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Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Atmospheres in Film

L′atmosphère au cinéma

Revue « Ambiances »

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Published on Friday, December 02, 2022

Abstract

L′objectif de ce numéro de la revue Ambiances n’est pas de définir l’atmosphère au cinéma de manière définitive, mais plutôt de permettre l’émergence de nouveaux dialogues interdisciplinaires. Pour ce faire, nous accueillerons des contributions issues de différents domaines de recherche et qui proposeront des approches aussi bien esthétiques, techniques, historiques, communicationnelles, philosophiques, phénoménologiques que psychologiques. En diversifiant les approches de l’atmosphère au cinéma et l’éventail des œuvres étudiées (fiction, documentaire, expérimental, films d’animation, etc.), nous espérons que chaque article pourra agir comme une surface réfléchissante nous permettant de révéler la richesse de ce terme.

 

Announcement

Argumentaire

Si le terme “atmosphère” provient initialement du champ lexical scientifique, il est, depuis plus de 20 ans, couramment utilisé dans les sciences humaines et sociales (par exemple, la philosophie, la géographie, la psychologie, les études urbaines, les études théâtrales, les études cinématographiques, les sciences de l’information et de la communication, la phénoménologie ou encore l’esthétique). En tant que tel, ce mot (qui entretient des similitudes avec les termes ambiance et humeur, mood en anglais) exprime une relation clé entre le sensible et l’éphémère. En effet, comme le souligne Gernot Böhme : « l’espace des humeurs (mood) est un espace atmosphérique, qui correspond à un certain état mental ou émotionnel lié à un environnement particulier ; c’est aussi l’atmosphère qui m’entoure, et à laquelle je contribue par le biais de mon humeur personnelle » (Böhme, 2002). En effet, puisqu’elle dépend du sujet et puisqu’elle évolue dans le temps, la sensation d’une atmosphère est essentiellement subjective et éphémère. Récemment, dans leur ouvrage Atmospheres and the Experiential World (2019), Shanti Sumartojo et Sarah Pink ont proposé une approche originale et affective de l’atmosphère en suggérant de nouvelles façons de penser les relations entre les personnes, l’espace, le temps et les événements. Pour ce faire, les auteurs s’appuient notamment sur la phénoménologie et sur les idées de Gernot Böhme, celles-là mêmes qui l’ont amené à formuler sa notion d’« esthétique des atmosphères » en tant que théorie générale de la perception. Böhme affirme que « le premier “objet” de perception, ce sont les atmosphères », et ajoute que les atmosphères sont « l’arrière-plan sur lequel le regard analytique distingue les choses telles que les objets, les formes, les couleurs… » (Böhme, 2018). Comme la « perception comprend l’impact affectif de l’observé, la “réalité des images”, le corps-vivant et son ressenti » (ibid.), l’état corporel serait donc intimement lié à un environnement et à la perception d’une atmosphère.

De la même manière que le sixième numéro du journal Ambiances “Staging Atmospheres: Theatre and the Atmospheric Turn”1 s’est intéressé aux recherches émergentes sur les atmosphères et les ambiances dans les études théâtrales, nous proposons dans ce numéro d’aborder ces notions à travers le prisme du cinéma. Plus précisément, nous souhaitons étudier comment les atmosphères et le cinéma se questionnent, se répondent et se redéfinissent mutuellement. Dans son analyse des atmosphères au cinéma, Robert Spadoni souligne qu’il y a souvent « une tendance à considérer le phénomène [de l’atmosphère] comme principalement ou exclusivement associé au caractère environnemental d’une œuvre d’art et, dans le cas d’un film, à ses décors, ses sons et ses représentations du temps » (Spadoni, 2020). À la suite de Spadoni, notre objectif serait donc d’aller au-delà de cette tendance et de réfléchir à la manière dont les atmosphères au cinéma peuvent être questionnées en termes de contenu, de technologie, de processus et de sensation.

Pour ce faire, nous invitons les auteurs à considérer les trois questions suivantes :

  •     Comment peut-on identifier les atmosphères au cinéma ?
  •     Comment le public fait-il l’expérience des atmosphères ?
  •     Comment les atmosphères d’un film sont-elles construites ?

