HomeFestival « Histoire et cité » 2023

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Published on Monday, March 20, 2023

Abstract

Le festival Histoire et cité se décline chaque année en des formats variés : tables rondes, conférences, projections de films, visites guidées, expositions ou ateliers dédiés aux sciences historiques. En 2023, pour sa huitième édition du 28 mars au 2 avril, la manifestation s’empare de la thématique « Nourrir le monde ». Si boire et manger, c’est vivre, l’alimentation est également à l’origine des premières formes d’organisation sociale et joue un rôle symbolique et identitaire majeur. Des chasseurs·euses-cueilleurs·euses à l’industrialisation de la filière alimentaire – production, transformation, stockage, commerce, consommation sont autant d’aspects qui seront abordés à travers différents événements organisés à Genève, à Lausanne et, pour la première fois, en terres neuchâteloises.

Announcement

Programme

Genève

Mardi 28 mars

  • 16h30, Uni Dufour : Table ronde Le business de la faim ? Carte blanche au Département d'histoire générale (UNIGE). La rencontre porte sur les programmes nationaux et internationaux de lutte contre la faim et la place qu’y ont tenu les grandes multinationales de l’agroalimentaire. Ces programmes, aux résultats mitigés, seront analysés, en particulier la manière dont, en favorisant une agriculture de marché, ils ont contribué à accroître la dépendance des pays du Sud à l’égard de ceux du Nord ainsi que les difficultés alimentaires des populations. Avec Alexander Keese, Sandrine Kott, Anaïs Mansouri, Sabine Pitteloud et modéré par Irène Herrmann.
  • 18h15, Uni Dufour : Conférence Antonin Carême ou l’invention de la gastronomie moderne. En 1933, le 100e anniversaire de la disparition d’Antonin Carême donne lieu à dix jours de festivités tant on le considère alors comme le père de la «haute cuisine» européenne. Depuis, le chef a été injustement oublié et celles et ceux qui se souviennent encore de lui l’assimilent à une cuisine monumentale, compliquée à l’excès. Or, rien ne justifie ce jugement car il fut non seulement un grand artiste culinaire mais également, à bien des égards, un précurseur. Avec Marie-Pierre Rey

Mercredi 29 mars

Tables rondes

  • 12h30, Uni Dufour : Manger (ou pas) dans les religions de la Méditerranée antique. Les religions s’intéressent généralement d’assez près à l’alimentation: aliments interdits, festins rituels, jeûnes, etc. Trois spécialistes des religions anciennes – Égypte, Grèce, manichéisme – confrontent les prescriptions et les rites afin de mettre en lumière les fondements anthropologiques sous-jacents aux principes religieux qui articulent diététique et représentations du monde. Avec Dominique Jaillard, Anna Van den Kerchove, Youri Volokhine et modéré par Michel Grandjean
  • 18h, Uni Dufour : L'allaitement: un objet pour l'histoire. Issu d’une recherche transdisciplinaire, Allaiter de l’Antiquité à nos jours. Histoire et cultures d’une pratique en Europe (Brepols, 2023) est un ouvrage de référence sur les enjeux symboliques et matériels de l’alimentation lactée des très jeunes enfants à travers les siècles. Le livre souligne l’imbrication du biologique et du social, du physiologique et du politique. Avec Francesca Arena, Véronique Dasen, Yasmina Foehr-Janssens, Micheline Louis-Courvoisier, Irene Maffi, Daniela Solfaroli Camillocci et modéré par Isabelle Moncada.

