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Le travail théorique dans les géographies francophones contemporaines

Theoretisch arbeiten in den frankophonen Geographien der Gegenwart

Revue « Geographische Zeitschrift »

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Published on Thursday, September 15, 2022

Abstract

L’objet de ce numéro thématique est de questionner les géographies francophones à destination d’un lectorat germanophone. Il ne s’agit donc pas tant de dresser un panorama des géographies francophones pour elles-mêmes, ni même pour un lectorat international indéterminé (si tant est qu’il existe), ni d’établir une comparaison entre deux ensembles que l’on présupposerait distincts, relativement clos, homogènes et cohérents. L’objectif de ce numéro est de contribuer à un travail de traduction, de dialogue, déjà entamé entre les géographies francophones et germanophones.

Announcement

Coordination scientifique du numéro

  • Yann Calbérac (Université de Reims Champagne-Ardenne)
  • Mélina Germes (CNRS)

Argumentaire

L’objet de ce numéro thématique - coordonné par Yann Calbérac (Université de Reims Champagne-Ardenne) et Mélina Germes (CNRS) - est de questionner les géographies francophones à destination d’un lectorat germanophone. Il ne s’agit donc pas tant de dresser un panorama des géographies francophones pour elles-mêmes, ni même pour un lectorat international indéterminé (si tant est qu’il existe), ni d’établir une comparaison entre deux ensembles que l’on présupposerait distincts, relativement clos, homogènes et cohérents. L’objectif de ce numéro est de contribuer à un travail de traduction, de dialogue, déjà entamé entre les géographies francophones et germanophones.

Dans cette perspective, la revue Geographische Zeitschrift constitue un espace de publication pertinent pour porter ce travail : revue de référence de la géographie allemande depuis sa fondation en 1895 et aujourd’hui animé par un comité de rédaction qui reflète la diversité et la vitalité des géographies humaines allemandes contemporaines, Geographische Zeitschrift publie quatre numéros par an, dont quelques numéros thématiques. La revue participe aux débats qui animent la discipline, et, conformément à la tradition universitaire allemande, elle est largement ouverte aux discussions théoriques. Elle est également soucieuse de développer des échanges avec des géographies étrangères : parallèlement à ce numéro sur les géographies francophones, un numéro est en cours sur les géographies hispanophones.

C’est dans la perspective d’un dialogue conceptuel entre les débats francophones et germanophones, ainsi que dans la nécessité de porter un regard réflexif sur nos manières de produire de la connaissance géographique que nous avons été sollicités :

  • Mélina Germes est géographe, chargée de recherche au CNRS, formée en France et en Allemagne, travaillant depuis une dizaine d’années entre Bordeaux et Berlin. Ses travaux en études urbaines s’intéressent avec une approche critique à la criminologie et à la cartographie. Elle a une bonne connaissance du fonctionnement institutionnel de la recherche allemande mais aussi des débats, des acteurs et des méthodes de la géographie (Germes, Glasze, Weber, 2011), et parle couramment allemand. C’est d’ailleurs en étant confrontée à l’économie politique des langues, et plus spécifiquement de l’anglais en Allemagne, qu’elle a commencé à s’intéresser aux effets épistémologiques des pratiques de traduction (Germes et Husseini de Araújo, 2016).
  • Yann Calbérac est géographe, formé en France, maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, spécialiste d’histoire et d’épistémologie de la géographie, et un bon connaisseur du fonctionnement de l’institution universitaire française qu’il analyse grâce aux outils et aux approches de la sociologie des sciences. Il s’intéresse particulièrement aux démarches réflexives et aux dispositifs qui permettent de donner à observer les pratiques de recherche, comme le détour par une culture autre.

Nous sommes par ailleurs l’une comme l’autre engagé-e-s[1] dans des projets franco-allemands et sommes à ce titre membres associé-e-s du Centre Marc-Bloch (Berlin). Ainsi, nous avons une grande connaissance de la géographie en France, au détriment de notre connaissance de la diversité des géographies francophones. Nos réflexions sont ainsi parfois limitées donc au contexte français dans cet appel ; nous invitons les contributeurs-trices d’autres contextes francophones à combler nos lacunes.

