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Expéditions géographiques en Terres Numériques, fronts pionniers et nouvelles limites

Geographic Expeditions in Digital Lands, Pioneer Fronts and New Boundaries

Revue « NETCOM »

"NETCOM" Journal

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Publié le mercredi 13 juillet 2016 par João Fernandes

Résumé

Ce numéro de Netcom intitulé « Expéditions géographiques en Terres Numériques, fronts pionniers et nouvelles limites » invite à une mise à jour des acquis scientifiques rendant compte des travaux conduits en explorant deux grands axes : « retours d’expéditions : les patrimoines scientifiques en question » vise à (re)considérer les avancées théoriques, méthodologiques et épistémologiques de ce champ émergeant de nos disciplines (géographie, géomatique, aménagement) ; « du corps à l’espace : de nouvelles limites à arpenter » explore les échelles jusque-ici peu considérées, voire impensées dans nos spécialités.

Annonce

Présentation

De la Géographie des télécommunications des années 1970 à la Géographie du numérique d’aujourd’hui, 40 ans se sont écoulés. Depuis, c’est tout un pan de la discipline qui s’est renouvelé sous les effets de la brutale intrusion ou de la douce insertion du numérique dans les sociétés. Des « terres numériques » ont été découvertes, prenant d’ailleurs davantage l’allure d’archipels épars que de vastes continents, des expéditions géographiques individuelles et collectives ont été organisées, mettant au jour des phénomènes territoriaux inédits. Ainsi, des environnements numériques territorialisés ou dématérialisés ont été décrits, cartographiés, modélisés, arpentés par géographes, géomaticiens et aménageurs ; leurs usages ont été scrutés, leurs logiques de déploiement examinées, leurs ressorts narratifs interrogés.

Ce numéro de Netcom intitulé « Expéditions géographiques en Terres Numériques, fronts pionniers et nouvelles limites » invite à une mise à jour des acquis scientifiques rendant compte des travaux conduits en explorant deux grands axes :

  • « retours d’expéditions : les patrimoines scientifiques en question » vise à (re)considérer les avancées théoriques, méthodologiques et épistémologiques de ce champ émergeant de nos disciplines (géographie, géomatique, aménagement) ;
  • « du corps à l’espace : de nouvelles limites à arpenter » explore les échelles jusque-ici peu considérées, voire impensées dans nos spécialités.

Volet 1- Retours d’expéditions : les patrimoines scientifiques en question

Cet appel à publication entend d’abord focaliser l’attention sur les travaux mettant en tension les pleins - territoires connectés ou très connectés, fronts pionniers - et les vides - territoires déconnectés, marginalisés. De ces approches, dont le spectre s’étend de l’excellence territoriale au désert numérique, découlent des différenciations territoriales générées par les TIC et nourrissent les imaginaires géographiques.

Les fronts pionniers : tête de gondole du numérique territorial

A l’image du Web à ses débuts, les télécommunications ont pu apparaître aux yeux de certains comme des objets insaisissables et presque introuvables, tant ils ne marquaient pas, ou si peu, l’espace. C’est sans doute pour cette raison que les travaux sur le numérique territorial se sont d’abord focalisés sur des sites emblématiques incarnant cette modernité en devenir (Silicon Valley, Bangalore, Parthenay…), des lieux marqués par des processus d’adoption rapide et de diffusion intense. Ces fronts pionniers sont dès lors devenus des territoires privilégiés pour les chercheurs en Sciences Humaines et Sociales, en géographie tout particulièrement. Sont-ils aussi visibles aujourd’hui ? Sont-ils toujours à l’avant-garde des lieux innovants ou ont-ils perdu de l’influence dans leur capacité à faire modèle ?

Parmi les territoires et espaces emblématiques à revisiter (cf. liste non exhaustive) :

  • les espaces dédiés aux fonctions numériques professionnelles (téléports),
  • les quartiers numériques : Silicon Sentier à Paris, Silicon Alley à Manhattan, etc.
  • les petites villes à l’image de Parthenay, Issy-Les-Moulineaux, Chooz, Lannion, ...,
  • les grandes régions et agglomérations : Silicon valley, Palo Alto, Bangalore, ...,
  • les pays pionniers : Japon, Corée du sud, Estonie, Pays scandinaves, …

Les territoires peu ou non connectés : les résistances au numérique

Parallèlement, d’autres études ont porté sur les territoires moins, voire pas, connectés, ceux où les chercheurs ont été confrontés à l’absence d’adhésion à un modèle de société de l’information qui se voulait pourtant universel. Des lieux, des organisations, des individus ont résisté, ont été peu enclins à adopter des usages numériques. Les uns et les autres revendiquent une posture de non usage du numérique que ce soit pour sortir d’un état de dépendance de ces dispositifs (Jauréguiberry, 2014) ou pour se prémunir d’éventuelles conséquences sanitaires liées au brouillard électromagnétique (Bakis, 2016). Ce deuxième volet s’intéresse donc aux résistances multiples au numérique révélées par le prisme territorial.