Conférences

  • 12h15, Uni Dufour : Colonisation et céréaliculture: capitaux suisses et main-d'oeuvre indigène. La Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif (1853-1956) constitue un exemple helvétique d’investissement capitaliste dans le système colonial européen. Forte d’un immense domaine en Algérie, elle y a fait cultiver blé dur et orge un siècle durant. Il s’agira de comprendre les raisons pour lesquelles sa longévité et la politique menée par ses dirigeants en ont fait un véritable laboratoire des changements socio-économiques survenus dans la céréaliculture coloniale algérienne. Avec Claude Lutzelschwab et modéré par Sarah Scholl
  • 17h, Fondation Martin Bodmer : Festins imaginaires. Partir à la découverte de documents inouïs: des carnets de recettes de cuisine rédigées par des prisonniers et des prisonnières menacé·es de mourir de faim. Du camp de concentration de Ravensbrück au goulag de Potma, en passant par le camp de Kawasaki, ces recettes ont été écrites par des déporté·es de toutes origines, parfois au péril de leur vie. Avec Anne Georget et modéré par Michel Grandjean
  • 17h30, Uni Dufour : La fabrique des réputations : alimentation, qualité et origine (1680-1830) : La valorisation des denrées liées à une origine géographique se développe à partir de la fin du XVIIe siècle. Jambons de Bayonne, prunes de Brignoles ou fromages de Sassenage sont dès lors des produits identifiés, appréciés des amateurs·trices et qui circulent en Europe. Il s’agira de comprendre comment se construisent les réputations et le lien du produit au lieu, synonyme de qualité. Avec Philippe Meyzie et modéré par Jan Blanc et Marie Houllemare

Jeudi 30 mars

Tables rondes

  • 12h15, Uni Dufour : Sécurité alimentaire en Afrique. Le débat porte sur l’histoire de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, sur les stratégies locales de réponses et de gestion de l’insécurité alimentaire, et sur l’impact des interventions humanitaires. Avec Tobias Haller, Moustapha Sall, François Enten et modéré par Anne Mayor et Didier Péclard
  • 12h15, Bibliothèque de Genève : Made in Switzerland, cultivé ailleurs. Le café et le chocolat, deux emblèmes de l’industrie alimentaire suisse, sont issus de matières premières produites sous d’autres latitudes. Quelle est l’histoire de ces denrées et quelle est l’importance de leur économie pour les entreprises helvétiques? À travers une sélection d’affiches publicitaires suisses (1880-1980), la discussion portera sur la représentation des pays producteurs ainsi que sur l’élaboration d’une «marque suisse», stéréotypée et reconnaissable dans le monde entier. Avec Naïma Maggetti et Laurent Tissot et modéré par Mirjana Farkas
  • 17h, Uni Dufour : L’art de se mettre à la table des négociations : sociabilité et banquets (XVIe – XXe siècle). Occasions de consommation ostentatoire et de sociabilité, les banquets ont également souvent été des outils diplomatiques. Nous aborderons les pratiques et les représentations des banquets organisés en Suisse ou par des Suisses·esses à l’étranger entre le XVIe et le XXe siècle. Avec Pierre-Étienne Bourneuf, Marco Schnyder, Véronique Stenger, Andreas Würgler et modéré par Mathieu Caesar

Conférences

  • 16h15, Uni Dufour : Nourrir les Utopiens : de la frugalité à l’aliment artificiel. À l’époque moderne, le genre utopique interroge la répartition idéale des ressources, l’équilibre démographique et la nature primitive des aliments. De Thomas More à Jonathan Swift, l’imaginaire alimentaire oscille entre quête du bonheur social et brouillage chimérique. Au crépuscule des Lumières, les récits conjecturaux déploient la thématique de la nourriture artificielle, chimique ou synthétique. Quelles leçons de gouvernance tirer des penseurs de l’utopie ? Avec Michel Porret et modéré par Michael Balavoine
  • 19h30, Uni Dufour : Les famines soviétiques des années 1930 : histoire et mémoire. De l’été 1931 à l’été 1933, sept millions de Soviétiques meurent de faim, principalement en Ukraine, au Kazakhstan et dans les régions de la Volga. En cause, la collectivisation forcée des campagnes par le régime stalinien. Ces famines planifiées, qui ont fait quatre fois plus de victimes que le Goulag, sont restées l’épisode tabou de l’expérience soviétique. Depuis l’implosion de l’URSS, ce crime majeur est devenu un sujet d’histoire, mais également un objet d’âpres débats de mémoire entre Russes et Ukrainien·nes. Avec Nicolas Werth et modéré par Korine Amacher

