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L’Afrique des familles

Africa and the family - the family in contemporary Africa

La famille dans l’Afrique contemporaine

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Publié le vendredi 27 janvier 2017 par João Fernandes

Résumé

S’intéresser à la famille en Afrique aujourd'hui consiste à interroger les diverses mutations qu’y a connu cette structure en tant que réalité sociale, anthropologique, économique, … ces dernières années. Et comme la famille ne peut être pensée en dehors des cadres sociaux dans lesquels elle est insérée, il s’agit d’analyser les effets de ces cadres sur elle. Par exemple comment se déclinent les liens (s’ils existent) entre (l’allongement de) la scolarité des jeunes filles (ou l’augmentation du travail des femmes) et la fécondité ? Entre la crise économique (le chômage) et la transformation des rôles parentaux ? Qu’en est-il des effets sur la famille du phénomène d’individuation en cours ? etc.

Annonce

Argumentaire

Avant la période coloniale, lorsque l’on parlait de famille en Afrique, on faisait allusion aux lignées, lignages et clans. Le système de parenté y était soit patrilinéaire soit matrilinéaire. Chaque garçon, chaque fille avait un avenir tout tracé : chasseur, forgeron ou cultivateur, époux à 17-20 ans d’une ou plusieurs femmes pour le premier, épouse (ou co-épouse) à 13 ans, cultivatrice, etc. Mais la mission « civilisatrice » aussi bien de l’administration coloniale que de la religion chrétienne a progressivement fait accepter une conception occidentale de la famille : père-mère-enfants ; imposition du patronyme ; introduction de notions telles que cousins, tantes, etc.

S’intéresser à la famille en Afrique aujourd’hui consiste à interroger les diverses mutations qu’y a connu cette structure en tant que réalité sociale, anthropologique, économique, … ces dernières années. Et comme la famille ne peut être pensée en dehors des cadres sociaux dans lesquels elle est insérée, il s’agit d’analyser les effets de ces cadres sur elle. Par exemple comment se déclinent les liens (s’ils existent) entre (l’allongement de) la scolarité des jeunes filles (ou l’augmentation du travail des femmes) et la fécondité ? Entre la crise économique (le chômage) et la transformation des rôles parentaux ? Qu’en est-il des effets sur la famille du phénomène d’individuation en cours ? etc.

Ailleurs les réflexions et débats sur la famille restent foisonnant et l’apparition de nouvelles notions indiquent les profonds changements : PMA (procréation médicalement assistée), monoparentalité, homoparentalité, GPA (gestation pour autrui), mariage pour tous, etc. Georges Balandier observant les mutations qui commençaient à opérer en Afrique dans les années 1950-1960 arriva à la conclusion qu’il y avait une imbrication entre tradition et modernité. C’est ce processus qu’il désigna par « dynamique du dedans » (culture endogène) et « dynamique du dehors » (culture venue d’ailleurs). Quels sont donc les traits de la famille en Afrique au XXIème siècle ?

Après des réflexions sur « L’Afrique des individus », sur « L’Afrique des associations », sur « L’Afrique des citadins », il est question ici d’interroger « L’Afrique des familles ». La question principale étant de savoir ce qu’il en est de la famille dans l’Afrique contemporaine.

Axes thématiques

Cinq principaux thèmes pourraient être envisagés :

1. Les nouvelles formes familiales

Il s’agira ici de savoir si la complexification des fonctionnements sociaux a entraîné une diversification des modèles familiaux (y compris des formes matrimoniales). Peut-on répertorier ces éventuelles nouvelles configurations de la famille et en établir une typologie ? Quels sont les changements et les permanences de ce processus de transformation ? Il s’agit donc d’être attentif aux différentes formes que recouvre la famille en Afrique aujourd’hui ainsi qu’à leurs déterminants.

