HomeUrbanisme inclusif et patrimoine contemporain à Beyrouth : modalités et enjeux

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Urbanisme inclusif et patrimoine contemporain à Beyrouth : modalités et enjeux

Images et imaginaire(s) de la ville. Régénération, réconciliation, réinvention : Beyrouth à l’épreuve des risques

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Published on Wednesday, July 13, 2022 by Sarah Zingraff

Summary

La deuxième séance du cycle « Images et imaginaire(s) de la ville » « Régénération, réconciliation, réinvention : Beyrouth à l’épreuve des risques », portera sur la ville de Beyrouth. Ce cycle pluridisciplinaire, sous format de deux tables-rondes, ambitionne de regrouper sous forme d’un kaléidoscope, les communications de chercheurs d’horizons et de disciplines diversifiés (architecture, urbanisme, conservateur-restaurateur, sociologue, politicien, historien...), autour de la ville de Beyrouth. Cet appel à contribution s’adresse aux architectes, urbanistes, paysagistes, enseignants et chercheurs engagés par leurs enseignements, leurs pratiques et leurs recherches dans ces domaines, et désirant partager et mettre en débat leurs questionnements (théoriques, conceptuels et constructifs)

Announcement

Argumentaire

Faisant suite à la première séance du cycle du séminaire « Régénération, réconciliation, réinvention : Beyrouth à l’épreuve des risques » qui a interrogé l’expérience urbaine de la ville de Beyrouth à l’épreuve du politique et des identités citoyennes, de la narrativité et des médiations numériques à travers l’étude de la multitude d’images et d’imaginaires vécus, contés et rêvés de cette ville, cette séance étayera des problématiques en relation avec la mise en œuvre des notions du patrimoine contemporain et de l’urbanisme inclusif dans le Beyrouth d’aujourd’hui. En effet, au sortir de la guerre civile (1975-1990), Beyrouth était une ville méconnaissable, physiquement endommagée et moralement traumatisée par de longues années de conflits armés et de ségrégation. En outre, la période de reconstruction dénude la ville de presque toute trace de l’identité multiple qu’elle s’était construite : on y implante une architecture amnésique, à la faveur d’un projet urbain articulé sur des opérations foncières commerciales à grande échelle, provoquant ainsi la disparition de certains lieux vitaux pour la mémoire collective et le tissu urbain local.

Cette séance de séminaire a pour objectif de mettre les professionnels de la ville (urbaniste, architecte, conservateur-restaurateur, sociologue, politicien, historien...) au cœur d’un parcours de réflexion sur la faisabilité et les modalités d’application des notions de l’urbanisme inclusif et du patrimoine contemporain, tout en étudiant leurs impacts sur l’identité architectural, le paysage urbain et le tissu social dans le contexte beyrouthin actuel. Quel intérêt peut apporter un urbanisme inclusif à l’évolution urbaine et architecturale de la ville de Beyrouth, aux plans sociétal et morphologique, notamment, compte tenu des crises économiques et humanitaires récurrentes ? Dans quelle mesure l’intégration de la thématique patrimoniale dans les politiques urbaines contribuera-t-elle à l’affirmation des multiples identités locales, surtout après l’explosion du 4 aout et des destructions et reconstructions résultantes ?

Les deux tables-rondes permettront aux acteurs de différents domaines d’échanger sur ces sujets clés, tout en partageant des retours d’expérience et en présentant des cas d’études appropriées.

Table Ronde 1

  • L’inclusivité, pilier du développement durable et du bien-être humain : dans quelle mesure la faisabilité d’un urbanisme inclusif est-elle conditionnée par la volonté politique et l’engagement citoyen ? Et quelles sont les modalités de son accomplissement dans le contexte Beyrouthin actuel ?