Vendredi 31 mars

Tables rondes

  • 12h15, Uni Dufour : De l’aide alimentaire au droit à l’alimentation : quelles perspectives ? L’inscription du droit à l’alimentation dans la Constitution genevoise pose une question de définition. Des colis aux épiceries sociales et solidaires, l’aide alimentaire est très diversifiée, mais rarement synonyme de droit. Nous aborderons les liens entre aide alimentaire et droit à l’alimentation dans le contexte local et étranger et envisagerons des pistes concrètes pour renforcer l’exercice de ce droit, en particulier parmi les plus précaires. Avec Thierry Apothéloz, Sophie Buchs, Laurence Ossipow, Magali Ramel et modéré par Anne-Laure Counilh
  • 17h, Uni Dufour : Sécurité VS souveraineté alimentaire : regards croisés sur l’agro-écologie paysanne. Deux acteurs des alternatives paysannes dans le bassin lémanique, une géographe spécialiste des systèmes agro-écologiques en Suisse et au Maroc et un philosophe dialoguent. En prenant appui sur le terrain, leurs réflexions portent sur les alternatives minoritaires face au modèle hégémonique agro-industriel destructeur, à bien des égards, de la santé des écosystèmes, des collectifs sociaux et des individus. Avec Rudi Berli, Matthieu Dunand, Andrea Mathez et modéré par Damien Delorme

Conférences

  • 12h15, Uni Dufour : Végé ou régime paléo : la longue (pré)histoire de l’alimentation. Les repas de nos ancêtres préhistoriques sont multiples et variés: galettes d’orge, lentilles, épinards sauvages, civet de chevreuil, ragoût de bœuf associés aux framboises et aux beignets de pommes sauvages. On s’interrogera sur les origines et la nature de l’agriculture, une pratique visant à garantir l’alimentation d’une population croissante dont l’émergence et le développement s’opèrent durant le dernier réchauffement climatique de l’Holocène, autour de 10’000 ans avant J.-C. Avec Marie Besse et modéré par Lorenz E. Baumer
  • 18h30, Uni Dufour : Des marmites de Mithécos aux épices d’Apicius : la cuisine antique au menu. Avez-vous déjà gouté au silphium ou au garum qu’aimaient tant les Romain·es? Souhaitez-vous savoir dans quels vieux pots les Grec·ques préparaient leurs meilleures soupes? Grâce à l’archéologie et à des recettes qui ont traversé les siècles, ces flash-conférences présentent quelques aspects étonnants de la cuisine antique. Cerise sur le gâteau, on y découvre comment cuisiner aujourd’hui certaines spécialités de l’époque. Avec Manuel Grandjean, Philippe Ligron, Christine Pönitz-Hunziker et modéré par Marc Duret
  • 19h, Uni Dufour : Les graines de tous les jours, entre sécurité alimentaire et domination, XVIIe-XXIe siècle. Le contrôle des semences des principales céréales (blé, riz, maïs) est crucial, du moins depuis le XIIe siècle, afin de nourrir les populations, approvisionner les armées et garantir la stabilité sociale. Les pratiques adoptées diffèrent au fil du temps et selon les aires culturelles, intégrant des métissages ou donnant lieu à l’émergence de civilisations céréalières. Le passage des systèmes prémodernes au capitalisme, puis à la mondialisation actuelle, repose sur la transformation des semences, leur hybridation, l’essor de la génétique, jusqu’à la création d’OGM. Avec Alessandro Stanziani et modéré par Mathilde Matras

Samedi 1er avril

Table ronde

  • 13h, Uni Dufour : Être une cheffe : les défis d’un métier. Le rôle nourricier des femmes a toujours été important dans l’espace domestique. Pourtant, il a fallu des décennies pour qu’elles soient enfin reconnues dans le monde de la restauration et de la gastronomie. Lucrèce Lacchio, cheffe au Flacon à Carouge et les apprenties cuisinières du Centre de formation professionnelle évoquent leur parcours, leurs rêves et leurs défis. La rencontre fait suite à une master class réunissant la cheffe et les apprenties autour des fourneaux d’Uni Dufour. Avec Lucrèce Lacchio et modéré par Sonia Vernhes Rappaz

Lausanne

Jeudi 30 mars

Conférences

19h, Palais de Rumine. Flash-conférences d'ouverture :

