HomeEsthétique et phénoménologie

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Published on Tuesday, June 14, 2022

Abstract

La phénoménologie est un mouvement philosophique et une méthode philosophique de description. Dès sa fondation par Husserl, différents thèmes esthétiques ont traversé les analyses phénoménologiques. Une première question serait de savoir si l’approche phénoménologique est capable d’apporter quelque chose à l’esthétique, ou si, l’esthétique et les arts, de par leur histoire propre, peuvent constituer des foyers possibles pour la phénoménologie. Ce colloque s’interrogera sur la pertinence de la méthode phénoménologique en esthétique, s’il est vrai que cette approche, aujourd’hui concurrencée par d’autres, a quelque peu perdu de son évidence.

Announcement

Présentation

La phénoménologie est un mouvement philosophique et une méthode philosophique de description. Dès sa fondation par Husserl, différents thèmes esthétiques ont traversé les analyses phénoménologiques. Dans le corpus husserlien, nous trouvons déjà de riches descriptions du son, de l’image, de la couleur, sous la forme d’exemples, pour dégager, soit les caractères eidétiques de l’expérience, soit les différents degrés de constitution du sens. Les fins de cette méthode consistent dans la mise en lumière de ce qui apparaît, les phénomènes, et de la structure de cet apparaître. Dans la phénoménologie husserlienne, l’imagination est une dimension primordiale de cet apparaître. Husserl a affirmé qu’après une phénoménologie prenant comme point de départ la perception, il fallait déployer une phénoménologie de l’imagination. Cette phénoménologie a été en partie développée par lui, dans ses analyses de la conscience d’image, qui s’ajoutent à ses analyses sur la temporalité du son, dans lesquelles, à l’aide de l’imagination, il devient possible de saisir la constitution de la conscience intime du temps. Certains interprètes vont même jusqu’à qualifier la phénoménologie husserlienne de philosophie de l’imagination, eu égard aux méthodes phénoménologiques d’épochè, de réduction eidétique (en lien avec les variations imaginaires) et de réduction transcendantale utilisant les outils de l’imagination. L’esthétique, par son origine étymologique même, fait référence aux entrelacs sensibles de la perception, qui, lorsqu’elle ne dépend pas de notre croyance dans l’existence des choses, peut être une discipline capable de s’approprier certains principes de la phénoménologie. L’art, qui se distingue progressivement de la technique de la scolastique à la Modernité, devient l’objet principal (quoique non exclusif) de l’esthétique. Par ailleurs, l’art et l’esthétique, lorsqu’ils s’éloignent de l’attitude naturelle, sont parents de la phénoménologie. Husserl le disait lui-même : “cet artiste, qui ‘observe’ le monde, pour parvenir, à partir de celui-ci et pour ses fins propres d’artiste, à une ‘connaissance’ de la nature et de l’homme, se comporte à l’égard du monde comme se comporte le phénoménologue. Donc : non pas en chercheur naturaliste et en psychologue qui procède par observation, non pas en observateur pratique de l’homme, comme s’il visait à s’informer sur la nature et sur l’homme” (Husserl, Lettre à Hofmannsthal). Une première question serait donc ici de savoir si l’approche phénoménologique est capable d’apporter quelque chose à l’esthétique, ou si, l’esthétique et les arts, de par leur histoire propre, peuvent constituer des foyers possibles pour la phénoménologie.

Cette question se complexifie à l’égard d’autres représentants de la phénoménologie. Déjà la première génération de phénoménologues (Scheler pour la couleur, Heidegger pour la poésie, Ingarden pour la théorie esthétique) a laissé des réflexions qui ont enrichi la théorie de l’art et de l'esthétique contemporaines. Chez les phénoménologues posthusserliens des générations postérieures nous trouvons également un traitement phénoménologique de l’art et de l’esthétique (Merleau Ponty, Dufrenne, Maldiney). C’est ici, du point de vue de la totalité de la tradition phénoménologique, que différents problèmes apparaissent dans la mise en relation de la phénoménologie, l’esthétique et la philosophie de l’art.