Une ville inclusive préconise la croissance économique d’une façon équitable : “It is a place where everyone, regardless of their economic means, gender, race, ethnicity or religion, is enabled and empowered to fully participate in the social, economic and political opportunities that cities have to offer. Participatory planning and decision-making are at the heart of the Inclusive City” (ONU-Habitat, 2003). Ainsi, le concept de l’inclusion s’oppose aux discriminations et se fonde sur une approche participative. Or, l’accroissement du rythme des mutations urbaines universellement bouleverse les sociétés contemporaines et transforme les villes en des lieux de ségrégation et d’insécurité. La ségrégation urbaine constitue ainsi un des défis majeurs auxquels est confronté le développement urbain dans le monde, d’où l’émergence du concept d’inclusion dans les réflexions sur la fabrication de la ville et ensuite dans les politiques urbaines. “It is important to emphasize that an inclusive urbanism is not only about quality of life, but also about economic health, both for the urban poor and for the whole urban economy” (ESPINO, 2015). Par conséquent, la ville inclusive est un concept politique axé sur le développement. Ce concept peut jouer un rôle important en intégrant une perspective sociale à la promotion du développement économique, et vice versa, en intégrant une perspective économique au développement social (ANTTIROIKO, DE JONG, 2020). Pourtant, la ville de Beyrouth fait face à une multitude de crises politiques et économiques récurrentes, notamment depuis 1990 et jusqu’à nos jours. En effet, au lendemain de la guerre civile, la capitale libanaise dispose d’une nouvelle géographie urbaine marquée par une ligne de démarcation la tranchant en deux parties Est et Ouest. De plus, la politique de métropolisation impulsée par les gouvernements successifs depuis 1992 est à l’origine de puissantes séquelles ségrégatives (VERDEIL,2017). L’inclusivité se manifeste ainsi dans ce contexte comme un atout non seulement a un niveau de l’exclusion sociale et économique, elle agit également contre la décadence urbaine résultante. Deen SHARP souligne dans son article intitulé “Lebanon and the fog of reconstruction” le risque important qu’implique une reconstruction négligente de la dimension sociale dans le maintien du conflit. Par ailleurs, une telle reconstruction engendre des violences contre l’environnement bâti et entraîne des agressions sociopolitiques et économiques à l’égard des populations civiles. “Reconstruction is not, necessarily, the mark of a post-war era.” (SHARP, 2018). À l’ombre des mutations urbaines, plutôt chaotiques, subies par la ville de Beyrouth depuis 1990, il serait intéressant de s’interroger sur la responsabilité des principaux acteurs impliqués dans l’aménagement marginal de cette ville. Dans quelle mesure l’adoption du concept d’inclusion comme facteur important dans la planification réconciliera-t-il les conflits culturels et confessionnels, et également limitera-t-il le déclin aux niveaux architectural et urbain ? Ainsi, est-ce que la mise en œuvre de l’urbanisme inclusif privilégiera-t-il le sens d’une identité partagée à la base d’un processus de conception d’une architecture contemporaine à la fois clairvoyante et ancrée dans son contexte ? Finalement, quelles sont les approches participatives que proposent les nouveaux acteurs urbains issus de la Société Civile apparu entre autres à la suite des manifestations d’octobre 2019 et de l’explosion d’août 2020 ?

Table Ronde 2

  • La patrimonialisation, processus dynamique d’interaction interdisciplinaire : dans quelle mesure la valorisation du patrimoine contemporain est-elle conditionnée par la volonté politique et les intérêts économiques ? Et quelles sont les modalités de sa réalisation dans le contexte beyrouthin actuel ?

Le patrimoine est l’ensemble des biens hérités des ascendants ou réunis et conservés pour être transmis aux descendants (CNRTL). Ainsi, la notion du patrimoine se fonde sur une transmission intergénérationnelle individuelle ou collective. Cette notion, bien qu’elle soit intemporelle, se transforme avec l’évolution des sociétés pour allier sa cadence et ses exigences contemporaines, notamment à l’ère de la globalisation. Ainsi, le processus de patrimonialisation est mis en relation avec « la crise contemporaine des systèmes sociaux », cette crise est une contestation profonde de la modernité en tant que système de valeurs et de pensée et revêt de multiples facettes. Par conséquent, nos rapports à l’environnement et à la culture sont remis en question : aux cultures qui se décloisonnent, tendent à s’universaliser, mais aussi, parfois, de manière contradictoire, se rétractent (DIMÉO, 2007).En outre, conformément à ce qui a été dit, Edith FAGNONI affirme que cette forte patrimonialisation correspond en grande partie au développement de la mondialisation, le patrimoine devenant le garant d’une identité menacée par l’ouverture des frontières et le changement d’échelle induit (FAGNONI, 2013). De ce fait, la notion du patrimoine ne se tient plus à une définition figée et acquiert un rôle important dans le développement des territoires. Par ailleurs, sur le plan social, le patrimoine contribue à la construction identitaire et consolide le sentiment d’appartenance des individus. Il constitue alors le référent des identités collectives pour faire face à la mondialisation. Le lien entre patrimoine et développement est devenu omniprésent et consensuel dans les politiques de construction ou reconstruction des territoires, avec pour corollaire les enjeux de mise en valeur. (FAGNONI, 2013). À Beyrouth, le patrimoine architectural et urbain est en péril depuis les années quatre-vingt malgré sa richesse et son implication importante dans la constitution de l’identité nationale et dont sa perte signalerait la fin d’une certaine originalité libanaise (DAVIE, 2004). Doublement menacé par les conflits armés et les opérations de reconstructions arbitraires, le patrimoine au Liban souffre et fait constamment face à des enjeux politiques, économiques, institutionnels et législatifs. La notion de patrimoine est alors conditionnée dans ce contexte par une reconnaissance matérielle et immatérielle intemporelle et symbolique qui forge l’unicité, complexe et contradictoire, de la société libanaise fragmentée. De ce fait, la Déclaration Urbaine de Beyrouth (pour la reconstruction des quartiers dévastés par l’explosion du 4 aout) souligne l’importance de la préservation du patrimoine architectural et urbain tout en tenant compte d’une part de l’évolution des pratiques des résidents, et de l’autre part du caractère pluriel de ce patrimoine reflétant la mémoire des habitants.

