AccueilPhotographie et technologies de l’information

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Publié le jeudi 02 février 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque entend réunir des contributions qui abordent l’histoire de la photographie avant tout comme l’histoire de la collecte, du traitement et de la production de vastes ensembles de données visuelles. Que peut-on apprendre d’une approche de la photographie qui ne la réduise ni aux seules pratiques artistiques ou amateurs, ni à des ensembles limités d’images individuelles, mais l’envisage comme une technologie de l’information ? Que peut-elle apporter aux recherches actuelles menées sur les dimensions scientifiques et pédagogiques du médium ?

Annonce

Argumentaire

Les photographies tendent à exister en masse. Éléments moteurs de la consommation de masse, elles ont, dès l’invention du médium, amené l’industrie à développer de multiples instruments pour accélérer la production, le stockage et la diffusion des images, de la bobine de film à la carte mémoire, des appareils de petit format aux caméras numériques, en passant par la chronophotographie, le bélinographe, l’impression rotative, etc. En parallèle, nombre de techniques et de standards ont dû être mis au point ou adaptés à la photographie pour gérer, organiser et tirer parti de collections sans cesse croissantes : on peut penser aux catalogues iconographiques, aux registres, aux fichiers, aux systèmes de classification de bibliothèques, aux banques d’images, aux algorithmes, ou aux divers instruments de juxtaposition d’images comme les planches-contact ou les atlas. Dans certains cas, la photographie peut y constituer l’objet même de la collection, dans d’autres, elle agit plutôt comme l’outil permettant de rassembler et de donner accès à des matériaux provenant de sources très diverses, comme c’est le cas avec le microfilm, par exemple. Aujourd’hui, la nouvelle « indicialité » de la photographie numérique (André Gunthert) fournit des outils supplémentaires pour saisir les images et associer des données à elles, et pour offrir ainsi de nouveaux moyens de gérer et de donner accès à de grandes quantités d’images dans l’espoir de générer de nouveaux savoirs à partir d’elles.

Ce colloque entend réunir des contributions qui abordent l’histoire de la photographie avant tout comme l’histoire de la collecte, du traitement et de la production de vastes ensembles de données visuelles. Que peut-on apprendre d’une approche de la photographie qui ne la réduise ni aux seules pratiques artistiques ou amateurs, ni à des ensembles limités d’images individuelles, mais l’envisage comme une technologie de l’information ? Que peut-elle apporter aux recherches actuelles menées sur les dimensions scientifiques et pédagogiques du médium ?

Parmi les multiples problématiques abordées, on pourra en particulier considérer les questions suivantes :

  • Quel profit le traitement massif de la photographie a-t-il apporté aux savoirs dans les sciences humaines comme dans les sciences dures ?
  • Quelles techniques et méthodes ont favorisé l’accumulation et la circulation des photographies ?
  • Quel impact la quantité a-t-elle eu sur les systèmes d’organisation des données ?
  • Quels points communs et différences existent-ils de ce point de vue entre matérialité analogique et numérique, entre les pratiques de la fiche et des bases de données digitales ?
  • Comment la photographie a-t-elle interagi avec les domaines du son ou des images animées, et que peut-on apprendre de ces autres médias ou d’approches théoriques développées dans ces autres domaines ?
  • Quelles sont les limites du traitement des photographies ? Qu’est-ce qui peut y être automatisé ou non ? Quelle place doit y être accordée au facteur humain et à la subjectivité ?
  • Comment le numérique redéfinit-il le fossé existant entre image et texte, fossé qui fonde aussi bien les pouvoirs de l’image que son opacité ?
  • Comment affronter plus particulièrement le problème de devoir développer des structures organisationnelles suffisamment stables pour pouvoir accueillir de grandes quantités d’images tout en devant atteindre une masse critique de données, ou big data, pour assurer comparabilité et représentativité ?

Les communications peuvent concerner toute discipline, toute période historique, toute approche théorique ou pratique.

Modalités de soumission

Les propositions sont à adresser à Estelle.Blaschke@unil.ch 

avant le 31 mars 2017.

Organisation

Le colloque est une collaboration entre la Section d’histoire et esthétique du cinéma, UNIL, Centre des sciences historiques de la culture, UNIL, Collège des humanités, EPFL, et le Programme doctoral en humanités numériques, Centre UNIL-EPFL. 

Il est organisé par Estelle Blaschke, Olivier Lugon et Davide Nerini dans le cadre du projet de recherche FNS « Toute la culture du monde sur pellicule : essor et imaginaire du microfilm des années 1920 aux années 1950 ».

Dates du colloque

16 et 17 novembre 2017

Sélection

Le comité responsable pour l'évaluation des propositions de contribution se compose de:

  • Olivier Lugon, professeur, section d'histoire et esthétique du cinéma
  • Estelle Blaschke, chercheuse FNS Senior, Centre des Sciences historiques de la culture
  • Davide Nerini, doctorant FNS, Centre des Sciences historiques de la culture à l'Université de Lausanne.

Lieux

  • Université de Lausanne
    Lausanne, Confédération Suisse (1015)

Dates

  • vendredi 31 mars 2017

Mots-clés

  • photographie, technologie de l'information

Contacts

  • Estelle Blaschke
    courriel : estelle [dot] blaschke [at] unil [dot] ch

Source de l'information

  • Estelle Blaschke
    courriel : estelle [dot] blaschke [at] unil [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Photographie et technologies de l’information », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 02 février 2017, http://calenda.org/392543