La première question doit permettre de considérer, selon différentes perspectives, ce qui constitue communément les spécificités d’une atmosphère filmique. Dès 1952, Etienne Souriau parle du « merveilleux atmosphérique de l’univers filmique » (Souriau, 1952), soulignant plus particulièrement les caractéristiques chimiques de la pellicule et comment son “grain” joue un rôle essentiel dans la représentation et la perception des atmosphères cinématographiques. Plus récemment, le développement du numérique et l’utilisation récurrente des effets spéciaux peuvent également être des points d’accroche pour réfléchir à la notion d’artificialité qui sous-tend la création des ambiances cinématographiques. En allant plus loin encore, il serait possible de réfléchir aux concepts de naturalisme et de réalisme au cinéma en questionnant les liens entre l’atmosphère et les lieux de tournage (décors naturels ou en studio). Par ailleurs, la notion de style, de “patte” de l’auteur, pourrait constituer un autre axe d’approche dans la mesure où le terme “atmosphère” est fréquemment utilisé pour décrire le travail d’un réalisateur sur l’ensemble de sa filmographie. Cela pourrait nous amener également à nous demander comment le spectateur distingue des caractéristiques similaires entre un film et un autre en termes d’atmosphères. Pour aborder ces idées, nous encourageons les auteurs à proposer, par exemple, des analyses filmiques de l’atmosphère dans un film en particulier, ou encore à réfléchir aux liens qui pourraient exister entre une atmosphère et un genre cinématographique spécifique.

La deuxième question invite à réfléchir sur la réception spectatorielle des atmosphères filmiques. Selon David Bordwell, dans les salles de cinéma, le public est entouré d’atmosphères multiples créées par ce qu’il nomme « la texture tangible du film » (Bordwell, 2005), c’est-à-dire la surface perceptive à laquelle nous nous confrontons lorsque nous regardons et écoutons des œuvres cinématographiques. Dans cette conception, la « texture tangible » est aussi bien esthétique que sensorielle : « c’est [à la fois] la sensation protéiforme des lieux représentés dans les films et les œuvres d’art, et ce que cette collusion de sens, d’affects et d’esthétique produit » (Deggan, 2013). Par exemple, en prenant en compte le tournant écologique des études cinématographiques et le questionnement autour de l’Anthropocène, les contributeurs sont encouragés à explorer comment le cinéma peut aider à atteindre une perception non-anthropocentrique des atmosphères, en suivant une approche phénoménologique par exemple.

Enfin, avec la troisième question, nous voudrions encourager des analyses portant sur la création des atmosphères cinématographiques, à un niveau aussi bien artistique que technique. Il serait ainsi, par exemple, possible de réfléchir à l’importance de la construction des ambiances sonores au cinéma, puisque « dans le contexte de la perception cinématographique, l’ambiance sonore contribue de manière prépondérante à l’atmosphère, elle est un fond enveloppant qui englobe le spectateur » (Adjiman, 2018). De même, l’ajout de musiques et leurs rôles dans la construction de l’atmosphère peuvent également être des sujets d’étude ; tout comme l’étalonnage (traitement colorimétrique), puisque, dans certains cas, cette technique peut permettre, comme le souligne Laura Cortés-Selva, de « recréer des atmosphères du temps passé, en imitant d’anciens procédés » (Cortés-Selva, 2009). Enfin, il est également possible de réfléchir à la manière dont l’expérience cinématographique des atmosphères est modifiée par les dernières innovations technologiques en matière d’immersion, comme la 3D, la 4DX ou les casques de réalité virtuelle.

En abordant ces trois questions centrales, mais non exhaustives, notre objectif n’est pas de définir l’atmosphère au cinéma de manière définitive, mais plutôt de permettre l’émergence de nouveaux dialogues interdisciplinaires. Pour ce faire, nous accueillerons des contributions issues de différents domaines de recherche et qui proposeront des approches aussi bien esthétiques, techniques, historiques, communicationnelles, philosophiques, phénoménologiques que psychologiques. En diversifiant les approches de l’atmosphère au cinéma et l’éventail des œuvres étudiées (fiction, documentaire, expérimental, films d’animation, etc.), nous espérons que chaque article pourra agir comme une surface réfléchissante nous permettant de révéler la richesse de ce terme.

Modalités de contribution

Nous invitons, non seulement les chercheurs en sciences humaines à soumettre des propositions, mais aussi les professionnels du cinéma qui auraient abordé ce thème dans leur propre travail.

