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Sociologie du pouvoir et pouvoir de la sociologie

The sociology of power and the power of sociology

Réseau thématique 5 « Classes sociales, inégalités, fragmentations » – Congrès de l'Association française de sociologie 2017

Theme network 5 - "Social classes, inequalities, fragmentations" - Congress of the French Sociology Association 2017

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Publié le mercredi 23 novembre 2016 par Céline Guilleux

Résumé

Cet appel à communications invite à poursuivre les réflexions menées au sein du réseau thématique 5 (RT5) lors des derniers congrès et journées d’études inter-congrès. L’effort récent a porté notamment : sur l’analyse des classes sociales au concret par des approches empiriques ; sur les jeux d’échelle dans l’analyse des classes sociales - des espaces sociaux localisés aux catégorisations européennes ; ou encore sur les rapports entre mobilités spatiales et classes sociales. Le bureau du RT5 souhaite encourager des communications sur la thématique générale du congrès, « sociologie du pouvoir et pouvoir de la sociologie » mais cet appel à communication demeure large et ouvert.

Annonce

Argumentaire

Cet appel à communications invite à poursuivre les réflexions menées au sein du RT5 lors des derniers congrès et  journées d’études inter-congrès. L’effort récent a porté notamment : sur l’analyse des classes sociales au concret par des approches empiriques ; sur les jeux d’échelle dans l’analyse des classes sociales - des espaces sociaux localisés aux catégorisations européennes ; ou encore sur les rapports entre mobilités spatiales et classes sociales.

Ces journées et congrès ont montré la vitalité, le renouvellement et les acquis des recherches, menées sur des terrains français et étrangers, mobilisés de façon comparative ou non. Ces échanges ont également permis de dégager des questionnements et objectifs de recherche transversaux aux travaux sur les classes, la stratification sociale, les rapports de domination et les inégalités. Ces questionnements partagés se structurent autour de la volonté commune :

  • de développer une approche empirique des classes sociales ;
  • d’articuler l’étude des rapports sociaux au travail avec celle des styles de vie ;
  • de combiner l’étude de groupes sociaux avec une approche en termes d’espace social ;
  • de réinvestir le chantier théorique en articulant notamment l’analyse des dominations de classe, de genre, de race et de génération ;
  • de questionner les modes de catégorisation (statistiques ou non) et les représentations des groupes et classes sociales ;
  • d’analyser les migrations et l’internationalisation des rapports de classe.

Les propositions de communication attendues devront, autant que possible, contribuer à l’articulation entre débats théoriques et données empiriques. Elles devront également expliciter les enjeux de méthodes (catégorisations, données et sources disponibles) et être attentives à la complémentarité des méthodes (articulation quantitatif/qualitatif ; approches socio-historiques, etc.).

Le bureau du RT5 souhaite encourager des communications sur la thématique générale du congrès, « sociologie du pouvoir et pouvoir de la sociologie » mais cet appel à communication demeure large et ouvert.

On pourra appréhender le pouvoir sous ses diverses facettes. Saisi de manière restrictive, il se rattache à l’appareil politique et aux mobilisations collectives : comment la fermeture sociale de l’accès aux positions de pouvoir au sein des institutions étatiques, locales, politiques, syndicales ou associatives participe-t-elle de la (re)production des inégalités ? Inversement, comment la monopolisation de positions électives par des élites ou par certaines fractions de classes contribue-t-elle à leur légitimation ? Au sens large, le pouvoir peut également se ressentir et se manifester au cours d’interactions quotidiennes : comment s’articulent alors appartenance de classe, rapports de domination et position de pouvoir ? Enfin, quel est le pouvoir de la sociologie dans la construction des groupes sociaux, voire des luttes et des conflits de classes ? Comment certaines représentations (profanes, expertes et/ou savantes) sont-elles mobilisées et par quels processus sont-elles amenées à devenir enjeu de lutte(s) ?

Nous proposons quelques entrées qui pourront devenir des sessions du congrès :

1/ Étudier la conflictualité sociale dans ses formes ordinaires ou dans le cadre d’actions collectives : il s’agit ici d’ouvrir l’analyse au-delà d’une définition des classes sociales par les rapports de production, ou par leur mode de vie, en reprenant la question classique de la construction politique des groupes sociaux. Comment la conflictualité participe-t-elle de la construction des groupes sociaux ? Assiste-t-on à un renouveau des mobilisations et sur quelles scènes sociales (au travail, sur la scène résidentielle, en matière de modes de vie ou de droits sociaux) ? Quelles sont les formes ordinaires, selon la position dans la hiérarchie sociale, que prennent les antagonismes ou les conflits entre classes et au sein des classes ? Comment un groupe social s’objective-t-il dans l’espace social ? Comment les classes entrent-elles en lutte ? Ou, en d’autres termes, comment passe-t-on de la classe objet à la classe mobilisée ? Quelles sont les formes organisationnelles contemporaines de la lutte des classes (partisanes, syndicales, associatives, « citoyennes »…) ?

