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Numérique avancé, communication et activisme

Revue « Communication technologies et développement »

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Published on Wednesday, March 22, 2023

Abstract

La revue Communication, technologies et développement lance un appel à contribution pour son treizième numéro intitulé « Numérique avancé, communication et activisme ». Ce numéro invite les articles qui explorent les défis auxquels sont confrontés ceux qui font de la recherche dans les domaines des médiations technologiques et des réseaux numériques liés à l’activisme, autant qu’aux actions collectives et aux logiques communicationnelles dans l’espace public et dans l’écosystème médiatique. Des contributions théoriques et empiriques sont attendues, appuyées sur différentes méthodologies, qui puissent démontrer la diversité et la richesse de la production scientifique dans ces matières.

Announcement

Argumentaire

Nous faisons désormais parti d'un écosystème où les technologies numériques et les réseaux sociaux sont au cœur de la communication. Le numérique avancé et, particulièrement, l'intelligence artificielle ont promu ce qu'il est convenu d'appeler les civic tech, c’est-à-dire, les technologies visant à améliorer la participation démocratique. C’est ainsi que les mobilisations collectives dans l’espace public sont souvent le fait d’actions entreprises dans les médias sociaux (appels à manifestation, dénonciations, revendications, etc.) et l’espace urbain devient une extension matérielle et organique de ce qui circule sur les plateformes numériques. L'exposition médiatique produit un autre type de confrontation au réel et offre la possibilité d’établir un rapport identitaire à l'environnement, favorisant la constitution d'un lieu d'appartenance imprégné par la vision portée par la technologie. En même temps, l’action collective dispose d’une technologie qui participe sur la façon de communiquer, d'informer et d'agir.

Donc, avec les réseaux numériques, les mouvements de protestation ont un moyen et un lieu de mobilisation publique. Malgré cela, ils sortent aussi dans les rues, les acteurs défilent et manifestent, ou ils occupent les places, et deviennent audibles et visibles, avec des messages, des textes, des images et des vidéos dans les médias sociaux, aussi bien que dans les mass médias. Or, les logiques communicationnelles, les pratiques de protestation publique, les expériences sonores et visuelles, et les milieux techniques d’activisme et d’agir public appellent à des questions qui intéressent la recherche en communication, en technologies et en sciences sociales. De la sorte, les contributions attendues peuvent porter sur l’utilisation des technologies numériques, particulièrement le numérique avancé, par les mouvements sociaux, sur le rôle de l’action digitale en réseau (digital networks action) dans l’activisme contemporain, sur l’action connectée et l’action collective, sur l’expression individuelle et collective dans les écosystèmes médiatiques et sur l’agir public dans les espaces urbains. L’espace public étant un espace d’expression, de communication, d’action collective, d'affirmation de soi, de mobilisation et de protestation publiques, d’attentes et d’engagements existentiels, politiques, citoyens, performatifs et artistiques, les problèmes dénoncés par les activistes, aussi bien que les répertoires de protestation et d’action adoptés par eux, à l’échelle locale, régionale ou mondiale, sont des objets d’étude.

Ainsi, ce numéro invite les articles qui explorent les défis auxquels sont confrontés ceux qui font de la recherche dans les domaines des médiations technologiques et des réseaux numériques liés à l’activisme, autant qu’aux actions collectives et aux logiques communicationnelles dans l’espace public et dans l’écosystème médiatique. Des contributions théoriques et empiriques sont attendues, appuyées sur différentes méthodologies, qui puissent démontrer la diversité et la richesse de la production scientifique dans ces matières.

De ce fait, les articles sont les bienvenus sur une variété de sujets, y compris ceux qui se trouvent dans les axes qui suivent.

Axe 1. L’activisme à l’heure des réseaux et du numérique avancé

Les dispositifs techno-communicationnels et les médias sociaux numériques ont introduit de nouvelles pratiques de communication et de nouvelles modalités de mobilisation collective, liées notamment à l'intelligence artificielle, qui augmentent l'interactivité, l'instantanéité, la présence (et le présent immédiat ; Han, 2013), la visibilité. A travers la notion de Civic Tech, apparait une variété de médiations et d'outils (signalement citoyen, crowdsourcing, sondage en ligne, pétitions, consultations, etc.), désormais largement mobilisés par le public. Ces phénomènes suscitent plusieurs questions portant notamment sur les enjeux de ces nouvelles logiques de communication. Il est donc intéressant d'analyser les transformations en cours aux niveaux des pratiques de mobilisation, des modalités de l’action collective, des répertoires d’action, de l’agir public dans l'espace urbain.

