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Interfaces

Numéro de la revue « Corps » (2025)

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Published on Tuesday, March 14, 2023

Abstract

Comment appréhender et rendre compte de l’interface, ou plutôt, de l’interfaçage entre les humains et les technologies, les corps et les dispositifs technologiques ? Ce numéro spécial de Corps invite des contributions empiriques et/ou conceptuelles pour répondre à cette question.

Announcement

Coordination scientifique

  • Lucie Dalibert (UR S2HEP - Lyon 1)
  • Axel Guïoux (ECTT UMR EVS - Lyon 2)

Argumentaire

Selon ses usages courants et récents, la notion d’“interface” désignerait cette surface issue de la mise en relation entre au moins deux entités. Espace-limite, ligne de contact et de communication, l’interface renverrait à ce lieu de connexion permettant le passage et l’échange d’informations. Fréquemment mobilisée dans les réflexions sur les technologies en particulier numériques, elle apparaît comme cette “boîte noire” aux contours flous, rendant possible le lien entre des utilisateurs et des dispositifs techniques ou entre des systèmes abstraits distincts. Les interactions qu’elle permettrait prolongeraient un certain imaginaire de la cybernétique, résonnant avec le nom de code C3I « Command, Control, Communication, Intelligence », critiqué par Donna Haraway dans son Manifeste Cyborg. En ce sens, au-delà de la fluidité et de la régularité qui caractériseraient l’anticipation de son opérationnalité et, donc, de son efficacité supposée, la notion d’interface nous invite à interroger non seulement ses finalités mais aussi ce qu’elle relaie, avec ses possibles interférences. En effet, si l’on envisage la mise en présence de deux entités complexes telles qu’un corps et un dispositif technique (dans les interfaces humain/machine par exemple) ou d’un organe et d’un système complexe de traitement d’informations (dans le cas d’une interface brain/computer), ce principe de communication fluide et stable est-il toujours opérant ? La dynamique transformationnelle du vivant ne vient-elle pas brouiller une préconception trop fixiste et stabilisée de l’interaction entre le corps et la technologie ?

Dans ce prolongement, il est possible de s’interroger sur la dualité que supposerait l’interfaçage liant deux entités ou surfaces prédéfinies. Si nous prenons l’exemple d’une prothèse visant à pallier l’absence d’un membre ou la suppléance d’un organe défaillant, la frontière que dessine ce dispositif peut-elle être considérée en soi comme une interface permettant l’interaction entre un être vivant et son environnement ? Si tel est le cas, l’actant “prothèse” ne peut se réduire à une entité unique et simple. Il est lui-même composé d’une multitude d’éléments constitutifs incorporés qui complexifient la relation entre ces deux réalités mises en présence que sont le corps de la personne concernée d’un côté et le contexte dans lequel elle interagit de l’autre. De même, on ne peut obérer l’importance que revêtent dans ce réseau d’interactions, les autres intervenants tout autant humains que non-humains, sujets ou objets, qui participent plus largement de la relation, que ce soient un soignant, un expert orthoprothésiste, un déambulateur, une béquille ou encore un fauteuil roulant. Chacun à leur manière, ne participent-ils pas de la constitution de cette interface conçue comme cet espace de contacts entre des corps dotés de leur densité propre, des matérialités combinées dans des processus d’interactions constantes ?

Par ailleurs, si fluidité et stabilité semblent caractériser, à première vue, la notion d’interface, celle-ci est-elle étrangère aux discontinuités, frictions, turbulences, dissolutions ?  Si l’on reprend l’exemple de la prothèse dans son ‘interfaçage’ avec un corps singulier, celle-ci demande l'acquisition de savoir-faire et de techniques du corps pour qu’elle rende l’action possible. Mais elle est aussi l’objet de désajustements avec son contexte d’utilisation, de décalages entre ce que l’on attend d’elle et ce qu’elle permet de faire, ou plus banalement de frictions avec la peau. L’interface ne peut donc se concevoir sans ces situations d’empêchement voire de blocage. Ici aussi, ces désajustements – ce qui “coince”, qui “résiste”, qui “ casse” – requièrent la mobilisation d’autres actants, tout autant humains que non-humains, sujets ou objets, pour ‘fluidifier’ la relation. Ces frictions, qui rompent avec le principe d’une trop évidente fluidité et opérationnalité des représentations courantes, ne sont-elles pas nécessaires à prendre en compte pour penser l’interface, qui plus est entre les êtres humains et les technologies, entre les corps et les dispositifs technologiques ? 

Modalités de contribution 

Dans cet appel à articles ouvert à l’ensemble des Sciences Humaines et Sociales, nous invitons les chercheuses et les chercheurs à interroger, à partir de matériaux empiriques et/ou d’une réflexion conceptuelle, l’interface ou plutôt l’interfaçage entre les corps et les technologies. L’approche interdisciplinaire et ouverte à d’autres champs que ceux du handicap et de la santé est aussi encouragée.

Les autrices et auteurs sont invité.e.s à envoyer une proposition de contribution (500 mots maximum), en précisant leur affiliation universitaire, aux deux responsables du numéro : Lucie Dalibert (lucie.dalibert@univ-lyon1.fr) et Axel Guïoux (axel.guioux@univ-lyon2.fr) 

avant le 20 avril 2023. 

Les articles complets (30000 signes, espaces compris) sont attendus pour le 30 novembre 2023.  

Calendrier

  • 20 avril 2023 : Limite des envois de propositions d’articles (en 500 mots maximum)

comprenant les informations sur la question de recherche, la méthodologie, les perspectives théoriques, les éventuels résultats attendus et la pertinence de la contribution. 

  • 15 mai 2023 : Réponse aux auteurs.trices après examen des résumés et envoi des informations relatives à la rédaction des articles aux contributeurs.trices retenu.e.s. 
  • 30 novembre 2023 : Limite de réception des versions complètes des articles et envoi des textes aux évaluateurs. 
  • Début février 2024 : Retour des expertises aux auteurs. 
  • Début mai 2024 : Limite d’envoi des articles révisés. 
  • Début juin 2024 : Relecture par les coordinateurs.trices du numéro et retours finaux aux auteurs.trices. 
  • 10 juillet 2024 : Remise de l’ensemble des textes finalisés

Date(s)

  • Thursday, April 20, 2023

Keywords

  • interface, corps, technique, technologie, interaction

Contact(s)

  • Axel Guïoux
    courriel : axel [dot] guioux [at] univ-lyon2 [dot] fr
  • Lucie Dalibert
    courriel : lucie [dot] dalibert [at] univ-lyon1 [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Axel Guïoux
    courriel : axel [dot] guioux [at] univ-lyon2 [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Interfaces », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, March 14, 2023, https://doi.org/10.58079/1apj

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