  • Le sucre, une denrée au goût amer | Helen Bieri Thomson. Quel fut le prix à payer pour que la Suisse accède à cette marchandise coloniale, dernier chaînon dans le commerce triangulaire indiennes-esclaves-produits exotiques ?
  • Huîtres militantes | Thomas Bouchet. Deux siècles d’histoire française permettent de mesurer la distance qui se creuse en théorie comme en pratique entre l’huître bourgeoise et l’huître ouvrière. 
  • Le punch, ou l’ivresse de l’exotisme | Bénédicte Miyamoto. Gage de sociabilité, ce mélange d’eau, de jus de citron, d’alcool et de spiritueux antillais au goût des colonies et servi dans des bols en porcelaine abreuvait les fêtes masculines britanniques. 
  • La chair de l’industrie: une histoire politique du steak | Ophélie Siméon. La consommation de viande de bœuf a longtemps été un marqueur de classe; elle s’est démocratisée avec l’industrialisation et le capitalisme moderne et elle est devenue un marqueur de genre. 

18h, Palais de Rumine. Du paon au faisan. Manger en chevalier. Le gibier à plume et les oiseaux comme le paon ou le héron figuraient en bonne place lors des banquets de la noblesse et des chevaliers. Comment expliquer cet attrait pour des viandes considérées comme peu savoureuses? Saviez-vous que, lors de certains de ces festins, la tradition voulait que des chevaliers prêtent serment sur ces volatiles d’accomplir des prouesses ou de partir en croisade? Les vœux du Faisan, qui eurent lieu en 1454 à la cour de Bourgogne, nous permettront de mieux connaître cette pratique nobiliaire. Avec Eva Pibiri

Vendredi 31 mars

Tables rondes

  • 17h, Palais de Rumine. À boire et à manger: l'alimentation au prisme des archives de la RTS. Une journaliste gastronome, une élue écologiste et un historien gourmand débattent avec un chef étoilé des évolutions récentes de notre alimentation et des plaisirs de la table associés aux représentations médiatiques. À partir d’un florilège d’archives de la RTS, la rencontre abordera tour à tour notre relation à la viande, les produits bio et naturels, la consommation d’alcool ou encore les nouvelles notation des cafés-restaurants. Avec Carlo Crisci, Florence Farion, Adèle Thorens-Goumaz et modéré par Dominique Dirlewanger
  • 19h, Palais de Rumine. Les enjeux politiques de l'aide alimentaire internationale au XXe siècle. L’aide alimentaire, qui permet surtout la survie de populations en danger, n’est pas dénuée d’enjeux politiques. Lors des conflits armés notamment, son déploiement a suscité de multiples controverses, de son instrumentalisation à des fins politico-militaires à l’usage de la faim comme arme de guerre. Ces enjeux et leur évolution au XXe siècle seront abordés à travers les exemples de la Russie au sortir de la guerre civile, de l’Allemagne et de l’Autriche après la Seconde Guerre mondiale et du Biafra dans les années 1960. Avec Marie-Luce Desgrandschamps, Jean-François Fayet, Donia Hasler et modéré par Claise-Lise Debluë

Conférences

  • 14h30, Palais de Rumine. L'épicerie du monde: l'alimentation mondialisée depuis le XVIIIe siècle. Des frites au parmesan, de la chorba au ceviche en passant par la margarine, ces aliments, tantôt simples, tantôt savamment préparés, nous permettent de comprendre, au plus près de nos pratiques intimes, la mondialisation et ses limites. Un voyage insolite et passionnant dans la grande épicerie du monde. Collaboration entre le Magazine L’Histoire et la Conférence cantonale des chef·fes de file d’histoire des gymnases vaudois, en partenariat avec la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP). Avec Sylvain Venayre et modéré par Valérie Hannin et Dominique Dirlewanger

Samedi 1er avril

Tables rondes

  • 14h, Palais de Rumine. L'agriculture a-t-elle fait le malheur de l'humanité? Ces dernières années, la notion d’Anthropocène a parfois été associée au Néolithique, période qui voit la naissance de l’agriculture. On lui attribue souvent tous les fléaux qui nous accablent aujourd’hui: déforestation, hiérarchisation de la société, aggravation des maladies provenant des animaux domestiqués, ou encore emprise du travail sur le temps des loisirs pour cultiver des céréales. Mais que pensent de ce « Néolithique bashing» les chercheur·es qui travaillent sur le climat et la Préhistoire? Avec Marie Besse, Sébastien Guillet, Lucie Martin et modéré par Lionel Pernet