Les recherches sur l’activisme et les réseaux numériques peuvent aussi soulever d’interrogations telles qu'étudier le rôle que les technologies avancées jouent dans la visibilité et la visibilisation des causes, et sous quels régimes ou modalités. Au moyen de l’étude de cas empiriques, on peut aussi analyser si la communication multimodale, de tous avec tous (many to many ; Castells, 2009) dans les réseaux sociaux, coexiste avec l’individualisation de la communication et avec des formes individualisées d'expression et « d'engagement expressif » sans structure partisane ou syndicale (Cardon et Granjon, 2013). Enquêter si les réseaux numériques et l’action connectée sont un lieu d’émergence de l’action collective (Bennett & Segerberg, 2012), et comment les mouvements de protestation utilisent les médias sociaux et les technologies avancées pour inciter à l’action publique dans l’espace urbain et aussi pour soutenir des causes dans le temps.

Axe 2. L’activisme pour le climat et les engagements dans et hors les organisations

Les manifestations mondiales sur le changement climatique – telles que la grève étudiante pour le climat (Global Climate Strike), qui a émergée sur Facebook, Twitter, Instagram et Youtube et qui a son site internet, et le mouvement Fridays For Future, depuis 2018 – ont eu la participation de millions de jeunes dans plusieurs villes autour du monde. En septembre 2019, la plus grande manifestation climatique coordonnée à l'échelle mondiale a eu lieu, avec des revendications collectives et la formation d’une cause commune, et en comptant avec la participation des jeunes, mais aussi d’adultes. De ce fait, les dynamiques communicationnelles et activistes dans le cadre des nouveaux mouvements liés aux problèmes écologiques invitent à questionner les thèmes et les problèmes en discussion, ainsi que les répertoires de communication et d’action, en part aussi par rapport à ceux des mouvements sociaux traditionnels et nouveaux. On pourra, aussi, s’intéresser à identifier et catégoriser les acteurs, connaître leur provenance ou appartenance, analyser leurs comportements ou leurs rituels publics, chercher à savoir s’ils restent engagés en dehors d’organisations formelles (Moor et al., 2020) et quel est leur type de participation.

D’après ce qui vient d’être dit, les problématiques communicationnelles liées au climat sont intéressantes à examiner en essayant, notamment, de comprendre comment les activistes utilisent les médias sociaux et les technologies avancées à des fins de revendication et de luttes politiques et sociales ; savoir s’ils mettent en place des stratégies de communication à l’échelle planétaire, nationale et locale ; si les problèmes écologiques mondiaux sont enchevêtrés à des problèmes locaux (et l’inverse) ; s’il y a la constitution d’une cause commune, ou du commun, autour de la défense de la planète ; si de nouvelles conceptions des droits de l'environnement sont en train d’être répandues ; si les mobilisations publiques pour le climat, et pour « la justice climatique », s’entrecroisent avec d’autres problèmes, de façon intersectionnelle, tels que le colonialisme, le patriarcat ou la pauvreté et si, dans ces cas-là, il y en a un élargissement de leur base de soutien.

La pensée critique, les recherches approfondies et comparatives, ainsi que les études de cas sont les bienvenues sur ces sujets.

Calendrier

  • Envoi des propositions sous forme de résumés : jusqu’au 30 avril 2023

  • Retour aux auteurs de la sélection des propositions : jusqu’au 20 mai 2023
  • Remise de l’article intégral : jusqu’au 20 juin 2023
  • Retour aux auteurs de l’évaluation par le comité de lecture : jusqu’au 15 juillet 2023
  • Retour des articles définitifs (revus après évaluation) : 20 août 2023
  • Publication du numéro  : 30 septembre 2023

Consignes

Les propositions d'article doivent être soumises sous forme de résumé en français, en espagnol, en portugais ou en anglais : 7 000 signes maximum, espaces et bibliographie compris. Les titres et les mots clés sont demandés en deux ou trois langues (la langue du texte, le français, l’anglais). Les propositions seront évaluées en double aveugle par des membres de la communauté scientifique.

