HomeÉpistémologie multi-versaliste. Quelle anthropologie politique dans le « monde d’après » ?

HomeÉpistémologie multi-versaliste. Quelle anthropologie politique dans le « monde d’après » ?

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Published on Monday, March 13, 2023

Abstract

Dans une perspective multi-versaliste, « l’animal politique » aristotélicien aurait vécu dans la théorie de la connaissance de l’anthropologie. L’anthropologie politique n’aurait-elle d’autres prétentions que de se projeter dans un hologramme brisé, une multiplicité d’espaces-temps incommensurables ? Cet éclatement est-il le symptôme d’un « monde en crise », ou d’une anthropologie qui renouvelle ses constructions scientifiques et intellectuelles grâce aux crises qui la mettent à l’épreuve ? Cette situation implique-t-elle l’élaboration d’une épistémologie multi-versaliste, ou ce que nous pourrions désigner comme une épistémologie multipolaire. Tout en reconnaissant les différences imposées par les trajectoires historiques de la connaissance, ce panel s’interroge sur les défis que posent l’élaboration d’une telle épistémologie au regard de l’ambition affichée d’une unité de l’anthropologie, autrement d’une discipline à l’échelle humaine.

Announcement

Table-ronde dans le cadre du colloque du LAP MONDES EN CRISE/SUJETS ÉMERGENTS

L’anthropologie politique au XXIe siècle les 7, 8, 9 juin 2023 à l’Humathèque, Campus Condorcet

Modérateurs

Jean Bernard Ouedraogo (DR CNRS EHESS) & Benoit Hazard (CR CNRS).

Contexte

L’anthropologie politique, comme pratique et comme domaine de spécialisation, est indissociable de la construction d’un savoir impérial, c’est-à-dire à la fois d’une vision du monde organisée par une configuration singulière du pouvoir, liée à une dynamique occidentale des modalités du contrôle politique ; l’histoire de cette imbrication du pouvoir et de la connaissance constitue le contexte indépassable dans lequel se sont imposées une chaine de relations conceptuelles marquée par une constante bipolarité (Nord-Sud, Est/Ouest, centre-périphérie) censée définir les mondes intégrés par l’idéologie universaliste européen, et instituer des répertoires de constructions : de classement des identités et des altérités. Cet épistème semble en crise face à l’émergence d’un monde fracturé, segmenté, marqué par l’émergence de forme de repli sur soi, de montée des nationalismes, d’expressions multiformes des populismes. D’une part, les frontières de l’anthropos, configurées par la modernité, sont remises en question tant en raison des incertitudes pesant sur le destin de l’humanité que de la possibilité d’imaginer des mondes communs. D’autre part, l’émergence et la démultiplication catégories (« genre », « race », « non humain », « actant » en lieu et place de « sujet/objet », « avatars virtuels », etc.) mobilisées dans l’analyse du politique des sociétés, alimentent une multiplicité de représentations du monde, de l’humain et des variétés des formes collectives qu’il se donne. L’épicentre des « sujets politiques émergents » ne se définit plus en référence à cette centralité contestée, dans une revendication émancipatrice, en théorie comme en pratique ; il se déplace vers des formes de vie exprimant une altérité radicale, un relativisme absolu qui efface le projet intellectuel surplombant qui voudrait penser l’universalité de la condition humaine alors que la dynamique contemporaine impose désormais une multivalence du sens de l’histoire. Dans une perspective multi-versaliste, « l’animal politique » aristotélicien aurait donc vécu dans la théorie de la connaissance de l’anthropologie. L’anthropologie politique n’aurait-elle d’autres prétentions que de se projeter dans un hologramme brisé, une multiplicité d’espaces-temps incommensurables ? Cet éclatement est-il le symptôme d’un « monde en crise », ou d’une anthropologie qui renouvelle ses constructions scientifiques et intellectuelles grâce aux crises qui la mettent à l’épreuve ? Cette situation implique-t-elle l’élaboration d’une épistémologie multi-versaliste, ou ce que nous pourrions désigner comme une épistémologie multipolaire. Tout en reconnaissant les différences imposées par les trajectoires historiques de la connaissance, ce panel s’interroge sur les défis que posent l’élaboration d’une telle épistémologie au regard de l’ambition affichée d’une unité de l’anthropologie, autrement d’une discipline à l’échelle humaine.

Modalités de candidature

Les candidatures comprendront une proposition de communication portant sur la problématique sus-mentionnée. avec : un titre & un résumé (1000 caractères espaces compris max., en police Times 12 maximum), précisant impérativement :

  • la discipline d’appartenance,
  • le thème exploré et son lien avec la problématique de la table-ronde,
  • nom, prénom, CV et attestation de rattachement à votre institut / laboratoire.

Date limite de réception des propositions de communications : lundi 27 mars 2023 minuit

à l’adresse emily.diomat@ehess.fr.

Places

  • Auditorium - Campus condorcet Place du Front populaire
    Aubervilliers, France (93)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Monday, March 27, 2023

Keywords

  • anthropologie politique, épistemologie, anthropos, universalité, multi-versaliste, savoir

Contact(s)

  • Benoit Hazard
    courriel : bhazard [at] ehess [dot] fr
  • Emily Diomat
    courriel : emily [dot] diomat [at] ehess [dot] fr
  • Jean Bernard Ouédraogo
    courriel : jean-bernard [dot] ouedraogo [at] ehess [dot] fr

Information source

  • Benoit Hazard
    courriel : bhazard [at] ehess [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Épistémologie multi-versaliste. Quelle anthropologie politique dans le « monde d’après » ? », Call for papers, Calenda, Published on Monday, March 13, 2023, https://doi.org/10.58079/1aqq

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