Comment le patrimoine pourrait-il répondre aux exigences contemporaines de la ville de Beyrouth tout en favorisant l’émergence des sentiments d’appartenance ? Est-ce que la patrimonialisation du tissu urbain apporte-t-elle un réel impact au cadre bâti, notamment à la suite de la double explosion du 4 août 2020 qui a ravagé la ville de Beyrouth et endommagé son patrimoine ? Comment intégrer la thématique patrimoniale dans le processus de développement de la ville de Beyrouth, quels sont les obstacles législatifs à surmonter et qui sont les acteurs impliqués ?

Modalité de participation

Envoie d’un abstract sous format PDF, à l’adresse électronique suivante : bassil.g.maria@gmail.com

avant le 26 août 2022

L’abstract se présentera sous forme d’un texte de 300 mots maximum, précisant l’intitulé de la table ronde sélectionnée et mettant en avant le positionnement de l’intervenant, par rapport à la thématique choisie.

Une courte biographie devra être jointe à l’abstract.

Les intervenants seront invités à participer à l’une des deux tables-rondes thématiques programmées, et devront s’engager, suite à cette séance, à présenter une contribution écrite, en vue d’une publication transversale ; cette contribution prendra en compte leur positionnement par rapport au sujet ainsi que les échanges avec les autres intervenants, praticiens et chercheurs.

Calendrier

  • Envoi de l’appel à contribution : Lundi 4 juillet 2022
  • Transmission des propositions de contribution : Vendredi 26 août 2022
  • Choix des intervenants : Lundi 5 Septembre 2022
  • Date du séminaire : Mercredi 28 Septembre 2022

Organisation

  • Département d’architecture de l’École d’Architecture et de Design de l’USEK (Université Saint-Esprit de Kaslik),
  • CRH-LAVUE (Centre de recherche sur l’Habitat – Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement),
  • LIFAM (Laboratoire Innovation Formes Architectures Milieux),
  • GERPHAU (Groupe d’Études et de Recherches Philosophie, Architecture, Urbain)

Comité d’organisation

Joseph Nasr, docteur en philosophie, architecte DPLG, professeur associé et chef du département Architecture à l’USEK. Membre-chercheur du laboratoire GERPHAU à Paris

Maria Bassil, architecte spécialisée en Patrimoine Contemporain, doctorante en architecture et ville au CRH-LAVUE UMR CNRS 7218 ENSA Paris-Val de Seine

Marc El Samrani, architecte-scénographe, doctorant CIFRE en architecture et aménagement urbain au LIFAM et à l’Atelline – lieu d’activation art et espace public

Marcelle El Achkar, étudiante Master en architecture et présidente de l’AIAS (Chapter 11 USEK)

Comité scientifique

  • Hassan Ait Haddou, docteur en mathématiques, maître de conférences HDR en informatique, ENSA Montpellier et membre chercheur du LIFAM
  • Céline Bodart, docteure en architecture, maître-assistante associée à l’ENSA Paris-La-Villette et membre du laboratoire GERPHAU
  • Marlène Ghorayeb, architecte, docteure et HDR en urbanisme. Professeure à l’Ecole Spéciale d’Architecture. Chercheure au CRH-LAVUE UMR CNRS7218 ENSA Paris-Val de Seine
  • Joseph Nasr, docteur en philosophie, architecte DPLG, professeur associé et chef de département Architecture à l’USEK. Membre-chercheur du GERPHAU
  • Laurent Viala, docteur en géographie et aménagement, maître de conférences VT à l’ENSA de Montpellier et membre chercheur du LIFAM
  • Chris Younes, docteure en philosophie, professeure à l’École Spéciale d’Architecture, présidente d’honneur du GERPHAU, membre fondatrice de ARENA
  • Paul Zgheib, docteur en histoire, photographe, doyen et professeur à l’École d’Architecture et de Design de l’USEK

Event format

Full online event


Date(s)

  • Friday, August 26, 2022

Keywords

  • Beyrouth, ville, urbain, patrimoine, explosion, reconstruction

Contact(s)

  • Maria Bassil
    courriel : bassil [dot] g [dot] maria [at] gmail [dot] com

Information source

  • Maria Bassil
    courriel : bassil [dot] g [dot] maria [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Urbanisme inclusif et patrimoine contemporain à Beyrouth : modalités et enjeux », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, July 13, 2022, https://calenda.org/1007387

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