HomeMémoire autobiographique, récit de vie et transmission en contexte insulaire, interculturel et post-colonial

HomeMémoire autobiographique, récit de vie et transmission en contexte insulaire, interculturel et post-colonial

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Published on Monday, June 20, 2022 by Lucie Choupaut

Summary

Dans le cadre de ce colloque, nous proposons d’analyser les processus de construction mémorielle autobiographique, de narration et de transmission dans le contexte des sociétés insulaires, interculturelles et/ou postcoloniales. Il s’agira de comprendre comment l’expérience de vie au sein de tels environnements peut y prendre place, parfois en filigrane.

Announcement

Argumentaire

Dans le cadre de ce colloque, nous proposons d’analyser les processus de construction mémorielle autobiographique, de narration et de transmission dans le contexte des sociétés insulaires, interculturelles et/ou postcoloniales. Il s’agira de comprendre comment l’expérience de vie au sein de tels environnements peut y prendre place, parfois en filigrane.

Plusieurs questions sont proposées en préalable à ce colloque. En contexte insulaire, interculturel et/ou post-colonial, comment l’histoire que chacun conserve et transmet de son existence vient rendre compte des réaménagements identitaires du sujet et de son environnement, y compris d’une génération à l’autre ? Comment les histoires collectives et partagées viennent y signifier, elles aussi, ces réaménagements symboliques ? Quels modes de transmission des mémoires individuelles et collectives, de patrimonialisation ou de commémoration, peut-on y observer ?

Pour William Stern (1897), c’est par la mémoire que le passé continue d’exercer ses effets dans le temps actuel psychique. Sur le plan individuel mais aussi collectif, la mémoire s’inscrit ainsi au centre des expériences subjectives et intersubjectives de même qu’elle permet de rendre compte des effets de ces expériences dans le réel et le présent. Plus spécifiquement, la mémoire autobiographique est composée de souvenirs personnels sélectionnés selon leur degré de pertinence avec l’expérience du sujet (Conway, 2005). Elle est ainsi à la base du sentiment d’identité et de continuité du sujet dans le temps.

Ces souvenirs personnels sont également au fondement du récit de vie, reconstruction historique des événements personnels, et qui consiste ainsi en une verbalisation, à un instant donné, d’une succession d’événements contenus en mémoire autobiographique (Bloch, 1995). Ricoeur (1983) décrit le récit de vie comme une mimésis de l’action, une redescription qui rend compte de la temporalité du sujet et de son historicité. Ricoeur postule cependant que la réalisation du récit de vie correspond à une narration de l’entre-deux, entre l’histoire de vie du sujet et la mise en intrigue fictionnelle qu’il en fait.

La narration autobiographique s’inscrit dans une quête d’identité et de transmission des mémoires. Plusieurs méthodes et dispositifs, tant pratiques que de recherche, existent pour approcher la compréhension des productions mémorielles et leur transmission ainsi que de leurs effets sur les réaménagements identitaires, individuels et collectifs.

Dans le cadre de ce colloque international, nous souhaitons donc interroger la place de la mémoire (et en particulier la mémoire autobiographique), du récit de vie et de la transmission dans des environnements et espaces singuliers où se mêlent, s’entremêlent et se démêlent des parcours et des histoires d’insularité, d’interculturalité et/ou de post-colonialisme. Le point de départ de notre réflexion se situe dans le contexte des sociétés de l’océan Indien et notre objectif est d’étendre cette investigation au-delà et d’envisager des contextes multiples et variés à travers le monde présentant ces caractéristiques que sont donc l’insularité, l’interculturalité et/ou le post-colonialisme.

Nous invitons donc toute contribution permettant d’étayer cet objectif et de travailler ensemble à une meilleure compréhension de la place que peuvent prendre les constructions mémorielles individuelles, plurielles et collectives dans les représentations du soi, du collectif et de l’altérité au sein de ces espaces. L’hypothèse de similitudes mais aussi d’éventuelles différences issues de ces contextes pourra être présentée dans l’analyse des émergences et des transmissions mémorielles.

Ce colloque international se veut interdisciplinaire et puisera dans divers champs scientifiques (Psychologie, Neurosciences, Lettres, Anthropologie, Oralité, Sciences du langage, Sociologie, Histoire, Information et communication, Géographie, Droit…) afin d’apporter un éclairage large à notre réflexion.