2. Les liens familiaux

L’Afrique a souvent été vantée comme le lieu de la « famille élargie » et de la « solidarité familiale ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Quelle est la réalité des liens familiaux ? Entre conjoints, entre parents et enfants, entre enfants ? Quel est par exemple l’impact des nouvelles technologies de la communication (internet, réseaux sociaux, téléphone portable…) ou encore des crises économiques sur les liens familiaux ? Qu’en est-il de la domination patriarcale ? Qu’en est-il des rapports et des solidarités intergénérationnels ? Qu’en est-il du poids des « coutumes », du sacré (par exemple les rites de passage ») dans ces liens parentaux ? etc.

3. Mise en couple et stratégie matrimoniales

Si hier le garçon, la fille ne pouvaient choisir leur conjoint parce que c’est le père, la mère ou la « tante » qui était chargé d’assurer ce placement, aujourd’hui l’individu est de plus en plus libre. Dans quelles mesures les facteurs interethniques, la disposition ou non de capital économique, dans cette société de plus en plus marchande jouent-ils dans le choix du conjoint ? Quelle est la place de la religion ? Peut-on parler de mariage d’amour ou de raison ? Quelle est la place des nouvelles technologies dans la mise en couple (et qu’en est-il du phénomène de « mondialisation de la relation amoureuse », du fait d’internet par exemple, constaté ailleurs) ? Quelles sont les stratégies matrimoniales en cours ?

4. Les politiques publiques face aux familles

La famille est à la fois une affaire publique et une affaire privée. Située dans le champ de la vie privée, elle est aussi l’objet de politique publique car elle intéresse le devenir collectif des nations. Il s’agira donc ici d’interroger les politiques familiales en Afrique. A quoi correspondent-elles ? Sur quoi reposent-elles ? Quels en sont les effets ? etc. Quelles sont les tensions entre les logiques individuelles, les logiques collectives et les logiques institutionnelles ?

5. La famille dans la société globale (Economie, Santé, Education, Art…) 

On s’intéressera ici à l’intersection entre la famille et les dynamiques politiques, économiques ou culturelles globales. Il s’agira d’analyser l’impact de (des transformations de) la famille sur la société globale. Par exemple sur l’économie, sur l’éducation, sur la santé, etc.

Il s’agira aussi de voir comment l’art (chanson populaire, peinture, théâtre, littérature…) s’est emparé de ce thème (des transformations) de la famille et comment le rend-t-il.

Modalité d’envoi des propositions

Les propositions de titres et résumés sont à envoyer à :

- Jean-Aimé Dibakana (jeanaime09@gmail.com)

- Jean-Pierre Missié (jpierremissie2002@gmail.com

Les résumés (3000 caractères, espaces compris) devront préciser la problématique, la méthodologie, une bibliographie synthétique, un plan indicatif et 4 mots clés. Ils seront examinés à la double aveugle. Les propositions devront en outre inclure quelques informations biographiques de l’auteur (nom et prénom, affiliation institutionnelle et fonction, no de téléphone et e-mail) et ses principales publications.

Calendrier

27 janvier 2017 : publication de l’appel

25 février 2017 : fin de la soumission des propositions d’articles

10 mars 2017 au plus tard : réponses aux propositions

30 mai 2017 : fin de réception des articles

Fin septembre 2017 au plus tard : publication de l’ouvrage. 

Coordonnateurs de l’ouvrage

  • Jean-Aimé Dibakana, Ecole normale sociale, Paris
  • Jean-Pierre Missié, Université Marien Ngouabi, Brazzaville.

Catégories

Dates

  • samedi 25 février 2017

Mots-clés

  • famille, transformations sociales, Afrique, mariage, solidarité

Contacts

  • Jean-Aimé Dibakana
    courriel : jeanaime09 [at] gmail [dot] com
  • Jean-Pierre Missié
    courriel : jpierremissie2002 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Jean-Aimé Dibakana
    courriel : jeanaime09 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L’Afrique des familles », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 27 janvier 2017, http://calenda.org/391967