Si vous disposez de matériel audiovisuel dont vous détenez les droits (courts extraits de films, enregistrements audio, photogrammes, ou images) qui illustreront et renforceront votre essai, veuillez les inclure dans votre proposition.

La revue Ambiances propose de valoriser les travaux ayant trait aux domaines de l’environnement sensible, de l’architecture et de l’espace urbain.

  • Articles en anglais ou français, 30 000 à 50 000 signes (espaces compris)
  • Date de réception : 17 février 2023

  • Premier retour aux auteurs : 17 mars 2023
  • Publication : décembre 2023
  • Suivez les notes aux auteurs pour la mise en forme : https://journals.openedition.org/ambiances/163

Envoyez vos articles à : journal@ambiances.net

Coordination

Le numéro thématique "L'amosphère au cinéma" est proposé par les éditeurs invités :

  • Rosine Bénard O’Kelly, Maître de conférences, Directrice adjointe du département Sciences, Arts et Techniques de l’Image et du Son, Laboratoire PRISM, Aix-Marseille Université - CNRS
  • Patricia Castello Branco, Chercheuse associée, Coordinatrice du Laboratoire de Cinéma et Philosophie, Université Nouvelle de Lisbonne (NOVA)
  • Rupert Cox, Maître de conferences, Directeur du Centre Granada d’Anthropologie Visuelle, Université de Manchester
  • Natacha Cyrulnik, Maître de conférences HDR, Laboratoire PRISM, Aix-Marseille Université – CNRS

Évaluation

Les articles seront expertisés par le comité éditorial de la revue Ambiances, les éditeurs invités et en double aveugle par des experts extérieurs à la revue.

Nous restons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire,

Note

    1 https://journals.openedition.org/ambiances/3372

Presentation

The term “atmosphere” may derive from the scientific lexicon, but for more than 20 years now it is commonly used in the humanities and social sciences (eg. philosophy, human geography, urban studies, theatre and performance studies, cinema studies, information and communication sciences, such as psychology, phenomenology or aesthetics). As such, the word (which has affinities with other similar terms such as ambiance or mood), expresses a key relationship between the sensible and the ephemeral. As Gernot Böhme says: “the space of moods is atmospheric space, that is, a certain mental or emotive tone permeating a particular environment, and it is also the atmosphere spreading spatially around me, in which I participate through my mood” (Böhme, 2002). Indeed, the sensation of an atmosphere is essentially subjective and ephemeral, as it depends on the subject and can evolve over time. For instance, in their book Atmospheres and the Experiential World (2019), Shanti Sumartojo and Sarah Pink propose an original approach to atmosphere by suggesting new ways of thinking about the relationships between people, space, time and events that may fall within the purview of an affective approach. The authors draw on phenomenology to develop those ideas of Gernot Böhme, which led him to create his notion of “aesthetic of atmospheres” as a general theory of perception. Böhme states that “the first ‘object’ of perception are the atmospheres”, adding further that the atmospheres are “the background against which the analytical eye distinguishes things such as objects, shapes, colours…” (Böhme, 2018). As the “perception includes the affective impact of the observed, the ‘reality of images’, the living body and its feeling” (ibid.), Böhme highlights how the bodily state is linked to an environment and how that works in the perception of an atmosphere. 

In the same way as the sixth issue of the Ambiances Journal “Staging Atmospheres: Theatre and the Atmospheric Turn”1 focused on the issues raised by the emerging paradigm in international theatrical researches on atmospheres and ambiances, we propose in this issue to address these notions through the prism of cinema. Specifically, we aim to investigate how atmosphere and cinema question, relate and redefine each other. As Robert Spadoni points out, in his analysis of atmosphere in film there is often “a tendency to view the phenomenon [of atmosphere] as primarily or exclusively associated with an artwork’s environmental character and, in the case of a film, its settings, sounds, and depictions of weather” (Spadoni, 2020). Following Spadoni, our aim is to go further than this tendency and to discuss, how the atmospheres may be used in matters of content, technology, process and sensation in film.

To do so, we invite the authors to consider the following questions:

    How do we identify atmospheres in film?

    How does the audience experience the atmospheres?

    How are the atmospheres of a film constructed?

