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Published on Friday, March 24, 2023

Abstract

Cette journée d’étude propose d’explorer la notion de transitivité et les mécanismes de (dé-)transitivisation à travers les langues. L’objectif est d’envisager dans quelle mesure les spécificités des langues amènent une révision de la notion de transitivité dans une perspective plus adaptée à la diversité de ses manifestations.

Announcement

Jeudi 25 mai 2023 Lieu : Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, Poitiers

Conférencière invitée

  • Meri Larjavaara, Université d’Åbo Akademi, Turku, Finlande

Argumentaire

Cette journée d’étude propose d’explorer la notion de transitivité et les mécanismes de (dé-)transitivisation à travers les langues. L’objectif est d’envisager dans quelle mesure les spécificités des langues amènent une révision de la notion de transitivité dans une perspective plus adaptée à la diversité de ses manifestations. Givón (1984), par exemple, donne une définition syntaxique qui se base sur la présence ou l’absence d’un objet direct : “Clauses and verbs that have a direct object are syntactically transitive. All others are syntactically intransitive.”

Cette approche syntaxique sous-tend également une appréhension des rôles thématiques associés au sujet et à l'objet, souvent agent et patient respectivement. Or dans ce cas, un décalage entre les deux niveaux apparaît et on se heurte à des obstacles de taille pour appréhender globalement la transitivité sur les deux plans. En effet, cette définition est suffisante pour distinguer les énoncés dits inergatifs (He is laughing / Il rit), avec sujet agent, des énoncés à deux arguments, agent et patient, mais que dire des inaccusatifs (the ice melted) ou des structures moyennes en anglais (your guests do embarrass easily), dans lesquelles le sujet est patient ? Que dire des verbes à arguments expérient et source ? Comment rendre compte des différences de comportement du passif, qui se construit par montée de l’objet patient en position de sujet syntaxique, dans des cas tels que Ma voiture a été volée et *La samba a été dansée (par Jean) ?

Certaines définitions plus sémantiques de la transitivité, comme par exemple celle de Hopper et Thompson (1980), prennent en compte, en plus du nombre d’arguments, des propriétés telles que le type de procès, le degré d’agentivité de l’argument, ou encore le degré auquel l’objet est affecté. Suivant ces propriétés, Mary likes beer sera considéré moins transitif malgré ses deux arguments que ne l’est Susan left, qui sera lui placé plus haut sur l’échelle de transitivité. Ainsi, pour Halliday (1967) : “Transitivity is thus defined in terms of pragmatic and syntagmatic relations in the clause, not by the classification of verbs as ‘transitive’ or ‘intransitive’.”

Par ailleurs, les langues encodent souvent ce degré de transitivité dans la morphologie verbale ou dans celle des arguments. Ainsi, le hongrois oppose la conjugaison « objective » à la conjugaison « subjective », indiquant l’intransitivité. Cette même conjugaison objective est également utilisée dans le cas de verbes introducteurs de discours direct, même lorsqu’ils sont par ailleurs intransitifs, amenant leur changement de classe (Fónagy (1986)). L’hindi ajoute le suffixe –koo sur les objets définis, indiquant un degré de transitivité plus haut. Le tongien, langue à système ergatif/absolutif, marque à l’absolutif (cas correspondant généralement aux sujets des verbes intransitifs et aux objets) les sujets associés à des objets indéfinis, traitant ces derniers comme des non-arguments : Na’epassé kaimanger ikapoisson-indéf ’a SioneJean-abs ‘Jean a mangé du poisson’. Le tchouktche, langue paléosibérienne également à système ergatif/absolutif, cumule un marquage du sujet à l’absolutif, un suffixe intransitif sur le verbe, l’incorporation de l’objet dans le verbe et un objet générique (Hopper & Thompson (1980), Keenan (1976)).

Cette journée d’étude propose donc de revenir sur la façon dont la transitivité est encodée à travers les langues, ainsi que sur les mécanismes de modification de la valence. Pourront par exemple (mais pas exclusivement) être explorés les structures causatives et résultatives, les verbes labiles, la question des verbes qui semblent avoir un fonctionnement syntaxique variable, comme insist on something (transitif indirect) opposé à insist that (transitif direct). On pourra se demander si les différences entre les langues peuvent éclairer l'appréhension de la transitivité et en proposer une définition générale. Peut-on tenir compte de phénomènes particuliers en discours et s'appuyer sur les données importantes offertes par les corpus pour traiter de la (dé-)transitivisation ? Doit-on établir la transitivité selon un fonctionnement contextuel des verbes, et en contexte de discours rapporté envisager des échelles de transitivité selon la position du verbe par rapport à l'énoncé rapporté et selon le type de cet

énoncé (au discours direct ou indirect) (Lamiroy et Charolles (2008), Danlos et al. (2010)) ? Quel statut donner, en effet, aux segments marqués (ou non) par des guillemets et introduits par un verbe de parole dans des enchaînements du type de Il plaisante (intransitif), « ... » / plaisante-t-il, ? / Il plaisante : « ... » / *Il plaisante que... Peut-on encore considérer, en suivant Saban (1978), que la question directe qu’introduit un verbe tel que ask ou, de manière générale, toute citation au discours fonctionnent de la même façon que le complément nominal du verbe ?

Nous encourageons la diversité et le croisement d’approches théoriques, les études traitant de langues diverses, y compris dans des perspectives comparatives, en synchronie et/ou en diachronie.

Modalités de contribution

Date limite de réception des propositions : le 27 mars

Réponse du comité scientifique : le 3 avril

Propositions à envoyer à : joasha.boutault@univ-poitiers.fr et raluca.nita@univ-poitiers.fr

  • Comité scientifique
  • Émilie Caratini (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)
  • Hélène Chuquet (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)
  • Jean Chuquet (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)
  • Sylvie Hanote (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)
  • Jean-Charles Khalifa (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)
  • Laure Lansari (Université Paris Cité, laboratoire CLILLAC)
  • Laetitia Leonarduzzi (Université d’Aix-Marseille, laboratoire LPL)
  • Pauline Serpault (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)
  • Freiderikos Valetopoulos (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLIS)

Organisation

Joasha Boutault et Raluca Nita (Université de Poitiers, laboratoire FoReLLI

Subjects

Places

  • Poitiers, France (86)

Date(s)

  • Monday, March 27, 2023

Contact(s)

  • Joasha Boultault
    courriel : joasha [dot] boutault [at] univ-poitiers [dot] fr
  • Raluca Nita
    courriel : raluca [dot] nita [at] univ-poitiers [dot] fr

Information source

  • Aurora Fragonara
    courriel : aurora [dot] fragonara [at] univ-poitiers [dot] fr

License

CC-BY-4.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0 .

To cite this announcement

Joasha Boutault, Raluca Nita, « (Dé-)transitivisation », Call for papers, Calenda, Published on Friday, March 24, 2023, https://doi.org/10.58079/1avt

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