de mettre à la portée des laïcs les rudiments de sa science universitaire’, mais à la lumière de travaux plus récents il est évident que cette appréciation est insuffisante et réductrice. Premièrement, Jean manifeste une compréhension bien plus précise et nuancée des problématiques philosophiques débattues à l’Université de Paris pendant les années 1260 et 1270 de ce que pouvaient suggérer les travaux de Paré, doublée d’une sensibilité particulière à l’égard des controverses institutionnelles à l’intérieur de l’Université elle-même. Deuxièmement, l’évocation de ces questions de la part de Jean de Meun ne peut être réduite à une série de simples ‘allusions’ à des termes, méthodes et débats scholastiques, mais suggère une visée philosophique plus large, bien plus profonde et plus complexe, dont le mécanisme et la signification reste à explorer. Il n’est donc plus possible de voir le Roman de la Rose comme un simple tissu de citations et d’allusions plus ou moins confuses et aléatoires à la culture scholastique, ni comme un texte qui ‘adopte’ des solutions philosophiques préexistantes de façon passive et dérivative. Bien plutôt, le Roman de la Rose apparaît comme un poème qui intervient activement, de façon précise, souvent provocatrice et irrévérente, dans les débats philosophiques et théologiques de l’époque.

Grâce à son influence profonde et durable sur le développement de la littérature et la culture vernaculaire de la fin du Moyen Âge, le Roman occupe une position privilégié dans la longue et complexe historie des relations entre scholastique et poésie, philosophie et littérature. Le cas du Roman de la Rose soulève donc une série d’importantes questions annexes, surtout d’ordre méthodologique, concernant l’interface entre discours philosophique et forme littéraire que nous nous proposons d’aborder également dans le cadre de ce colloque. La rencontre vise donc à enrichir notre compréhension du Roman de la Rose lui-même, en tant que poème et en tant qu’expression d’une réflexion philosophique, en encourageant le dialogue entre spécialistes de différentes disciplines—philosophie, histoire intellectuelle, et littérature. Cette démarche vise donc également à mettre à jour des dynamiques intellectuelles, culturelles et institutionnelles plus larges dans lesquelles le Roman est impliqué, tout en prêtant une attention particulière à la méthode poético-philosophique hautement personnelle développée par Jean de Meun, qui nous oblige à remettre en question toute sorte de barrière disciplinaire, autant moderne que médiévale.

Colloque organisé par Marco Nievergelt, résident de l'IEA de Paris, John Marenbon (Trinity College, Cambridge) et Jonathan Morton (King's College, London)

Programme

Lundi 20 juin

9.00 Arrival and registration

9.15-9.30 Welcome

9.30-11 Session 1 — University Culture

  • Olga Weijers (The Hague / IRHT Paris) : Jean de Meun et la Faculté des Arts de Paris                 
  • Alex Novikoff (Fordham University, NY) : Performing Scholasticism: The Poetics of Disputation in 13th-Century Vernacular Poetry

11-11.30 Coffee

11.30 -13.00 Session 2 — Knowledge and Truth

  • Fabienne Pomel (Université de Rennes 2) : Expériences visuelles et fiction allégorique : lexique et paradigme de la fantasie chez Jean de Meun
  • Jonathan Morton (King’s College, London) : Sophisms and Sophistry in the ‘Roman de la Rose’ 

13.00-14.30 Lunch

14.30-16.00 Session 3 — Language

  • Marco Nievergelt (IEA Paris / Université de Lausanne) : Impropriety, Equivocation, and Imposition: Jean de Meun and Parisian Grammar and Logic
  • Earl Jeffrey Richards (Bergische Universität Wuppertal) : Significatio ad placitum: The Virtue Ethics Context of Jean de Meun’s Discussion of Linguistic Referentiality

16.00-16.30 Coffee

16.30-18.00 Session 4 — Uncertainty and Negation

  • Alice Lamy (Univ. Paris-Sorbonne; Lycée Hélène Boucher) : Le roman de la non-rose : héritages et subversions de la théologie négative chez Jean de Meun
  • Christophe Grellard (EPHE-PSL Research University, CNRS-LEM) : Les mécanismes de la croyance. L’épistémologie implicite de Jean de Meun

Mardi 21 juin

9.30-11.00 Session 5 — Nature and Necessity

  • Philip Knox (New College Oxford) : Human Nature and the Natural Law in Jean de Meun’s ‘Roman de la rose’
  • Kellie Robertson (University of Maryland) : Horace’s Pitchfork and Nature’s Axe: Necessity in the ‘Rose’ Tradition

11-11.30 Coffee

11.30-13.00 Session 6 — Politics and Community

  • Juhana Toivanen (University of Jyväskylä) : La Rose: Themes in Political Philosophy
  • Antonio Montefusco (Università Ca’ Foscari, Venezia) : Une relecture politico-communale de la Rose: pour le ‘Fiore’ attribué à Dante Alighieri

13.00-14.30 Lunch

14.30-16.00 Session 7 — Forms of Philosophy

  • John Marenbon (Trinity College Cambridge) : The ‘Roman de la Rose’ and Boethius
  • Kevin Brownlee (University of Pennsylvania) : Forme scholastique et interprétation ouverte dans le ‘Roman de la Rose’

16.30-17.00 Coffee

16.30-18.00 Session 8 — Reading the ‘whole’ Rose

  • Jean-Marc Mandosio (EPHE Paris) : Le ‘Roman de la Rose’ et le ‘Livre du Trésor’: deux usages de la classification des sciences en dehors du cadre universitaire
  • Luciano Rossi (Universität Zürich) : Métalepse et allégorie. L’unité du roman

18-18.30 Concluding Remarks

Lieux

  • Institut d'études avancées de Paris, Hôtel de Lauzun - 17 quai d'Anjou
    Paris, France (75004)

Dates

  • lundi 20 juin 2016
  • mardi 21 juin 2016

Mots-clés

  • Roman de la Rose, Jean de Meun, poésie, médiéval, scolastique

Contacts

  • Institut d'études avancées de Paris Information
    courriel : information [at] paris-iea [dot] fr

Source de l'information

  • Élodie Saubatte
    courriel : elodie [dot] saubatte [at] paris-iea [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le Roman de la Rose et la philosophie parisienne au XIIIe siècle », Colloque, Calenda, Publié le lundi 23 mai 2016, http://calenda.org/367272