The first question considers the various perspectives involved in the investigation of what commonly constitutes the specificities of a filmic atmosphere. These perspectives have a history. In 1952, Etienne Souriau talked about the “atmospheric marvel of the filmic universe” (Souriau, 1952), highlighting, in particular, the chemical characteristics of the film reel and how its “grain” plays an essential role in the representation and perception of the cinematic atmospheres. More recently, the arrival of digital technology in cinema and the recurrent use of visual special effects can also be addressed through the notion of artificiality that underlies the creation of cinematographic atmospheres. Going further still, considering t links between atmosphere and place (in real locations or created sets), can lead us to think about the concepts of naturalism and realism in cinema. The notion of the style, as a feature of authorship, is another perspective at stake here, as the term “atmosphere” is frequently used to describe the work of a director reflected through his entire filmography. It leads us to consider how the audience can recognize similar characteristics between one film and another. To tackle these ideas, we would welcome, for instance, filmic analysis of the atmosphere in a particular film, or to think about the relations that might exist between atmospheres and a film genre.

The second question invites contributions that focus on the spectator’s reception of the filmic atmospheres. In Bordwell’s characterization of film theaters, the audience is surrounded by multiple atmospheres created by “the tangible texture of film” (Bordwell, 2005), meaning the perceptual surface we encounter when watching and listening to diegetic worlds. In this conception, the “tangible texture” is both aesthetically conceived and polysensorial: “it is the many-sided feel of the places represented in films and art, along with what that collusion of sense, affect, and aesthetics conveys” (Deggan, 2013). On top of this, by taking into account the ecological turn in film studies and the questioning around the Anthropocene, contributors are encouraged to explore how cinema can help to reach a non-anthropocentric perception of the atmospheres, following a phenomenological approach for example.

Finally, in the third question, we welcome analysis of the ways cinematic atmospheres are artistically and technically created. Consider for example, the importance of the construction of sound ambiances in cinema, since “in the context of cinematographic perception, the sound ambiance contributes in a preponderant way to the atmosphere, it is an enveloping background that encompasses the spectator” (Adjiman, 2018). Music scores and their roles in atmosphere construction are other possible subjects for discussion, as well as the color grading of some audiovisual works, since this technique can allow, in some cases, to “recreate past time atmospheres, emulating old processes” (Cortés-Selva, 2009). It is also possible to question whether and how the cinematic experience of the atmospheres is modified by technological innovations in immersion, such as 3D, 4DX or virtual reality headsets.

By addressing these three central, but non-exhaustive questions, our goal is not to define the atmosphere in film in a definitive way, but rather to open up new dialogues. To do so, we welcome contributions from various fields drawn from film studies, aesthetics, technical, historical, communicational, philosophical, phenomenological and psychologic perspectives. By diversifying the approaches to atmospheres in film and the range of studied works (fiction, documentary, experimental, animated movies etc.), we expect each paper to act as a point of reflection allowing us to reveal the richness of this term.

Submission guidelines

We invite, not only researchers in the human sciences to submit proposals, but also film professionals who have addressed this topic on their works.

If you have audio-visual material, such as short clips of film or audio, film stills or images from film productions, that will illustrate and enhance your essay, please include them in your submission.

  • Articles in English or French, containing 30,000 to 50,000 characters (including spaces).
  • Reception date: 17 February 2023

  • Initial feedback to authors: 17 March 2023
  • Publication: December 2023
  • Please respect the guidelines for authors: https://journals.openedition.org/ambiances/221

And send the paper to: journal@ambiances.net

Special Issue Editors

  • Rosine Bénard O’Kelly, Lecturer, Deputy Director of the Sciences, Arts, and Techniques of Image and Sound department, Laboratory PRISM, Aix-Marseille University – CNRS.
  • Patricia Castello Branco, Research fellow, Coordinator of the Laboratory of Cinema and Philosophy, Nova University of Lisbon
  • Rupert Cox, Lecturer, Director of Granada Centre for Visual Anthropology, University of Manchester
  • Natacha Cyrulnik, Full university professor, Laboratory PRISM, Aix-Marseille University - CNRS.

Note

    1 https://journals.openedition.org/ambiances/3372


Date(s)

  • Friday, February 17, 2023

Keywords

  • atmosphère, ambiance, film, cinéma, audience, expérience

Contact(s)

  • Magali Paris
    courriel : magali [dot] paris [at] versailles [dot] archi [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Magali Paris
    courriel : magali [dot] paris [at] versailles [dot] archi [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Atmospheres in Film », Call for papers, Calenda, Published on Friday, December 02, 2022, https://doi.org/10.58079/1a42

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