Ce colloque s’interrogera donc sur la pertinence de la méthode phénoménologique en esthétique, s’il est vrai que cette approche, aujourd’hui concurrencée par d’autres, a quelque peu perdu de son évidence.

Colloque organisé avec le soutien de l’École Doctorale de Philosophie ED 280, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Programme

Vendredi 17 juin

(salle Giorgio Vasari, INHA, 2 rue Vivienne / 6 rue des Petits-Champs, 75002 Paris)

  • 9h00 : Jean-Baptiste Fournier (Sorbonne Université), « Éléments d'une phénoménologie de l'espace auditif »
  • 09h50 : Zhaogu Wang (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Le technologique et l’expérimental. Phénoménologie et esthétique dans la musique post-vingtième siècle »

10h40 : Pause

  • 10h50 : Patricia Limido (Université Paris Cité), « L’acte de lecture entre sens et vérité »
  • 11h40 : Circé Furtwängler (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Les degrés de l'expérience esthétique »

Pause déjeuner : 12h30 - 14h00

  • 14h00 : Marc de Launay (CNRS, Archives Husserl, Paris), « Le sublime négatif »
  • 14h50 : Quentin Gailhac (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Sur l’esthétique objective »

15h40 : Pause

  • 15h50 : Charles Bobant (Collège international de philosophie), « L'esthétique phénoménologique est-elle une chose du passé ? »
  • 16h40 : Eun Hye Choo (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « L’Einfühlung ontologique chez le dernier Merleau-Ponty »

Samedi 18 juin

(Paris 1)

  • 10h00 : Mildred Galland-Szymkowiak (CNRS-Thalim / ENS), « L'esthétique chez Theodor Lipps et Michel Henry »
  • 10h50 : Bernard Barsotti (Archives Husserl, Paris), « Le ‘corps de l’œuvre’ : surface et volume dans la perception esthétique. Remarques phénoménologiques sur un sous-entendu kantien. »

11h40 : Pause

  • 11h50 : André Charrak (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Pause déjeuner : 12h40 - 14h30 

  • 14h30 : Dan Li (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « La peinture et la physionomie chez Merleau-Ponty »
  • 15h20 : Myriam Legout (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Être artistique et expérience d’autrui. Entre phénoménologie et cosmologie »

16h10 : Pause 

  • 16h20 : Luz Ascarate (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « L’œuvre d’art. De Husserl à Minkowski »

17h10 : Clôture du colloque

Informations et inscriptions

Pour assister au séminaire en présentiel, merci de vous inscrire ici avant le 15 juin : lien d'inscription

Pour assister au séminaire via Zoom, merci de vous inscrire à l’adresse suivante : doctorants.phenomenologie@gmail.com

Organisation

  • Luz Ascarate (ISJPS, EXeCO)
  • Circé Furtwängler (ISJPS, EXeCO)
  • Quentin Gailhac (HIPHIMO)

Subjects

Places

  • Vendredi 17 juin : salle Giorgio Vasari | Samedi 18 juin : Salle Halbwachs, escalier C, 1er étage droite - Vendredi 17 juin, INHA, 2 rue Vivienne / 6 rue des Petits-Champs, 75002 | Samedi 18 juin, 17 rue de la Sorbonne, 75005
    Paris, France (75)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Friday, June 17, 2022
  • Saturday, June 18, 2022

Keywords

  • esthétique, phénoménologie, philosophie

Contact(s)

  • Luz Ascarate
    courriel : luz [dot] ascarate89 [at] gmail [dot] com

Information source

  • Luz Ascarate
    courriel : luz [dot] ascarate89 [at] gmail [dot] com

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Esthétique et phénoménologie », Conference, symposium, Calenda, Published on Tuesday, June 14, 2022, https://doi.org/10.58079/194z

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