Parmi les thèmes qu’il s’agit notamment d’envisager :

  • les anciennes et les nouvelles fractures numériques,
  • l’Internet censuré dans les pays autoritaires,
  • les zones d’ombre,
  • l’équipement tardif et laborieux d’espaces demandeurs de réseaux,
  • les désirs de déconnexion personnelle et territoriale, …

L’imaginaire géographique face aux environnements numériques

La place grandissante du numérique dans la société s’est également traduite dans les analyses géographiques par une prise en compte des imaginaires que véhiculent ces dispositifs (Desbois, 2011). De tels imaginaires n’ont pas été sans conséquence sur la façon d’écrire une épistémologie dans ce domaine de recherche encore considéré comme émergent.

Ces imaginaires ont été tirés des univers fictionnels (livres, films, jeux-vidéos) ou des grands récits politiques nationaux qui ont marqué de leur empreinte la façon dont les géographes ont pu orienter leurs analyses. Il s’agit ici de donner à voir des réflexions sur la manière dont ces imaginaires géographiques, mais aussi les réalités techniques et sociales qui les sous-tendent, ont participé de la théorisation d’un sous-champ disciplinaire en train de s’affirmer.

Parmi les imaginaires qu’il s’agit notamment d’envisager :

  • les notions de cyberespace, géocyberespace, géoweb, village global, mondes géonumériques (Joliveau, 2011),
  • les bâtiments, quartiers, villes et territoires qualifiés d’intelligents,
  • la circulation des imaginaires autour de l’accès, de justice spatiale et sociale, …

Volet 2- Du corps à l’espace, de nouvelles limites à arpenter…

Ce deuxième volet de l’appel à contributions se rapproche d’un appel à curiosité. Ici trois terrains d’explorations, encore peu étudiés, sont proposés : le corps en passe d’être à son tour colonisé par le numérique, les lieux témoignant d’une présence robotique et celui de l’espace stratosphérique.

Le corps, nouveau territoire numérique ?

Le corps humain est-il l’ultime « terre » numérique à explorer ? « Le corps, cet impensé de la géographie » (Di méo, 2010) ne peut-il finalement pas s’offrir aux analyses géographiques à la faveur des nouveaux dispositifs numériques qui s’annoncent ? La santé, la sécurité, la traçabilité (volontaire ou non) des individus et son corolaire la perte de la vie privée sont des thèmes que les géographes, géomaticiens et aménageurs peuvent investir grâce aux dispositifs proches du corps humain.

Les contributions attendues peuvent porter sur :

  • les mesures volontaires et le rapport aux spatialités individuelles (le « moi-mesuré »),
  • l’angle sécuritaire autour des systèmes de surveillance des individus dans des espaces contraints (bracelets électroniques),
  • le recours aux méthodes de dispositifs de traçabilité numérique (notamment puces sous-cutanées) équipant également hommes mais aussi animaux domestiques au service d’une meilleure connaissance de l’environnement urbain.

Robots, vers l’automatisation des territoires

Si remplacer l’homme par le robot est l’un des thèmes récurrents des romans d’anticipation, désormais la réalité semble prête à rejoindre la fiction à l’instar de la place donnée aux robots dans les sociétés allemandes, japonaises, chinoises ou sud-coréennes où un projet de charte éthique des robots a été élaboré dès 2007. Alors que circulent depuis quelques mois les vidéos des derniers développements du robot humanoïde Atlas, cet appel à texte invite à mettre en visibilité des études nécessairement très exploratoires où sera interrogée la place que le robot, nouvelle catégorie humanoïde, prend dans les environnements domestiques, professionnels ou artistique.

Les contributions attendues peuvent porter sur :

  • les robots humanoïdes notamment dans leurs missions de services auprès des populations (service à la personne, tourisme),
  • les voitures automatiques et leurs conséquences sur les pratiques de mobilité, …

Prendre de la hauteur : explorer les espaces aériens

Les espaces aériens et extra-atmosphériques (Bautzmann, 2001 ; Verger, 2002) représentent des terrains d’exploration qui ont jusqu’à présent peu suscité l’intérêt des géographes et aménageurs, alors qu’ils représentent des environnements attractifs pour de nouveaux acteurs. Ainsi, le Projet Loon (Google, CNES) qui vise à lancer dans la couche basse de la stratosphère des ballons gonflés à l’hélium se présente comme une solution d’accès au réseau pour des lieux enclavés, les pratiques ludiques ou professionnelles de vols de drones sont à l’origine de nouvelles formes d’occupation de l’espace, de conflits d’usages (dans l’espace aérien qui peut avoir tendance lui aussi à « s’uberiser »). On attend ici des textes qui interrogent ces nouveaux usages qui modifient les protocoles de mesures cartographiques (drones) ou renouvellent les études sur la fractures numériques (ballons).

