AccueilLes références judéo-chrétiennes dans les traductions des sens du Coran

Les références judéo-chrétiennes dans les traductions des sens du Coran

Judeo-Christian reference in translations of the meaning of the Coran

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Publié le mercredi 14 juin 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Notre propos n’est pas ici d’empêcher l’ijtihād  des chercheurs, ni même de venir à bout des efforts entrepris pour traiter et étudier le texte coranique, mais plutôt de mettre de tels travaux dans le cadre cognitif le plus approprié qui ne déborde pas à la fois de la spécificité du discours coranique et de la religion islamique sur les plans de la croyance, de la pensée et de la langue, et ce afin d’éviter l’abus idéologique du texte religieux. Par l’organisation de ce colloque, nous cherchons à livrer une lecture raisonnable et minutieuse à propos de ces traductions et des problèmes qu’elles soulèvent. Nous entendons ainsi élaborer une théorie propre à la traduction des sens du Coran et basée sur l’objectivité et le rejet de la pensée orientaliste qui domine la plupart de ces traductions et interprétations. Nous tentons aussi de traiter objectivement et correctement le texte coranique sans pour autant dévier de ses finalités, ni altérer ses sens.

Annonce

Argumentaire

Le but des traductions des sens du Coran, révélé en langue arabe, est de faire connaître ses valeurs religieuses, civilisationnelles et scientifiques.  Or, le transformer dans le prisme d’autres langues requiert, d’une part, la prise en compte de la spécificité de ce texte sacré, associée à ses références idéologiques, culturelles et historiques ; et d’autre part, l’appréhension de ses sens et de ses contextes sémantiques, ainsi que de sa langue miraculeuse. Celle-ci constitue un défi majeur pour le traducteur quant à son style, sa combinaison de mots, ses images, son excellente éloquence.

Parmi les traductions coraniques, il existe des traductions à référence biblique (judaïque et chrétienne). En dépit des efforts suivis en vue de corriger leurs erreurs et de les parfaire, elles restent parsemées de problèmes d’ordres divers : linguistique, conceptuel, sémantique, religieux, culturel, idéologique, symbolique et psychologique. Parmi les problèmes principaux, on citera :

  • la plupart de ces traductions se heurtent à l’aspect miraculeux, tant linguistique que rhétorique, du Coran, à son caractère inimitable et à l’obstacle de cerner ses sens, ses dimensions et ses finalités (maqāsid). En effet, le traducteur est confronté à un texte original inimitable dont le transfert ne se fait nullement sans qu’il y ait perte. De surcroît, la langue cible ne dispose pas souvent de termes susceptibles de rendre ceux du Coran, au risque d’une altération de ses significations profondes et de son style fascinant ;
  • le Coran est doté d’un système conceptuel unique ayant trait à un contexte civilisationnel, cognitif et culturel spécifique. Dans l’usage coranique, le mot arabe, sortant de la sphère des termes simples et courants, s’emploie dans une dimension riche en significations et en perspectives, et ouvert à une multitude de sens inédits. Le traducteur est appelé donc à saisir ces significations et à assimiler les systèmes culturels, civilisationnels et religieux du Coran. Il est amené également à se munir d’outils opératoires aptes à transmettre les sens et les contextes propres au texte coranique, conformément au génie de la langue cible, et à adopter une méthode lui permettant de limiter, au strict minimum, son intervention dans le texte sacré. Toutefois, certaines traductions à référence biblique ne répondent pas à ces exigences et restent imprégnées d’influences judaïques et chrétiennes. Ces influences parviennent souvent au point d’établir le lien doctrinal entre le texte coranique et les religions chrétienne et juive (surtout la religion juive) et de tenir en suspicion son origine divine. De même, la présence des isrā’iliyāt rend ces traductions partiales dans la mesure où ceux-ci énoncent que le texte coranique n’est qu’une réécriture en arabe des croyances et des lois juives et chrétiennes.