Ce numéro thématique s’inscrit donc à l’intersection de plusieurs enjeux. La commande que fait la revue Geographische Zeitschrift rejoint un double étonnement que nous avons. D’une part, celui de voir deux géographies humaines finalement assez proches (dans leurs questionnements contemporains comme dans leur histoire) mais très différentes dans leur structuration disciplinaire et leur organisation universitaire ; et d’autre part la place très différente qu’y occupe la théorie, ce qui s’explique autant par l’histoire que par des pratiques scientifiques très différentes. Et de ces étonnements naît un projet : prendre part à une démarche de connaissance réciproque des deux communautés linguistiques, et participer à un dialogue franco-allemand. L’enjeu est donc autant épistémologique (qu’est-ce que la géographie francophone vue depuis les pays francophones ou depuis les pays germanophones ?) que politique. Si cette invitation est bienvenue et propice premièrement à réunir des contributions qui donnent un aperçu des géographies francophones contemporaines, et deuxièmement à nourrir un dialogue entre les géographies germanophones et francophones, une telle commande soulève néanmoins deux questions. D’une part, elle présuppose une distance, un dialogue certes existant mais incomplet entre géographies francophone et germanophone, dont on peut se demander si les différences strictement linguistiques suffisent à l’expliquer. D’autre part, elle interroge sur ce que signifie la théorie dans la recherche contemporaine en géographie humaine.

Pour préciser l’enjeu de cet appel, nous souhaitons exposer schématiquement notre vision des géographies francophones et germanophones. Le travail d’interconnaissance est en effet un préalable indispensable à la réussite et à la cohérence du numéro thématique.

Qu’entend-on par géographies francophones ? Il s’agit des géographies faites dans un pays dont des chercheur-e-s travaillent et publient en français : la France, la Belgique, la Suisse, le Canada, et une partie importante du continent africain. De même, les géographies germanophones sont les géographies faites dans des pays dont des chercheur-e-s travaillent et publient en allemand : l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse. (Par notre positionnement, nous connaissons surtout la géographie française : les auteur-e-s d’autres pays francophones sont invité-e-s à participer à ce numéro et à expliciter le fonctionnement institutionnel de leur communauté.) Nous faisons l’hypothèse que les différences entre les géographies francophones et germanophones ne sont pas tant liées à des questions strictement linguistiques qu’à des questions institutionnelles et d’histoire et de circulation des idées. En effet, en France par exemple, la dimension disciplinaire de la géographie est très forte, et garantie par des instances de régulation à l’image de la 23e section du Conseil National des Universités (« Géographie humaine, physique, régionale et économique ») ou de la 39e section du Comité National de la Recherche Scientifique (« Espaces et sociétés »), mais aussi des concours de recrutement de l’enseignement secondaire dans la mesure où le professorat reste un débouché important de la discipline, et ce au sein d’une culture universitaire de la monodisciplinarité. Rien de tel en Allemagne où l’enseignement et la recherche articulent une diversité de disciplines bien plus grande et où la régulation disciplinaire est moins forte (même si par exemple la Deutsche Forschungsgemeinschaft – la DFG, l’une des principales agences de financement de la recherche – classe ses appels à projets selon un découpage disciplinaire).

Si elles les éclairent, ces différences institutionnelles n’expliquent cependant pas à elles seules les différences importantes dans les manières de travailler, et notamment la place très inégale qu’occupe la théorie dans ces deux aires linguistiques. Nous avons pu constater que des géographes allemand-e-s tendent à penser que leurs collègues français-es (et francophones ?) délaissent trop volontiers la théorie au profit de l’empirie ; à l’inverse, des géographes français estiment que leurs homologues allemands survolent parfois le travail de terrain (Germes et Petermann, 2010). Ces tendances ne doivent pas masquer la diversité des pratiques de recherche de part et d’autre. Mais elles restent tenaces, et l’on peut évoquer quelques hypothèses explicatives. L’université allemande est en effet marquée par le modèle humboldtien qui promeut une très grande autonomie des étudiant-e-s, en particulier dans leur travail des textes – ce qui n’est pas sans rappeler le travail d’interprétation des textes à laquelle la Réforme invite les fidèles. Plus près encore, l’héritage de la philosophie critique menée au sein de l’École de Francfort a entériné la nécessité d’un travail théorique soutenu, et ce d’autant plus dans une discipline géographique dont les réflexions sur l’espace ont activement contribué au nazisme et à ses crimes.  Depuis plus d’une vingtaine d’années, la géographie germanophone s’est engagée dans des discussions théoriques, dont un exemple est le courant de la Neue Kulturgeographie (Germes et al., 2011). Cela explique ainsi que « la théorie » est présentée comme l’élément premier, central et souvent majoritaire des thèses ; que les chercheur-e-s s’identifient et se distinguent par des appartenances théoriques ; que des réseaux de géographes se fédèrent autour de théories. Par ailleurs, on peut également y voir une conséquence du contexte de précarité systématique et de grande concurrence que le système universitaire allemand connaît depuis deux décennies. Entre le début de la thèse et celui du professorat, les carrières sont faites de CDD parfois extrêmement courts : les post-doctorant-e-s doivent maintenir une activité de recherche soutenue et un nombre conséquent de publications pendant de longues années pour espérer obtenir un des rares postes de Professeur titulaire ; une fois un tel poste obtenu, les responsabilités administratives et d’encadrement sont éprouvantes. Ceci empêche bien souvent les collègues de mener des recherches empiriques approfondies, et explique au contraire un plus grand nombre de publications théoriques.