Les consignes de rédaction pour l’article sont disponibles à l’adresse suivante : journals.openedition.org/ctd/1132.

Les propositions d’article sont à envoyer aux adresses suivants : isabel@ulp.pt ; luis.claudio.ribeiro@ulusofona.pt

Directeur de publication

  • Alain Kiyindou, Professeur des Universités, MICA, Université Bordeaux-Montaigne, France

Rédacteur en chef

  • Akam Noble, Université Bordeaux-Montaigne, France

Comité éditorial

  • Akam Noble, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Rocio Amador-Bautista, Université Autonome de Mexico, Mexique
  • Serge Balima, Université de Ouagadougou, Burkina Faso
  • Alain Capo-Chichi, Cerco, Bénin
  • Etienne Damome, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Ute Fendler, Université de Bayreuth, Allemagne
  • Alain Kiyindou, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Annie Lenoble-Bart, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Carmen Rodriguez-Wanguemert, Université de la Laguna, Espagne

Comité scientifique

  • Christian Agbobli, Université du Québec à Montréal, Canada
  • Noble Akam, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Kouméalo Anate, Université de Lomé, Togo
  • Rocio Amador-Bautista, Université autonome du Mexique, Mexique
  • Stefanie Averbeck-Lietz, Université de Bremme, Allemagne
  • Isabel Maria Pérez da Silva Babo, Université Lusophone de Porto, Portugal
  • Katia Belisario, Université de Brasília, Brésil
  • Fabien Bonnet, Université de Haute Alsace
  • Bertrand Cabedoche, Université de Grenoble, France
  • Nicole D’Almeida, CELSA Paris IV Sorbonne, France
  • Etienne Damome, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Lauren Eva Dyll, University of KwaZulu-Natal, Afrique du Sud
  • Jean Chrétien Ekambo, Université de Kinshasa, R.D. Congo
  • Paulina Beatriz Emanuelli, Université nationale de Córdoba, Argentine
  • Ute Fendler, Université de Bayreuth, Allemagne
  • Raúl Fuentes-Navarro, Université de Guadalajara, Mexique
  • Wahid Gdoura, Université de la Manouba, Tunisie
  • Firmin Gouba, Univerité Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso
  • Tourya Guaaybess, Université de Lorraine, France
  • Marcelo Guardia, Université catholique bolivienne, Bolivie
  • Brigitte Juanals, Université Paris Ouest Nanterre, France
  • Karan Kavita, Southern Illinois University, Etats-Unis
  • Alain Kiyindou, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Anne-Marie Laulan, Institut des Sciences de la Communication du CNRS, France
  • Moises De Lemos Martin, Université Du Minho, Portugal
  • Annie Lenoble-Bart, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Vincent Liquete, Université de Bordeaux, France
  • Jamal Eddine Naji, Université de Rabat, Maroc
  • José Marques de Melo, Université de São Paulo, Brésil
  • Widad Mustafa, Université Lille 3, France
  • Ifeyinwa Nsundé, Ebonyi state university
  • Umaru Pate, Université de Maiduguri, Nigéria
  • Emilie Remond, Université de Poitiers, France
  • Fulvio Alejandro Rivero Sierra, Université Nationale de Tucumán, Argentine
  • Soufiane Rouissi, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Maia Roussiley, Université de Minas Gerais, Brésil
  • Carmen Rodriguez-Wangüemert, Université de la Laguna, Espagne
  • Nozha Smati, Université Lille 3, France
  • Carmen Rico De Sotelo, Université du Québec à Montréal, Canada
  • Daya K. Thussu, Université de Westminster, Royaume-Uni
  • Teer Tomaselli, Université de Kwazulu-Natal, Afrique du Sud
  • Christoph Vatter, Université de la Sarre, Allemagne

Date(s)

  • Sunday, April 30, 2023

Keywords

  • actibisme, numérique, média, politique

Information source

  • Alain Kiyindou
    courriel : alain [dot] kiyindou [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Numérique avancé, communication et activisme », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, March 22, 2023, https://doi.org/10.58079/1as0

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