2/ Les classes sociales au travail : nous invitons ici à prolonger le chantier des classes sociales au concret en plaçant particulièrement la focale sur les relations de travail et au travail. Quelles sont les reconfigurations des formes de domination au travail ? L’analyse pourra bien sûr porter sur l’industrie (avec par exemple la place de la sous-traitance), sur le secteur primaire, reconfiguré par des crises successives, mais aussi sur le secteur tertiaire, dont le développement important conduit à des formes renouvelées d’exploitation au travail qu’il s’agit de mieux explorer.

3/ Analyser les classements ordinaires, profanes, des groupes sociaux et des positions sociales : quelles sont les modalités concrètes des jugements et représentations de classe ? Quelles formes peuvent prendre les inimitiés entre classes ou fractions de classe, le mépris de classe ou, au contraire, les alliances ? Comment ces classements s’articulent-ils en situation avec les rapports sociaux d’âge, de sexe et de race ? Comment la perception de la structure sociale varie-t-elle selon le contexte et quelles sont les catégories indigènes qui participent à la construction des rapports de pouvoir entre classes ou fractions de classes ?

4/ Analyser les classements savants et pseudo-savants : De manière complémentaire, on s’intéressera à l’appropriation de la sociologie, c’est-à-dire aux classifications savantes ou pseudo-savantes de la stratification sociale pour savoir comment celles-ci sont mobilisées ou non, réappropriées ou non dans le champ politique et médiatique ? Comment s’articulent ces représentations savantes de la structure sociale avec celles du pouvoir ? Quelles places jouent les sociologues dans cette articulation? Par exemple, quelles lectures du monde social et de la stratification sont enseignées dans les programmes scolaires ? À l’inverse, dans quelle mesure la sociologie peut-elle, parfois, se faire le relais de problématisations ou de catégorisations forgées au sein d’autres instances de pouvoir (politique ou médiatique par exemple) ? Ces questions invitent à questionner l’autonomie de la sociologie quant aux questions de classes et, plus généralement, de stratification sociales. Plus largement, quels liens pouvons-nous faire (ou non) entre des classements indigènes et des catégorisations savantes ? Faut-il considérer les catégorisations savantes comme des catégories indigènes comme les autres ?

Envoi des propositions et des communications

Les propositions doivent mentionner les éléments suivants :

  • Nom et prénom du/des auteur-e-s, adresse email
  • Fonction et institution(s) de rattachement
  • Titre et présentation de la communication
  • Une proposition de communication d'une page

Les propositions sont à envoyer avant le 20 janvier 2017 à :

Pierre Gilbert (pierre.gilb@gmail.com) et Élie Guéraut (elie.gueraut@gmail.com)

La décision du comité d'organisation sera communiquée aux auteurs avant le 28 février 2015.

Pour les communications acceptées, un texte de présentation de 5 à 10 pages devra ensuite être envoyé avant le 12 juin 2017.

Sélection

Les propositions de communication feront l’objet d’une sélection basée sur les critères précédemment évoqués, dans le but de disposer d’un temps d’exposé et de discussion suffisant dans le cadre des sessions d'1h30 prévues.

Organisation

Le bureau du RT 5 :

  • Lise Bernard,
  • Raphaël Challier,
  • Pauline Clech,
  • Benoît Coquard,
  • Jean-Luc Deshayes,
  • Élie Guéraut,
  • Violaine Girard,
  • Fanny Girin,
  • Pierre Gilbert,
  • Gilles Laferté,
  • Guillaume Lejeune,
  • Cédric Lomba,
  • Vincent Moeneclaey,
  • Ana Perrin-Heredia,
  • Yasmine Siblot.

Lieux

  • Université de Picardie Jules Verne
    Amiens, France (80)

Dates

  • vendredi 20 janvier 2017

Mots-clés

  • pouvoir, classe sociale, inégalité, fragmentation

Contacts

  • Élie Gueraut
    courriel : elie [dot] gueraut [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Élie Gueraut
    courriel : elie [dot] gueraut [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Sociologie du pouvoir et pouvoir de la sociologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 23 novembre 2016, http://calenda.org/385210