Rien de tel en France. Si la géographie française qui se met en place à la fin du XIXe siècle sous l’égide de Paul Vidal de La Blache se fait en grande partie selon le modèle des géographies allemandes de Carl Ritter ou de Friedrich Ratzel, il adosse la discipline aux sciences naturelles évitant ainsi tout débat théorique avec d’autres disciplines des Humanités comme l’histoire et la sociologie qui se redéfinissent à l’époque. La géographie s’impose alors par sa méthode privilégiée, le terrain (Calbérac, 2010), ce qui exclut toute réflexion théorique. Il faut attendre les années 1960 et 1970 pour que la question théorique soit posée en géographie : si les réflexions interdisciplinaires et théoriques viennent renouveler les approches, la géographie conserve toutefois un intérêt très fort pour l’empirie, si bien que les géographies françaises contemporaines se caractérisent par une articulation très fortes entre les dimensions théoriques (toujours présentes) et empiriques (indispensables). Ce que renforce aujourd’hui l’ouverture aux débats anglophones. La théorie n’a donc jamais pris le dessus et vient étayer un travail empirique. Par conséquent, la géographie française est moins réactive que la géographie allemande aux phénomènes de modes intellectuelles : si des débats théoriques ont lieu, ils sont moins poussés que dans le monde germanique.

Dans une perspective internationale, les géographies franco- et germanophones sont aussi à resituer par rapport aux géographies anglophones. L’anglais est de fait plus qu’une lingua franca : elle accompagne la domination scientifique des institutions nord-américaines et britanniques, qui s’exprime dans l’économie politique des publications, de la reconnaissance, des carrières et constitue une hégémonie. Les géographies franco- et germanophones en sont deux périphéries – mais aussi des centralités secondaires. On reconnaît cette périphérisation au fait que la majeure partie des échanges scientifiques franco-germanophones ont lieu par l’intermédiaire de l’anglais. L’enjeu de la traduction directe qui ne passe pas par l’intermédiaire des « réceptions » des textes et des théories par le monde anglophone est de nature épistémique. En effet, les auteurs francophones que sont Foucault, Deleuze ou Derrida sont lus en Allemand comme canon de la French Theory (Cusset 2005), forgé en Amérique du Nord. La traduction, l’explication et l’interprétation des textes et des débats francophones en allemand et germanophones en français semblent être voués à passer par l’intermédiaire de leur réception anglophone.  Avec ce numéro thématique, nous souhaitons privilégier un dialogue direct et transversal entre ces deux grandes provinces que sont la germanophonie et la francophonie en Géographie (Germes et Husseini de Araújo, 2016), sans passer ni par la médiation de la langue anglaise et d’une double traduction démultipliant les incertitudes conceptuelles, ni passer par la médiation d’une réception « par intermédiaire » d’un autre contexte intellectuel et institutionnel (Chivallon, Ragouet, Samers, 1999).

Comment dès lors concilier le mode de fonctionnement de la géographie française avec la commande formulée par la revue Geographische Zeitschrift ? Ainsi, ce numéro thématique s’intéresse au travail théorique dans les géographies francophones, et non pas à « la théorie » comme une construction abstraite. Avec le terme « travail théorique », nous souhaitons mettre en avant le processus de production du savoir dans le quotidien de nos pratiques de recherche. Le travail théorique dépend concrètement de la façon dont la recherche est organisée, structurée, pensée, normée, institutionnalisée et évaluée. Nous nous demandons quand et comment il y intervient ; comment les modalités du travail théorique dépendent des conditions institutionnelles et intellectuelles par exemple. 

Nous souhaitons que les numéros qui composeront ce numéro thématique répondent à trois enjeux :

  • La présentation d’une recherche dans le vaste domaine des géographies sociale, culturelle ou politique. Les champs suivants nous semblent particulièrement intéressants pour un lectorat germanophone : les approches décoloniales et intersectionnelles qui contribuent au renouvellement des théories féministes ; l’écologie politique ; la technique et les science and technology studies (STS), mais aussi au croisement de ces deux derniers, l’écologie et les STS ; ou encore la question de l’emprise croissante de l’extrême droite dans la politique et la société. Toutefois, ces thématiques sont indicatives : tous les champs peuvent être convoqués.
  • Une réflexion sur les formes que prend le travail théorique dans la pratique de recherche.
  • Une réflexion sur les contextes et les conditions de ce travail théorique.