Plusieurs questions peuvent ainsi donner une direction aux communications attendues lors de ce colloque :

  • Quelles spécificités peut-on percevoir dans l’analyse de la mémoire autobiographique et des récits de vie au sein des contextes insulaires, interculturels et/ou postcoloniaux ?Des similitudes peuvent-elles être identifiées ? Complémentarités ? Divergences ?
  • L’insularité, l’interculturalité et/ou l’histoire coloniale viennent-elles singulièrement s’inscrire dans la mémoire et les processus identitaires ? Qu’en est-il des processus patrimoniaux et de transmission ? Comment y penser le lien entre faits de mémoire, lieux de mémoire et mémoire des lieux ?
  • Quels sont les récits nationaux et les romans familiaux qui s’édifient en relation avec l’expérience de l’insularité, de l’interculturalité et/ou de l’histoire coloniale ?
  • Comment interroger la question de la mémoire dans les contextes marqués par l’esclavagisme et l’engagisme tels qu’on peut les retrouver dans les sociétés de l’océan Indien ou d’autres contextes insulaires ?
  • En quoi un travail sur la mémoire et la transmission de soi dans des contextes de rupture (filiale, culturelle, symbolique…) permet-il de dégager du sens et de (re)tisser des liens à travers l’espace et le temps ? Un tel travail peut-il accompagner les questions contemporaines qui touchent à la réparation, à la pacification ?
  • Quelles sont les dimensions thérapeutiques de la narration de soi dans des contextes marqués par le traumatisme collectif que représente l’expérience coloniale et post-coloniale dans une île inter/multiculturelle ?
  • Quels processus individuels, interindividuels et transgénérationnels, peut-on singulièrement identifier lorsqu’il s’agit de mémoire et de récit de vie dans les contextes insulaires, interculturels et/ou post-coloniaux ?
  • Dans ces contextes, quels sont les modes d’appropriation, de transmission et de réception de cette mémoire à travers les politiques publiques, les discours officiels, l’expression littéraire et artistique ? Quelles y sont les possibles transformations des discours mémoriels ?

Ainsi, ce colloque invite à considérer la mémoire sous ses multiples formes, entre mémoire de soi, mémoire de l’autre, mémoire traumatique, mémoire étrangéisée, mémoire de résilience, mémoire arrachée, mémoire perdue, mémoire retrouvée, mémoire conflictuelle, mémoire divisée, mémoire partagée… Ces diverses perspectives de la mémoire seront interrogées autant sur le plan épistémologique et méthodologique (recherche) mais il s’agira aussi de penser cela sur le plan pratique et professionnel (santé, patrimoine, éducation, politiques culturelles, sociales et économiques…).

Modalités de soumission

Les propositions de communication (résumé de 300 à 400 mots accompagné de 5 mots-clés + une courte biographie de 100 mots) sont à transmettre

avant le 10 juillet 2022.

Les propositions sont à envoyer à l’adresse suivante : rachid.oulahal@univ-reunion.fr

Un retour sera fait au plus tard le 24 juillet 2022.

Date et lieu du colloque : 5, 6 et 7 octobre 2022, université de La Réunion - Campus Nord

Le colloque pourra se tenir selon une modalité hybride en fonction des contraintes sanitaires et des possibilités de déplacement des communicants et participants.

Procédure d’inscription

La participation à ce colloque est gratuite.

Nous vous demandons toutefois de bien vouloir vous inscrire par avance en envoyant un mail à l’adresse suivante : rachid.oulahal@univ-reunion.fr

Coordination scientifique

  • Rachid Oulahal, maître de conférences en psychologie, Université de La Réunion, Laboratoire DIRE (Déplacements, identités, Regards, Écritures), Membre affilié de l’Institut Convergences Migrations (2021-2025)
  • Thierry Malbert, anthropologue, maître de conférences, HDR en sciences de l’éducation, directeur du master « anthropologie sociale et culturelle de l’océan Indien », Université de La Réunion, Laboratoire LCF (Laboratoire de recherche sur les espaces Créoles et Francophones)
  • Clency Rennie, professeur, Département de psychosociologie et travail social, Université du Québec à Rimouski
  • Frosa Pejoska-Bouchereau, professeure des universités, HDR en langue, littérature et civilisation macédoniennes, co-directrice du master "Oralité", INALCO, Laboratoire PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique, Acquisition, Médiations)
  • Christina Alexopoulos, psychologue, German Oncology Center (Chypre), INALCO, Laboratoire PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique, Acquisition, Médiations), Université de Strasbourg, Laboratoire SuLiSoM (Subjectivité, Lien Social et Modernité)

Avec le soutien de l'Observatoire des Sociétés de l'océan Indien (OSOI)

Places

  • Université de La Réunion - Campus Nord
    Saint-Denis, Réunion (97400)

Event format

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Sunday, July 10, 2022

Keywords

  • mémoire autobiographique, insularité, interculturalité, post-colonialisme

Contact(s)

  • Rachid Oulahal
    courriel : rachid [dot] oulahal [at] univ-reunion [dot] fr

Information source

  • Rachid Oulahal
    courriel : rachid [dot] oulahal [at] univ-reunion [dot] fr

To cite this announcement

« Mémoire autobiographique, récit de vie et transmission en contexte insulaire, interculturel et post-colonial », Call for papers, Calenda, Published on Monday, June 20, 2022, https://calenda.org/1002869

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