Conférences

  • 14h, Plateforme 10. Le dernier repas du Christ: représentations contemporaines de la Cène. Chips et champagne, barbecue ou fragments de corps humains, les tablées du dernier repas du Christ dans la photographie contemporaine déploient une variété de mets à forte portée symbolique. Si les détournements de l’iconographie traditionnelle de la Cène concernent avant tout la figure du Christ et des apôtres, les aliments témoignent du renouvellement visuel engagé par les artistes actuels. Cette conférence invite à la découverte de ces différents menus, révélateurs de problématiques qui dépassent le domaine religieux. Avec Nathalie Dietschy
  • 16h, Plateforme 10. Food Design: à la recherche de la forme parfaite. Le design alimentaire est plus que jamais d’actualité, dans les menus raffinés des chef·fes étoilé·es, les produits naturels célébrés de manière esthétique, ou dans la puissante industrie alimentaire dont proviennent beaucoup de nos aliments. En quête de la forme parfaite, des food designers ont émergé. Ce nouveau métier développe tant de simples décorations que des brevets industriels, en passant par divers concepts fonctionnels, voire des commentaires critiques sur la consommation. Avec Jolanthe Kugler
  • 17h, Palais de Rumine. "Du pain ou la mort!", les anarchistes à la conquête du pain. 21 juin 1883. Louise Michel est condamnée à six ans de réclusion pour avoir fait partie «des chefs et instigateurs du pillage» de trois boulangeries. Devant la foule, elle déclare: «ce n’est pas une miette de pain, c’est la moisson du monde entier qu’il faut à la race humaine tout entière, sans exploiteurs et sans exploités». En interrogeant le pain comme «fait social total», cette conférence décryptera sa fonction symbolique et politique au sein des mouvements libertaires de la fin du XIXe siècle. Avec Étienne Furrer

Dimanche 2 avril

Table ronde

  • 11h30, Palais de Rumine. Le cannibalisme en archéologie: de Herxheim au Mormont. Amplement documenté par l’ethnographie, le cannibalisme peut avoir plusieurs motivations, dont celle de se nourrir pour survivre. S’il existe probablement depuis des temps très anciens, l’identifier et en déterminer les raisons en archéologie peut s’avérer difficile: les données permettent parfois une argumentation solide, tandis que, dans d’autres cas, on ne dépasse pas le stade de l’hypothèse. Ces deux situations seront illustrées par le site du Néolithique de Herxheim (Allemagne) et par le cas d’un dépôt humain de l’âge du Fer au Mormont (Vaud). Avec Bruno Boulestin, Audrey Gallay et modéré par Lionel Pernet

Conférences

  • 14h, Palais de Rumine. Nos assiettes ont-elles un genre ? Pour quelles raisons les hommes végétariens sont-ils moqués et l’appétit des femmes fait-il peur? Pourquoi voit-on jouir de plaisir gourmand les femmes dans les publicités pour du chocolat? Puisque nos goûts ne sont pas innés, les raisons de ces régimes genrés sont éminemment culturelles: le marketing, la société, l’éducation, les traditions… Identifions-les et parlons-en! Organisée par le Bureau de l’égalité de la Ville de Lausanne. Conférence suivie d’une séance de dédicaces au Café-Librairie. Avec Nora Bouazzouni
  • 15h30, Palais de Rumine. De Ellen Richards à Betty Bossi, ménagères au service de l'industrie alimentaire. Dès le XIXe siècle, le mouvement d’«économie domestique», qui vise la professionnalisation des savoirs ménagers, contribue à promouvoir les produits nouveaux de l’industrie alimentaire. Dans le même temps, le secteur industriel exploite l’image de la ménagère professionnelle dans ses supports publicitaires et invente des conseillères en alimentation fictives, telle Betty Bossi. Les deux intervenant·es proposent un regard croisé transnational (États-Unis, Suisse) sur les liens historiques entre «économie domestique» et alimentation moderne. Avec Léa Marie D'Avigneau, David Philippy et modéré par Thimothée Olivier