Pour accompagner au mieux les auteur-e-s dans cette démarche réflexive, un atelier sera proposé (cf. infra) pour les aider dans la conduite de ce projet, au cours duquel nous expliciterons le contexte germanophone, et le rôle de la théorie dans ce contexte.

Toutes les théories actuellement discutées dans les géographies francophones sont accueillies, dès lors que leur mise en discussion permet d’éclairer le fonctionnement institutionnel.

La revue Geographische Zeitschrift

Présentation

Numéros en ligne

Modalités de soumission

Un résumé d’article (en français ou en anglais) sera soumis par les auteur-e-s

au plus tard le 31/10/2022.

Le résumé (d’une longueur maximum d’une page) doit préciser le champ de la géographie qui sera évoqué, les problèmes théoriques qu’il convoque, ainsi que les questionnements relatifs à la conduite de la recherche qu’il soulève.

Les résumés sont à soumettre à la revue : gz@geo.rwth-aachen.de

Les résumés seront évalués par le comité de la revue et par les responsables de la revue aux alentours du 15/11/2022.

La première version des articles sera remise en français le 31/03/2023. Les articles seront évalués en français selon une procédure en double aveugle coordonnée par la revue. Les articles ne peuvent dépasser 60 000 signes, bibliographie incluse.

Les retours des évaluateur-e-s seront adressés aux auteur-e-s en juin 2023.

Les versions définitives des articles seront attendues au plus tard en septembre 2023.

Une fois les articles définitivement acceptés, ils seront traduits en allemand et seront publiés dans cette langue. La publication du numéro est prévue en 2024.

À noter

pour accompagner la rédaction des articles – notamment leur dimension réflexive – un atelier entre les auteur-e-s sélectionné-e-s, les responsables du numéro et le comité de la revue est prévu le mercredi 25 janvier 2023 (10 h à 12 h ; 14 h à 16 h). L’atelier se tiendra à Berlin, au Centre Marc-Bloch. Il est possible de suivre l’atelier en présentiel (les frais de transport et d’hébergement seront à la charge des participant-e-s) ou à distance, via Zoom. La présence à cet atelier est impérative : elle permettra de garantir l’unité thématique du numéro. Une rencontre avec les responsables du numéro de la revue sur les géographies hispanophones est prévue dans ce cadre.

Contacts

  • Yann Calbérac : yann.calberac@ens-lyon.org
  • Mélina Germes : melina.germes@cnrs.fr

Les consignes pour la rédaction des articles sont disponibles sur le site de la revue.

Bibliographie

Calbérac Y., 2010, Terrains de géographes, géographes de terrain. Communauté et imaginaire disciplinaires au miroir des pratiques de terrain des géographes français du XX° siècle. Thèse de doctorat en géographie. Université Lumière Lyon 2.

Chivallon C., Ragouet P., & Samers M., (dir.), 1999, Discours scientifiques et contextes culturels. Géographies britanniques et françaises à l’épreuve postmoderne. Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine.

Cusset F., 2005, French Theory. Foucault, Derrida, Deleuze et Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux États-Unis. La Découverte.

Germes M. & Petermann S., 2010, « Dialog über eine Differenz. Neue (Kultur)Geographie in Deutschland und Frankreich ». Raumnachrichten.de, http://www.raumnachrichten.de/materialien/diskussion/977-frankreich

Germes M., Glasze G., & Weber F., 2011, « Neue Kulturgeographie. Débats et perspectives au sein de la nouvelle géographie culturelle germanophone », Cybergéo. http://cybergeo.revues.org/24727

Germes M., Husseini de Araújo S., 2016, « Pour une pratique critique de la traduction en géographie », ACME. An International E-Journal for Critical Geography, Vol. 15, N° 1, 1‑14.

Houssay-Holzschuch M. and Milhaud O., 2013, « Geography after Babel – a view from the French province ». Geographica Helvetica, Vol. 68 N°1, 51-55.

Note

[1] L’écriture inclusive est tenue pour acquise dans les sciences sociales germanophones. Elle sera donc systématiquement utilisée dans les traductions qui seront faites des articles sélectionnés et publiés.

Subjects


Date(s)

  • Monday, October 31, 2022

Keywords

  • géographie francophone

Contact(s)

  • Mélina Germes
    courriel : melina [dot] germes [at] cnrs [dot] fr
  • Yann Calberac
    courriel : yann [dot] calberac [at] univ-reims [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Yann Calberac
    courriel : yann [dot] calberac [at] univ-reims [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Le travail théorique dans les géographies francophones contemporaines », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, September 15, 2022, https://doi.org/10.58079/19hb

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