Les contributions attendues peuvent porter sur :

  • la géographie des circulations des drones à plus ou moins faible altitude,
  • le nouveau maillage du ciel avec des solutions alternatives déployées dans les couches basses de la stratosphère,
  • l’espace des satellites en orbite géostationnaire, …

Bien entendu, si des auteurs pensent à d’autres thématiques qu’ils estiment reliées au sujet de cet appel à communication, nous les invitons à nous faire parvenir leurs propositions que nous examinerons avec intérêt.

Soumission d’articles scientifiques

Les articles, d’une longueur de 15 à 20 pages, doivent comporter, en première page, les coordonnées complètes de l’auteur (ou des auteurs), un titre, un résumé et des mots-clés en français et en anglais.

Les articles seront évalués en double aveugle.

Soumission de notes scientifiques

En complément des articles scientifiques, cette rubrique contient des notes de recherches qui n’ont pas le statut d’article évalué en double aveugle mais qui présentent tout de même un intérêt pour leur caractère novateur ou pour la qualité de la problématique posée et des pistes envisagées. Ce sont des textes plus courts que les articles (5 à 10 pages) soit entre 10000 et 15000 caractères qui doivent apporter un complément utile à la thématique de ce numéro spécial. Ce type de contribution est également souhaité pour permettre au lecteur de comprendre les enjeux ou l’intérêt de prolonger la réflexion dans le cadre d’une future recherche.

Instructions aux auteurs

Articles scientifiques et notes scientifiques peuvent être publiés en français et/ou anglais.

Les contributions sont à envoyer à Marina Duféal, Guest Editor (marina.dufeal@cnrs.fr), et à Philippe Vidal, Editor (philippe.vidal@univ-lehavre.fr).

  • Marina Duféal, Enseignante-chercheure en Géographie, Université Bordeaux Montaigne UMR Passages 5319, marina.dufeal@cnrs.fr
  • Philippe Vidal, Enseignant-chercheur en Géographie-Aménagement, Université du Havre UMR IDEES 6266, philippe.vidal@univ-lehavre.fr

Les modalités de mises en forme sont disponibles sur : http://netcom.revues.org/956

Plus d’informations sur la revue : http://netcom.revues.org/

Calendrier indicatif

Lancement de l’appel à texte : juillet 2016

Envoi des propositions d’articles : vendredi 2 décembre 2016

Publication du numéro thématique : avril 2017 

Bibliographie

  • BAKIS H. (2016), « Pour l’aménagement d’espaces sans brouillard électromagnétique », dans Paché Gilles, El Khayat Mustapha (2016), Invitation aux flux. Entre transport et espace, Coll. Travail et Gouvernance, Presses Universitaire de Provence, pp. 143–150. ISBN : 9791032000397
  • BAKIS H. (1983), Télécommunications et organisation de l’espace, Thèse d’Etat es Lettres et Sciences humaines, Université de Paris I-Panthéon Sorbonne, 1302 p.
  • BAUTZMANN A. (2001), Exogéographie politique des autoroutes de l’information. Globalisation de la communication et mutation du système-monde. Thèse soutenue à l’université Aix- Marseille I, le 13 décembre 2001 (dir. Pr. Jean-Paul Ferrier).
  • DESBOIS H. (2011), « Cyberespace, retour sur un imaginaire géographique », Carnets de Géographes, n° 2 Espaces virtuels, http://www.carnetsdegeographes.org/carnets_recherches/rech_02_02_Desbois.php
  • DI MEO G. (2010), « Subjectivité, sociabilité, spatialité : le corps cet impensé de la géographie », Annales de Géographie, n° 675, vol. 5, pp. 466-491.
  • JAUREGUIBERRY F. (2014), « La déconnexion aux technologies de communication », Réseaux, n° 186, pp. 17-49.
  • JOLIVEAU T. (2011), « Le géoweb, un nouveau défi pour les bases de données géographiques », L’Espace géographique, 2/ 2011 (Tome 40), pp. 154-163.
  • VERGER F. [dir] (2002), L’espace, nouveau territoire. Atlas des satellites et des politiques spatiales, Paris : Belin.

Dates

  • vendredi 02 décembre 2016

Mots-clés

  • géographie, TIC, territoire, espace, numérique, géocyberespace, traçabilité numérique

Contacts

  • Marina Duféal
    courriel : marina [dot] dufeal [at] cnrs [dot] fr
  • Philippe Vidal
    courriel : philippe [dot] vidal [at] univ-lehavre [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sabrina Mommolin
    courriel : sabrina [dot] mommolin [at] univ-lehavre [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Expéditions géographiques en Terres Numériques, fronts pionniers et nouvelles limites », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 13 juillet 2016, http://calenda.org/372824