Neuchâtel

Jeudi 30 mars

Conférences

  • 12h15, Bibliothèque publique. À table! Une histoire du goût par le menu. La Bibliothèque publique de Neuchâtel conserve une riche collection de documents relatifs à l’histoire des goûts et de l’alimentation. Celle-ci se compose en particulier d’un ensemble exceptionnel de menus (notamment royaux et princiers) et de cartes de restaurants du XIXe siècle à nos jours, ainsi que d’une série de manuscrits de recettes du XVIIIe au XXe siècle. La présentation sera l’occasion de découvrir ces sources peu connues et d’en apprécier la valeur pour une histoire qui reste à écrire. Avec Thierry Chatelain et Michel Schlup
  • 18h15, Musée d'art et d'histoire. Morales de la viande: autour du Boeuf écorché de Rembrandt. Le Bœuf écorché est-il réellement un bœuf écorché? Cette question n’est absurde qu’en apparence. Ce titre, en effet, est apocryphe et a été donné tardivement au tableau de Rembrandt. En assimilant le corps de l’animal à un corps humain (un «écorché»), il oriente l’interprétation vers une vanité (forcément humaine) ou un manifeste pictural. Et si nous regardions cet animal comme un animal et nous rappelions qu’il a été tué pour être mangé? Avec Jan Blanc

Vendredi 31 mars

Conférence

  • 17h30, Château de Neuchâtel. Beurre et bonne ripaille à la table de la comptesse. Les Archives de l’État de Neuchâtel conservent une riche série de quittances du XVe siècle. Elles attestent de la circulation de denrées alimentaires les plus diverses, allant du beurre à la cannelle, en passant par les bondelles et les brochets. Cette présentation d’archives à deux voix sera l’occasion de découvrir aussi bien des manuscrits médiévaux que les habitudes alimentaires des comtes de Neuchâtel. Avec Florian Grob et Grégoire Oguey
  • 18h30, Château de Neuchâtel. Le péché capital de gourmandise: une longue histoire. Le terme «gourmandise» apparaît dans la langue française au XVe siècle, mais son histoire remonte aux premiers temps d’un christianisme codifiant les péchés capitaux. S’il existe encore de nos jours, sa signification a connu de nettes inflexions. Dès lors, que faut-il entendre par gourmandise: la goinfrerie et la gloutonnerie réprouvées par l’Église et les bonnes manières, l’art de la bonne chère cultivé à loisir par d’élitistes gastronomes, ou un penchant naturel pour les sucreries? Avec Florent Quellier

Samedi 1er avril

Conférence

  • 17h15, Club 44 Chaux-de-Fonds. Pénuries alimentaires: trop de personnes sur terre, météo ou spéculations ? Nous aurions tort d’attribuer l’augmentation des prix des céréales – du blé en particulier – uniquement à la guerre en Ukraine, ou à la pression démographique (argument récurrent depuis le XVIIIe siècle) et, donc, à l’insuffisance de l’offre comme le suggère la théorie économique. Ces pénuries sont davantage liées aux relations longues entre marchés, spéculations et tensions géopolitiques. Avec Alessandro Stanziani et modéré par Marie Léa Zwahlen

Places

  • Uni Dufour - Rue du Général-Dufour 24
    Geneva, Switzerland (1204)
  • Palais de Rumine - Place de la Riponne 6
    Lausanne, Switzerland (1005)
  • Bibliothèque publique | Château de Neuchâtel | Club 44 Chaux-de-Fonds
    Neuchâtel, Switzerland

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, March 28, 2023
  • Wednesday, March 29, 2023
  • Thursday, March 30, 2023
  • Friday, March 31, 2023
  • Saturday, April 01, 2023
  • Sunday, April 02, 2023

Keywords

  • histoire, alimentation, nourriture

Reference Urls

Information source

  • Jennifer Barel
    courriel : communication [at] histoire-cite [dot] ch

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Festival « Histoire et cité » 2023 », Miscellaneous information, Calenda, Published on Monday, March 20, 2023, https://doi.org/10.58079/1ata

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