Il y a par ailleurs l’absence de la bonne compréhension des finalités du Coran. En fait, certaines traductions dites « interprétatives », qui, d’ailleurs, se réclament de diverses références idéologiques et intellectuelles, portent préjudice à son cadre cognitif original, à la véracité de ses contenus et aux mécanismes de son fonctionnement. Ce qui implique des lectures et des traductions modernes qui se prêtent à transformer le texte coranique en un livre assujetti aux idéologies occidentales exemptes de valeurs humaines, religieuses et civilisationnelles, alors que celles-ci constituent la finalité de la révélation. En contemplant ces modèles interprétatifs contemporains, nous nous apercevons que les pratiques interprétatives instaurées par certains adeptes de la modernité, nécessitent une refonte critique à la lumière des faussetés intellectuelles et méthodologiques qu’elles recèlent. En ce cas, ces pratiques, qualifiées de références non bibliques, sont égales aux références bibliques en termes de danger.

Notre propos n’est pas ici d’empêcher l’ijtihād  des chercheurs, ni même de venir à bout des efforts entrepris pour traiter et étudier le texte coranique, mais plutôt de mettre de tels travaux dans le cadre cognitif le plus approprié qui ne déborde pas à la fois de la spécificité du discours coranique et de la religion islamique sur les plans de la croyance, de la pensée et de la langue, et ce afin d’éviter l’abus idéologique du texte religieux. La fertilité de ses sens et la richesse de ses outils expressifs le rendent ouvert à une multiplicité de lectures et de traductions destinées au lecteur multiculturel et multiethnique. L’acte traductionnel reste tributaire de l’originalité de ce texte assurée autant par sa rhétorique miraculeuse que par sa combinaison de mots, qui prête au sens une profondeur émotionnelle, intellectuelle et législative.

Par l’organisation de ce colloque, nous cherchons à livrer une lecture raisonnable et minutieuse à propos de ces traductions et des problèmes qu’elles soulèvent. Nous entendons ainsi élaborer une théorie propre à la traduction des sens du Coran et basée sur l’objectivité et le rejet de la pensée orientaliste qui domine la plupart de ces traductions et interprétations. Nous tentons aussi de traiter objectivement et correctement le texte coranique sans pour autant dévier de ses finalités, ni altérer ses sens.

Le Centre Al Kindi de Traduction et de Formation en collaboration avec le Laboratoire Traduction et Interdisciplinarité Faculté des Lettres et des Sciences Humaines – Marrakech et le Département de la Langue Arabe et de la Traduction  Université de Leuven – Belgique organise « Le cinquième colloque international sur la traduction des sens du Coran » sur le thème : Les références judéo-chrétiennes dans les traductions des sens du Coran

En hommage au Professeur Ahmed Chahlane

Axes thématiques

Les principaux axes du colloque sont les suivants :

Axe 1 : Les références judéo-chrétiennes dans la traduction des sens du Coran

  • La référence religieuse des traducteurs juifs à travers différentes périodes et divers contextes géographiques, et son impact sur la traduction des sens du Coran vers différentes langues (hébreu, anglais, français, allemand, etc.).  
  • La référence religieuse des traducteurs chrétiens durant différentes périodes et dans divers contextes géographiques, son impact sur la traduction des sens du Coran vers différentes langues, et le rôle de l’église dans le processus de traduction.
  • L’impact de la référence du traducteur sur la traduction des histoires coraniques et celles des prophètes communes à toutes les religions divines (histoire de Joseph, Marie, La table servie, sabbat, l’engagement, etc.).
  • L’impact des isra’iliyāt sur la référence du traducteur des sens du Coran.

Axe 2 : L’orientalisme et son impact sur la traduction des sens du Coran

  • La référence orientaliste des traducteurs et son impact sur la traduction des sens du Coran.
  • La référence idéologique et ses répercussions sur les traductions modernes des sens du Coran (mouvements féministes, groupes islamistes, idées libérales laïques, etc.).
  • La méthode suivie par les orientalistes pour traiter les termes considérés comme non arabes (l’emprunt) dans le Coran.

