AccueilBâtir, nourrir la ville au Moyen Âge : produits, acteurs et réseaux

Bâtir, nourrir la ville au Moyen Âge : produits, acteurs et réseaux

Building, feeding towns in the Middle Ages - products, actors and networks

XXXVIIe journée d'étude du Réseau des médiévistes belges de langue française (RMBLF)

37th study day of the Francophone Belgian Medieval Studies network (RMBLF)

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Publié le mardi 28 novembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Vivre en ville induit l’apport substantiel de denrées et de matériaux produits hors du contexte urbain. Nourrir une population abondante qui ne produit pas totalement sa propre alimentation, développer un habitat dense et des infrastructures, assurer la distinction de groupes et d’institutions élitaires par la consommation de produits de luxe ou la construction d’édifices remarquables constituent autant d’aspects inhérents à la ville médiévale qui impliquent de l’approvisionnement. Hier comme aujourd’hui, construire, aménager, approvisionner supposent une organisation et une pensée du vivre ensemble. Diverses infrastructures témoignent au Moyen Âge de cette volonté partagée par les habitants du bourg, les bourgeois, qui expriment en outre des prétentions identitaires.

Annonce

Argumentaire

Vivre en ville induit l’apport substantiel de denrées et de matériaux produits hors du contexte urbain. Nourrir une population abondante qui ne produit pas totalement sa propre alimentation, développer un habitat dense et des infrastructures, assurer la distinction de groupes et d’institutions élitaires par la consommation de produits de luxe ou la construction d’édifices remarquables constituent autant d’aspects inhérents à la ville médiévale qui impliquent de l’approvisionnement.

Hier comme aujourd’hui, construire, aménager, approvisionner supposent une organisation et une pensée du vivre ensemble. Diverses infrastructures témoignent au Moyen Âge de cette volonté partagée par les habitants du bourg, les bourgeois, qui expriment en outre des prétentions identitaires. La fontaine, l’enceinte, l’église majeure (une cathédrale, une collégiale,…), le beffroi, les halles, l’hôpital, sont autant de monuments investis pour améliorer le confort et la qualité de vie mais également l’image de la Ville. Envisagées encore trop fréquemment de manière monographique, les villes doivent être pensées, non comme fonctionnant en autarcie mais en réseau, à la fois connectées entre elles et avec les campagnes qui les englobent. Qu’est la ville sinon un carrefour, un lieu d’échange, dont témoignent également les savoir-faire techniques qui y furent élaborés ?.

Sa structuration est le fruit d’une lente évolution au gré des décisions prises par des « groupes » qui en sont issus (corporations, élites aristocratiques, Église,…) mais aussi parfois par le fait du prince ou tout simplement un épisode de violence. La reconstruction permet alors la mise en place de nouvelles stratégies de contrôle urbain, la reconstruction ex nihilo de quartiers entiers ou même le déplacement de certaines catégories de la population.

La thématique urbaine constitue depuis longtemps un terreau fertile permettant de développer des perspectives variées et interdisciplinaires. L’archéologie médiévale a ouvert de nouvelles questions, tant sur la genèse des agglomérations que sur leur fonctionnement. On est aujourd’hui loin de la vision « pirennienne » selon laquelle les villes émergèrent vers l’an mil après une longue période de déshérence marquée par la rupture des invasions barbares et de la fin de l’Antiquité. Ce champ de recherche a bénéficié de l’émergence de questions et d’approches nouvelles, entre autres grâce à l’accumulation des données archéologiques depuis une trentaine d’années (les lentes transformations et les ruptures lues à travers les stratigraphies et le matériel récolté : matériaux de constructions, produits de consommation comme la céramique ou la faune) mais également à travers l’étude des dimensions « morales » de la régulation des marchés urbains ou les études des archives scabinales ou comptables. Les approches interdisciplinaires offrent ici de nouvelles perspectives pour comprendre ces villes médiévales qui forment souvent encore le cœur de notre environnement urbain.

La politique de la Ville, la rénovation et la revitalisation des centres urbains, sont un enjeu majeur pour l’aménagement du territoire en Wallonie, en Belgique, comme pour le reste de l’Europe. Or ces projets ont un impact sur leur patrimoine. Ne devrait-on pas commencer par analyser et comprendre leur tissu ? La médiévistique donne du sens à notre cadre de vie d’aujourd’hui et de demain et devrait trouver sa place dans les réflexions urbanistiques.

Le RMBLF entend donner l’occasion de présenter la recherche en cours dans son dynamisme et sa diversité, en abordant diverses questions telles que les relations « villes-campagnes » (à savoir les liens entre une ville et son hinterland, son Umland) ; son organisation, sa politique urbanistique et son évolution ; l’approvisionnement en matériaux de construction ; la régulation des marchés et la police des vivres ; la répartition des quartiers, leur lien aux métiers…

La rencontre sera organisée en collaboration avec le Département du Patrimoine du Service public de Wallonie, le 8 décembre 2017 et se déroulera à Jambes.

Programme

Séance du matin

9h15-12h45

  • Pierre Paquet (Inspecteur général f.f. Patri- moine/SPW) – Introduction
  • Josiane Pimpurniaux (SPW) – Vers une politique wallonne de la ville : une Politique de Promotion de la qualité architecturale et du patrimoine
  • Laetizia Puccio (Archives de l’État à Namur) et Dolorès Ingels (SPW) – Chièvres : archéologie et histoire urbaine
  • Catherine Péters (SPW) – Huy et l’archéologie : des bribes de passé dans une ville en mouvement
  • Philippe Sosnowska et Paulo Charruadas (ULB) – Descendre dans les caves médiévales, un remontant pour l’archéologie urbaine? Programme et enjeux du projet Brussels Archaeological Survey (BAS)
  • Raphaël Vanmechelen (SPW) – Le Grognon, à Namur : archéologie d’un quartier portuaire

Séance de l’après-midi

14h00-17h00

  • Guillaume Mora-Dieu (SPW) – Destructions et reconstructions. L’impact des conflits sur une enceinte urbaine : l’exemple de Liège au XVe siècle
  • Jonathan Dumont (ULg) – Affamer, détruire, vi- der la ville : (encore !) le sac de Liège de 1468
  • Matteo Ferrari (Poitiers) – Mettre en signe la ville. Acteurs et fonctions de l’image héraldique en contexte urbain (Poitou, XIIIe-XVIe siècles)
  • Colette Van Coolput-Storms (UCL/KULeuven- Brussel) – Le Roman d’Abladane, passé légen- daire et présent d’une ville du Nord

Répondants :

  • Marie-Christine Laleman (Directrice honoraire de la « Zwarte Doos » à Gand)
  • Emmanuel Bodart (chef de Service aux Archives de l’État à Namur)

Lieux

  • Salle Redcube - 25 avenue Gouverneur Bovesse
    Jambes, Belgique

Dates

  • vendredi 08 décembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • ville, archéologie, héraldique

Contacts

  • Frédéric Chantinne
    courriel : frederic [dot] chantinne [at] spw [dot] wallonie [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Nicolas Ruffini-Ronzani
    courriel : nicolas [dot] ruffini [at] unamur [dot] be

Pour citer cette annonce

« Bâtir, nourrir la ville au Moyen Âge : produits, acteurs et réseaux », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 28 novembre 2017, http://calenda.org/423293