AccueilFrontières. Circulations, vie quotidienne, illégalités (1939-1945)

Frontières. Circulations, vie quotidienne, illégalités (1939-1945)

Borders, circulation, daily life and illegality (1939-1945)

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Publié le mardi 10 octobre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

L’historiographie de la seconde guerre mondiale s’est largement focalisée, depuis 1945, sur les particularismes nationaux et les perspectives régionales et nationales. Ces études mettent en lumière l’histoire ou la micro-histoire d’une société, plus ou moins étendue géographiquement, confrontée à l’irruption de la guerre souvent suivie par celle de la botte nazie. L'objectif de ce colloque est, à l'inverse d'explorer la perspective transnationale en prenant pour objet central les dynamiques liées à la proximité d’une frontière et des espaces transfrontaliers durant la seconde guerre mondiale.

Annonce

Argumentaire

L’historiographie de la seconde guerre mondiale s’est largement focalisée, depuis 1945, sur les particularismes nationaux et les perspectives régionales et nationales. Ces études mettent en lumière l’histoire ou la micro-histoire d’une société, plus ou moins étendue géographiquement, confrontée à l’irruption de la guerre souvent suivie par celle de la botte nazie. La perspective transnationale n’a émergé que très récemment, encouragée par exemple par la publication de l’ouvrage collectif 1937-1947 : la guerre-monde dirigé par Alya Aglan et Robert Frank en 20151, ou l’ouvrage d’Olivier Wieviorka en 2017 sur la Résistance européenne qui offre une approche comparatiste de différents mouvements clandestins dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest2.

L’objectif de ce colloque sera de poursuivre ces réflexions en prenant pour objet central les dynamiques liées à la proximité d’une frontière et des espaces transfrontaliers durant la Seconde Guerre mondiale dans une approche résolument transnationale.

La frontière, à la fois objet géographique et délimitation administrative, tient plusieurs rôles dans le contexte particulier de la période 1939-1945. Subsistent d'abord les anciennes frontières entre États qui encouragent le développement d’activités illégales et clandestines. Dans ce cas, la frontière est synonyme d’espoir, notamment pour les réfugiés qui ont quitté leur pays pour échapper à l’arrestation et aux violences de l’occupant, ou pour les aviateurs alliés abattus puis recueillis et évacués du territoire grâce à une filière d’évasion. Elle symbolise, de plus, un rapport au temps tourné vers l’avenir et l’altérité, car perméable à la circulation des idées.

D'autres frontières symbolisent plutôt la contrainte, comme celles qui font irruption dans la vie quotidienne française sitôt après la défaite en mai-juin 1940 avec le découpage territorial de l’espace national en sept zones distinctes. L’imposition de frontières a ainsi pu être source de désarroi pour la population locale. A l’exemple de la ligne de démarcation étudiée par Eric Alary3, elles ont été ressenties comme des blessures et des déchirures tant à l’échelle de l’espace vécu, la perception et la pratique du territoire se trouvant bouleversées.

Quels impacts ces frontières nouvelles ou anciennes ont-elles eus sur la vie quotidienne des populations sur place ? Dans quelle mesure les différents groupes de résistance et les États-majors Alliés dont certains dépendent ont-ils inclus ces frontières dans leur stratégie ? Sont-elles des zones d’exclusion ou bien ont-elles permis le développement de circulations et d’échanges de toutes natures entre populations, voire entre organisations de résistance qui luttent pour un objectif commun ? Par moment, les réalités partagées ont-elles entraîné un effacement de la distinction nationale et, par extension, de la notion de frontière aux yeux des contemporains ?

Ce colloque a pour ambition de confronter les résultats de la recherche récente d’historiennes et d’historiens travaillant sur l’espace européen durant la période indiquée. Les principaux thèmes à explorer sont, sans exclusive :

  • Les contraintes administratives imposées à la vie quotidienne des populations locales. A quelles accommodations ou adaptations ces dernières furent-elles contraintes ? Se pose également la question de la sortie de guerre. Comment ont-été vécues la disparition d’une frontière restrictive et le retour à la situation d’avant-guerre ? Cela a-t-il engendré des phénomènes de remémoration et de représentation postérieures ?
  • Les déplacements de populations fuyant l’occupant, les franchissements clandestins, les circulations des biens, des idées voire des capitaux à travers les frontières entre pays, de manière légale ou non. De plus, à l’échelle non des populations, mais des individus, les perceptions de l’identité ou d’une appartenance nationale ont-elles évolué lorsqu’elles ont été confrontées aux choix liés à la présence de l’occupant ?
  • Les activités illégales, qu’elles soient liées à une organisation de résistance ou le fait d’actions individuelles, que la présence d’une frontière génère.

Chacune des communications, en anglais ou en français, durera au maximum 20 minutes et les panels seront suivis de quelques questions des auditeurs. Le colloque devrait faire l’objet d’une publication en français et, à ce titre, chacun des participants devra avoir remis le texte complet de son article au plus tard le jour même aux organisateurs.

Conditions de soumission

Les propositions doivent être soumises dans un seul fichier PDF. Elles doivent inclure un titre, un résumé de la présentation de 300 mots maximum, et une brève présentation biographique.

Le résumé de la présentation de 300 mots doit intégrer la thèse et les arguments qui seront présentés. Le nom de l'auteur(e), son affiliation institutionnelle, ainsi que son adresse courriel doivent être indiqués clairement dans le fichier PDF.

Veuillez envoyer vos propositions au comité d'organisation à l'adresse courriel colloquefrontieres@gmail.com

au plus tard le 15 octobre 2017.

Le colloque se tiendra à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne le samedi 24 février 2018, salle Marc Bloch.

Comité d’organisation

  • Benedetta Carnaghi (doctorante en histoire contemporaine, Cornell University, États-Unis)
  • Vincent Houle (doctorant en histoire contemporaine, SIRICE, en cotutelle entre Paris 1 et l’Université de Montréal, Canada)
  • Guillaume Pollack (doctorant en histoire contemporaine à Paris 1, SIRICE, France)

Comité scientifique

  • Alya Aglan (Professeur d'histoire contemporaine, SIRICE, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne)
  • Éric Bussière (Professeur d'histoire contemporaine, Université Paris 4 - Sorbonne)
  • Philip Cooke (Professor of Italian History and Culture, University of Strathclyde, Grande-Bretagne)
  • Patrick Farges (Professeur en Civilisations germaniques, Université Paris Diderot)
  • Barbara Lambauer (Chercheure partenaire, UMR SIRICE - Sorbonne-Identités, relations internatio-nales et civilisations de l’Europe)
  • Sébastien Laurent (Professeur d’histoire contemporaine, Université de Bordeaux)
  • Enzo Traverso (Susan and Barton Winokur Professor in the Humanities, Cornell University, États-Unis)

Notes bibliographiques

1 Alya Aglan et Robert Frank. 1937-1947 : la guerre-monde, Paris, Gallimard, 2015.

2 Olivier Wieviorka. Une histoire de la résistance en Europe occidentale, Paris, Perrin, 2017.

3 Eric Alary. La ligne de démarcation, Paris, Perrin, 2003.

Lieux

  • Salle Marc Bloch - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 17 Rue de la Sorbonne
    Paris, France (75005)

Dates

  • dimanche 15 octobre 2017

Mots-clés

  • frontières, résistance, clandestin

Contacts

  • Guillaume Pollack
    courriel : colloquefrontieres [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Guillaume Pollack
    courriel : colloquefrontieres [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Frontières. Circulations, vie quotidienne, illégalités (1939-1945) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 octobre 2017, http://calenda.org/417315