Axe 3 : Les études linguistiques

  • L’impact de la référence du traducteur sur la traduction des termes coraniques.
  • L’impact de la référence du traducteur sur la traduction des noms propres dans le Coran.
  • L’impact de la référence du traducteur sur la traduction des lettres isolées (fawatiḥ al-suwar) qui se situent dans les introductions de certaines sourates.
  • L’impact de la référence du traducteur sur la traduction des homonymes et des synonymes dans le Coran.

Calendrier

Dates importantes à retenir 

  • Date limite de remise du résumé, du formulaire de participation et du CV :

30 août 2017

Le jury se prononcera dès réception des propositions.

  • Remise des textes définitifs : 30 octobre 2017.
  • Notification d’acceptation, de rejet ou de demande de modification : 30 novembre 2017.
  • Date du colloque : 20 et 21 février 2017.
  • Lieu de tenue du colloque : Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Marrakech, Royaume du Maroc.
  • Les résumés, les formulaires de participation et les communications doivent être envoyés à l’adresse : alkindiconference07@gmail.com
  • Les actes de colloque seront publiés avant le colloque.
  • Citer selon les normes de l’APA.

Frais du colloque

  • Pour les participants dont les communications sont acceptées par le comité scientifique : 600 $ (ou équivalent). Ces frais incluent les services du colloque (cartable du colloque, actes de colloque et attestation de participation), quatre nuits dans un hôtel quatre étoiles, les repas, le transport durant la période du colloque et l’organisation de visites culturelles des monuments historiques à Marrakech ou à ses environs.
  • Pour les étrangers qui souhaitent assister au colloque : 150 $ (ou équivalent). Ces frais incluent les documents fournis par le colloque (cartable du colloque, actes de colloque, attestation de participation et déjeuner pendant les deux jours du colloque). Pour bénéficier de l’hébergement, veuillez contacter le comité d’organisation.
  • L’attestation de participation est délivrée exclusivement à ceux qui ont obtenu l’approbation du comité d’organisation.
  • Les frais de voyage sont à la charge des participants.

Comité scientifique

Présidente : Souad Koutoubia, Université Cadi Ayyad – Maroc.

Membres:

  • Abied Alsulaiman, Université de Leuven – Belgique.
  • Amer Al-Zanati, Université Ain Shams – Egypte.
  • Ahmed Al Laithi, Université Américaine de Sharjah, Émirats arabes unis.
  • Mohamed Ait El Ferrane, Université Cadi Ayyad – Maroc.
  • Mohamed Abouridwan, Université Cadi Ayyad – Maroc.
  • Moulay Elmamoun El Mrini, Université Cadi Ayyad – Maroc.
  • Abdelkarim Boufra, Université Mohamed Premier – Maroc.
  • Abderahim Himid, Université Ibn Zohr – Maroc.
  • Naziha Azzabiri, Université Ibn Zohr– Maroc.
  • Lahousseine Idyous, Université de Leuven – Belgique.
  • Hassan Al-Mazouni, Université Cadi Ayyad – Maroc.

Coordinateurs du colloque :

Abdelhamid Zahid, Hassan Darir et Noreddine Hanini

Formulaire de participation : fichier PDF

Catégories

Lieux

  • Salle de conférences - Faculté des Lettres et des Sciences Humaines – Marrakech
    Marrakech, Maroc (40000)

Dates

  • mercredi 30 août 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Coran, traduction, référence judaïque, référence chrétienne

Contacts

  • Noreddine Hanini
    courriel : n [dot] hanini [at] usms [dot] ma

Source de l'information

  • Noreddine Hanini
    courriel : n [dot] hanini [at] usms [dot] ma

Pour citer cette annonce

« Les références judéo-chrétiennes dans les traductions des sens du Coran », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 14 juin 2017, http://calenda.org/408567